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Le regard de Newton Ahmed Barry

Le regard de Newton Ahmed Barry

著者: RFI
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概要

Le coup d’œil aiguisé sur l’actualité de la semaine d’un observateur aguerri des soubresauts du monde. Ancien présentateur du 20h de la RTB au Burkina Faso, Newton Ahmed Barry démissionne en 1998 pour protester contre l'assassinat du journaliste Norbert Zongo. Il est le co-fondateur en 2001 du journal d'investigation l'Événement où il s'applique à défendre son slogan : « l'information est un droit ». Chaque semaine, Newton Ahmed Barry analyse un fait marquant de l'actualité internationale et sa résonance avec le Continent.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Goïta toujours président, mais d’un Mali en morceaux!
    2026/05/02

    Après le coup de massue du 25 avril, la junte du Mali, essaie dans un contexte difficile de reprendre la main. Les assaillants se sont repliés dans les faubourgs de Bamako et dans le reste du pays, après Kidal, des villes sont prises par la coalition « rebelles et jihadistes ». Le retour, orchestré, du chef de la junte ne semble pas pour l’instant arrêter cette spirale.

    Un retour, effectivement, orchestré. Possiblement de la maskirovka, cette technique russe qui simule une disparition, le temps que les ennemis se dévoilent et qu’on leur coupe la tête. Ceux de la junte ne se sont jamais cachés. Mais l’orchestration fait partie aussi de la guerre.

    Un scenario en deux temps. D’abord une réarticulation avec les Russes. S’assurer que l'Africa Corps n’est pas passé à l’ennemi. Les Russes sont la garantie sécurité des juntes, principalement de leurs chefs. Être sûr que quoiqu’il arrive, ils sont protégés et si ça tourne mal, être évacué, comme Bachar el-Assad, en Syrie. Deuxième temps, Assimi Goïta, avec l’assurance des Russes, réhabite sa fonction et accomplit les formalités de retour aux affaires. Visites de compassions aux blessés et les condoléances à la famille de son numéro deux, le général Sadio Camara, qui a eu moins de chance que lui, mort dans les décombres de sa maison réduite en gravats, par les assaillants, selon un mode non encore vraiment élucidé. Puis, une adresse à la nation. Assimi Goïta a retrouvé son fauteuil, toujours, avec les Russes à ses côtés. La situation est-elle pour autant revenue à la normale ?

    Justement c’est quoi le retour à la normale dans le Mali aujourd’hui ?

    C’est une excellente question en effet. Les repères se perdent, tellement la situation sécuritaire se dégrade. Depuis septembre 2025, la normale c’est le blocus autour de Bamako. La junte n’ayant pas pu desserrer l’étau s’en était accommodé, s’achetant des répits, momentanés, avec le Jnim pour s’approvisionner en carburant. Avec ces évènements du 25 avril, l’autorité de l’État malien s’est encore étiolée, réduite à moins que celle qu’elle était en janvier 2013, au moment où l’opération Serval avait stoppé les jihadistes dans la ville de Konna, alors qu’ils étaient lancés vers Bamako. En ce début mai 2026, la coalition « Jnim-FLA » (les rebelles et les jihadistes) a franchi la ville de Sévaré, considérée autrefois comme la ligne Maginot. À présent, ils sont dans les faubourgs de Bamako dont ils ont décrété le blocus total. Leur objectif ? Que le régime s’effondre sur lui-même.

    Quelles sont les perspectives pour la junte ?

    La situation se complique. La junte, qui a échappé de peu à la décapitation, son ministre de la Défense tué et son chef des renseignements, Modibo Koné, au sort incertain, ne veut rien lâcher. Elle poursuit son objectif de « victoire totale » par le seul moyen des armes, qui chaque jour s’éloigne comme une arlésienne.

    En face, les groupes armés se renforcent de façon tactique et sont désormais, clairement, dans la logique de faire tomber la junte. Entre ces deux protagonistes, pratiquement personne ne veut « mettre sa bouche », pour parler prosaïquement. Ni les voisins, ni les organisations sous-régionales, encore moins l’ONU. Les Maliens sont laissés à eux-mêmes avec un État, réduit à un simple acteur, parmi d’autres, dans une guerre qui lui échappe, et un État qui ne protège plus pareillement, tous ses citoyens. Dans certaines rues de Bamako, des hommes, supposément terroristes sont boucanés et découpés, comme de la simple viande.

    Tout le monde a conscience que c’est une tragédie qui se noue. Mais le problème des tragédies ; on voit venir, mais on ne peut rien pour les arrêter. Blaise Pascal avait trouvé les mots justes pour le décrire « Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence et ne font que l’irriter, encore plus ».

    À lire aussiMali: le Jnim et le FLA progressent, les jihadistes formulent une offre politique, le régime ne cède pas

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  • Évariste Ndayishimiye groggy par Ibrahim Traoré
    2026/04/25

    Newton Ahmed Barry revient ce samedi 25 avril sur la visite d'Évariste Ndayishimiye, le président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, à Ouagadougou et sur l’expulsion des migrants vers l’Afrique par Trump. Mais commençons par Ndayishimiye, qu’est-il allé chercher à Ouagadougou ?

    Évariste Ndayishimiye à Ouagadougou, on a cru à un début d’exécution de la résolution du refus du blanchiment des putschs décidé par l’Union africaine à sa 39e session, en février dernier. La posture du Burundais, le 20 avril, à sa sortie d’audience à côté d’un Ibrahim Traoré, impassible, a dérouté. Ndayishimiye qui avait l’air groggy - servant indistinctement du « Monsieur » et du « camarade » au chef de la junte burkinabè - rappelait l’ahurissement d’un Nicolas Sarkozy, sortant d’une audience avec Vladimir Poutine. Il faut donc attendre son « bon rapport » promis sur la situation du Burkina Faso et de l’AES pour se fixer sur les raisons de sa visite.

    L'UA et les pressions de Donald Trump en matière migratoire

    Il y a par contre une préoccupation dont l’Union africaine gagnerait sans tarder à se saisir : délibérer sur la conduite des États africains face à la pression de Donald Trump qui veut transformer l’Afrique en un dépotoir de migrants expulsés de façon inhumaine par sa redoutable police de l’immigration ICE. La situation est préoccupante parce que sur les 25 pays à travers le monde qui ont signé ces accords (ou sont en voie de le faire), 12 sont africains et pas des moindres, comme le Ghana, la RDC, le Cameroun, le Rwanda et le Burundi, dont justement le président Évariste Ndayishimiye assure la présidence de l’Union africaine.

    Individuellement, les pays ne peuvent pas résister à l’administration américaine qui utilise tous les moyens de pression dans des conditions parfois opaques, quand il s’agit de dons d’argent. C’est une question de dignité humaine et d’honorabilité pour l’Afrique. Victime de la traite négrière, dont elle n’a pas finie de soigner les séquelles, l’Afrique serait mal avisée de se rendre complice d’une traite des migrants, avec une administration Trump peu soucieuse de ce qui peut advenir aux migrants, une fois hors des États-Unis.

    Des offres qu'on ne peut refuser ?

    Les États-Unis font des offres que les pays peuvent difficilement refuser. C’est le cas par exemple de la proposition du retrait de la liste des personnalités indésirables ou poursuivies aux États-Unis qui pouvait être difficilement refusée par la Guinée équatoriale, dont le vice-président et putatif futur président Teodoro Nguema Obiang était frappé d’interdiction d’entrée aux États-Unis. Il peut à présent, en contrepartie, (c’est rappeler dans l’accord) des engagements communs (États-Unis – Guinée équatoriale) « (…) de lutter contre l’immigration illégale » recommencer à voyager aux États-Unis.

    Pour d’autres pays comme le Rwanda et la RDC, il était difficile de dire non à Trump. Arbitre d’un accord de paix RDC-Rwanda, signé en décembre 2025, mais pas vraiment respecté, Trump tient chacun des protagonistes qui ne peut rien lui refuser.

    Beaucoup d’autres pays africains sont dans des situations semblables qui les rendent fragiles.

    C’est pourquoi, il urge que l’Union africaine se saisisse de cette question. Face à un Donald Trump qui exècre, le multilatéralisme, la partie n’est pas gagnée d’avance. Mais c’est justement tout l’intérêt. Face à la pression de Trump, cette ellipse de l’auto-saisine de l’UA donne un peu de répit aux États.

    Donald Trump passera sous peu. Il faut tout faire pour qu’après lui, le continent ne soit pas un rassemblement de « shithole countries », (« des pays de merde », soit comment le président américain avait qualifié de nombreux pays africains), parce qu’il aura souillé notre humanité par cette traite immonde de migrants.

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  • Patrice Talon, comme Sédar Senghor ou Mahamadou Issoufou?
    2026/04/18
    Cette élection présidentielle, au Bénin, un moment redoutée, a pu se tenir ce 12 avril. Sans surprise Romuald Wadagni, l’emporte. Patrice Talon a tenu parole ! Il y avait plusieurs hypothèques qui auraient pu empêcher cette alternance. La tentative, heureusement contrée, du putsch, du lieutenant-colonel Pascal Tigri, le 7 décembre 2025. Tient ? Dans quel pays de l’AES se cache-t-il, celui-là ? On devrait le savoir si Kemi Seba, fortuitement interpellé en Afrique Sud, le 14 avril dernier, était extradé, comme le demande le Bénin. Les circonstances servent finalement Talon, qui pourrait partir avec le scalp du plus mortel de ses contempteurs. À lire aussiBénin: Romuald Wadagni promet un mandat présidentiel placé sous le signe de «l'unité nationale» Et puis la tentation des troisièmes mandats, Patrice Talon avait toutes les raisons d’y succomber. Un excellent bilan et des réformes constitutionnelles qui lui en faisaient le lit. Il avait le loisir d’expérimenter le septennat et le durcissement, qui l’aurait avantagé, des conditions de candidature à la présidentielle. Pour moins que ça, sous d’autres cieux africains, la réforme a été considérée comme mettant les compteurs à zéro. Patrice Talon n’a pas succombé et c’est tout à son honneur. Un Sénat taillé sur mesure Malgré tout, il ne s’est pas totalement oublié avec ce Sénat taillé sur mesure. Le diable est effectivement dans les détails. Et la configuration du Sénat avec les pouvoirs qui lui sont conférés, lui donnant sur la législation et sur la police de la vie politique une primauté sur la chambre des députés, peut possiblement cacher un diable. Ensuite, le Sénat tel qu’il est mentionné dans la Constitution partage concurremment avec le chef de l’État le droit de relecture de la loi, article 57, de la Constitution. Le Sénat a même, en cas d’impossibilité de mettre d’accord l’Assemblée nationale et le président de la République sur une loi, la prérogative de la délibération définitive qui, elle, s’impose au président de la République. C’est une des dispositions qui peut être source d’obstruction. La Constitution n’ayant pas limité la nature des lois qui peuvent faire l'objet de demande de délibération définitive par le Sénat. Plus préoccupant, le droit de relecture du Sénat est systématisé. Peut-être qu’il eût fallu soustraire les lois de gouvernance à cette ultime prérogative du Sénat. En tout état de cause, on est dans l’expérimentation. La mise en œuvre pourrait commander des réajustements. Enfin, le format actuel a le mérite, à titre de dispositions transitoires, de faire consensus. Tous les anciens présidents sont membres, Nicéphore Soglo et Yayi Boni et tous les anciens présidents d’institution vivants. Au moins, beaucoup vont retrouver à s’occuper et à soigner, plus facilement, les immanquables bobos du troisième âge. Mais indéniablement, accepter de céder les leviers de l’État doit être reconnu à sa juste valeur à Patrice Talon. Mais ce n’est pas pour autant que le procès « en intention de partir sans partir » ne sera pas instruit contre Patrice Talon. Il ne peut pas y échapper. Romuald Wadagni c’est son poulain. Les précédents sur le continent, à l’exception du cas Sedar Senghor avec Abdou Diouf, au Sénégal, se sont toujours mal passés. Il y a eu les déboires d'Amadou Ahidjo au Cameroun et la tragédie de Mohamed Bazoum au Niger. Il est donc aléatoire de faire des prédictions. Le spleen de l’après-pouvoir est si fort qu’il peut avoir raison des résolutions les plus sincères. Avec le Sénat, Patrice Talon a pensé à l’après-présidence. Mais il est bien évident que, même s’il devait en être le président, la nouvelle Constitution prévoit que le président du Sénat est désigné parmi les membres de droit, cela ne remplace pas la densité de la fonction de président de la République. In fine, c’est à Patrice Talon de choisir qui il veut être, pour la postérité : Senghor ou Mahamadou Issoufou ?
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