エピソード

  • Au Sénégal, le duo Ousmane Sonko-Diomaye Faye n'a pas résisté à l'épreuve du pouvoir
    2026/03/14
    Newton Ahmed Barry revient ce samedi matin sur le divorce presque consommé entre Ousmane Sonko et Diomaye Faye au Sénégal. Le duo de rêve n’a pas résisté à l’épreuve de l’exercice du pouvoir. Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Les grandes crises ont souvent de petites raisons. L’emballement actuel aurait-il eu lieu, si le 1er juillet 2025, la Cour suprême du Sénégal n’avait pas douché les espoirs de Sonko, pour la présidentielle de 2029 ? Probablement non ! Ou pas de sitôt ! Car depuis la présidentielle de mars 2024, Ousmane Sonko vit dans l’attente de reprendre à Diomaye Faye, ce qui lui revient de droit, et le plus tôt, le mieux. Car 2029, c’était déjà une éternité pour un Sonko pressé. À lire aussiSénégal: la rupture est-elle consommée entre le président et son Premier ministre? Or ne voilà-t-il pas que les juges de la Cour suprême lui refusent la dernière alternative qui lui restait. Par une procédure exceptionnelle, le rabat d’arrêt, il voulait faire annuler sa condamnation pour diffamation à six mois, avec sursis, celle qui l’avait disqualifié à la présidentielle de 2024. Il n’y est pas arrivé et le pire, Diomaye Faye, ne lui a pas donné l’impression de s’en préoccuper, alors que comme garant du pouvoir judiciaire, croit-il, il pouvait contraindre les juges. À défaut, les changer. Le Sénégal a besoin d’autorité, s’exaspère Sonko. Une rodomontade de quelqu’un qui sent les choses lui échapper. Le romantisme politique d’un duo « Sonko-Diomaye » sorti de prison pour le palais présidentiel avait pourtant fait rêver. Il y avait quelque chose de messianique dans cet événement, une sorte de récompense divine après un chemin de croix. Il y avait pour ainsi dire du Dieu là-dedans. Tout à leur béatitude, nombre de personnes oublient que les Sénégalais, depuis 2000, se sont souvent plu à sanctionner l’hubris et à élever les humbles. Abdoulaye Wade, avant Diomaye-Sonko est passé par Rebeus, la mythique prison de Dakar, avant d’investir le palais de la République. Macky Sall, menacé plusieurs fois par Abdoulaye Wade, n’y a pas eu droit, il reste à ce jour, cependant, le président qui a eu la main leste, dans l’emprisonnement de ses opposants. Au point qu'à un moment, le comité directeur du PDS, le parti d'Abdoulaye Wade en était réduit à une mise à jour quotidienne de la liste des prisonniers politiques issus de ses rangs. La grande réhabilitation par les urnes de Sonko-Diomaye n’était donc pas inédite en soi. Mais l’âpreté du combat politique qui l’a précédé a pu créer un halo amnésique, le temps du délai de grâce politique. Puis les démons de la politique ont repris leur droit. Ils l’ont fait d’autant plus facilement que les nouveaux impétrants découvraient l’État dont ils n’imaginaient pas les infinies possibilités. Cette griserie a révélé les personnalités, plus rapidement. Pour Ousmane Sonko elle a désinhibé l’impatience de reprendre son dû, sans prendre garde, souvent, à la susceptibilité de Diomaye et quitte à heurter ce qu’on peut appeler, le trait de caractère de la personnalité du Sénégalais, qui exècre l’arrogance. À l’opposé, Diomaye est apparu humble, maître de lui-même, la parole rare. À lire aussiSénégal : Diomaye Faye prend ses distances avec Sonko Grosso modo, en utilisant la technique aléatoire du doigt mouillé, on peut avoir le sentiment que les Sénégalais épousent la palabre de Diomaye Faye. À l’opposé, Ousmane Sonko, le souverainiste, agglomère les fidèles du Pastef et aussi les panafricains 2.0 qui ne rêvent que d’une chose, faire basculer le Sénégal dans « la confédération de l’Indépendance » russafricaine. Reste maintenant à gérer la séparation. Depuis 1962 et le précédent Dia-Senghor, le président est la clé de voûte des institutions au Sénégal. Diomaye Faye a les moyens de se prémunir contre Sonko, si l’idée lui venait de faire de sa majorité écrasante un moyen de blocage institutionnel. Encore faut-il que Ousmane Sonko s’assure que les députés du Pastef le suivent majoritairement. Les politiques africains, en bons opportunistes, n’aiment pas les risques.
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  • Les mollahs ont tout perdu, sauf l’orgueil
    2026/03/07
    Donald Trump, après des atermoiements qui ont semblé ne pas finir, a lancé avec son colistier Netanyahu la guerre contre l’Iran. Débuts époustouflants. Dans les premières minutes le régime est décapité, mais n’a toujours pas capitulé ! Une semaine après le déclenchement des hostilités, du régime des mollahs, il en reste encore l’orgueil du refus de capituler, un entêtement, à donner de la chair au slogan de leur guerre « True Promise 4 » (« tenir sa parole »). Et pour l’instant, sous les tapis de bombes, ce qui en restent des mollahs tient parole, malgré les pressants appels de Trump assortis de promesse d’une amnistie et malgré leur capacité décroissante, constatée, d’envoi de missiles sur Israël. Donald Trump et Benyamin Netanyahu attendent qu’ils ravalent leur orgueil et qu’ils capitulent, sans condition. « Sur une échelle de 1 à 10, nous sommes à 15 », dit triomphalement Trump. Une victoire inéluctable qui a besoin d’être forcée par encore plus de bombes. La guerre est ainsi entrée dans sa deuxième phase Une phase avec plus de frappes et toujours, peu regardant sur le respect de l’éthique, comme semble l’assumer Pete Hegseth, ministre États-unien de la guerre. Toute chose qui brouille encore plus des buts de guerres mouvants. Dans les conventions qui gouvernent la guerre, quand l’adversaire est à terre on se garde de continuer à le frapper. La « fureur épique » n’est pas éthique et Pete Hegseth le martèle sans sourciller : « cette guerre n’a jamais été censée être juste, et elle ne l’est pas (…) nous les frappons alors qu’ils sont à terre, exactement comme il se doit ». Bon ! Pas exactement « comme il se doit ». Mais plutôt comme l’impose, par la force brute, le nouvel ordre Trumpien qui s’habille bien de la doctrine militaire israélienne, Dahiya qui ne s’embarrasse pas de la disproportion dans l’usage de la force et de la confusion entre cibles militaires et civiles. Où sont passés les partenaires stratégiques de l’Iran ? L’Iran est étrangement seule dans l’épreuve. La Chine, aime le pétrole iranien et pour l’instant, elle peut préférentiellement continuer à s’approvisionner sans encombre. Le détroit d’Ormuz est ouvert exceptionnellement pour elle. Sous les bombes elle charge son pétrole et ferme les yeux. Poutine, pleure Khamenei et rappel mezza voce que son aide militaire n’a pas été sollicitée. Les Iraniens n’en sont pas surpris : « la Russie a toujours trahi la nation iranienne » avait prévenu, leur ancien président Mahmoud Ahmadinejad. Massoud Pezeshkian, l’actuel, approuve, sans nommer spécifiquement la Russie, rappelant, que pendant la guerre des douze jours (en juin 2025) : « les pays que nous considérions comme des amis ne nous ont pas aidés ». Avec les Africains ce n’est guère mieux En Afrique, jusque-là, les rues ont été plus reconnaissantes que les États. Au Nigeria, avec la plus grande population chiite d’Afrique, Khamenei a été pleuré dans 12 des 36 États du pays. Les frelons de l’AES, partenaires ostentatoires de Téhéran en Afrique de l’Ouest, sont toujours silencieux, curieusement. Dans l’ensemble, les mollahs, pourtant Prodigues, expérimentent amèrement le dicton africain selon lequel « Si on vous terrasse pendant une bagarre, n’est pas grave. C’est faute à pas de force. Mais que l’on vous terrasse et vous traine est inacceptable, car cela voudrait dire que vous n’avez pas de famille. Vous n’avez pas d’alliés ». Les Iraniens donc bien seuls au monde. Pas que les mollahs. Ces millions d’Iraniens qui comptaient sur les promesses de Donald Trump, pour asséner le coup de grâce aux enturbannés, en ont pour leur frais. Trump, après un moment de tergiversation, a finalement décidé qu’envoyer des troupes au sol serait une perte de temps.
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  • Le 321e rapport du International Crisis Group se consacre au Sahel
    2026/02/28

    International Crisis Group a publié le 20 février dernier son 321e rapport sur l’Afrique, intitulé « le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) et le dilemme de l’expansion au-delà du Sahel ».

    C’est le dilemme d’une organisation dont la vocation à la naissance était locale. L’objet, unir les combattants de Dieu pour chasser la France et sa coalition internationale des terres du Sahel. Puis, le succès, sans doute, pas si tôt espéré, est arrivé impromptu. Pratiquement confiné dans le septentrion malien et burkinabè à sa création en mars 2017, le Jnim a réussi en moins d’une décennie à s’étendre sur de vastes contrées au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Il a rendu impraticables plusieurs axes routiers importants dans les trois pays, a mis plusieurs villes sous blocus, dont Bamako, la capitale du Mali, qui depuis septembre 2025, compose avec les pénuries de carburant.

    Ouagadougou est en alerte maximale, depuis la nomination par le groupe du Mauritanien Abou Hamza Al-Chinguetti - un vétéran du jihad - pour conduire les attaques sur les villes du Burkina. Niamey, qui se relève péniblement de l’attaque complexe du groupe État islamique contre son aéroport dans la nuit du 28 au 29 janvier dernier, sent la menace dans ses faubourgs. Avec une telle réussite, l’inquiétude forcément se fait jour chez les voisins du Sahel central, les pays côtiers du golfe de Guinée.

    Qui est le Jnim ?

    Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) a été créé par des groupes jihadistes qui ont préfiguré l’AÉS, avant les juntes militaires. Les créateurs du groupe sont pour l’essentiel des Maliens, Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa. Il reste le statut de l’Ansarul Islam, groupe burkinabè créé par Malam Dicko, dans le Soum et qui, en 2017, s’était fait remarquer dans plusieurs attaques contre les FDS burkinabè. Factuellement, il a connu un passage à vide après l’opération militaire conjointe franco-burkinabè, Panga, en avril 2017, mais il se revendique comme membre créateur du Jnim, même si à ce jour aucun de ses membres ne siège dans la shura, la direction centrale du groupe.

    Créé pour chasser la France, ses militaires et la coalition internationale Minusma du Sahel, le Jnim a obtenu beaucoup mieux, en renversant tout au Sahel, servi par une circonstance inattendue : l’irruption des juntes, entre 2020 et 2023, qui toutes, comme le Jnim, en avaient après la France au point de tout jeter par-dessus bord, l’eau du bain et le bébé avec.

    Cette expansion redoutée du Jnim se fait attendre. Comment l’expliquer ?

    Le Jnim, selon le rapport de l'ICG, considère que le coût-avantages de l’expansion aux pays côtiers du golfe de Guinée n’est pas stratégiquement évident et l’expose aux risques de fragmentation. Ce qu’elle a su éviter jusque-là, contrairement à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et à Boko Haram.

    Néanmoins, l’expansion reste une question nodale. Les échelons locaux qui y ont des intérêts immédiats, souvent désobéissent aux directives de la centrale. Il en est ainsi du cas du Bénin. Malgré les consignes de Iyad Ag Ghaly, le Jnim y a perpétré, en 3 ans, plus de 600 incidents faisant près de 700 morts. Attitude justifiée par Ousmane Dicko, l’un des leaders du groupe au Burkina Faso, comme une réponse aux harcèlements répétés contre ses combattants.

    International Crisis Group fait à cette occasion des recommandations.

    International Crisis Group fait à cette occasion trois recommandations. D'abord investir dans le renseignement pour saisir les dynamiques politiques et cartographier les risques en identifiant les acteurs et les sources de frustrations locales. Puis Préférer, dans le déploiement aux frontières, les forces de sécurité intérieure aux unités militaires. Responsables de l’aggravation des fragilités qui fertilisent l’implantation des groupes jihadistes.

    Enfin, imaginer des compromis avec les groupes, de préférence de façon coordonnée, plutôt que concurrentielle entre les États concernés.

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  • UA: le refus d'avaliser «le blanchiment des putschs militaires», une proclamation ou un tournant?
    2026/02/21

    C’était, le samedi 14 février dernier, oints du suffrage universel, pour leur première participation à la grande messe continentale, Doumbouya et Oligui s’attendaient à un accueil d’académiciens, ils ont été mis au pilori. Un bizutage en bonne et due forme.

    Joâo Lourenço, l’Angolais et président sortant de l’Union, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Ancien militaire, régulièrement venu à la politique par une élection démocratique, qui mieux que lui pour réciter aux nouveaux convertis, l’égrégore de la nouvelle fraternité qu’ils viennent d’intégrer.

    Cependant, à bien considérer, le discours totémique s’adressait sans doute à d’autres, ceux qui pourraient être tentés, sachant qu’au bout et après des simulacres d’élections, ils pourraient intégrer le syndicat. Arracher le graal ! Aux audacieux, dit-on, la chance sourit, mais il ne faut jamais laisser longtemps l’échelle sur le mur, pour éviter de faire des émules. C’est le sens, me semble t-il de la rodomontade de João Lourenço, qui avec les autres chefs d’État africains, exprime une inquiétude face à ce qui est en train de s’installer comme un fléau. Les putschs militaires dont on ne sait plus comment se prémunir. Il est difficile de l’expliquer autrement, puisque l’Union africaine a observé les élections qui ont blanchi les putschs des nouveaux impétrants. Les rapports qu’elle en a faits sont préférablement accommodants, nonobstant les mentions du non-respect caractérisé des droits humains et des droits électoraux des Guinéens et des Gabonais. Les scrutins ont été validés, comme respectant les standards en la matière. Tacitement un certificat de conformité démocratique.

    Qu’est-ce qui a pu se passer entretemps ?

    Dans la grande cour africaine d’Addis-Abeba, la rodomontade est gratuite et l’action plutôt difficile. L’ancien président du Tchad, Idriss Déby Itno, l’avait rappelé, avec dérision : « Nous parlons toujours trop, (…) mais nous n’agissons pas assez et parfois pas du tout », c’était en janvier 2016, au 26e sommet de l’UA.

    Le président João Lourenço, président sortant de l’Union et le président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf en se coordonnant avec des éléments de langage pour accueillir Doumbouya et Oligui n’innovent pas, mais rappellent ce qui est dans les textes. La mission fondamentale du Conseil de paix et sécurité, c’est justement de veiller à une « (…) tolérance, zéro pour les changements de pouvoir anticonstitutionnels ».

    Qu’est-ce qui a sonné le réveil à ce 39e sommet ?

    On ne peut pas hélas parler de réveil ! Il n’y a pas eu de résolution contre les blanchiments démocratiques des coups d’État. Le Conseil de paix et sécurité n’ayant pas les moyens d’opérationnaliser sa « force prépositionnée ». Elle a même contribué, depuis 2023, à affaiblir la Cédéao, sa plus dynamique commission économique régionale, qui aurait pu lui servir de fer de lance. En refusant son soutien à l’action militaire de la Cédéao contre le putschiste Abdourahamane Tiani et surtout en s’empressant, au grand dam d’Abuja, de prendre acte du changement anticonstitutionnel survenu à Niamey, le Conseil de paix et sécurité avait manqué de flair et l’occasion inédite de faire un exemple.

    À lire aussiFin du sommet de l’Union africaine: «Aucune tolérance pour les changements de pouvoir anticonstitutionnels»

    Dès lors, il a refermé la porte sur le loup, déjà dans la bergerie. Le pire, c’est que le loup n’est pas seul. Il y est avec un allié qui a un plan, déjà prêt, « la confédération de l’Indépendance » avec des juntes russo-africaines qui devraient remplacer partout, ces « mauvaises démocraties », animées par les valets locaux de l’impérialisme occidental, comme a pu le révéler, dans une de ses enquêtes, Forbidden Stories.

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  • France-Tchad: rupture bruyante, réconciliation subreptice!
    2026/02/14

    Vous revenez dans votre chronique de ce jour sur le dernier épisode des relations franco-tchadiennes. Rupture bruyante et réconciliation subreptice. Commençons par ce qui avait pu fâcher Mahamat Deby Itno.

    Quelques faits vexants, sans doute un opportun prétexte de se délier d'un devoir de reconnaissance. En ordonnant ce qui a pu fâcher, on peut classer l'affaire des costumes en deuxième position. À titre personnel, Mahamat Déby Itno a pu ne pas apprécier les poursuites du parquet financier national français pour 900 000 malheureux euros de costumes. À ce niveau de responsabilité, on ne mégote pas en général. En second, il a pu être vexé par les prises à partie de la France sur le dossier soudanais : le Tchad souverain s'allie en fonction de ses intérêts. Les Émirats arabes unis et le général Hemedti qui font l'affaire de Déby à défaut de celle du Tchad. Puis probablement le manque d'enthousiasme manifesté par Paris pour son élection. Il y a donc des raisons légitimes de colère, mais de là à renverser la calebasse, on est dubitatif !

    Et peut-être que toutes ces raisons ont servi de prétexte ?

    Davantage le contexte. La France, devenue radioactive pour certaines opinions africaines, lui devoir son strapontin est une faute. Or Mahamat Déby Itno a beaucoup de qualités, sûrement, mais il aurait eu un grand mal à succéder à son valeureux maréchal de père sans l'adoubement de la France. Les avions militaires français, en anéantissant, (ou survolant, disent certains), la colonne rebelle responsable de la mort du maréchal Déby Itno, ont enrayé sa progression, permettant un climat serein nécessaire pour fignoler une succession extra-constitutionnelle problématique. Ce n'était pas acquis d'avance dans une Afrique vent debout contre les coups d'État constitutionnels que le putsch bricolé du fils Déby Itno passe comme lettre à la poste, coup de pouce militaire et soutien assumé d'Emmanuel Macron auront été nécessaires pour imposer la succession dynastique.

    À lire aussiLe président tchadien Mahamat Idriss Déby invité à Paris sur fond de réchauffement entre les deux pays

    Prendre le pouvoir dans ces conditions, cela fragilise forcément !

    Absolument ! Dans une « panafricanie » qui a la France comme cible unique, le jeune Déby Itno, pour se réhabiliter, avait besoin d'un vrai coup d'éclat, une sorte de bravade à la mesure de l'opprobre. Quoi de mieux que de sectionner la branche qui portait le régime dont il est l’héritier ? Avec les accords militaires, la France et ses avions avaient permis une longévité exceptionnelle du régime d'Idriss Déby Itno, soit en bombardant les colonnes des rebelles quand elles menaçaient trop Ndjamena ou en fournissant le bon renseignement en rompant ses accords militaires. Mahamat Déby Itno avait consenti le sacrifice expiatoire approprié. Il s'est acheté un répit avec les néo-panafricains. Sauf qu'au Tchad, la menace existentielle, ce sont les rébellions armées et le savoir-faire français pour les contrer n'a pas encore d'équivalent.

    C'est donc une réconciliation dictée par la realpolitik ?

    Parfaitement ! Comme à chaque fois qu'il est menacé, le pouvoir tchadien sollicite le secours de la France. Ngarta Tombalbaye, premier président du Tchad, a été le premier à le faire en 1969, quand, dans des circonstances semblables à celles de Déby, fils fâché avec la France, dans l'ambiance de « l'authenticité » à la Mobutu. Il change de prénom et de François, il devient Ngarta et débaptise la capitale tchadienne, Fort-Lamy, qui devient Ndjamena. Mais menacés par les rebelles, il ravale sa fierté et demande le secours de la France. Sauf que la France protège le président tchadien des rebelles, mais des fragilités de leur propre gouvernance. Fera-t-elle exception cette fois en perte de vitesse dans son ancien pré carré africain ? Elle n'a plus vraiment le luxe de se choisir ses partenaires idéaux. Elle pourrait donc fermer les yeux sur les droits humains, ce que craint l'opposition tchadienne. Elle redoute surtout que Succès Masra, l'opposant principal au régime en prison depuis août 2025, ne fasse les frais de ce qu'elle considère comme un « basculement vers une diplomatie transactionnelle ».

    À lire aussiAu Tchad, l'opposition critique au sujet de la rencontre entre Déby et Macron

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  • États-Unis : le rapprochement Jeff Bezos - Donald Trump impacte le Washington Post
    2026/02/07

    Le Washington Post, 76 fois prix Pulitzer, traverse une situation difficile. Le 4 février, la direction du journal décide un licenciement massif. Une conséquence du rapprochement de Jeff Bezos avec Donald Trump !

    Officiellement, c’est une restructuration. Une mise à jour, d’une structure « trop ancrée dans une autre époque », a justifié Matt Murray, directeur exécutif du journal. Mais le coup est si massue, que certains craignent qu’il n’engage le pronostic vital du journal.

    Près de 300 licenciements annoncés sur un effectif de 800. Un remède de cheval pour un « update » structurel, si inhabituel que le syndicat du journal a qualifié cette opération d’« un cas d’école (…) de l’autodestruction d’une marque ».

    Le Washington Post, devenu la propriété du milliardaire Jeff Bezos en 2013, se portait relativement bien, jusqu’à la dernière présidentielle américaine. Donald Trump, réélu, attire les milliardaires de la tech. Jeff Bezos, qui avait déjà amorcé un rapprochement en faisant faire une entorse à la tradition du journal à l’occasion des présidentielles américaines, le rejoint et c’est le début des problèmes du prestigieux journal. Ashley Parker, une ancienne plume du journal, parle d’un « meurtre du Washington Post ».

    À lire aussiÉtats-Unis : le « Washington Post » de Jeff Bezos licencie un grand nombre de ses journalistes

    Jeff Bezos, en se rapprochant de Donald Trump, a mis en danger le Washington Post

    La bascule, c’est la présidentielle de 2024, quand Jeff Bezos, sentant le vent tourner, a interdit au journal de prendre parti pour Kamala Harris. Rompant ainsi une tradition instituée en faveur des candidats démocrates. Ce choix du nouveau propriétaire a coûté au journal plus de 250 000 abonnés. Ces derniers considérant que Jeff Bezos avait, ce faisant, « trahit les valeurs qu’il était censé défendre ». Le journal perd des électeurs, perd de l’argent. 85 millions d’euros de pertes, en 2024. Une broutille, rapportée à la fortune personnelle de Bezos, qui est estimée à 207 milliards d’euros, et à la libéralité dont il est capable quand il s’agit des Trump. Amazon, dont il est propriétaire, ne peut pas financer le petit film de propagande de Melania Trump, pour 64 millions d’euros, et pour seulement 85 millions d’euros, Bezos met à sac un monument comme le Washington Post.

    En basculant MAGA, Jeff Bezos a compromis la ligne éditoriale du journal, entrainant le départ de certains journalistes, parmi les meilleurs, tous outrés « des efforts écœurants (…) », disent-ils pour « s’attirer les faveurs de Donald Trump (…) ».

    Ce qui interroge sur les chances de succès du plan en cours. Le Post Guild, le syndicat du journal, est pour le moins très sceptique, rappelant qu’on « ne peut pas vider une rédaction de sa substance sans conséquences sur sa crédibilité, son influence et son avenir ».

    In fine, ce qui arrive au Washington Post interroge sur le sort des médias et des journalistes sous Trump !

    La presse, et dans une moindre mesure, les universités sont les ennemis de Donald Trump. Depuis son investiture, en janvier 2025, il mène à la presse une véritable guerre. Tous les moyens ont été utilisés. Poursuites judiciaires, ruineuses pour les médias, fermetures de médias, l’exemple de la Voix de l’Amérique, financée par l’État, et les prises à partie de journalistes. Mais ce n’est pas tout. L’administration Trump multiplie les entraves. Restriction d’accès aux lieux clés du gouvernement (Maison Blanche et tribunaux pour les affaires des immigrés). Et restriction de visa pour les journalistes étrangers. Donald Trump se comporte comme les dictatures militaires en Afrique.

    Associated Press interdit à la Maison Blanche, pour une simple question sémantique. Refus de se conformer à la nouvelle appellation du « golfe du Mexique ». C’est inédit et c’est bien illustré par le classement mondial des États-Unis de Reporters sans frontières. 57e sur 180 pays, en 2025. Mais est-ce quelque chose qui parle à Trump ?

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  • Que vaut encore l’asile politique en Afrique?
    2026/01/31

    Il y a une dizaine de jours, le Togo extradait, vers le Burkina, Paul Henri Sandaogo Damiba, ancien président qui avait trouvé asile politique à Lomé. Extradition ou livraison ?

    Damiba au Togo, n’a jamais rassuré Ibrahim Traoré. Ainsi, son nom va se retrouver, cité dans les projets incessants et intempestifs de coup d’État par une junte atrabilaire qui a vite fait de l’extradition de Damiba, son assurance survie. La Cédéao, devenue entretemps indigente avec la création de l’AES a perdu de son influence dans les affaires de la région. Or, Damiba avait trouvé l’asile au Togo, en parti, grâce à ses bons offices, quand la médiation des sages Burkinabè, entre autre, le cardinal Philippe Ouédraogo et le Moro Naaba, chef suprême des mossis de Ouagadougou l’avait convaincu de démissionner. Une démission à sept conditions que les sages échouerons à faire respecter par son tombeur qui s’y était engagé. Damiba en gardera une amertume qu’il exprimera, à chaque fois que ses hôtes le lui ont permis, à l’occasion de rares interviews à la presse internationale. Avec l’AES et la posture sous régionale équivoque de Faure Gnassingbé, Damiba aurait demandé, sans succès, à quitter le Togo.

    Dès lors, il était plus otage qu’un exilé politique. C’est cet otage qui a été livré, à ses pires ennemis, le 17 janvier 2026. S’il s’était s’agi d’une extradition, elle n’aurait pas pu être aussi supersonique. À moins d’être téléphonée, une décision de justice ne peut se conclure par un décret, le même jour et être exécuté le lendemain, un jour non ouvré, de surcroit. C’est inédit dans les annales de l’asile politique en Afrique. Le précédent, Charles Taylor, du Liberia, en 2006, par le Nigeria, était survenu, après de longs palabres « à l’africaine » alors qu’il était poursuivi, pour crime contre l’humanité. Dans le cas présent, le Togo a réglé, le sort de Damiba en 48 heures chrono. Une coordination, inhabituellement millimétrée, entre le judiciaire et l’exécutif.

    Il vaut mieux éviter Lomé, si l’on postule pour une asile politique en Afrique

    C’est le moins qu’on puisse dire. Avant Damiba, il y a eu, Lida Kouassi Moïse, en juin 2012, ex-ministre ivoirien de la Défense. Lomé l’avait extradé, avec une diligence « pro-max ». Arrêté et extradé le même jour, avec un épais dossier à charge, à la grande satisfaction - surprise, du ministre ivoirien de l’Intérieur de l’époque, Hamed Bakayoko qui n’en attendait pas tant. Lomé est très risquée pour les demandeurs d’asile, peu importe votre statut et qui vous parraine.

    Le seul privilège de Damiba, c’est d’avoir bénéficié d’un jour de plus, avant l’expulsion. Vendredi, décision de justice suivie de la prise du décret d’expulsion. Samedi livraison, sans avoir eu le droit d’exercer un quelconque recours, illustrant en miroir le sort du togolais lambda devant les juridictions togolaises. Le Togo, vaines précautions, dit s’être assuré que celui qu’il livrait en express ne risque pas la peine de mort et qu’il allait bénéficier « d’une justice équitable ».

    Dans ce Burkina Faso, où les militaires de la garde présidentielle peuvent encercler une juridiction pour soustraire la petite amie du chef de la junte auditionnée pour violence exercée sur autrui. Pareillement, quand des juges sont enlevés et envoyés au Front, pour cause d’une décision qui a déplu à IB, quel gage de justice équitable un tel régime, peut-il offrir ?

    Enfin, c’est pas inutile de le rappeler, au Burkina une accusation de tentative de putsch, emporte une présomption de culpabilité qui exclut le droit à l’assistance d’un avocat. Quand bien même, par une faveur on l’autoriserait, trouver un avocat est mission impossible. Le dernier qui s’y risqué, dans une affaire contre l’État, a été enlevé tout comme son client et les juges qui ont connu du dossier. Tous disparus ! Dans les bagnes de Ouaga 2000.

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  • CAN 2025 : Brahim Diaz et le qui perd gagne !
    2026/01/24

    Le Football, avec la finale de la CAN marocaine, qui a provoqué des frayeurs et la politique, avec le conseil de la paix de Trump installé à Davos, le 22 janvier dernier, constituent les sujets de cette chronique. Commençons par la CAN et ce penalty qui aurait pu tout gâcher !

    La panenka ratée de Brahim Diaz, qu’elle soit volontaire ou pas, a évité au Maroc, pour le moins, une victoire à la Pyrrhus et à cette belle CAN de finir en cacahuète. L’honneur est sauf pour tout le monde. Il restera arbitrage. Équivoque, pour les supporters au sud du Sahara. Pas du tout, pour les experts du Foot, comme Joseph Antoine Bell. À contrario, il y a une unanimité sur la qualité de l’organisation du Maroc. Les stades étaient de bonne qualité.

    Ce qui va rester au final, c’est l’attitude qui fut celle de Sadio Mané. C’était un grand joueur, les incidents de la finale ont révélé un grand homme. Le Sénégal lui doit plus qu’une deuxième étoile. Il a incarné, le Sénégalais. Non pas une posture, mais une altérité. Léopold Sédar Senghor l’aurait appelé « Le lion téméraire » « celui qui ne pourra jamais avoir honte ».

    Gageons à présent, que les représentants africains à la Coupe du monde fassent mieux que leurs précédentes participations, pour venger, les refus de visa américains à la plupart des supporteurs africains.

    À présent, le «Conseil de la paix» installé à Davos. Donald Trump tient son conseil de sécurité, alternatif.

    Un conseil de sécurité à un milliard, le siège permanent. C’est une ONU censitaire. N’y siègent que les alliés, disons les obligés qui comptent. Gaza devrait lui servir de laboratoire, pour expérimenter une instance internationale alternative à l’ONU et un embryon d’un gouvernement mondial, pour pacifier les régions du monde en crise. Donald Trump, le président à vie, de la nouvelle institution, impose les termes de la paix et si besoin, par la force. En douze mois, il se vante d’avoir réglé huit guerres, dont on cherche lesquelles ?

    Gaza, le laboratoire de son Conseil de la Paix, connaît une paix factice. La guerre n’y a pas pris « fin immédiatement », comme le stipulait, l’accord de paix, une fois signé par les deux protagonistes. Une paix factice, mais suffisante, pour enclencher le business de la reconstruction et des alliés milliardaires peu importe leur moralité. La qualité de la vingtaine des premiers formellement ralliés, en dit long. La Russie dit étudier la proposition. Les Européens, qui se réveillent, observent. La France, le Royaume-Uni, la Norvège et l’Ukraine ont dit non. Des cinq membres du Conseil de sécurité avec droit de véto, seuls les États-Unis sont membres « of course ! ».

    Qu’en est-il de l’Afrique ?

    La grande oubliée de l’aventure. Le Maroc et l'Égypte sont les heureux élus, mais pas en vertu de leur qualité de membres éminents du continent africain.Les pays qui comptent en Afrique, ne semblent pas compter aux yeux du président américain. L’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Éthiopie et la Côte d’Ivoire, pour l’Afrique francophone, aucun ne semble réunir la condition suffisante pour être membre de son Conseil.

    L’affaiblissement de l’ONU orchestré par Donald Trump, même s’il s’en défend, a comme premier effet collatéral, l’aggravation du décrochage de l’Afrique. Ceux des Africains qui étaient à fond dans l’ONU bashing, ont eu en Donald Trump, un allié inattendu, à leur détriment. Ils scient du coup, la branche sur laquelle, ils étaient assis. L’ONU, son assemblée générale annuelle, c’est la seule tribune internationale, où la voix des Africains résonnait disproportionnellement à leur poids dans le concert des nations. Et puis, et ce n'est pas rien, la participation aux assemblées générales de l’ONU, échappent pour l’instant aux « travel ban » !

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