Que perd-on, et que gagne-t-on, à traduire un texte vieux de deux mille ans ?
Dans ce nouvel épisode de L'Art de la Conversation, enregistré à Venise à l'occasion de la 9e édition de la Journée Internationale de la Traduction, Christine Bach s'entretient avec le philosophe et traducteur Maxime Rovère autour de son travail sur les Lettres à Lucilius de Sénèque.
À travers cette conversation passionnante, Maxime Rovère révèle comment un simple mot latin, "animus", longtemps traduit par « esprit », a fini par effacer tout un pan de la pensée stoïcienne : celui du cœur, des émotions, du corps comme siège de la raison.
Il raconte l'intimité troublante du geste de traduire, où la voix de l'auteur et celle du traducteur finissent par se confondre, et explore avec finesse ce que Sénèque, condamné à mort par Néron, a vraiment voulu transmettre sur la force intérieure, la stabilité face aux épreuves, et l'art d'accepter sa propre finitude.
Une plongée érudite et sensible dans l'atelier du traducteur, où la philosophie retrouve sa chair et sa voix. Belle écoute !
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