『Le regard d'Ahmed Newton Barry』のカバーアート

Le regard d'Ahmed Newton Barry

Le regard d'Ahmed Newton Barry

著者: RFI
無料で聴く

概要

Le coup d’œil aiguisé sur l’actualité de la semaine d’un observateur aguerri des soubresauts du monde. Ancien présentateur du 20h de la RTB au Burkina Faso, Ahmed Newton Barry démissionne en 1998 pour protester contre l'assassinat du journaliste Norbert Zongo. Il est le co-fondateur en 2001 du journal d'investigation l'Événement où il s'applique à défendre son slogan : « l'information est un droit ». Chaque semaine, Ahmed Newton Barry analyse un fait marquant de l'actualité internationale et sa résonance avec le Continent.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Au Sénégal, le duo Ousmane Sonko-Diomaye Faye n'a pas résisté à l'épreuve du pouvoir
    2026/03/14
    Newton Ahmed Barry revient ce samedi matin sur le divorce presque consommé entre Ousmane Sonko et Diomaye Faye au Sénégal. Le duo de rêve n’a pas résisté à l’épreuve de l’exercice du pouvoir. Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Les grandes crises ont souvent de petites raisons. L’emballement actuel aurait-il eu lieu, si le 1er juillet 2025, la Cour suprême du Sénégal n’avait pas douché les espoirs de Sonko, pour la présidentielle de 2029 ? Probablement non ! Ou pas de sitôt ! Car depuis la présidentielle de mars 2024, Ousmane Sonko vit dans l’attente de reprendre à Diomaye Faye, ce qui lui revient de droit, et le plus tôt, le mieux. Car 2029, c’était déjà une éternité pour un Sonko pressé. À lire aussiSénégal: la rupture est-elle consommée entre le président et son Premier ministre? Or ne voilà-t-il pas que les juges de la Cour suprême lui refusent la dernière alternative qui lui restait. Par une procédure exceptionnelle, le rabat d’arrêt, il voulait faire annuler sa condamnation pour diffamation à six mois, avec sursis, celle qui l’avait disqualifié à la présidentielle de 2024. Il n’y est pas arrivé et le pire, Diomaye Faye, ne lui a pas donné l’impression de s’en préoccuper, alors que comme garant du pouvoir judiciaire, croit-il, il pouvait contraindre les juges. À défaut, les changer. Le Sénégal a besoin d’autorité, s’exaspère Sonko. Une rodomontade de quelqu’un qui sent les choses lui échapper. Le romantisme politique d’un duo « Sonko-Diomaye » sorti de prison pour le palais présidentiel avait pourtant fait rêver. Il y avait quelque chose de messianique dans cet événement, une sorte de récompense divine après un chemin de croix. Il y avait pour ainsi dire du Dieu là-dedans. Tout à leur béatitude, nombre de personnes oublient que les Sénégalais, depuis 2000, se sont souvent plu à sanctionner l’hubris et à élever les humbles. Abdoulaye Wade, avant Diomaye-Sonko est passé par Rebeus, la mythique prison de Dakar, avant d’investir le palais de la République. Macky Sall, menacé plusieurs fois par Abdoulaye Wade, n’y a pas eu droit, il reste à ce jour, cependant, le président qui a eu la main leste, dans l’emprisonnement de ses opposants. Au point qu'à un moment, le comité directeur du PDS, le parti d'Abdoulaye Wade en était réduit à une mise à jour quotidienne de la liste des prisonniers politiques issus de ses rangs. La grande réhabilitation par les urnes de Sonko-Diomaye n’était donc pas inédite en soi. Mais l’âpreté du combat politique qui l’a précédé a pu créer un halo amnésique, le temps du délai de grâce politique. Puis les démons de la politique ont repris leur droit. Ils l’ont fait d’autant plus facilement que les nouveaux impétrants découvraient l’État dont ils n’imaginaient pas les infinies possibilités. Cette griserie a révélé les personnalités, plus rapidement. Pour Ousmane Sonko elle a désinhibé l’impatience de reprendre son dû, sans prendre garde, souvent, à la susceptibilité de Diomaye et quitte à heurter ce qu’on peut appeler, le trait de caractère de la personnalité du Sénégalais, qui exècre l’arrogance. À l’opposé, Diomaye est apparu humble, maître de lui-même, la parole rare. À lire aussiSénégal : Diomaye Faye prend ses distances avec Sonko Grosso modo, en utilisant la technique aléatoire du doigt mouillé, on peut avoir le sentiment que les Sénégalais épousent la palabre de Diomaye Faye. À l’opposé, Ousmane Sonko, le souverainiste, agglomère les fidèles du Pastef et aussi les panafricains 2.0 qui ne rêvent que d’une chose, faire basculer le Sénégal dans « la confédération de l’Indépendance » russafricaine. Reste maintenant à gérer la séparation. Depuis 1962 et le précédent Dia-Senghor, le président est la clé de voûte des institutions au Sénégal. Diomaye Faye a les moyens de se prémunir contre Sonko, si l’idée lui venait de faire de sa majorité écrasante un moyen de blocage institutionnel. Encore faut-il que Ousmane Sonko s’assure que les députés du Pastef le suivent majoritairement. Les politiques africains, en bons opportunistes, n’aiment pas les risques.
    続きを読む 一部表示
    3 分
  • Les mollahs ont tout perdu, sauf l’orgueil
    2026/03/07
    Donald Trump, après des atermoiements qui ont semblé ne pas finir, a lancé avec son colistier Netanyahu la guerre contre l’Iran. Débuts époustouflants. Dans les premières minutes le régime est décapité, mais n’a toujours pas capitulé ! Une semaine après le déclenchement des hostilités, du régime des mollahs, il en reste encore l’orgueil du refus de capituler, un entêtement, à donner de la chair au slogan de leur guerre « True Promise 4 » (« tenir sa parole »). Et pour l’instant, sous les tapis de bombes, ce qui en restent des mollahs tient parole, malgré les pressants appels de Trump assortis de promesse d’une amnistie et malgré leur capacité décroissante, constatée, d’envoi de missiles sur Israël. Donald Trump et Benyamin Netanyahu attendent qu’ils ravalent leur orgueil et qu’ils capitulent, sans condition. « Sur une échelle de 1 à 10, nous sommes à 15 », dit triomphalement Trump. Une victoire inéluctable qui a besoin d’être forcée par encore plus de bombes. La guerre est ainsi entrée dans sa deuxième phase Une phase avec plus de frappes et toujours, peu regardant sur le respect de l’éthique, comme semble l’assumer Pete Hegseth, ministre États-unien de la guerre. Toute chose qui brouille encore plus des buts de guerres mouvants. Dans les conventions qui gouvernent la guerre, quand l’adversaire est à terre on se garde de continuer à le frapper. La « fureur épique » n’est pas éthique et Pete Hegseth le martèle sans sourciller : « cette guerre n’a jamais été censée être juste, et elle ne l’est pas (…) nous les frappons alors qu’ils sont à terre, exactement comme il se doit ». Bon ! Pas exactement « comme il se doit ». Mais plutôt comme l’impose, par la force brute, le nouvel ordre Trumpien qui s’habille bien de la doctrine militaire israélienne, Dahiya qui ne s’embarrasse pas de la disproportion dans l’usage de la force et de la confusion entre cibles militaires et civiles. Où sont passés les partenaires stratégiques de l’Iran ? L’Iran est étrangement seule dans l’épreuve. La Chine, aime le pétrole iranien et pour l’instant, elle peut préférentiellement continuer à s’approvisionner sans encombre. Le détroit d’Ormuz est ouvert exceptionnellement pour elle. Sous les bombes elle charge son pétrole et ferme les yeux. Poutine, pleure Khamenei et rappel mezza voce que son aide militaire n’a pas été sollicitée. Les Iraniens n’en sont pas surpris : « la Russie a toujours trahi la nation iranienne » avait prévenu, leur ancien président Mahmoud Ahmadinejad. Massoud Pezeshkian, l’actuel, approuve, sans nommer spécifiquement la Russie, rappelant, que pendant la guerre des douze jours (en juin 2025) : « les pays que nous considérions comme des amis ne nous ont pas aidés ». Avec les Africains ce n’est guère mieux En Afrique, jusque-là, les rues ont été plus reconnaissantes que les États. Au Nigeria, avec la plus grande population chiite d’Afrique, Khamenei a été pleuré dans 12 des 36 États du pays. Les frelons de l’AES, partenaires ostentatoires de Téhéran en Afrique de l’Ouest, sont toujours silencieux, curieusement. Dans l’ensemble, les mollahs, pourtant Prodigues, expérimentent amèrement le dicton africain selon lequel « Si on vous terrasse pendant une bagarre, n’est pas grave. C’est faute à pas de force. Mais que l’on vous terrasse et vous traine est inacceptable, car cela voudrait dire que vous n’avez pas de famille. Vous n’avez pas d’alliés ». Les Iraniens donc bien seuls au monde. Pas que les mollahs. Ces millions d’Iraniens qui comptaient sur les promesses de Donald Trump, pour asséner le coup de grâce aux enturbannés, en ont pour leur frais. Trump, après un moment de tergiversation, a finalement décidé qu’envoyer des troupes au sol serait une perte de temps.
    続きを読む 一部表示
    5 分
  • Le 321e rapport du International Crisis Group se consacre au Sahel
    2026/02/28

    International Crisis Group a publié le 20 février dernier son 321e rapport sur l’Afrique, intitulé « le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) et le dilemme de l’expansion au-delà du Sahel ».

    C’est le dilemme d’une organisation dont la vocation à la naissance était locale. L’objet, unir les combattants de Dieu pour chasser la France et sa coalition internationale des terres du Sahel. Puis, le succès, sans doute, pas si tôt espéré, est arrivé impromptu. Pratiquement confiné dans le septentrion malien et burkinabè à sa création en mars 2017, le Jnim a réussi en moins d’une décennie à s’étendre sur de vastes contrées au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Il a rendu impraticables plusieurs axes routiers importants dans les trois pays, a mis plusieurs villes sous blocus, dont Bamako, la capitale du Mali, qui depuis septembre 2025, compose avec les pénuries de carburant.

    Ouagadougou est en alerte maximale, depuis la nomination par le groupe du Mauritanien Abou Hamza Al-Chinguetti - un vétéran du jihad - pour conduire les attaques sur les villes du Burkina. Niamey, qui se relève péniblement de l’attaque complexe du groupe État islamique contre son aéroport dans la nuit du 28 au 29 janvier dernier, sent la menace dans ses faubourgs. Avec une telle réussite, l’inquiétude forcément se fait jour chez les voisins du Sahel central, les pays côtiers du golfe de Guinée.

    Qui est le Jnim ?

    Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) a été créé par des groupes jihadistes qui ont préfiguré l’AÉS, avant les juntes militaires. Les créateurs du groupe sont pour l’essentiel des Maliens, Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa. Il reste le statut de l’Ansarul Islam, groupe burkinabè créé par Malam Dicko, dans le Soum et qui, en 2017, s’était fait remarquer dans plusieurs attaques contre les FDS burkinabè. Factuellement, il a connu un passage à vide après l’opération militaire conjointe franco-burkinabè, Panga, en avril 2017, mais il se revendique comme membre créateur du Jnim, même si à ce jour aucun de ses membres ne siège dans la shura, la direction centrale du groupe.

    Créé pour chasser la France, ses militaires et la coalition internationale Minusma du Sahel, le Jnim a obtenu beaucoup mieux, en renversant tout au Sahel, servi par une circonstance inattendue : l’irruption des juntes, entre 2020 et 2023, qui toutes, comme le Jnim, en avaient après la France au point de tout jeter par-dessus bord, l’eau du bain et le bébé avec.

    Cette expansion redoutée du Jnim se fait attendre. Comment l’expliquer ?

    Le Jnim, selon le rapport de l'ICG, considère que le coût-avantages de l’expansion aux pays côtiers du golfe de Guinée n’est pas stratégiquement évident et l’expose aux risques de fragmentation. Ce qu’elle a su éviter jusque-là, contrairement à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et à Boko Haram.

    Néanmoins, l’expansion reste une question nodale. Les échelons locaux qui y ont des intérêts immédiats, souvent désobéissent aux directives de la centrale. Il en est ainsi du cas du Bénin. Malgré les consignes de Iyad Ag Ghaly, le Jnim y a perpétré, en 3 ans, plus de 600 incidents faisant près de 700 morts. Attitude justifiée par Ousmane Dicko, l’un des leaders du groupe au Burkina Faso, comme une réponse aux harcèlements répétés contre ses combattants.

    International Crisis Group fait à cette occasion des recommandations.

    International Crisis Group fait à cette occasion trois recommandations. D'abord investir dans le renseignement pour saisir les dynamiques politiques et cartographier les risques en identifiant les acteurs et les sources de frustrations locales. Puis Préférer, dans le déploiement aux frontières, les forces de sécurité intérieure aux unités militaires. Responsables de l’aggravation des fragilités qui fertilisent l’implantation des groupes jihadistes.

    Enfin, imaginer des compromis avec les groupes, de préférence de façon coordonnée, plutôt que concurrentielle entre les États concernés.

    続きを読む 一部表示
    5 分
まだレビューはありません