エピソード

  • Goïta toujours président, mais d’un Mali en morceaux!
    2026/05/02

    Après le coup de massue du 25 avril, la junte du Mali, essaie dans un contexte difficile de reprendre la main. Les assaillants se sont repliés dans les faubourgs de Bamako et dans le reste du pays, après Kidal, des villes sont prises par la coalition « rebelles et jihadistes ». Le retour, orchestré, du chef de la junte ne semble pas pour l’instant arrêter cette spirale.

    Un retour, effectivement, orchestré. Possiblement de la maskirovka, cette technique russe qui simule une disparition, le temps que les ennemis se dévoilent et qu’on leur coupe la tête. Ceux de la junte ne se sont jamais cachés. Mais l’orchestration fait partie aussi de la guerre.

    Un scenario en deux temps. D’abord une réarticulation avec les Russes. S’assurer que l'Africa Corps n’est pas passé à l’ennemi. Les Russes sont la garantie sécurité des juntes, principalement de leurs chefs. Être sûr que quoiqu’il arrive, ils sont protégés et si ça tourne mal, être évacué, comme Bachar el-Assad, en Syrie. Deuxième temps, Assimi Goïta, avec l’assurance des Russes, réhabite sa fonction et accomplit les formalités de retour aux affaires. Visites de compassions aux blessés et les condoléances à la famille de son numéro deux, le général Sadio Camara, qui a eu moins de chance que lui, mort dans les décombres de sa maison réduite en gravats, par les assaillants, selon un mode non encore vraiment élucidé. Puis, une adresse à la nation. Assimi Goïta a retrouvé son fauteuil, toujours, avec les Russes à ses côtés. La situation est-elle pour autant revenue à la normale ?

    Justement c’est quoi le retour à la normale dans le Mali aujourd’hui ?

    C’est une excellente question en effet. Les repères se perdent, tellement la situation sécuritaire se dégrade. Depuis septembre 2025, la normale c’est le blocus autour de Bamako. La junte n’ayant pas pu desserrer l’étau s’en était accommodé, s’achetant des répits, momentanés, avec le Jnim pour s’approvisionner en carburant. Avec ces évènements du 25 avril, l’autorité de l’État malien s’est encore étiolée, réduite à moins que celle qu’elle était en janvier 2013, au moment où l’opération Serval avait stoppé les jihadistes dans la ville de Konna, alors qu’ils étaient lancés vers Bamako. En ce début mai 2026, la coalition « Jnim-FLA » (les rebelles et les jihadistes) a franchi la ville de Sévaré, considérée autrefois comme la ligne Maginot. À présent, ils sont dans les faubourgs de Bamako dont ils ont décrété le blocus total. Leur objectif ? Que le régime s’effondre sur lui-même.

    Quelles sont les perspectives pour la junte ?

    La situation se complique. La junte, qui a échappé de peu à la décapitation, son ministre de la Défense tué et son chef des renseignements, Modibo Koné, au sort incertain, ne veut rien lâcher. Elle poursuit son objectif de « victoire totale » par le seul moyen des armes, qui chaque jour s’éloigne comme une arlésienne.

    En face, les groupes armés se renforcent de façon tactique et sont désormais, clairement, dans la logique de faire tomber la junte. Entre ces deux protagonistes, pratiquement personne ne veut « mettre sa bouche », pour parler prosaïquement. Ni les voisins, ni les organisations sous-régionales, encore moins l’ONU. Les Maliens sont laissés à eux-mêmes avec un État, réduit à un simple acteur, parmi d’autres, dans une guerre qui lui échappe, et un État qui ne protège plus pareillement, tous ses citoyens. Dans certaines rues de Bamako, des hommes, supposément terroristes sont boucanés et découpés, comme de la simple viande.

    Tout le monde a conscience que c’est une tragédie qui se noue. Mais le problème des tragédies ; on voit venir, mais on ne peut rien pour les arrêter. Blaise Pascal avait trouvé les mots justes pour le décrire « Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence et ne font que l’irriter, encore plus ».

    À lire aussiMali: le Jnim et le FLA progressent, les jihadistes formulent une offre politique, le régime ne cède pas

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  • Évariste Ndayishimiye groggy par Ibrahim Traoré
    2026/04/25

    Newton Ahmed Barry revient ce samedi 25 avril sur la visite d'Évariste Ndayishimiye, le président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, à Ouagadougou et sur l’expulsion des migrants vers l’Afrique par Trump. Mais commençons par Ndayishimiye, qu’est-il allé chercher à Ouagadougou ?

    Évariste Ndayishimiye à Ouagadougou, on a cru à un début d’exécution de la résolution du refus du blanchiment des putschs décidé par l’Union africaine à sa 39e session, en février dernier. La posture du Burundais, le 20 avril, à sa sortie d’audience à côté d’un Ibrahim Traoré, impassible, a dérouté. Ndayishimiye qui avait l’air groggy - servant indistinctement du « Monsieur » et du « camarade » au chef de la junte burkinabè - rappelait l’ahurissement d’un Nicolas Sarkozy, sortant d’une audience avec Vladimir Poutine. Il faut donc attendre son « bon rapport » promis sur la situation du Burkina Faso et de l’AES pour se fixer sur les raisons de sa visite.

    L'UA et les pressions de Donald Trump en matière migratoire

    Il y a par contre une préoccupation dont l’Union africaine gagnerait sans tarder à se saisir : délibérer sur la conduite des États africains face à la pression de Donald Trump qui veut transformer l’Afrique en un dépotoir de migrants expulsés de façon inhumaine par sa redoutable police de l’immigration ICE. La situation est préoccupante parce que sur les 25 pays à travers le monde qui ont signé ces accords (ou sont en voie de le faire), 12 sont africains et pas des moindres, comme le Ghana, la RDC, le Cameroun, le Rwanda et le Burundi, dont justement le président Évariste Ndayishimiye assure la présidence de l’Union africaine.

    Individuellement, les pays ne peuvent pas résister à l’administration américaine qui utilise tous les moyens de pression dans des conditions parfois opaques, quand il s’agit de dons d’argent. C’est une question de dignité humaine et d’honorabilité pour l’Afrique. Victime de la traite négrière, dont elle n’a pas finie de soigner les séquelles, l’Afrique serait mal avisée de se rendre complice d’une traite des migrants, avec une administration Trump peu soucieuse de ce qui peut advenir aux migrants, une fois hors des États-Unis.

    Des offres qu'on ne peut refuser ?

    Les États-Unis font des offres que les pays peuvent difficilement refuser. C’est le cas par exemple de la proposition du retrait de la liste des personnalités indésirables ou poursuivies aux États-Unis qui pouvait être difficilement refusée par la Guinée équatoriale, dont le vice-président et putatif futur président Teodoro Nguema Obiang était frappé d’interdiction d’entrée aux États-Unis. Il peut à présent, en contrepartie, (c’est rappeler dans l’accord) des engagements communs (États-Unis – Guinée équatoriale) « (…) de lutter contre l’immigration illégale » recommencer à voyager aux États-Unis.

    Pour d’autres pays comme le Rwanda et la RDC, il était difficile de dire non à Trump. Arbitre d’un accord de paix RDC-Rwanda, signé en décembre 2025, mais pas vraiment respecté, Trump tient chacun des protagonistes qui ne peut rien lui refuser.

    Beaucoup d’autres pays africains sont dans des situations semblables qui les rendent fragiles.

    C’est pourquoi, il urge que l’Union africaine se saisisse de cette question. Face à un Donald Trump qui exècre, le multilatéralisme, la partie n’est pas gagnée d’avance. Mais c’est justement tout l’intérêt. Face à la pression de Trump, cette ellipse de l’auto-saisine de l’UA donne un peu de répit aux États.

    Donald Trump passera sous peu. Il faut tout faire pour qu’après lui, le continent ne soit pas un rassemblement de « shithole countries », (« des pays de merde », soit comment le président américain avait qualifié de nombreux pays africains), parce qu’il aura souillé notre humanité par cette traite immonde de migrants.

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  • Patrice Talon, comme Sédar Senghor ou Mahamadou Issoufou?
    2026/04/18
    Cette élection présidentielle, au Bénin, un moment redoutée, a pu se tenir ce 12 avril. Sans surprise Romuald Wadagni, l’emporte. Patrice Talon a tenu parole ! Il y avait plusieurs hypothèques qui auraient pu empêcher cette alternance. La tentative, heureusement contrée, du putsch, du lieutenant-colonel Pascal Tigri, le 7 décembre 2025. Tient ? Dans quel pays de l’AES se cache-t-il, celui-là ? On devrait le savoir si Kemi Seba, fortuitement interpellé en Afrique Sud, le 14 avril dernier, était extradé, comme le demande le Bénin. Les circonstances servent finalement Talon, qui pourrait partir avec le scalp du plus mortel de ses contempteurs. À lire aussiBénin: Romuald Wadagni promet un mandat présidentiel placé sous le signe de «l'unité nationale» Et puis la tentation des troisièmes mandats, Patrice Talon avait toutes les raisons d’y succomber. Un excellent bilan et des réformes constitutionnelles qui lui en faisaient le lit. Il avait le loisir d’expérimenter le septennat et le durcissement, qui l’aurait avantagé, des conditions de candidature à la présidentielle. Pour moins que ça, sous d’autres cieux africains, la réforme a été considérée comme mettant les compteurs à zéro. Patrice Talon n’a pas succombé et c’est tout à son honneur. Un Sénat taillé sur mesure Malgré tout, il ne s’est pas totalement oublié avec ce Sénat taillé sur mesure. Le diable est effectivement dans les détails. Et la configuration du Sénat avec les pouvoirs qui lui sont conférés, lui donnant sur la législation et sur la police de la vie politique une primauté sur la chambre des députés, peut possiblement cacher un diable. Ensuite, le Sénat tel qu’il est mentionné dans la Constitution partage concurremment avec le chef de l’État le droit de relecture de la loi, article 57, de la Constitution. Le Sénat a même, en cas d’impossibilité de mettre d’accord l’Assemblée nationale et le président de la République sur une loi, la prérogative de la délibération définitive qui, elle, s’impose au président de la République. C’est une des dispositions qui peut être source d’obstruction. La Constitution n’ayant pas limité la nature des lois qui peuvent faire l'objet de demande de délibération définitive par le Sénat. Plus préoccupant, le droit de relecture du Sénat est systématisé. Peut-être qu’il eût fallu soustraire les lois de gouvernance à cette ultime prérogative du Sénat. En tout état de cause, on est dans l’expérimentation. La mise en œuvre pourrait commander des réajustements. Enfin, le format actuel a le mérite, à titre de dispositions transitoires, de faire consensus. Tous les anciens présidents sont membres, Nicéphore Soglo et Yayi Boni et tous les anciens présidents d’institution vivants. Au moins, beaucoup vont retrouver à s’occuper et à soigner, plus facilement, les immanquables bobos du troisième âge. Mais indéniablement, accepter de céder les leviers de l’État doit être reconnu à sa juste valeur à Patrice Talon. Mais ce n’est pas pour autant que le procès « en intention de partir sans partir » ne sera pas instruit contre Patrice Talon. Il ne peut pas y échapper. Romuald Wadagni c’est son poulain. Les précédents sur le continent, à l’exception du cas Sedar Senghor avec Abdou Diouf, au Sénégal, se sont toujours mal passés. Il y a eu les déboires d'Amadou Ahidjo au Cameroun et la tragédie de Mohamed Bazoum au Niger. Il est donc aléatoire de faire des prédictions. Le spleen de l’après-pouvoir est si fort qu’il peut avoir raison des résolutions les plus sincères. Avec le Sénat, Patrice Talon a pensé à l’après-présidence. Mais il est bien évident que, même s’il devait en être le président, la nouvelle Constitution prévoit que le président du Sénat est désigné parmi les membres de droit, cela ne remplace pas la densité de la fonction de président de la République. In fine, c’est à Patrice Talon de choisir qui il veut être, pour la postérité : Senghor ou Mahamadou Issoufou ?
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  • Human Right Watch trouble la junte de Ouaga !
    2026/04/11
    Le dernier rapport de Human Right Watch sur le Burkina Faso, publié le 2 avril dernier, a été violemment rejeté à Ouagadougou. Quelles en sont les raisons ? La junte vit ce rapport comme une intrusion. Elle qui s’évertue à tout cacher. La terreur sur les populations civiles est l’élément clé de la stratégie du contreterrorisme chez Ibrahim Traoré. Documenter, expliquer comment ces crimes sont articulés, systématisés déconstruit sa stratégie du déni total. Les crimes contre les civils ont visé d’abord les Peuls, puis la guerre ne se résorbant pas, le tout venant, dès lors que les civils avaient le tort de continuer à vivre dans ces zones sous contrôle du groupe JNIM. À lire aussiLe Burkina Faso rejette un rapport de HRW accusant son armée d'avoir tué 1255 civils depuis 2023 La junte, pour opérer sans témoins gênants, a isolé le Burkina du reste du monde. Sans la presse, sans les ONGs et sans les juges, impunité garantie, pense-t-elle. A tort ! Mais la tragédie est là : 1837 civils tués en seulement trois ans, dans 11 régions. Le pays en comptait 13. Des crimes horrifiants, mais qui ne serait que la partie visible d’un énorme iceberg de crime, prévient HRW. HRW évoque un schéma préexistant de crime contre l’humanité. Contre les peuls comme premiers cibles Les Peuls ont été les premières victimes du JNIM, avant d’en devenir les protégés par la faute d’une stratégie nationale de contreterrorisme sans discernement. Ibrahim Traoré, avec un niveau politique quelconque, a aggravé cette situation. Il a pris l’écume pour l’eau et s’est évertué à en persuader les Burkinabè. Son entourage immédiat était au diapason. Le lieutenant Aziz Pacmogda, son chef de sécurité rapprochée, s’assurait que les dissidents, conscrits de force pour le front, en revenaient convaincus. Un des conscrits a raconté à HRW , ce que Aziz Pacmoda, lui a dit, avant sa libération : « vous avez vu, lui dit-il, (…) que ce sont les Peuls qui sont les terroristes, (…) Les gens disent que c’est de la discrimination, mais nous allons tous les tuer ». Les VDP, ont rapidement appris la leçon, qu’ils récitent, avant d’exécuter leurs victimes : « Le président Ibrahim Traoré nous a ordonné de vous tuer (vous les Peuls). Dieu ne peut pas vous sauver ! », témoigne un survivant à HRW. Effectivement, dans ce Burkina coupé du reste du monde, le salut pour un Peul persécuté, c’est la fuite. Gagner par tous les moyens un pays voisin. La majorité des témoins qui ont parlé à HRW sont des réfugiés. Un ciblage systématique et généralisé, absolument bien documenté. Le même schéma préexiste contre les civils des autres communautés La violence s’est débridée à mesure que la stratégie du tout militaire de Ibrahim Traoré faisait flop ! Les autres communautés, qui se croyaient à l’abri, n’ont plus reconnu leur armée, après le massacre de Karma, un village de la région du Nord. Le 20 avril 2024, tôt le matin, l’armée encercle Karma. Les villageois ne s’inquiètent pas outre mesure. Ils ne sont pas Peuls. Chacun d’eux prépare sa carte d’identité pour en faire la preuve. Les militaires regardent négligemment les documents d’identité, les rassemblent et commencent à les mitrailler. C’est la stupeur générale : 156 civils sont ainsi massacrés, dont des femmes et des enfants. C’est la bascule. Partout sur l’ensemble du pays les militaires reproduisent Karma, soit à l’occasion d’opérations militaires comme Tchéfari 2 (2023) ou Tourbillon Vert 2 (2025) ou encore à l’occasion des escortes des convois, pour ravitailler les dizaines de villes et de villages sous blocus du groupe JNIM. Que retenir de ce rapport ? On a désormais des crimes, bien documentés, des noms et des visages des « suspects sérieux » de ces crimes. Outre Ibrahim Traoré et ses deux ministres de la Défense, 17 officiers militaires sont listés. Du côté du JNIM, HRW pointe la responsabilité des frères Dicko. Djafar et Ousmane. Il y a désormais une base solide pour faire justice aux victimes. À lire aussiBurkina Faso: comment l’armée, ses supplétifs et des jihadistes ont tué plus de 1800 civils depuis 2023, selon HRW
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  • Macky Sall et sa candidature à l’ONU qui perturbe l’UA
    2026/04/04

    Newton Ahmed Barry fait aujourd’hui une halte sur la candidature de Macky Sall, ancien président du Sénégal, au poste de secrétaire général de l’ONU, pour remplacer Antonio Guterres, dont le mandat expire en fin 2026. Une bonne candidature piégée par des contingences africaines.

    La première contingence est sénégalo-sénégalaise. Cette inimitié née des dernières péripéties qui ont précédé, structuré, même, la présidentielle de mars 2024 qui ne se résorbe pas. Dans cette belle savane sénégalaise, les compétitions politiques peuvent, et sont même souvent, cruelles. Mais jusque-là, quand le peuple arbitrait, les acteurs faisaient montre d’un dépassement chevaleresque. À, Abdoulaye Wade, Djibo Leyti Ka n’avait pas fait de cadeau, ils ont su, malgré tout, se retrouver, longtemps après la victoire du Front de l’Alternance ( le FAL). Leyti Ka avait été très vache avec Wade, pas dans les proportions du différend Sonko-Macky, mais pour l’époque ce fut considéré comme une haute trahison. N’empêche, Wade et Leyti Ka s’était réconcilié et avait compagnonné un bon moment.

    Les leaders du Pastef, sous les lambris de la République, n’ont toujours pas su se sublimer et le Sénégal en souffre. La gestion de cette candidature de Macky Sall, à certains égard, est le prolongement de la clarté populiste avec laquelle, la dette dite cachée, certainement répréhensible, a été gérée. Alors qu’une certaine ambiguïté constructive, le temps que la justice passe, aurait évité les tourments économiques actuels au pays. Pour la candidature de Macky Sall, il est certainement tard, mais Faye et Sonko, dans les moments de répit, de ce duel fratricide qui les occupe, devraient méditer ce dicton peul; « la fraternité est une tunique d’épineux. Mieux vaut souffrir les griffures que de s’en dévêtir et exposer sa nudité ». Il y a plus à gagner pour le Sénégal, dans la perspective d’un Macky Sall, secrétaire général de l’ONU, que Macky Sall écroué à Rebeus.

    Le Burundais Évariste Ndayishimiye est-il le parrain idéal ?

    En l’occurrence pas vraiment. Si Tinube ou Ramaphosa ou encore al-Sissi avait porté la candidature, probablement que les choses auraient été autres. Les scrupules sur les procédures de l’Union africaine, qui n’auraient pas été convenablement suivies auraient été peu mises en avant. À tout considérer, Évariste Ndayishimiye, assurant la présidence de l’UA, ne peut être cloué au pilori pour avoir proposé de soutenir une candidature africaine au prestigieux poste de secrétaire général de l’ONU. Le problème, tient d’avantage à l’hostilité du pays d’origine du candidat. À l’Union africaine, une règle non écrite, veut que les pays se gardent de se gêner mutuellement. Néanmoins, l’attitude du Nigeria, entre autre, n’en reste pas moins surprenante. Motiver son opposition par le respect du droit de rotation est un altruisme qui n’a de sens que si on a l’intention de s’en servir. Alors la question, le Nigeria attend t-il son heure qu’un éventuel succès de Macky Sall pourrait renvoyer aux calendes grecques ? Question à un million de naira.

    Quelles sont les chances de Macky Sall ?

    Minces, jusqu’à la décision récente du Chili de retirer son soutien à Michelle Bachelet. C’est une situation qui rebat les cartes. Les deux favoris pour succéder à Antonio Guterres ne sont pas les choix de leur pays d’origine. C’est inédit, mais ce n’est pas interdit par les textes de l’ONU. Le plus important c’est d’éviter le veto, éliminatoire d’un des P5 (les 5 pays avec le droit de veto) au Conseil de sécurité. Pour Macky Sall c’est l’imprévisible Trump qu’il faut surveiller. Il faut trouver quelqu’un qui puisse lui parler. À ce stade seul Vladimir Poutine, le peut. À quel prix ou en contrepartie de quoi ? Faites vos jeux, rien ne va plus !

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  • L’Iran, un corps sans tête, toujours articulé!
    2026/03/28

    Il y a un mois, Trump et Netanyahu lançaient leur guerre contre l’Iran. L’« Epic Fury » a permis de décapiter, les mollahs. N’est-ce pas son seul véritable succès à ce jour ?

    Un mois après ? La doctrine israélienne, la Dahiya, que Netanyahu a réussi à faire valider par Trump, étale ses décombres à perte de vue de Téhéran à Ispahan. Des Gaza répétés à l’infini, mais pas assez suffisant pour l’instant pour faire fléchir les mollahs, ou ce qu’il en reste. Décapités, dès les premières heures du conflit, le corps sans tête iranien, supposé perdu et agissant en automate désarticulé s’est réarticulé, dangereusement, autour des durs du régime.

    Pourtant Israéliens et Américains ont bien préparé cette guerre

    Le Mossad et la CIA si méticuleux en renseignement ne semblent pas avoir vu que les mollahs avaient des vies en mille feuilles. Le glaive de Netanyahu continue de faire rouler les têtes mais à Tel Aviv, à Jérusalem, à Dimona on ne s’en enthousiasme plus comme aux premières heures de la guerre. Quand une tête est tranchée à Téhéran ou à Ispahan, les Israéliens, partout sur leurs 22 145 km2, 3 fois moins grand que l’État de Borno, au Nigeria, doivent se ruer vers l’abri anti-missile le plus proche. Les missiles à sous munitions, que le dôme de fer ne sait pas arrêter sont devenus leur cauchemar.

    Les généraux américains avaient prévenu Trump, qui n’en a pas tenu compte. Les Iraniens ont créé un grand bazar, dans tout le Moyen-Orient. Bloquant Ormuz, l’artère économique mondiale et surtout, ils ont subjugué les émirs du golfe en les sortant brutalement de leur douce insouciance pour laquelle, ils avaient mis leurs petites royautés, dégoulinantes de pétrole en bail emphytéotique aux États-Unis. Ils sont à se demander s’ils en ont pour leur argent ?

    Quelle porte de sortie ?

    On est entré, par la force des choses, dans la désescalade. Les négociations, peu importe les dénégations des Iraniens, sont amorcées. En mettant J.D. Vance, son vice-président, que l’on sait opposé à la guerre, à la commande des discussions, Trump rétrograde le boutefeu, Pete Hegseth et se prémunit contre Netanyahu qui est de plus en plus accusé à Washington d’avoir entrainé Trump, dans une guerre, contre l’Iran, impossible à gagner. C’est le reproche cash que le vice-président a fait Netanyahu : « vous avez vendus des prédictions à Donald Trump qui ne se sont pas concrétisées ».

    Exit donc les va-t’en guerre. J.D Vance doit enrayer au plus vite, le début de l’enlisement qui se profile. Les experts ont cessé d’ergoter sur les stocks de missiles limités des Iraniens, en découvrant que les usines iraniennes d’armement tournent, sous les bombes. Qu’ils peuvent déjouer la surveillance stricte des Américains et des Israéliens et procéder à des expérimentations audacieuses, comme ces missiles à 4000 km de portée lancées, sur Diego Garcia, base aéronavale des États-Unis. Qu’ils peuvent menacer le fleuron de leur puissance navale, l’USS Abraham Lincoln. La dissuasion iranienne presque intacte.

    Quid des buts de guerre ?

    Le soulèvement populaire suscité par Israël, n’a toujours pas eu lieu. Les dissidences internes espérées par Donald Trump ne se sont pas produites. Il n’y a pas eu de dignitaires iraniens, traversant les frontières et pas non plus le putsch de l’armée contre les Pasdaran.

    Trump que les marchés défient, désormais, dont les soutes à munitions fondent à vue d’œil et qui redoute les mid-termes drague lourdement Bagher Ghalibaf, président du parlement, seul cacique survivant. Trump bon dealer, pour l’instant, mauvais général !

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  • Le Parlement européen demande la libération de Mohamed Bazoum et provoque une crise à Niamey
    2026/03/21

    La résolution du Parlement européen, largement adoptée, demandant la libération du président Mohamed Bazoum, au Niger, ne passe pas. Elle a provoqué la colère à Niamey, dans l’Alliance des États du Sahel (AES). L’Union européenne a-t-elle les moyens de se faire entendre ?

    L’Union européenne (UE), avec cette résolution, se doute bien que les juntes de l’Alliance des États du Sahel (AES) allaient se cabrer. Qu’elles y auraient vu un complot. Que celui qui est à l’initiative de la résolution, Christophe Gomart, soit un Français et un ancien militaire, aurait été considéré comme la preuve irréfragable du complot et aurait donné lieu à une fin de non-recevoir. L'AES respecte la force militaire. L’UE n’en est pas une.

    Néanmoins, quasi-unanimement adoptée par 524 députés sur 555, la résolution a une force symbolique certaine qui va booster les mouvements qui se battent pour la libération du président Bazoum, dont le mandat de cinq ans, acquis en 2021, arrive à son terme le 2 avril prochain.

    Malgré les pressions énormes des militaires, Mohamed Bazoum a refusé de démissionner. Une force de caractère qui sanctifie la volonté démocratique des Nigériens et déroute les militaires qui découvrent qu’on ne peut pas tout faire avec une baïonnette.

    Une deuxième résolution qui ne parle plus de séquestration

    C’est une question de realpolitik. La junte est de droit, le pouvoir légal. L’Union européenne a donc choisi de parler de détention arbitraire, forcément problématique en droit, puisqu'à ce jour la volonté proclamée de la junte de poursuivre Bazoum pour haute trahison n’a pas formellement donné lieu à une inculpation, malgré la levée en 2024 de son immunité. La résolution du Parlement européen exploite cette faille et s’inscrit sur un registre qui devrait être moins clivant, celui de la défense des droits humains. Mais nous sommes à l’AES où les droits humains et la démocratie sont vus comme les chevaux de Troie de l’impérialisme.

    En outre cette résolution rappelle deux autres choses qui ne sont pas pour plaire à Tiani. La première, que Bazoum est démocratiquement élu, ce qui implicitement questionne la légitimité du pouvoir militaire et met en exergue le caractère inacceptable de son maintien en détention, qui est une violation de la volonté souveraine des Nigériens. Il n’y a pas de souverain au-dessus du peuple et, à ce jour, la science politique n’a pas inventé mieux que le suffrage universel pour établir cette volonté.

    Ensuite, cette résolution donne un nouvel écho international à cette crise au Sahel, qui ne se résorbe pas, qui s’installe dans la routine de l’actualité avec le risque d’être reléguée, comme le sont les crises au Soudan et en République démocratique du Congo. Mais ce n’est pas cela qui gêne les juntes. Le problème, c’est que cette résolution brise le « entre soi », qu’elles se sont évertuées à mettre en place. Un entre-soi caractérisé par le contrôle absolu de tout, que la résolution viole en suggérant que la situation, en matière sécuritaire, continue de se détériorer, que les groupes terroristes continuent de mener des attaques meurtrières. Toute chose contraire aux récits contrôlés décrivant un AES libéré du terrorisme qui, de Bamako à Niamey en passant par Ouagadougou, s’attelle à construire usines et autoroutes.

    À lire aussiNiger: le ministère des Affaires étrangères convoque la chargée d'affaires de l'UE à Niamey

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  • Au Sénégal, le duo Ousmane Sonko-Diomaye Faye n'a pas résisté à l'épreuve du pouvoir
    2026/03/14
    Newton Ahmed Barry revient ce samedi matin sur le divorce presque consommé entre Ousmane Sonko et Diomaye Faye au Sénégal. Le duo de rêve n’a pas résisté à l’épreuve de l’exercice du pouvoir. Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Les grandes crises ont souvent de petites raisons. L’emballement actuel aurait-il eu lieu, si le 1er juillet 2025, la Cour suprême du Sénégal n’avait pas douché les espoirs de Sonko, pour la présidentielle de 2029 ? Probablement non ! Ou pas de sitôt ! Car depuis la présidentielle de mars 2024, Ousmane Sonko vit dans l’attente de reprendre à Diomaye Faye, ce qui lui revient de droit, et le plus tôt, le mieux. Car 2029, c’était déjà une éternité pour un Sonko pressé. À lire aussiSénégal: la rupture est-elle consommée entre le président et son Premier ministre? Or ne voilà-t-il pas que les juges de la Cour suprême lui refusent la dernière alternative qui lui restait. Par une procédure exceptionnelle, le rabat d’arrêt, il voulait faire annuler sa condamnation pour diffamation à six mois, avec sursis, celle qui l’avait disqualifié à la présidentielle de 2024. Il n’y est pas arrivé et le pire, Diomaye Faye, ne lui a pas donné l’impression de s’en préoccuper, alors que comme garant du pouvoir judiciaire, croit-il, il pouvait contraindre les juges. À défaut, les changer. Le Sénégal a besoin d’autorité, s’exaspère Sonko. Une rodomontade de quelqu’un qui sent les choses lui échapper. Le romantisme politique d’un duo « Sonko-Diomaye » sorti de prison pour le palais présidentiel avait pourtant fait rêver. Il y avait quelque chose de messianique dans cet événement, une sorte de récompense divine après un chemin de croix. Il y avait pour ainsi dire du Dieu là-dedans. Tout à leur béatitude, nombre de personnes oublient que les Sénégalais, depuis 2000, se sont souvent plu à sanctionner l’hubris et à élever les humbles. Abdoulaye Wade, avant Diomaye-Sonko est passé par Rebeus, la mythique prison de Dakar, avant d’investir le palais de la République. Macky Sall, menacé plusieurs fois par Abdoulaye Wade, n’y a pas eu droit, il reste à ce jour, cependant, le président qui a eu la main leste, dans l’emprisonnement de ses opposants. Au point qu'à un moment, le comité directeur du PDS, le parti d'Abdoulaye Wade en était réduit à une mise à jour quotidienne de la liste des prisonniers politiques issus de ses rangs. La grande réhabilitation par les urnes de Sonko-Diomaye n’était donc pas inédite en soi. Mais l’âpreté du combat politique qui l’a précédé a pu créer un halo amnésique, le temps du délai de grâce politique. Puis les démons de la politique ont repris leur droit. Ils l’ont fait d’autant plus facilement que les nouveaux impétrants découvraient l’État dont ils n’imaginaient pas les infinies possibilités. Cette griserie a révélé les personnalités, plus rapidement. Pour Ousmane Sonko elle a désinhibé l’impatience de reprendre son dû, sans prendre garde, souvent, à la susceptibilité de Diomaye et quitte à heurter ce qu’on peut appeler, le trait de caractère de la personnalité du Sénégalais, qui exècre l’arrogance. À l’opposé, Diomaye est apparu humble, maître de lui-même, la parole rare. À lire aussiSénégal : Diomaye Faye prend ses distances avec Sonko Grosso modo, en utilisant la technique aléatoire du doigt mouillé, on peut avoir le sentiment que les Sénégalais épousent la palabre de Diomaye Faye. À l’opposé, Ousmane Sonko, le souverainiste, agglomère les fidèles du Pastef et aussi les panafricains 2.0 qui ne rêvent que d’une chose, faire basculer le Sénégal dans « la confédération de l’Indépendance » russafricaine. Reste maintenant à gérer la séparation. Depuis 1962 et le précédent Dia-Senghor, le président est la clé de voûte des institutions au Sénégal. Diomaye Faye a les moyens de se prémunir contre Sonko, si l’idée lui venait de faire de sa majorité écrasante un moyen de blocage institutionnel. Encore faut-il que Ousmane Sonko s’assure que les députés du Pastef le suivent majoritairement. Les politiques africains, en bons opportunistes, n’aiment pas les risques.
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