『Jack dans les rues du globe』のカバーアート

Jack dans les rues du globe

Jack dans les rues du globe

著者: RFI
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Une enveloppe anonyme contenant un billet d’avion, le nom d’une ville et un seul mot : voilà le point de départ de cette aventure. Sans connaître l’expéditeur ni la raison pour laquelle il a été choisi, Jack Souvant décide de suivre ces invitations énigmatiques. Micro en main, il part à la rencontre d’artistes, d’artisans, de créateurs et de passionnés. De Kinshasa à La Nouvelle-Orléans, de Québec à Casablanca, en passant notamment par Toulouse, chaque destination dévoile une nouvelle forme d’expression créative et ouvre les portes d’un univers singulier. Au fil de ce voyage inattendu, Jack explore la richesse des cultures du monde et découvre les multiples formes que peut prendre la créativité humaine.

Une coproduction France Médias Monde et Mairie de Toulouse.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • 10. Babel chic à Cannes
    2026/08/21
    Deux jours avant l'ouverture du 79ᵉ Festival de Cannes, Jack débarque sur une Croisette encore en chantier. Entre sécurité privée, observateurs et photographes, l'effervescence de Cannes commence à se faire sentir. Mais Jack enchaîne les rencontres. Il croise un critique profondément marqué par sa découverte du film Un prophète, un projectionniste qui règle le son à l'oreille depuis quarante ans, et l'homme qui a longtemps prêté sa voix à l'accueil des stars sur le tapis rouge. Alors que Jack découvre l'envers du décor du plus prestigieux festival de cinéma du monde, sa mystérieuse quête prend un nouveau tournant… Cannes avant le Festival : les secrets de la Croisette Deux jours avant l'ouverture du 79ᵉ Festival de Cannes, la Croisette ressemble encore à un chantier – camions en double file, échafaudages, drapeaux qui claquent au vent. Face au Carlton, au Majestic et au Martinez, un habitué en chemise ouverte et arborant une chaîne en or explique sa technique et rassure sans le savoir Jack concernant sa quête impossible : il lui suggère de ne rien chercher, juste « être en réception » et attendre que les choses se passent. Plus loin, les plages privées se dessinent peu à peu sous les yeux de Jack. C'est là qu'il rencontre un agent de sécurité privé, qui lui raconte quelques anecdotes de la Croisette durant le festival, faisant notamment référence à un petit arrangement entre Madonna et l'un de ses amis photographes… Mais au milieu de tout ce bouillonnement, Jack a l'impression qu'un homme le suit à la trace… Jean Zay contre Mussolini : comment le Festival de Cannes est né en résistance au fascisme Un cinéaste rencontré au détour d'une rue raconte à Jack l'histoire méconnue du festival : créé en 1939 à l'initiative de Jean Zay et du gouvernement du Front populaire, le Festival de Cannes avait pour but de répondre à la Mostra de Venise voulue par Benito Mussolini comme vitrine du fascisme – et dont naîtront les péplums tournés à Cinecittà, cet immense complexe (studios, décors, ateliers, salles de montage…) créé pendant son régime. Non loin de là, au pied du Suquet, Aurélie Ferrier, qui dirige l'association Cannes Cinéma, poursuit ce même combat sous une autre forme : elle initie les enfants dès la maternelle aux émotions du cinéma, et s'interroge notamment sur la montée d'une forme de puritanisme chez les plus jeunes face aux scènes de fête ou de tendresse qui apparaissent à l'écran. La revendication politique de notre association porte sur l’ouverture de l’éducation artistique et culturelle au plus grand nombre. Pour que chacun puisse s’ouvrir l’esprit et évite de rester enfermé dans l’entre-soi. – Aurélie Ferrier, Directrice de Cannes Cinéma Pendant ce temps, la Cérémonie d'ouverture approche à grands pas. Le tapis rouge, dont la partie centrale est d'ailleurs changée une fois par jour, est déposé. Le public arrive en masse. La frénésie de Cannes monte d'un cran. Grand Théâtre Lumière, 2 300 sièges : la nuit où Jacques Audiard a fait basculer Cannes Alors que Jack se met en quête d'un rafraîchissement en terrasse, il remarque cet homme attablé au café California. Seul, il enregistre des notes vocales avec son téléphone. Jack comprend qu'il s'agit de Damien Leblanc, critique de cinéma, et part à sa rencontre. Celui-ci explique à Jack sa vision de son métier. Être critique de cinéma, c'est surtout apprendre à regarder. Je pourrais "juger" un film, comme au tribunal. Mais ce que j'aime, c'est me faire surprendre, être dérouté et réussir à mettre des mots sur ces émotions que je ne comprends qu'après coup. – Damien Leblanc, critique de cinéma. Il se souvient d'ailleurs de sa première année d'accréditation, en 2005, puis d'un moment très marquant, en 2009. Il s'agit de sa découverte du film Un prophète de Jacques Audiard. Dans le Grand Théâtre Lumière et ses plus de 2 000 places, il se souvient des applaudissements spontanés à l'issue de la projection. À la seconde où le film s'est terminé, presque de façon mystique, il a senti que la salle avait totalement adhéré. Comme si l'ensemble des spectateurs ne faisait plus qu'un. De quoi sentir que « ce film allait créer l'événement », explique-t-il, et que le monde allait adopter ce grand film. Mais Jack est interrompu par un mystérieux photographe. C'est cet homme qui suit Jack depuis son arrivée sur la Croisette… Yves Mourousi, Tarantino incognito, Cate Blanchett : les secrets de la voix des marches Plus tard, Jack rencontre le projectionniste Joël Malton, qui est passé des projecteurs de 35 mm au numérique depuis 2013. Alors qu'il se revendique lui-même non-cinéphile, il fête cette année sa 40ᵉ participation au Festival de Cannes, et raconte les coulisses de son métier. À mon avis, le son, c'est 70% de la qualité d'un film. Le son, c'est la partie la plus ...
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  • 9. Maravane Caravane à Port-Louis
    2026/08/20
    À Port-Louis, Jack plonge dans l'âme musicale de l'île Maurice. Entre le séga envoûtant et les vinyles oubliés du disco mauricien, il explore les trésors sonores de l'île, comme ces 6 000 disques précieusement archivés par le label Babani. Son voyage l'amène aussi à rencontrer Menwar, maître de la ravanne, et Manu Desroches, l'un de ses héritiers musicaux. Mais au bout du voyage, une mystérieuse lettre écrite en créole mauricien l'attend… Briani Express : le restaurant de Port-Louis qu'on entend avant de voir Près de la gare routière, un haut-parleur d'un mètre de haut crache le menu en continu dans toute la rue : briani poulet, bœuf ou poisson. Un plat de riz épicé d’origine indienne, popularisé à Maurice par les travailleurs venus d’Inde après l’abolition de l’esclavage. Pas de doute, Jack est bien arrivé à Maurice. Au marché central, les marchands chantent les carottes et les betteraves comme une radio vivante, entre caramboles, letchis et chou palmiste, le cœur de palmier frais. Jack en tire naturellement un premier constat : à Maurice, tout passe par le son. Studio Boucan : 6 000 vinyles pour sauver la mémoire sonore de l'océan Indien Pour poursuivre sa quête musicale, Jack quitte le marché pour se rendre à Phoenix, au sud de Port-Louis. Il y rencontre Avneesh, qui a bâti son studio d'enregistrement sur le modèle de la Factory d'Andy Warhol, située à New York – un espace ouvert, collectif et collaboratif, un studio d'enregistrement au milieu de la végétation tropicale. Avneesh est une rencontre de choix pour Jack. Le DJ et producteur déniche notamment les perles rares de la musique vintage de l'océan Indien. Avec son label Babani, il numérise, restaure et remasterise des trésors oubliés : séga vintage, disco mauricien des années 1970, maloya de La Réunion signé Danyel Waro ou Gramoun Lélé. Avneesh est un grand passionné, et il n'a qu'une obsession : donner enfin une couleur sonore à l'océan Indien et à Maurice, cette île que le monde réduit à une carte postale. Quand je te dis Égypte, Chine ou Rio de Janeiro, tu entends quelque chose. Quand je te dis Maurice, tu n'entends rien. La musique mauricienne n'a pas été médiatisée. – Avneesh, DJ, producteur et curateur musical. Menwar et la ravanne : l'instrument qui a survécu aux maîtres des plantations Le séga est né des réunions d'esclaves qui jouaient durant leur temps libre. Une histoire qui rappelle celle de Congo Square, à La Nouvelle-Orléans. Quand les instruments étaient confisqués, la ravanne, percussion plate qui se dissimule facilement, a, elle, bien résisté. Et pour aider Jack à mieux comprendre la culture musicale de l'île, Avneesh l'oriente vers l'un de ses acteurs incontournables : Menwar. Un grand joueur de ravanne, qui a développé son propre style, le sagaï, une forme de séga acoustique nourrie d’influences blues, jazz, reggae et africaines. Dans sa maison proche de la mer, Menwar, 70 ans, raconte comment il a fusionné ce tambour avec différentes influences musicales, et inventé son propre style à partir du geste des matelassiers battant la paille de coco, « comme des percussionnistes », précise-t-il. Son inspiration pour l'écriture ? La vie qui l'entoure. Mais Menwar défend aussi son engagement, en chantant la société et en dénonçant l'appropriation des terres dans un monde qu'il souhaite égalitaire. De Sarah Honoré à Manu Desroches : la lettre en créole qui ramène Jack à Toulouse Le lendemain, Jack se dirige vers la maison de la jeune chanteuse Sarah Honoré. L’artiste, musicienne et chanteuse, défend une pratique de la musique en live et revendique la dimension brute de la musique traditionnelle, qu’elle aime particulièrement explorer. Une approche qui contraste avec la puissance de diffusion et de résonance offerte aujourd’hui par les plateformes numériques. La ravanne est un instrument cru et subtil, pas aussi puissant qu'un tambour, tu le joues principalement à la force de tes mains. Mais aujourd'hui, il y a la ravanne synthétique pour prioriser le niveau sonore. Il y a désormais deux écoles. – Sarah Honoré, chanteuse et musicienne. Jack découvre aussi la dimension spirituelle du séga et de ses instruments. Ils connectent Sarah Honoré aux précédentes générations et aux cultes que ses ancêtres ont initiés pour exorciser leurs émotions. C'est, selon la jeune chanteuse et musicienne, le seul héritage traditionnel afro-mauricien qui lui est accessible. À Cap Malheureux, Jack rencontre un finaliste du Prix RFI Découvertes Sur les conseils de Sarah Honoré, Jack part à la rencontre du chanteur et multi-instrumentiste Manu Desroches. L'occasion pour Jack de comprendre le parcours et les inspirations de l'artiste qui mêle jazz, blues, musiques traditionnelles africaines et mauriciennes. Bercé par Whitney Houston, chantée par sa mère, ou par le chanteur et guitariste ...
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  • 8. Dessiner la ville à Montréal
    2026/08/19
    Pour cette huitième étape, Jack poursuit son périple à Montréal pour une plongée au cœur de son design urbain. Il découvre ainsi l'âme de la ville à travers ses formes audacieuses, ses détails insolites et ses usages innovants. Et comme d'habitude, de nombreuses rencontres jonchent son parcours : de Michel Dallaire, qui a imaginé le cadre en boomerang des vélos BIXI, à l'un des plus fins connaisseurs du patrimoine urbain de la ville, Dinu Bumbaru, qui lui ouvre les portes de ruelles, friches et jardins secrets. Mais alors que que Jack arpente l'île, le mystérieux organisateur de ce périple trouve le moyen de lui remettre une enveloppe supplémentaire... À peine arrivé, Jack croise Nicolas. Un Montréalais allongé sur un drôle d'engin à deux roues fabriqué à Seattle, qui lui permet d'aller 15 % plus vite qu'un vélo traditionnel. Jack songe à ce qui pourrait être une première leçon montréalaise : ici, même la façon de traverser la rue est une affaire de design. Michel Dallaire, le père des BIXI : « S'il n'y a pas de surprise, il n'y a pas de séduction » Poursuivant son chemin, Jack rencontre l'immense designer québécois, Michel Dallaire, qui a donné aux vélos partagés de Montréal leur cadre en forme de boomerang. Il faut dire que la symbolique est forte. Le boomerang est parfait pour un vélo en libre-service, puisqu'il a vocation à systématiquement revenir à son point de départ. La « patte » de Michel Dallaire est forcément originale. Inutile de faire comme les autres. Il travaille alors son propre propos esthétique. Et les contraintes imposées par ses bailleurs, ou la fonction du produit qu'il conçoit, font naître chez lui une créativité débordante. Il y ajoute une couche d'esthétisme, en recherchant le « beau » qui rassemble le collectif, passant ainsi entre les mailles du filet de la subjectivité individuelle. Un jour on m'a demandé de dessiner une bouteille d'eau de javel. Il fallait être motivé car personne n'a le désir d'en acheter une, c'est un besoin. Alors je m'y suis mis, pour qu'elle soit la plus désirable des bouteilles d'eau de javel du marché. J'ai proposé une bouteille avec plusieurs possibilités de prises en main. Pour toutes les mains, pour tous les âges. J'ai essayé de convaincre les usagers qu'en prenant cette bouteille, ils obtiendraient un plaisir tactile. – Michel Dallaire, designer. Jack poursuit sa route. Et celle-ci, le mène jusqu'à ce quartier, où se sont installées différentes diasporas d'Afrique de l'Ouest, dans la plus grande ville du Québec. Après un échange quasi philosophique, empreint de positivisme, Jack reçoit un nouveau message de son ami Gaël. Ce dernier l'accompagne dans sa recherche de l'occulte pourvoyeur de ces lettres anonymes. Mais entre radio secrète et émetteur mystérieux, Gaël sème le trouble dans une quête dont Jack pensait enfin détenir le secret... Ruelles, moufettes et friches aménagées : une ode à la promenade selon Dinu Bumbaru Jack poursuit sa découverte de Montréal, en se rapprochant de l'un de ses plus grands ambassadeurs : Dinu Bumbaru, architecte, auteur de Carnet d'un promeneur dans Montréal, et engagé au sein de l'association Héritage Montréal. Il entraîne Jack dans les ruelles du XIXe siècle (créées pour freiner la propagation des incendies) jusqu'au Champ des Possibles, une friche ferroviaire devenue jardin citoyen. Jack est embarqué dans une promenade urbaine aux côtés de l'un de ses pratiquants réguliers, qui a d'ailleurs inventé un mot qui exprime le droit de flâner. Un terme validé par Dany Laferrière en personne, écrivain haïtien et canadien, élu à l'Académie française en 2013. Il s'agit du mot « promenabilité », son inventeur précise : On parle beaucoup des villes marchables. Le bétail marche, mais les citoyens doivent avoir le droit de se promener, d'avoir des bancs pour s'asseoir, de l'ombre, des fontaines pour boire de l'eau... La promenabilité exige de penser la ville autrement que par ses fonctions. – Dinu Bumbaru, architecte et auteur de Carnet d'un promeneur dans Montréal. C'est après une étape dans une « auberge de silence », un havre d'apaisement en pleine ville, que Jack et Dinu Bumbaru se dirigent vers une grande friche au milieu de la ville, au risque d'y rencontrer des moufettes et autres formes de diversité biologique. L'architecte en profite pour partager sa vision engagée du design urbain. Il serait intéressant de valoriser le design d'adaptation. Le défi du XXIe siècle n'est pas de créer le plus bel objet neuf. Mais comment on requalifie un quartier avec talent et inventivité. En design, on devrait imaginer l'excellence sous l'angle de l'adaptation de milieux existants. - Dinu Bumbaru, architecte. Du circuit d'autobus 80 à la bibliothèque Maisonneuve : les monuments vivants de Montréal Pour Bumbaru, le vrai monument montréalais n'est pas toujours en pierre...
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