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L’Asie en mouvement

L’Asie en mouvement

著者: RFI
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Tous les vendredis, Joris Zylberman analyse le fait marquant de la semaine écoulée en Asie, de l’Australie à l’Afghanistan en passant par la Chine. Cette chronique dévoile ce qui se joue derrière l’actualité, en se plongeant dans l’univers asiatique.

France Médias Monde
政治・政府
エピソード
  • Les librairies indépendantes sont-elles en voie de disparition à Hong Kong?
    2026/07/31
    Elles comptent parmi les derniers remparts pour la liberté d’expression à Hong Kong. Depuis le début de l’année 2026, les librairies indépendantes font l’objet de perquisitions, leurs propriétaires et employés sont arrêtés et les ouvrages saisis, à la faveur d’un arsenal législatif répressif imposé par Pékin depuis quelques années. Ces espaces finissent par plier sous le poids de la censure. Greenfield ferme ses portes. Cette librairie indépendante était une institution nichée dans le quartier animé de Mong Kok à Hong Kong depuis 1976. Il y a deux semaines, elle avait été perquisitionnée, la police a saisi ses livres et menotté ses libraires. En mars, des perquisitions avaient eu lieu chez Book Punch. Et, en juin, le couple propriétaire de la librairie Hunter avait été arrêté, apparemment pour avoir dans ses rayons la biographie de Jimmy Lai, magnat de la presse emprisonné et figure emblématique du mouvement prodémocratie. L’un après l’autre, ces établissements finissent par mettre la clef sous la porte. Elmbook, banni de la foire du livre de Hong Kong cette année, cessera son activité en avril. Pour la librairie Have a Nice Stay, ce sera le 30 août prochain. Elle avait été fondée en 2022 par d’anciens journalistes, qui invoquent des pertes financières mais surtout des « lignes rouges difficiles à cerner ». Ce sont au total une dizaine de libraires qui ont été détenus – souvent libérés sous caution –, tous accusés de vendre des publications à contenu séditieux. Ils risquent jusqu’à sept ans de prison. À lire aussiHong Kong: 6000 manifestants contre la disparition de libraires L’infraction de sédition Depuis 2019 et les manifestations prodémocratie, une série de textes législatifs est venue donner un tour de vis à la censure. Les actes « séditieux » sont mentionnés dans l’article 23 de la loi de Hong Kong, promulguée en 2024 pour blinder la législation sur « la sécurité nationale ». On y a réintroduit cette infraction qui datait de l’époque coloniale. Dès lors, la « sédition » est punie même s’il n’y a pas d’incitation à la violence. Alors que la sédition est stricto sensu un appel à des actes d’émeute. Cette loi fourre-tout ouvre donc la voie à criminaliser toute parole critique. Pour les clients, ces espaces sont irremplaçables, puisqu’on y trouvait des ouvrages politiques et sociaux qui sont – de fait – absents des rayons des grandes enseignes, mais aussi des bibliothèques scolaires ou publiques, puisque les autorités les ont vidées de titres comme 1984 de George Orwell. À lire aussiHong Kong: l'appel à la mobilisation d'un des libraires enlevés par Pékin La fin des « champs verdoyants » ? Des internautes hongkongais ont même cartographié la liste des derniers établissements, parmi les rares lieux jusque-là consacrés au débat d’idées. Sur Instagram, un utilisateur réagissait à la fermeture de Greenfield en se demandant : « Où fleuriront les fleurs s’il n’y a plus de champs verdoyants ? », une référence à un ouvrage saisi par la police intitulé Ne laisser fleurir que les fleurs rouges : identité et appartenance dans la Chine de Xi Jinping, publié par la journaliste multiprimée Emily Feng. Ce vendredi 31 juillet ont également eu lieu les funérailles d’une figure de la dissidence hongkongaise, celles du libraire Lam Wing-kee, considéré comme un héros par les manifestants. Il est décédé début juillet à Taïwan des suites d’un cancer. Il avait été appréhendé en 2015 par la Chine, qui l’a ensuite renvoyé à Hong Kong – forcé de récupérer un disque dur avec les données de tous ses clients. Ce qu’il a refusé de faire. Le libraire s’est exilé par la suite à Taipei, où il a rouvert une librairie. Il n’a jamais revu sa ville natale. Avec la mort de Lam Wing-kee, les arrestations, les saisies de livres et les fermetures en série, c’est tout un écosystème qui s’éteint à petit feu à Hong Kong. À lire aussiUn Hongkongais emprisonné pour l'importation de livres pour enfants «séditieux»
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  • Donald Trump, une bonne nouvelle pour Xi Jinping?
    2026/07/24
    Est-ce que le mandat de Donald Trump ne serait pas finalement une très bonne affaire pour la Chine ? Le Républicain, à la rhétorique particulièrement hostile envers Pékin durant la campagne, s’est progressivement adouci. Après s’être rendu lui-même en Chine, il a annoncé cette semaine la visite d'État de Xi Jinping aux États-Unis le 24 septembre. « Le plus grand piratage de données électorales de l’histoire, des journalistes achetés par Pékin »... La semaine dernière, le président américain attaquait ouvertement la Chine dans un discours télévisé pour justifier sa défaite électorale en 2020. La réponse de la diplomatie chinoise, rejetant les accusations et les qualifiant de « calomnie », est restée mesurée. Poursuite des discussions Preuve en est la rencontre ce mercredi entre le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, et son homologue américain Marco Rubio. Les deux hommes, présents à Manille pour le sommet de l’Association des pays d’Asie du Sud-Est, ont avancé sur la visite d'État de Xi Jinping aux États-Unis, annoncée rapidement ensuite à la date du 24 septembre par le locataire de la Maison Blanche. Une visite qui peut surprendre au vu des relations particulièrement dégradées entre les deux pays lors du premier mandat de Donald Trump. La guerre commerciale et la rhétorique hostile du Républicain avaient engendré des réponses de même niveau de la part de Pékin, et des sanctions sévères. Exemple phare du grand écart dans les relations sino-américaines : Marco Rubio. Le secrétaire d'État, sous sanction chinoise pour ses critiques de la violente répression des mouvements pro-démocratie à Hong Kong, était interdit de territoire. Il faisait pourtant partie de la délégation américaine présente à Pékin en mai. À lire aussiUn mois après la visite de Trump à Pékin, la Chine sanctionne des entreprises américaines stratégiques Les autorités chinoises semblent être ouvertes à l’idée de discuter avec cette administration américaine. Cela rentre pleinement dans sa rhétorique de puissance d’équilibre, prête à parler à tout le monde, mais cela semble aussi épouser les intérêts d’un pays en position de force face à son grand rival, notamment grâce aux décisions du président américain. La Chine a réussi à absorber relativement bien le choc économique de la crise au Moyen-Orient, notamment grâce à ses investissements massifs pour diversifier ses sources d'énergies. Ses liens avec le médiateur pakistanais ont aussi permis de l'afficher en puissance d'équilibre, avec des visites de chefs d'État qui se sont succédé à Pékin ces derniers mois. Dans le même temps, les États-Unis sont englués dans le conflit iranien, et toujours incapables de parvenir à trouver une solution pérenne pour la guerre en Ukraine, leur économie est impactée par la hausse des cours du pétrole. Les alliés de Washington, eux, semblent en plein doute sur la capacité américaine à les protéger, de Riyad à Abou Dabi en passant par Séoul et surtout Taïwan. L’île, de fait indépendante, mais que Pékin veut récupérer, attend toujours ses livraisons d’armements à hauteur de 14 milliards de dollars. Washington a gelé cette vente, quelques jours après la visite de Donald Trump en Chine. Officiellement, afin de garantir que l'armée américaine ait assez d’armes pour sa guerre contre l'Iran, mais cela a aussi pour effet de ne pas froisser Xi Jinping. Mais l’effet reste le même pour Taipei, qui dépend uniquement des États-Unis pour ses importations de matériel de défense. Pékin s'enhardit sur tous les points stratégiques de la région Cette semaine, que cela soit à Taïwan, aux Philippines et au Japon, la Chine a montré les dents sur tous les points chauds de la région. Au lendemain de la rencontre avec Marco Rubio, l’Armée populaire de libération a lancé ce jeudi deux jours d’exercices de tir réel dans le détroit de Taïwan. L’arsenal chinois s’est déployé dans le détroit, proche de ses côtes certes, mais accentuant très clairement la pression sur l’île. En mer de Chine méridionale, où les Philippines et la Chine revendiquent la souveraineté de plusieurs atolls, un nouvel accrochage a eu lieu entre des pêcheurs philippins et des garde-côtes chinois ce lundi. Cela a donné lieu à un échange diplomatique musclé entre Pékin et Manille en marge du sommet de l'Asean : Wang Yi a menacé son voisin philippin de « graves conséquences » si ces incidents se reproduisent. À nouveau, jeudi 23 juillet, les garde-côtes chinois ont assuré avoir repoussé des navires philippins, à l’aide de canons à eau. Enfin, dimanche dernier, Pékin a conduit avec la Russie des exercices militaires à l’intérieur de la zone économique exclusive japonaise. Trois alliés des États-Unis, ...
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  • Quel sort pour les trois millions d'Afghans contraints de rentrer dans leur pays?
    2026/07/17
    Après le Pakistan ou l'Iran, plusieurs pays européens envisagent de reprendre les expulsions d'Afghans. On ne parle, pour le moment au sein de l'Union européenne, que de personnes condamnées pour des faits de crimes, mais cette perspective relance un double débat : le sort réservé aux personnes renvoyées sous le régime taliban et la question d'une éventuelle normalisation des relations avec Kaboul. L'ONU le répète : l'Afghanistan reste l'un des pays les plus dangereux au monde. Dangereux pour les femmes, privées de la quasi-totalité de leurs droits. Dangereux aussi pour les anciens fonctionnaires, les ex-militaires de l'ancien régime, les journalistes ou encore les militants des droits humains. Les Nations Unies l'ont documenté : les retours ne sont pas sûrs. Des rapatriés ont été arrêtés arbitrairement et certains ont été torturés. D'où l'appel de l'ONU à suspendre les expulsions au nom d'un principe simple : celui du « non-refoulement ». Autrement dit, le droit international interdit le renvoi d'une personne vers un pays où elle risque des persécutions. C'est aujourd'hui le cas de l'Afghanistan. Audition au Parlement européen sous tension Malgré ces risques, plusieurs pays européens envisagent de reprendre les expulsions. Cette semaine, le commissaire européen chargé des migrations, l'Autrichien Magnus Brenner, a été auditionné par les eurodéputés dans un climat tendu. En cause : l'invitation, le 23 juin près de Bruxelles, d'une délégation talibane, à l'initiative d'une quinzaine d'États membres. La Belgique ou encore la Suède souhaitent pouvoir expulser les Afghans condamnés pour des faits de crimes en Europe. Cela concernerait, selon plusieurs sources, « quelques centaines » de personnes. Mais des ONG et plusieurs eurodéputés dénoncent cette évolution. Au-delà des risques pour la sécurité des personnes expulsées, ils s'inquiètent des discussions engagées avec les talibans. « On ne peut pas, d'un côté, défendre les droits humains et, de l'autre, négocier avec un régime accusé de les bafouer », résume l'eurodéputée belge Saskia Bricmont. Vers une normalisation des relations ? Cette question renvoie à un autre enjeu : discuter avec les talibans n'est-il pas déjà une forme de reconnaissance ? L'organisation des retours implique en effet des interlocuteurs officiels en Afghanistan. Or, la position des Vingt-Sept est claire : l'Union européenne n'entretient pas de relations diplomatiques avec les talibans. Dans les faits pourtant, l'unité européenne se fissure. Fin 2025, l'Allemagne a accepté, pour la première fois, l'installation à Bonn et à Berlin de diplomates afghans nommés par les talibans. Depuis, au moins 50 Afghans ont été expulsés du pays. Du Pakistan à l'Iran… Trois millions de retours attendus en 2026 La question des retours des Afghans dépasse largement le cadre européen. Selon le HCR, l'agence des Nations unies pour les réfugiés, 1,1 million d'Afghans devraient rentrer cette année du Pakistan. Ils seraient plus de 1,6 million à revenir d'Iran. La majorité de ces personnes vivent à l'étranger depuis parfois 40 ans. Beaucoup ont des enfants nés hors d'Afghanistan. Le Pakistan et l'Iran justifient cette politique par le poids que représentent ces réfugiés pour leur économie. Au total, trois millions de retours sont attendus en 2026. Un défi humanitaire pour un Afghanistan déjà sous tension Ces trois millions de retours s'ajouteraient aux six millions d'Afghans déjà revenus depuis 2023. C'est aussi un défi majeur pour le régime taliban. Dans un pays de 43 millions d'habitants, l'aide internationale s'est effondrée. L'économie, le système de santé, l'éducation et l'emploi sont déjà sous forte pression. Les ONG, elles aussi, travaillent désormais sous une surveillance étroite. Résultat : les Afghans vivant à l'étranger se retrouvent pris en étau, entre des pays qui veulent accélérer leur départ et un Afghanistan qui semble incapable de les accueillir. À lire aussi«Ils me tueront»: en Suède, l'angoisse des Afghans face aux négociations avec les talibans
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