エピソード

  • Bons baisers, bon appétit! Recettes en poèmes, à la carte!
    2026/05/02

    Avant les sms et les réseaux sociaux, celle qui donnait un goût de vacances et goûtait à la joie des congés et des jours fériés, c’était la carte postale. Rectangle de carton aux bords crénelés, les cartes étaient envoyées par millions, pour un baiser, une pensée. Instantanés du lieu de vacances, elles portaient au choix au recto pour la photo un château, des chutes d'eau ou des délices architecturaux, avec au verso le descriptif.

    De la fondue à la salade niçoise

    Les cartes les plus appréciées étaient sans conteste celles de recettes de cuisine, miroir du répertoire des recettes régionales de France et d’ailleurs. Le succès fut tel qu’il perdure aujourd'hui, ces cartes résistent et s’accrochent encore aux présentoirs tourniquets des maisons de la presse et autres librairies.

    Bouillabaisse, ailloli, couscous, crêpes bretonnes...

    Quiche lorraine ou fondue : certaines cartes étaient plus rares que d’autres, mais ici c’est bien une série de carte singulière qui nous intéresse et son histoire. Les photos, la mise en scène des recettes ont d’abord intrigué Matthieu Nicol : l’image est son métier, il est iconographe, chineur, chercheurs et collectionneur d’images de cuisine des années 60/70/80.

    Il a ainsi découvert quelques cartes de la série dans un classeur aux Puces de Saint-Ouen. La disposition des ingrédients, le choix des décors, des nappes, des figurines, tous les paysages savamment composés tout a séduit le passionné qui, pour l’occasion, s’est fait détective.

    Les cartes provenaient d’un studio à Grasse, le studio Appollot et qu’au verso, les recettes n’étaient pas juste des recettes mais des poèmes en alexandrins signés de la poétesse Emilie Bernard.

    Bons baisers, bon appétit

    À Saint-Ouen, débute l’enquête qui se poursuivra à Grasse, à Marseille, dans l’est de la France, puis à Paris à nouveau où Matthieu Nicol a retrouvé comme à Grasse, des membres de la famille Appollot. La lumière aussi sur Emilie Bernard, la poétesse la plus lue de France à cette époque aux vues des tirages des cartes postales, mais restée dans l’ombre.

    En tout 167 cartes postales et autant de poèmes rassemblés dans un recueil publié aux éditions de l'Épure. Le livre est le fruit d’une enquête minutieuse et porté par l’humilité d’un passionné souhaitant redonner vie à des gestes, des habitudes, des images vouées à l’oubli, du sens à une époque. Le recueil se savoure.

    Quant aux recettes ? Elles sont impressionnistes, ce qui fait leur charme, et leur délice. Avec un peu de cœur à l’ouvrage et de l’inspiration, vous devriez arriver à mitonner un bon aïoli, ou des huitres farcies !

    Avec

    - Matthieu Nicol, iconographe, chineur, chercheur, fondateur de l'agence Too Many Pictures du compte Vintage food photography et auteur.

    - Catherine Appollot, troisième de la fratrie de Pierre et Gaby Appollot, qui nous a fait la joie de partager quelques souvenirs avec nous.

    Bons baisers, bon appétit. Poèmes culinaires à la carte est un recueil publié par les éditions de l’Épure.

    Pour aller plus loin :

    Autour de Maïté.

    Emilie Bernard publie ses poèmes à la même époque qu’un désormais célèbre homonyme : Françoise Bernard dont le nom avait été créé de toutes pièces pour promouvoir les produits électroménagers flambant neufs d’Unilever et de Seb. Les livres de recettes de Françoise Bernard sont de presque toutes les cuisines, se disputant la place sur les étagères avec Ginette Mathiot.

    Programmation musicale : Pinterest a color show, d'Anita.

    En images

    Recettes

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    33 分
  • Paris-Tokyo: récits et recettes métissées de deux pays qui s’aimantent
    2026/04/25

    Une femme en kimono sortant d’un métro parisien : quelle est sa vie ? Vit-elle à Paris ? Pourquoi cette femme a-t-elle décidé de venir vivre en France ? Est-elle mariée à un Français ? Qui sont ses amis ? Que mange-t-elle ? Autant de questions à l’origine du livre de Dorothée Perkins, photographe, autrice et imprégnée de culture japonaise. (Rediffusion)

    De rencontres en rencontres, riches, entre Paris et Tokyo, elle a découvert un monde, et discerné les sources de la romance qu’entretiennent le Japon et la France depuis près de 2 siècles.

    Pour notre émission, le rendez-vous avait été donné chez Kiko et Tsuyu, mère et fille, toute deux artistes, peintre et plasticienne installées dans le 14ème arrondissement de Paris -un merveilleux îlot japonais- chez deux amies de 20 ans de Dorothée Perkins. Une rencontre suspendue, hors du temps, autour de la préparation d’un repas, observer les gestes, la confection de l’incontournable bouillon dashi, se découvrir, échanger, et au fil du repas confirmer l’attirance et le lien si doux entre nos cultures.

    Avec la peintre Kiko Shimizu, sa fille : l’artiste plasticienne Tsuyu Bridwell, Koto sa petite fille et Dorothée Perkins, photographe et autrice de « Paris Tokyo mon amour », paru aux éditions La Martinière. Un voyage dans le monde entre Paris et Tokyo, et des adresses de cœur y sont partagées comme chuchotées à l’oreille, ce livre est un cadeau.

    Dorothée Perkins est aussi l’autrice de « La foi, la fourche, la fourchette » avec Perrine Bulgheroni, aux éditions Hachette. Sur les réseaux.

    Pour découvrir le travail de Tsuyu Bridwell.

    EN IMAGES

    Pour aller plus loin

    - Épiceries Kioko, la première et la plus ancienne, 46 rue des Petits-Champs, Paris 2ème

    - Irasshai : 4-8 rue du Louvre, 75001 Paris

    - Dans l’émission, nous découvrons l’école hôtelière Tsuji dans le Beaujolais

    - L’association de Kimonos, de Yuki Eiffeil

    - Le parc de Sceaux pour observer les cerisiers en fleurs

    - Kunitoraya, rue Sainte Anne à Paris

    - Les ramen chez Sapporo

    - Mika et Xavier Pensec à Brest, véritable sushi-ya, la cuisine de Xavier est un art : Hinoki

    - Le café Verlet à Paris

    - L’association Quartier Japon

    - La maison du Japon

    - Maison du Moji

    - Nukadoko : légumes lactofermentés au son de riz

    - La banque de Tokyo, rue Sainte Anne, a laissé sa place aujourd’hui au supermarché coréen K-Mart

    - Cuisine japonaise maison, de Maori Murota

    - Dictionnaire gourmand du Japon, de Chihiro Masui, éditions Flammarion

    - Les livres de Ryoko Sekiguchi notamment Nagori, aux éditions P.O.L

    - Paul Claudel l’oiseau noir dans le soleil levant, aux éditions NRF

    - Perfect Days, de Wim Wenders.

    Programmation musicale : Allons voir, de Feu ! Chatterton.

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    29 分
  • Passer à table, comprendre le monde
    2026/04/18

    Manger relève de l’universel et de l’intime. Nos façons de nous nourrir, de cuisiner, de partager ou pas et comment, les lieux où l’on mange, assis, debout, avec des couverts ou les mains : chaque geste, chaque habitude est un indice pour mieux comprendre le monde et ceux qui nous entourent.

    Universel, vital et quotidien

    Le fait de « passer à table » permet de comprendre ce que les mots ne disent pas toujours, révèle ce qui se joue sans qu’on y pense, au travers notamment de ce que l’on mange, pour échanger aussi quand personne ne parle la même langue. Notre invitée, l’anthropologue Gaëlle Ronsin aime noter ces moments de repas, les recettes choisies pour être partagées, l’ambiance qui se dégage : cette observation apporte un regard complémentaire à son travail de recherche sur la relation entre l’homme et la nature, sur la manière dont l’action publique est façonnée et pensée, dans un contexte environnemental de crise écologique.

    Histoires de terrains

    Les archéologues, les anthropologues, les sociologues et les journalistes ont en commun le « terrain », un travail d’observation et d’intégration. Sur un terrain, explique Gaëlle Ronsin, l’anthropologue met tous ses sens en éveil, pour écouter les gens, regarder ce qu'ils font et goûter ce qu’ils mangent. Parfois un simple casse-croûte, et il arrive - c’est ce que je préfère - que l’on m’invite à prolonger la discussion autour d’un repas – La cuisine permet d’intégrer le groupe, d’en faire partie, de voir des détails, de petites choses qui permettent aussi d’éclairer des mécanismes plus globaux.

    La durée du terrain constitue la différence majeure entre les terrains des journalistes et ceux des anthropologues qui peuvent rester plusieurs mois, même des années avec une communauté.

    Des carnets de notes

    Les carnets sont des outils de travail essentiels au travail de l’anthropologue. Les habitudes, les cas, leur répétition, les observations, tout y est noté, il peut y avoir plusieurs carnets, par thème selon son domaine de recherche et ses habitudes de travail.

    Dans cette émission, il est question aussi de viande de phoque au Québec, des Kours à La Réunion, de plantes médicinales et de savoir-faire traditionnels, de pêche en Bretagne, de dauphins, de gâteaux nantais colonial, de gamelles de riz pour nourrir 100 zadistes, de la maternité comme terrain d’observation, de pommes de terre et de la ferme familiale.

    Avec

    Gaëlle Ronsin, anthropologue, maîtresse de conférence en Sociologie, et en Anthropologie, chercheuse à l'ENS (École normale supérieure), elle est l’autrice de « Ajoute un couvert pour l'anthropologue », aux éditions de l'Epure.

    La cuisine et le fait de manger donnent à voir, permettent de passer par des anecdotes, des récits personnels, de parler vrai presque sans en avoir l’air.

    Pour aller plus loin

    - Natures mortes, troubler les récits de l’extinction, revue Le terrain n° 80 2024

    - Passer à table d'Emilie Laystarie, éditions Divergence

    - Cantines, précis d’organisation collective, éditions Stoo Noblogs

    - En commun avec Laurence Tibère

    - Pierre Bourdieu - La distinction, éditions de Minuit

    - Benoit Coquard « Ceux qui restent, faire sa vie dans les campagnes en déclin », éditions La Découverte

    - Pierre Kropotkin « La conquête du pain », éditions Nada

    - Les travaux de Jean-Pierre Poulain, du Cirad et de la chaire alimentation du monde de l’Unesco.

    Programmation musicale :

    Voodoo love, de David Walter.

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    38 分
  • Ma'amoul, ka'ak el quds, tcheureg, lavahs et tsoureki : pains de lumière et de partage
    2026/04/11

    Il suffit d'un peu de farine, de sel et d'eau pour faire du pain, c'est peu et pourtant fondamental : le pain est à la base de tout. À tel point qu'en arabe, vie et pain se disent de la même manière « haïch ». Le pain, les gestes pour le façonner -en galettes, en tresse, en bracelets, en brioches- avec lui, par lui se transmettent les cultures. De mains en mains, les traditions, les histoires filent, au-delà du temps, au-delà des frontières. Le pain incarne à lui seul l'idée de partage.

    Kaak al quds au sésame, kaaks fourrés aux dattes en Palestine, et les ma'amouls pour les fêtes, des tcheureg en Arménie pour Pâques, une brioche tressée également chez les orthodoxes, les épices qui les parfument - l'anis, le fenouil, le mahaleb ou le mastic sont inscrits dans la mémoire collective de ces goûts qui ne s'oublient pas.

    Ce sont les ma'amouls de la cheffe palestinienne Lulwa Elsarraj qui nous ont mis sur la voie de cet épisode du « Goût du monde ». Des gâteaux dorés comme la lune aperçus sur sa page Instagram, et des ka'aks sucrés, délicieusement fourrés de pâte de dattes, fondants et réconfortants. Lulwa est originaire de Gaza, elle a passé les premières années de sa vie près de la mer et de sa têta, sa grand-mère.

    Aux côtés des ma'amouls, sur les tables arméniennes pour Pâques, les brioches tcheureg incarnent le retour de la lumière et la résurrection. L'autrice et comédienne Corinne Zarzavatdjian aime raconter la tradition qui accompagne le tcheureg : indissociables de Pâques, les œufs peints ou teints en rouge et la traditionnelle « bataille » d'œufs à laquelle se livrent les convives.

    Dans cette émission, sont tissés les récits des pains, les souvenirs des mains et les histoires de nos deux invitées.

    La cheffe palestinienne Lulwa Elsarraj sur instagram, sur youtube.

    Lulwa a partagé sa cuisine et ses racines avec d'autres chefs dans le cadre du refugee Food Festival, notamment avec Alessandra Montagne, d'origine brésilienne, cheffe de Nosso.

    Corinne Zarzavatdjian est comédienne et autrice. Avec son frère Richard, elle a écrit Cuisine d'Arménie aux éditions Solar, La roseraie de Garabed paru aux Presses de la cité est son deuxième roman.

    Une émission mise en ondes par Jérémie Boucher.

    Pour aller plus loin :

    - Bethléem Palestine de Fadi Kattan, aux éditions Solar. Fadi Kattan est franco-palestinien, il est chef cuisinier à Bethléem

    - Voyages dans le monde arabe : Les pains avec Karim Haïdar

    - Falastin de Sami Tamimi et Tara Wigley, aux éditions Hachette Cuisine

    - Tiens, mange ! Tu aimes ? de Koula Kophidou, Panagiota Kophidou Cypris Kophides et Marie Bescond-Kophides, aux éditions de l’Epure.

    Programmation musicale : dans cette émission, vous entendez le titre Sama sounounou du trio Joubran, un extrait de Rast de Ahmad el Khatib et yousseif Hbeisch, des airs de dukduk avec Yeraz de Levon Minassian.

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    29 分
  • Liban : de l’orange Abou Sorra au verjus hosrom, un dictionnaire des saveurs en toute subjectivité
    2026/04/04

    On aimerait que tous les dictionnaires soient aussi savoureux et sensibles. De mots en mots, ici, ce sont bien plus que les saveurs du Liban qui s’égrènent au fil d’un alphabet élargi à plusieurs mots d’arabzi, mais les goûts, les souvenirs, les gestes, la tendresse, les sous-entendus culturels, les scènes d'hier résonnant aujourd’hui, les chaises tirées sous la table en bord de mer, les rougets frits tout juste sortis de l’eau, l’accueil et sa profusion, l’achta et ses trois sens (glace, crème, pomme cannelle) et le zaatar dont le sens diffère en fonction des saisons, des histoires intimes et uni libanaises qui illustrent si justement l’attachement d’un peuple à sa terre, à sa cuisine.

    La cuisine, l’âme et le souffle du Liban

    À l'aune de ce que traversent les Libanais et le Liban aujourd'hui : dans ce pays marqué par les conflits, où la diaspora est plus nombreuse que la population intérieure, sauvegarder la culture, le patrimoine culinaire libanais, transmis uniquement oralement, parait essentiel. Il est fondamental de garder une trace, un souffle de ce qui fait l'âme du Liban : oui, son âme ! L'âme du Liban est dans sa cuisine, son souffle, sa vie, ne dit-on pas d'ailleurs d'un bon cuisinier nafasso helo que son souffle est beau ?

    Ses grands-mères, ses tantes lui ont enseigné la cuisine

    Exilé depuis plus de 30 ans en France, Karim Haïdar a d’abord enseigné le droit avant de devenir cuisinier, grâce à sa tante Mona qui lui a enseigné sa première demi-douzaine de recettes incontournables – dont la Kebbe bien sûr ! Sa mère et ses « têtas » (« les teta sont des grands-mères ») l’ont nourri sans même qu’il se rende même compte de la chance qu’il avait de manger tous les jours des trésors. Ses plats mijotés par sa grand-mère maternelle et sa grand-mère paternelle qui l’ont sensibilisé aux saisons, à la santé dans l’assiette, aimantes « têtas ». « Il faut en avoir une pour comprendre exactement ce que c’est », explique la fille de Karim. Ces histoires, le cuisinier poète et conteur aime depuis toujours les partager en posant un plat fumant d’aubergines sur la table, après vous avoir enjoint à tremper vous aussi votre pain dans l’huile d’olive et le labneh, et à filer en cuisine chercher sa dernière découverte. Son dictionnaire est de ceux dont on aimerait que la lecture dure toujours.

    Avec Karim Haïdar, chef cuisinier, auteur et cofondateur du Bistro Sama à Paris, rue Guillaume Bertrand dans le 11ᵉ arrondissement, et les illustrations de Marie-Lou Garcia.

    Le Dictionnaire des saveurs du Liban est paru aux éditions Cosmopole. Ce dictionnaire fait partie d’une collection dans laquelle sont parus Italie d'Emmanuelle Mourareau et Chine de William Chan Tat Chuen.

    L’encre de seiche, 10 façons de la préparer aux Éditions de l’Epure avec Zeïna Abirached.

    Karim Haïdar a écrit avec Andrée Maalouf trois livres de cuisine libanaise aux éditions Albin Michel, dont le dernier, Cuisine libanaise de Beyrouth à Paris.

    Ryoko Sekiguchi signe la préface du Dictionnaire des saveurs. Elle a publié aux éditions P.O.L un livre autour de Beyrouth, de ses habitants, de la vie au Liban, 961 heures à Beyrouth et 321 plats qui les accompagnent.

    Zeïna Abirached, illustratrice et autrice notamment de Mourir partir revenir. Le jeu des hirondelles, aux éditions Cambourakis.

    Programmation musicale : Sagherat Assani, de Tinariwen featuring Sulafa Elyas.

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    36 分
  • Et si la légèreté était l’ingrédient secret de la gourmandise?
    2026/03/28

    À choisir, pas de doute : chacun préfèrera se sentir alerte, vif, agile physiquement, pleinement disponible, ouvert et curieux, notamment après un bon repas. Pourquoi cette nuance ? Car ce que vous mangez, la manière dont vous le mangez joue un rôle fondamental sur votre métabolisme et votre état d’esprit. Manger.

    Qu’est-ce qu’une cuisine légère ?

    La clé de la légèreté repose sur plusieurs facteurs parmi lesquels la qualité des ingrédients et des produits qui composent votre alimentation, leur variété, et la manière dont vous préparez vos repas et mangez. La diversité est un atout maître puisqu’elle permet d’être le plus complet possible en termes d’apports, et de goûts et de textures.

    Tout est question de proportions, et de comment on mange :

    « Le lien avec la nourriture est très particulier : c’est sentir ce dont on a besoin, comme devant un buffet : s’écouter pour choisir et voir ce qui correspond le mieux à ce dont le corps et l’esprit ont besoin. » Prendre conscience du lien entre la nourriture et le corps, de la manière dont on cuisine, de l’état d’esprit dans lequel on est.

    La cuisine italienne

    Végétale et très variée, la cuisine italienne a précisément été inscrite sur la liste des patrimoines immatériels de l’humanité pour sa durabilité et sa diversité bioculturelle. Laura Zavan cuisine les classiques, autrement pour les alléger en gardant la gourmandise : la ricotta remplace la crème mascarpone, les cuissons au four sont privilégiées pour les arancini ou les polpettes d’ordinaire frits, elle glissera des pesto, des condiments, des noisettes ou des amandes au citron, une chapelure croustillante et conserve ainsi la richesse et la complexité des goûts qui apportent une autre forme de satiété et de plaisir surtout !

    Avec Laura Zavan, cuisinière italienne, cheffe et autrice de La cucina Leggera, aux éditions Hachette Cuisine, avec les photographies de Valérie Lhomme. Laura Zavan écrit aussi pour le magazine Saveurs, elle est l’autrice de plusieurs livres de cuisine italienne aux éditions Hachette, Mango et chez Marabout. Son site.

    Pour aller plus loin

    • La cucina povera, de Laura Zavan, éditions Hachette Cuisine
    • In cucina, d'Alba Pezone, éditions Hachette Pratique
    • Bouillons bienfaisants, de Jennifer Hart-Smith, éditions Hachette Cuisine.

    Programmation musicale : Les gens changent, de Boddhi Satva.

    En images

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    29 分
  • Un carnet de recettes comme un herbier est un journal intime
    2026/03/21

    En découvrant l’herbier composé par une femme, vénitienne, au XIXème siècle à Venise, Ryoko Sekiguchi trouve une guide et la confirmation de son intuition à propos de Venise : la ville et l’archipel qui la compose respire, et vit entourée de végétaux, vibre du mouvement de l’eau à travers les pieux de bois sur lesquels elle a été bâtie, une forêt lacustre.

    « L’envie est là toujours d’écrire sur une ville, explique l’autrice, poète et traductrice japonaise, après Beyrouth, Venise était un défi : tout n’avait-il pas déjà été écrit sur la Sérenissime ? En composant un pont entre son archipel natal et Venise, en traduisant les liens entres les îles, le rapport des vénitiens à l’eau, à la lagune, en révélant les identités végétales inhérentes à ces villes, Ryoko Sekiguchi écrit une autre histoire, et abolit le temps « Une ville sans sa nature n’existe pas. Téhéran n’existerait pas sans sa montagne, Kyoto ou Amsterdam sans les canaux qui les traversent ».

    Pourquoi une ville et des fleurs dans le goût du monde ?

    Les herbes, des légumes fleurs, la nature est aux sources même de la cuisine, et qui plus est à Venise, en Italie où « la cuisine » est inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité à l’Unesco. L’herbier n’est-il pas une collection d’herbes et de fleurs séchées ? Des herbes aromatiques comme celles que l’on trouve dans les cuisines, des herbes sauvages cueillies pour être mangées en salade ou cuisinées ? L’ortie, le pissenlit, la roquette, la scarole ou l’artichaut sont cueillis, les graines de tomates semées, « Il y a des herbes que l’on ne trouve qu’à Venise. Une recette cache toujours les mains de celui ou celle qui cuisine, derrière un herbier il y a toujours aussi les mains de celui qui collecte. Moi je trouve un parallèle entre un carnet et de recettes est un journal intime, comme l’herbier peut l’être. »

    Avec Ryoko Sekiguchi, autrice de « Venise Millefleurs » aux éditions P.O.L

    Beyrouth dans 365h à Beyrouth, et 321 plats qui les accompagne, L’appel des odeurs, Ce n’est pas un hasard, Nagori, La voix sombre chez P.O.L

    sur Instagram.

    Ryoko Sekiguchi dirige également chez Picquier la collection « Le banquet », dont le livre « Herbes sauvages » du chef cuisinier Nakahigashi Hisao. Ancienne résidente de la villa Médicis à Rome, elle publie en français, en italien, en japonais dans des revues

    « Venise n’est pas seulement faite de cette grande île, c’est un archipel qui fait vivre Venise, dès que l’on part une petite heure autour c’est un autre monde. Cette ville nous rend sensible, c’est un grand laboratoire des 5 sens. »

    Herbier de prison (1915-1918), de Rosa Luxembourg, éditions Heros Limite.

    Sur Rfi, dans le Goût du monde :

    • Cuisiner les nuages
    • Autour de Nagori
    • Autour de Beyrouth avec Jean-François Cadet dans « Vous m’en direz des nouvelles »
    • Ryoko Sekiguchi sera au Festival du livre de Paris à partir du 17 avril 2026
    • GP Cremonini, ancien chef de restaurant, artiste protéiforme, musicien notamment.

    Programmation musicale

    Barra, de Yeko.

    La recette

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    31 分
  • Congee, chao, juk : une soupe de riz et de soin immuable ou un joli terrain de création?
    2026/03/14

    La vapeur s'échappe du bol, les grains de riz nagent dans l'eau amidonnée, laiteuse, les anciens se croient mis à la diète et punis, heureusement les nouvelles générations s’exclameront de joie, et les rassureront avec gourmandise : tiens, tu ajoutes des rondelles de gombo, des pickles, du poisson séché, quelques crevettes, des paillettes de piment, et pourquoi pas un œuf ?!

    Certaines tatas et voisines désapprouveront se désolant de voir la tradition se perdre, d’autres leur expliqueront que cette soupe si ancienne se perpétuera justement parce que la recette est vivante et que le plat vit !

    Une soupe de riz au restaurant ?

    Jusqu’à récemment en Occident, en France notamment, cette soupe de riz ayant voyagé dans les valises et les mémoires, restait dans le périmètre de la maison, jusqu’à ce qu’à Paris une jeune femme d’origine vietnamienne décide de la mettre à la carte de son café : « elle voulait un plat salé à servir le matin, à l’ouverture ». Carton plein pour Marine Gora dont le chao – bouillie de riz en vietnamien- séduisit tant qu’en changeant de lieu et de restaurant, les fidèles la supplièrent de la laisser à la carte.

    Version Coyote

    Fini Gramme, welcome Coyote. La cheffe bouscule en ouvrant à Paris un « Saloon Queer », 10 ans après la fermeture du dernier lieu LGBT de la capitale. À la carte, le ton est aux ribs, sausage rolls, aux plats métissés avec des produits de saison, Des classiques de la cuisine américaine : du fumé, du piment, du maïs et du bourbon. Et bientôt qui sait : des grits, plat de maïs typique du sud des États-Unis, qu’a apporté avec elle de Savannah Géorgie à Paris la cheffe Mashama Bailey, cofondatrice de the Grey ?

    Partout où le riz est à la base de l'alimentation, il y a la soupe de riz — le congee, ou zhou, en Chine, les premières, l'okayu au Japon, le juk en Corée, cháo au Vietnam, … et puis l'arroz caldo aux Philippines, ces soupes faites de céréales et d'eau sont parmi les traditions culinaires les plus anciennes du monde. Le riz a voyagé, il est au Sénégal avec le fonde, un ubu aux Comores, clin d'œil à Miske Alhaoutou, à écouter sur la page web de l'émission, Des cultures du riz, naissent les bouillies, veloutés soupes et autres gruaux.

    EN IMAGES

    Le riz, le maïs, le mil, le sorgho, l'avoine : soupe soeurs

    Chaque région, chaque berceau a ainsi développé sa propre identité culinaire, jouant sur les textures, les garnitures, les usages médicinaux ou rituels, sucré salé, autour d'une céréale, qui vont d'ailleurs se comporter différemment, le riz se gorge de liquide et se délice, le maïs lui, se renforce, se fige davantage.

    Coyote, 86 rue des Archives, 75003 Paris

    Par Marine Gora

    Quelques adresses pour goûter un congee/Chao/juk et des grits : L’arrêt by the Grey 36 rue de l’Université, 75007 Paris

    Caphette coffee shop franco-vietnamien par Adeline Gobin et Viet Nguyen, 3 rue neuve Popincourt, 75011 Paris

    Rouge do, rue saint Marthe, 75010 Paris

    Merveille de goût et pour la santé, le congee/Chào permet d’équilibrer le Yin et le Yang, en médecine chinoise. Loan Hatte est thérapeute en énergétique traditionnelle chinoise à Orléans. Elle explique les vertus d’une telle soupe de riz.

    Programmation musicale : Je veux être dans tes bras, Alma Rechtman.

    La recette

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    31 分