『L’Asie en mouvement』のカバーアート

L’Asie en mouvement

L’Asie en mouvement

著者: RFI
無料で聴く

今ならプレミアムプランが3カ月 月額99円

2026年5月12日まで。4か月目以降は月額1,500円で自動更新します。

概要

Tous les vendredis, Joris Zylberman analyse le fait marquant de la semaine écoulée en Asie, de l’Australie à l’Afghanistan en passant par la Chine. Cette chronique dévoile ce qui se joue derrière l’actualité, en se plongeant dans l’univers asiatique.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Statue de «femme de réconfort»: quand la Nouvelle-Zélande cède aux pressions du Japon
    2026/05/01
    C'est une question qui hante l'Asie orientale et qui empoisonne les relations de Tokyo avec ses voisins. Comment rendre hommage aux femmes esclaves sexuelles de l'armée japonaise durant la Seconde Guerre mondiale ? Les monuments en leur honneur sont des objets de contestation politique et diplomatique. Cette question a resurgi cette semaine à l'autre bout de l'Asie-Pacifique : en Nouvelle-Zélande. L'histoire a lieu à Auckland, la plus grande ville néo-zélandaise. Mardi 28 avril, le conseil municipal a décidé de ne pas installer ce que les Sud-Coréens appellent une « statue de la paix » (pyeonghwaui yeosinsang). Soit une jeune femme assise près d'une chaise vide : la survivante et la disparue. Un hommage aux quelque 200 000 femmes asiatiques, sud-coréennes mais aussi chinoises ou indonésiennes, toutes esclaves sexuelles de l'armée impériale japonaise dans les années 1940. Elles sont connues sous l'appellation « femmes de réconfort ». Les guillemets comptent car l'euphémisme est insultant. Âgées souvent d'une vingtaine d'années à l'époque, elles étaient recrutées systématiquement par l'armée du Japon, sans savoir qu'elles devraient se prostituer dans des maisons closes réservées aux soldats de l'empereur. Là, violées tous les jours, vendues comme des marchandises, elles vivaient dans des conditions misérables. Consultation publique Pourquoi la municipalité d'Auckland a-t-elle refusé d'ériger une statue en leur mémoire ? À l'évidence, elle a été débordée par l'affaire. Le projet avait pourtant été validé par les autorités locales en juin 2025. Cette statue de la paix, offerte par une organisation sud-coréenne, devait être installée dans un jardin culturel coréen sur un terrain municipal à Devenport-Takapuna, dans la banlieue d'Auckland. Mais quand le conseil local de cette banlieue a pris conscience du symbole historique très sensible de cette statue, il a suspendu son approbation en septembre 2025 et lancé une consultation publique en janvier dernier. Résultat : 60 % ont voté « non » à la statue. Parmi les votants, un tiers de résidents d'origine japonaise et un tiers d'origine coréenne, ajoutés à des organisations locales au trois quarts réfractaires, craignant la polémique politique. Pas de vagues Puis, l'affaire est devenue internationale. L'ambassadeur du Japon en Nouvelle-Zélande est lui-même monté au créneau dans une lettre formelle. La statue est, selon lui, soutenue par un « mouvement anti-japonais porté par certains Coréens » et elle pourrait « abîmer les relations diplomatiques entre le Japon et la Nouvelle-Zélande ». Le gouvernement de Tokyo a lui aussi émis une « protestation solennelle » auprès du ministère néo-zélandais des Affaires étrangères et du Commerce. Résultat donc : pas de statue de la paix à Auckland. Pas de vagues avec un allié japonais essentiel face à la Chine et, surtout dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, crucial pour l'approvisionnement en énergie et en matières premières critiques. Jumelage rompu Cette affaire de la statue à Auckland est le dernier épisode d'une longue série. En effet, depuis la première « statue de la paix » érigée à Séoul en 2011, des dizaines d'autres ont été installées à l'étranger, de San Francisco à Berlin. Une occasion de sensibiliser aussi aux violences sexuelles subies par les femmes en général. Chaque fois, le gouvernement japonais allié à des organisations locales s'y est opposé bruyamment. La mairie d'Osaka a même rompu son jumelage avec San Francisco en 2018 et la mairie de Berlin en 2025 a finalement retiré la statue face à la pression japonaise. Même s'il a fait des excuses publiques, le gouvernement du Japon n'a jamais reconnu précisément sa responsabilité dans ce système d'esclavage sexuel. Tokyo considère l'affaire réglée depuis l'accord de 2015 avec Séoul autour d'un fond de dédommagement, mais qui ne satisfait pas les Sud-Coréens. Plus grave, le 22 mars dernier, l'actuelle Première ministre ultra-conservatrice Sanae Takaichi a fait approuver de nouveaux manuels scolaires japonais qui n'évoquent même plus l'expression « femmes de réconfort ». Et encore moins les esclaves sexuelles de guerre de l'armée impériale. À lire et à écouterCorée du Sud: le dernier combat des esclaves sexuelles de l’armée impériale japonaise
    続きを読む 一部表示
    4 分
  • Le tour de magie de la junte birmane
    2026/04/24
    L'Asie en mouvement, cette semaine, nous raconte la transformation de la dictature militaire birmane en un gouvernement d'apparence civile. Les 55 millions d'habitants vivent toujours au milieu de la guerre civile qui fait rage depuis le violent coup d'État de 2021. L'opposition démocratique est en prison, les combats sont toujours en cours dans une large partie du territoire et l'armée contrôle fermement les grandes aires urbaines. Malgré cela, les chefs des diplomaties chinoise et thaïlandaise sont de passage cette semaine en Birmanie. Un véritable coup de baguette magique en Birmanie. Des élections largement truquées, un général sanguinaire devenu président, quelques milliers de prisonniers graciés et une dictature militaire qui vient de se donner l'apparence d'un gouvernement civil... Min Aung Hlaing, le leader de la junte, devenu officiellement chef de l'État le 3 avril, caresse l'espoir de voir sa légitimité reconnue sur la scène internationale. Ses alliés historiques, Pékin et Bangkok, l'aident à entrevoir l'espoir d'un retour du pays au sein de l'Organisation des nations d'Asie du Sud-Est (Asean). Cette semaine, les ministres des Affaires étrangères chinois et thaïlandais se sont déplacés dans le pays. Des visites qui sont loin d'être une surprise. Tout eci amorce tout de même la fin de l'isolement de la junte, mise au ban des nations après le coup d'État de 2021. À lire aussiBirmanie: le chef de la junte Min Aung Hlaing prête serment en tant que président 96 000 morts en cinq ans À sa prise de pouvoir, le 1er février 2021, le général Min Aung Hlaing renverse un gouvernement démocratiquement élu d'Aung San Suu Kyi. La prix Nobel de la paix 1991, leader du principal parti politique, la Ligue nationale pour la démocratie, est envoyée en prison, comme la plupart des opposants. Au total, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques, la junte aurait fait 31 000 prisonniers politiques. Les manifestations suivant le coup d'État sont réprimées dans le sang, la liberté de la presse disparaît, toute critique est muselée et une guerre civile éclate. L'armée se distingue par sa violence et la multiplication des crimes de guerre, prenant fréquemment pour cible la population civile. L'ONG ACLED estime qu'au moins 96 000 personnes sont mortes en plus de cinq ans d'un conflit largement oublié. Maintenant, le chef de la junte se trouve en position de force sur le terrain. Cette semaine, il a même proposé un plan de paix largement rejeté par les groupes rebelles. Un retournement de situation par rapport à l'année 2023 : une alliance d'armées ethniques situées proche de la frontière chinoise avançait à grands pas, l'armée manquait cruellement d'hommes, les villes tombaient... Mais la Chine, justement, lasse de voir autant d'agitation et d'instabilité chez un voisin aux ressources minières considérables, a décidé d'agir. À lire aussiEn Birmanie, un bombardement de la junte militaire sur un marché fait au moins 17 morts Mascarade électorale En soutenant l'armée et en jouant de son influence sur les armées ethniques, la Chine a permis à l'armée birmane de récupérer du terrain. La junte a également eu recours à la conscription forcée pour regarnir ses effectifs. Ensuite, Pékin a poussé son nouvel allié à organiser des élections. Elles ont eu lieu en décembre 2025 et janvier 2026. Sur place, RFI a pu constater que le processus n'était ni libre ni juste, sans réelle opposition. Une mascarade électorale qui a permis à l'armée et à l'USDP, le parti politique de la junte, de prendre le contrôle de 86% des sièges à l'Assemblée. Un score qui a permis au général Min Aung Hlaing d'atteindre son rêve : celui de devenir président. Arrivé au pouvoir, il a déclaré l'amnistie pour plus de 4 000 condamnés, dont l'ancien chef d'État Win Myint. Une manœuvre visant à marquer le grand retour de la junte sur la scène internationale. Même si l'Union européenne et les États-Unis restent très critiques, leur aide aux groupes rebelles est nettement inférieure aux livraisons d'armes de Pékin et Moscou. Certains à Naypyidaw ou Yangon craignent maintenant de voir les États-Unis engager le dialogue avec la junte, notamment pour contrer les intérêts chinois. En 2025, en menaçant le pouvoir birman de droits de douane dans une lettre, Donald Trump avait de fait commencé à reconnaître le contrôle exercé par la junte. À lire aussiBirmanie: après cinq années de guerre, le gouvernement de résistance dans l'impasse
    続きを読む 一部表示
    3 分
  • Chine: la patience selon Xi Jinping
    2026/04/17
    La Chine a été au centre d'une intense valse diplomatique ces derniers jours. L'empire du milieu semble courtisé pour remplacer un allié américain plus très fiable… Mais le maître-mot du président chinois, Xi Jinping, n'est surtout pas la précipitation. Ne pas se hâter, être patient. C'est un concept majeur de la propagande de Xi Jinping. Le président chinois parle de la « patience historique », soit le fil rouge de la lutte du Parti communiste chinois depuis un siècle pour moderniser le pays. Autre référence : la « patience stratégique » qu'on retrouve dans le livre de Sun Tzu, L'Art de la guerre. Avant d'agir, avant d'attaquer, on attend que l'adversaire se fatigue tout seul, qu'il se mette lui-même en situation de faiblesse. La Chine de Xi Jinping, grâce à cette patience, va-t-elle profiter de la perte d'influence des États-Unis de Trump pour tenter de prendre leur place ? C'est ce que pensent certains analystes occidentaux. Pékin aurait ainsi un boulevard pour s'imposer au Moyen-Orient, envahir Taïwan et établir son nouveau rôle de superpuissance globale. Mais ce raisonnement revient à calquer sur la Chine le modèle des grandes puissances occidentales. Sans aucun doute, Pékin souhaite la fin la plus rapide du conflit avec l'Iran et la réouverture du détroit d'Ormuz. Mais la Chine ne veut surtout pas assumer le fardeau d'une domination mondiale, ni être le garant de la sécurité dans le Golfe. La Chine attend son heure, comme disait l'ancien numéro un Deng Xiaoping. Narratif bien ficelé Inutile pour elle de prendre des mesures spectaculaires pour consolider cette influence mondiale. En effet, les États-Unis et Donald Trump se fragilisent eux-mêmes : une guerre sans objectifs clairs, qui mobilise des ressources militaires américaines cruciales et qui détourne l'attention des menaces sécuritaires en Asie-Pacifique. La hausse des prix du pétrole pénalise les États-Unis plus que la Chine, laquelle profite de ses stocks d'énergie fossiles et de sa force dans les renouvelables. Le narratif de Pékin est bien ficelé : la Chine n'aurait plus qu'à attendre que le monde entier vienne la chercher. C'est l'impression qui s'est dégagée cette semaine. En 48 heures, Xi Jinping a rencontré le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, le président vietnamien To Lam, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le prince héritier d'Abou Dhabi Mohammed ben Zayed. Le président chinois a présenté une nouvelle proposition de paix en quatre points pour le Moyen-Orient, appelant à « respecter l'État de droit », que la Chine respecte pourtant très peu chez elle. Menace sur la sécurité énergétique Mais le pari sera-t-il automatiquement gagnant ? Pas sûr. Derrière cette « patience stratégique » claironnée, la réalité est plus complexe. Malgré ses grandes réserves énergétiques, la Chine risque de subir des pénuries. Le prix du carburant à la pompe a déjà augmenté, ce qui compromet la sécurité énergétique du pays, notamment pour les transports et l'aviation, essentiels à l'armée. Sans compter la récession mondiale qui pointe son nez, alors que l'économie chinoise est encore très dépendante des exportations. Ce qui compromet, par ricochet, les projets chinois d'invasion de Taïwan. Comment déclencher une guerre avec l'île s'il y a des coupures énergétiques ? Justement, Xi Jinping a joué l'apaisement en recevant la semaine dernière la cheffe de l'opposition taïwanaise à Pékin. Il a appelé à la patience pour réaliser la réunification de Taïwan au continent chinois, selon ce qu'a rapporté jeudi 16 avril Zheng Li-wen, la présidente du Kuomintang, à la radio taïwanaise. Xi Jinping a même cité l'un des vieux proverbes chinois favoris de Mao : « Yugong ou le vieux fou qui déplaça des montagnes » (Yugong Yishan), pour débloquer la route devant sa maison. Et tout cela par la seule force de sa persévérance et bien sûr, de sa patience.
    続きを読む 一部表示
    3 分
まだレビューはありません