エピソード

  • Estelle Mercier (PS): «Nous ne sommes pas obligés d'avoir un budget purement austéritaire»
    2026/09/30
    Alors que le gouvernement présentera, jeudi 1er octobre, une première copie de son projet de loi de finances, Estelle Mercier, députée du Parti socialiste (PS) de Meurthe-et-Moselle, réclame davantage de moyens pour financer les politiques publiques. « Ce n'est pas aux plus démunis de faire des efforts », insiste la cheffe de file PS sur le budget. « En l'état, la copie n'est pas acceptable », selon elle. La députée revient également sur la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles ; elle évoque « un vrai changement de regard par rapport à la parole des victimes ». Le gouvernement va présenter jeudi une première copie de son budget pour 2027. Officiellement, le Premier ministre a tendu la main au Parti socialiste et vous propose de trouver un « compromis ». Que lui répondez-vous ? Nous allons discuter dès cet après-midi, pas avec le Premier ministre mais auprès des ministres concernés. Discuter et échanger avec eux sur nos propositions, puisque nous en avons fait des très concrètes pour le budget 2027. Et donc, nous répondons que nous sommes tout à fait disposés à discuter – sur la base de nos propositions – d'une autre manière de faire un budget. Il y a des mesures qui vont dans le sens plutôt des Républicains ou du Rassemblement national. Est-ce que ça vous inquiète ? Il est vrai que les annonces qui ont été faites ne sont pas du tout des mains tendues aux socialistes. On voit bien que c'est quand même un budget très austéritaire, avec des propositions qui font plaisir à la droite : une baisse des dépenses et notamment des dépenses sociales. On demande toujours de faire des efforts aux gens qui sont les plus fragiles, aux malades, aux gens qui sont en location avec le gel des APL (aides personnelles au logement), aux retraités qui ont des revenus modestes. Tout ça fait qu'on est toujours dans la même rhétorique de dire qu'il faut dépenser moins. « Tapons sur les plus fragiles » et en même temps, l'éléphant qui est dans la pièce, c'est-à-dire les hauts patrimoines, les plus riches ou les ultra-riches et les grandes fortunes, on n'en parle jamais. Votre contre-budget est-il financé ? Nous, notre contre-budget, il dit une chose claire et nette. Depuis 2019, ce ne sont pas tellement les dépenses qui ont augmenté, ce sont les recettes qui ont fortement diminué. Nous, ce que nous disons, c'est que depuis dix ans, Emmanuel Macron a mené une politique économique et budgétaire catastrophique qui n'a fait que vider les caisses de l'État. Et aujourd'hui, il demande aux plus démunis de faire des efforts. Mais en réalité, ce n'est pas aux plus démunis de faire des efforts, ce n'est pas aux Français de la classe moyenne de faire des efforts, c'est à ceux qui ne contribuent pas aujourd'hui à hauteur de leur faculté respective, c'est-à-dire les plus riches, de mettre enfin la main au portefeuille et de revenir sur tous les avantages fiscaux qu'ils ont eus depuis dix ans. Par exemple, et ça va dans le sens de ce que vous dites, la taxe Zucman, vous en attendez 15 milliards. Mais il faut quand même réussir à l'imposer... La taxe sur les hauts patrimoines – ou la taxe Zucman, qui est une forme de taxe sur les hauts patrimoines –, pour l'imposer, il suffit d'une volonté politique. Et la volonté politique, si elle n'est pas là, effectivement, la taxe Zucman ne peut pas s'imposer. Mais s'il y a une volonté politique, la taxe, elle s'impose. Sur quoi n'allez-vous pas céder ? Nous sommes très clairs sur le fait que nous avons fait des propositions. Elles constituent un ensemble cohérent, à la fois de relances de l'investissement, de relances pour nos services publics, des mesures de pouvoir d'achat aussi importantes dans notre budget, qui sont financées évidemment par un rétablissement des recettes fiscales – j'insiste –, un rétablissement des recettes fiscales auprès des hauts patrimoines, auprès notamment des plus grandes successions, auprès des géants du numérique aussi... C'est cet ensemble-là qui montre qu'un autre chemin est possible, et qu'on n'est pas obligé d'avoir un budget purement austéritaire et qui demande des efforts à tout le monde, surtout ceux qui ont déjà largement contribué, pour pouvoir rétablir les comptes publics. Le rétablissement des comptes publics se fera forcément dans la durée, parce que là, on est dans une situation extrêmement compliquée, après dix ans de politique d'Emmanuel Macron. Mais il faudra bien le faire à un moment ou à un autre. Il y a toujours ce risque que tout cela prenne la tournure du précédent budget de Michel Barnier, le budget de l'État qui a été adopté par l'article 49.3. C'est bien que vous fassiez la référence à Michel Barnier : rappelez-vous aussi que Michel Barnier était tombé parce qu'il avait tendu la main au Rassemblement national. Là, ce qu'il y a dans ce budget, notamment le ...
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  • Geoffroy Didier (LR): «Je sais d'où vient l'ex-FN mais n'accuse pas sans preuves», après les propos antisémites prêtés à Jordan Bardella
    2026/09/29
    Geoffroy Didier, vice-président des Républicains et président délégué de la région Île-de-France, revient sur les propos antisémites attribués à Jordan Bardella. Il attend surtout « des preuves tangibles qui permettent de corroborer les accusations de presse ». Et, face à la mobilisation sociale de la journée et aux débats sur le budget et les retraites, il appelle la droite républicaine à « affirmer ses convictions ». « Nous ne cautionnons pas un budget qui irait dans le sens de davantage de déficit public », ajoute-t-il. RFI : On va évidemment parler de la crise sociale, des retraites, du budget. Mais d'abord, un mot sur l'actualité politique, ces propos antisémites attribués à Jordan Bardella. Quelle a été votre réaction ? Geoffroy Didier : Ma réaction, c'est celle d'un avocat qui veut voir des pièces à conviction, qui veut voir des preuves avant d'émettre un jugement. Je ne suis pas d'accord avec les idées politiques de Jordan Bardella, mais je n'accuse pas sans preuves, donc je ne participerai pas au concert des accusations et des condamnations, sans avoir davantage d'éléments tangibles, si ce n'est un article de presse. Mais ça veut dire que si ces propos sont avérés, Jordan Bardella, selon vous, doit encore assumer ses fonctions politiques ? Si ces propos étaient avérés et que les accusations étaient démontrées, vous imaginez bien qu'il s'agirait d'un tremblement de terre politique, mais nous n'en sommes pas là. Moi, je pars du principe qu'il y a le contradictoire, c'est-à-dire la possibilité d'accuser mais aussi la possibilité de se défendre. Je crois à la présomption d'innocence, je ne fais pas de procès d'intention à qui que ce soit, malgré les profonds désaccords politiques que je peux avoir avec le Rassemblement national. Et je n'oublie pas aussi qu'au conseil régional de l'Île-de-France, où je suis membre, certains conseillers régionaux RN avaient quitté la salle lorsque nous avions fait un hommage à Simone Veil. Donc je sais très bien d'où l'ex-Front national vient, mais je n'accuse personne ad hominem tant que je n'ai pas vu des preuves tangibles qui permettent de corroborer les accusations de presse. Cela vous conforte dans le fait de ne pas avoir rejoint l'alliance d'Éric Ciotti, peut-être ? Ah mais je n'ai pas eu à attendre des accusations de Mediapart pour être convaincu que la droite républicaine peut être offensive sans être excluante, qu'il faut préférer la préférence homérique plutôt que la préférence nationale et qu'il n'est jamais nécessaire d'être extrémiste pour résoudre les problèmes des Français. L'autre information de la journée, on l'a entendue, c'est cette mobilisation sociale. C'est évidemment l'exaspération des Français qui s'exprime dans les rues, chez les fonctionnaires, les pompiers, les lycéens... Pourquoi les Français devraient-ils accepter aujourd'hui de faire encore plus d'efforts ? Vous savez, si Emmanuel Macron n'avait pas si mal agi depuis dix ans, la France disposerait de marges de manœuvre et pourrait effectivement mieux payer les fonctionnaires qui souvent le méritent. La France compte près de 6 millions de fonctionnaires, c'est-à-dire que ce sont des dizaines de millions de familles qui comptent un fonctionnaire parmi elles. Et moi, ce que je veux faire, c'est rendre hommage à la fonction publique, qui est bien loin de la bureaucratie qu'on décrit parfois et qui remplit ses missions avec un vrai sens du service public. Je suis totalement favorable à ce qu'on baisse les dépenses publiques là où c'est nécessaire, à ce que les gaspillages soient combattus avec vigueur. Mais quelles dépenses ? Il y a des organismes, je crois 430 organismes, dont on peut franchement se poser la question de l'utilité, vous savez ? Et à quelle échéance, concrètement ? Cela ne pourra se faire qu'après l'élection présidentielle de 2027, puisque c'est l'élection la plus structurante ou celle où on fait des vrais choix démocratiques assumés. Mais au Conseil régional d'Île-de-France, nous avons supprimé ou fusionné 15 organismes sans que les Franciliens ne s'en rendent compte, c'est-à-dire sans que les Franciliens se disent : « Tiens, les services publics de la région se sont amoindris. » Je crois qu'il y a du gras et que nous devons, par respect pour les Franciliens et par respect pour les contribuables qui subissent quand même le taux de prélèvement obligatoire le plus important des pays de l'OCDE, agir pour que l'État soit plus fort. Et la seule manière de le rendre plus fort, c'est de le rendre plus nerveux, c'est-à-dire de lui enlever tout le gras ou tout le calcaire qu'il y a dans les cubes de l'État et qui mériterait effectivement d'être nettoyé. Ceci ne veut pas dire que les fonctionnaires – qui, dans leur immense majorité, accomplissent leur travail avec un vrai sens de la mission des services publics – ne soient pas ...
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  • Budget 2027: «On n'est pas allé chercher l'argent là où il est», pointe le député LFI Damien Maudet
    2026/10/14

    Alors que s’ouvre mercredi 14 octobre à l’Assemblée le périlleux débat sur le budget, le candidat LFI à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon a choisi de présenter son contre-budget le matin. Avec pour objectif de « remettre de l’ordre dans les comptes publics » et de rétablir la justice sociale en rétablissant l’impôt sur la fortune (ISF) et en imposant la taxe Zucman. « On a un problème de répartition des richesses », explique Damien Maudet, député La France insoumise, qui pointe « les 166 milliards d’euros d’aides aux entreprises », « autant de cadeaux de l’État sans contreparties ».

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  • Erwan Balanant (MoDem): «Les violences faites aux enfants ont été un angle mort des politiques publiques»
    2026/10/01
    Erwan Balanant, député du Mouvement démocrate (MoDem) du Finistère, est sans appel : « Depuis trop longtemps, on a caché cette violence, on l'a étouffée. » Le rapporteur du volet consacré aux enfants de la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles insiste sur la nécessité d'un entretien annuel de chaque élève – de la maternelle à la majorité – afin de recueillir la parole des victimes mais qu'en l'état, « on n'est pas capable de former les 10 000 infirmières supplémentaires qu'il nous faut dès la rentrée prochaine ». L'élu revient également sur sa position concernant le budget 2027 et les efforts à demander au nom de la justice fiscale et sociale. La proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, avec ses plus de 1 200 amendements, arrive dans l'hémicycle. Vous êtes le rapporteur spécifiquement chargé du volet consacré aux enfants. Chaque année, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles. Est-ce qu'on a attendu trop longtemps avant d'agir ? Erwan Balanant : C'est sûr que la question des violences faites aux enfants a longtemps été un angle mort dans notre société et un angle mort des politiques publiques. C'est évident. Depuis trop longtemps, on a caché cette violence, on l'a étouffée, on l'a mise sous la couverture. Et quand je dis « sous la couverture », vous voyez ce que je veux dire : c'est que ces violences ont lieu principalement dans la famille, dans le cercle familial. C'est dans le cercle familial qu'interviennent 75% des enfants victimes de violences, voire peut-être même 80%. Donc oui, je crois que notre société doit profondément évoluer sur cette question-là. On doit avoir une révolution sociale et sociétale sur les violences faites aux enfants. Cent soixante mille enfants, ce sont 160 000 victimes qui, pendant toute leur vie après, vont souffrir de ces traumatismes. Donc oui, on doit avoir un changement complet de paradigme sur la question de l'enfance et sur la question de la protection de l'enfance dans notre société. Une des mesures phares porte sur le recueil de la parole des victimes : l'article 30 instaure un entretien annuel de chaque élève, de la petite section maternelle à la majorité. Vous avez d'abord supprimé en Commission spéciale son caractère obligatoire. Puis, vous avez déposé un nouvel amendement pour le réintroduire. Pourquoi ce changement ? Vous savez, moi je suis assez pragmatique et c'est parfois un défaut. Je suis pourtant assez déterminé sur ces questions-là. Très déterminé même, mais je ne souhaitais pas initialement que l'on fasse une promesse qu'on ne pourrait pas tenir. Et donc, je partageais complètement le principe. C'est une question d'argent quand vous dites « promesses non tenues » ? Non, c'est pas une question d'argent justement. Ce n'est pas qu'une question d'argent. Parce que si c'était qu'une question d'argent, on sait tous les bénéfices que l'on ferait – et que l'on devra faire d'ailleurs – d'avoir une vraie politique de l'enfance. Parce que tous les enfants qui ne seront pas victimes sont des enfants qui – excusez-moi de l'expression, elle est horrible – mais ce sont des enfants qui nous coûteront « moins cher » dans leur vie d'adulte parce qu'ils iront mieux et parce qu'ils n'auront pas tous ces traumatismes. Donc, ce n'est pas qu'une question d'argent, c'était une question de principe de réalité. On ne serait pas capable de former les 10 000 infirmières supplémentaires qu'il nous fallait dès la rentrée prochaine si nous tenions, si nous inscrivions ce caractère obligatoire dès la rentrée prochaine. Par contre, sur le principe d'une école à l'attention permanente des enfants, d'une école de l'écoute et d'une école qui, pour le coup, doit faire sa révolution sur ces sujets-là, moi, je partageais complètement les objectifs. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que je portais aussi ce texte. Moi, je suis un des co-auteurs avec de nombreux d'autres députés de ce texte transpartisan sur la loi intégrale. Donc, on a retravaillé, on a trouvé non pas un compromis, mais on a trouvé un cap. On s'est donné un cap et on l'a fait avec les associations. On s'est vu beaucoup, parce que les associations savaient aussi mon intérêt et mon attachement à ce dispositif. Et nous nous sommes mis un cap, c'est-à-dire que pour 2032, nous essaierons d'atteindre cet objectif d'un entretien annuel obligatoire. Et entre-temps, l'idée est aussi de se mettre au travail tout de suite : dès les prochaines rentrées, pouvoir avoir au moins un entretien primaire, maternel, collège, lycée. On met en place le dispositif, parce qu'il est nécessaire et on va pouvoir repérer, faire de la prévention. Les associations reprochent de faire davantage reposer la détection des violences sur la parole de l’enfant. Comment détecter un enfant victime qui ne ...
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  • Caroline Darian, fille de Gisèle Pélicot: «La soumission chimique n'est ni un cas isolé, ni un fait divers»
    2026/10/02
    Caroline Darian, fille de Gisèle Pelicot à la tête de l’association #Mendors pas Stop à la soumission chimique entend lutter contre un « fléau de santé publique ». «Toute la difficulté pour les victimes est de se rendre compte qu'elles ont été droguées à leur insu et de pouvoir raconter ce qu'elles ont vécu car la soumission chimique utilisée par les agresseurs leur enlève une partie de leur histoire », alerte celle qui n'a cessé d'alerter, d'informer et de sensibiliser le grand public. RFI : Caroline Darian, vous êtes très vite sortie du silence. Un livre d'abord sur le choc de l'arrestation de votre père, puis vous avez décidé d'agir, de prévenir, de militer en créant en 2023 cette association #Mendorspas, qui lance une grande campagne de sensibilisation à la soumission chimique cette semaine. C'est quoi exactement, cette soumission chimique ? Caroline Darian : La soumission chimique, c'est le fait de droguer une personne à son insu ou sous la menace à des fins de crime et majoritairement des fins de crime sexuel. Donc c'est vrai qu'en 2020, quand je découvre que ma famille est frappée par ce fléau, je me jette un peu à corps perdu dans cette croisade pour essayer de comprendre ce mode opératoire qu'a utilisé mon père. Et rapidement, en me renseignant auprès d'experts, notamment le docteur Leïla Chaouachi , je vais me rendre compte que ce n'est absolument pas un cas isolé, ni un fait divers, et que derrière, c'est un véritable enjeu de santé publique. Et c'est la raison pour laquelle j'ai vraiment souhaité d'abord lancer un mouvement de prévention qui est devenu rapidement une association #Mendorspas, Stop à la soumission chimique. Et derrière, on n'a, depuis quatre ans, cessé d'alerter, d'informer et de sensibiliser le grand public, mais aussi les professionnels de santé sur ce mode opératoire qui est l'arme, en tout cas l'arsenal privilégié des agresseurs sexuels. Parce que c'est bien ça dont il est question : des agressions invisibles que les victimes ne peuvent pas dénoncer parce qu'elles ne s'en rappellent plus ? En fait, il y a plusieurs cas de figure. Il y a des victimes comme ma mère, qui n'ont aucun souvenir ni réminiscence. Et puis, il y a des victimes, en fonction des substances qui vont leur être administrées, qui vont avoir des flashs ou des souvenirs un peu nébuleux. Mais toute la difficulté pour les victimes, c'est de se rendre compte qu'elles ont été droguées à leur insu et de pouvoir raconter ce qu'elles ont vécu, parce que finalement, la soumission chimique utilisée par les agresseurs leur enlève une partie de leur histoire. Et souvent, le problème des victimes, c'est qu'elles n'arrivent pas à collecter les preuves nécessaires qui vont leur permettre de faire reconnaître aux yeux de la société, ou même aux yeux de la justice, qu'elles ont été abusées, parce que les substances les auront complètement immobilisées d'une certaine façon. Et donc, il y a des signes, des symptômes, des éléments qui doivent interpeller ? Déjà, quand on ne se souvient pas exactement de ce qui s'est produit, ou qu'on se réveille habillée d'une certaine façon. On a quand même des symptômes qui alertent comme le manque de souvenirs. Après, il peut y avoir des traces physiques, des traces physiologiques. Et en fait, nous ce qu'on dit, c'est que si vous avez un doute, il faut investiguer ce doute. Et la seule façon de pouvoir collecter les preuves en temps réel, c'est d'aller faire des analyses d'urines, de sang et de cheveux. C'est vraiment important que les victimes s'autorisent à aller investiguer. Aujourd'hui, il y a une plateforme, un organisme qui s'appelle le Centre de référence des agressions facilité par les substances, qui a été fondé par le docteur Leïla Chaouachi pendant le procès de 2024 – le procès de mon père et de ses 50 autres co-accusés – qui permet justement aux victimes d'être entendues, d'être écoutées et d'être soutenues et de pouvoir bénéficier de ces analyses toxicologiques dans les meilleurs délais. À lire aussiViolences sexuelles: à travers l'emblématique procès des viols de Mazan, l'espoir d'«un sursaut de la société» Vous écrivez : « Aucune enquête n'est en mesure de comptabiliser de manière exhaustive le nombre de victimes en France. » C'est parce que les victimes ne se rappellent plus ou ne déposent pas plainte, à cause de tout ce que vous venez de dire ? En fait, oui, dans la plupart des cas, les victimes ne portent pas plainte parce qu'elles ne s'autorisent pas à le faire, parce qu'elles n'ont pas la capacité psychologique et émotionnelle de le faire, parce qu'elles s'en veulent, parce que dans la plupart des cas, elles vivent avec un sentiment de doute, de honte... Et donc, oui, il y a une enquête nationale qui existe tous les ans, mais qui se base, si vous voulez, sur les cas recensés par les réquisitions judiciaires. On ...
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  • «Les lycéens mettent à profit la période électorale pour faire avancer leurs revendications», analyse le sociologue Patrick Vassort
    2026/10/09

    Le sociologue Patrick Vassort, maître de conférences à l'université de Caen, spécialiste des mouvements sociaux, dit comprendre la colère des lycéens en France. Une colère « qui vient de loin », après des décennies d'abandon des collèges, et alimentée « par un fond d'anxiété liée à la situation internationale et nationale ». Mais les lycéens « qui ont une conscience politique » ont compris « que c'était maintenant, en pleine campagne présidentielle, qu'il fallait demander des choses, que chaque candidat mette sa dote dans la corbeille », analyse Patrick Vassort.

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  • «Marine Le Pen n’est pas élue, qu’elle s’imagine déjà violer notre Constitution», s’alarme Philippe Gosselin (LR)
    2026/10/15

    Alors que Marine Le Pen appelle à la démission de Richard Ferrand, le président du Conseil constitutionnel, le député LR Philippe Gosselin, vice-président de la commission des Lois à l’Assemblée nationale, dénonce la volonté de la patronne du RN de vouloir réviser la Constitution par référendum – pour mettre en œuvre sa politique migratoire – sans passer par le Parlement, comme le prévoit la loi. Une attaque « extrêmement inquiétante » contre la démocratie, juge Philippe Gosselin, qui montre le visage « illibéral » du RN. « Quand on a la prétention de devenir chef de l’État et gardienne des institutions, il faut a minima les respecter », assène Philippe Gosselin.

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  • «L'union de la gauche est un impératif», alerte la députée écologiste Cyrielle Chatelain
    2026/10/05
    Cyrielle Chatelain, députée de l'Isère et présidente du groupe Écologiste et social à l'Assemblée nationale, l'assure : le budget 2027 « ne répond en rien à toutes les urgences du moment » – qu'elles soient sociales ou écologiques – en plus d'être « incompatible avec toute volonté d'améliorer les conditions des services publics ». Face à l'extrême droite, la députée, unioniste de la première heure, défend aussi l'alliance de la gauche pour faire réellement avancer l'écologie, « sinon, nous risquons 5 ans de recul écologiste extrêmement violent », alerte-t-elle. RFI : Le ministère de l'Éducation craint un embrasement national. Qu'est-ce que vous dites aux lycéens qui bloquent leur lycée aujourd'hui ? Cyrielle Chatelain : Alors moi, j'étais ce matin à Échirolles, au lycée Marie Curie, avec un certain nombre d'élèves et de professeurs pour échanger sur leurs revendications. Ce qu'ils m'ont dit, c'est vouloir pouvoir manifester pacifiquement, pouvoir effectivement faire entendre leur voix. Parce qu'ils ont des demandes qu'ils portent depuis maintenant des mois, des années, qu'ils ne sont pas entendus. Ce qu'ils veulent, c'est être respectés. En tant qu'élus, le groupe Écologiste et Social sera présent à la manifestation en soutien de la revendication des lycéens. Et aussi parce que plus le mouvement sera d'ampleur, plus finalement il sera pacifiste. Quand le gouvernement répond « dialogue et fermeté », quand Sébastien Lecornu adresse à ses ministres une feuille de route de cinq chantiers prioritaires, est-ce que c'est une réponse adaptée ? On a un gouvernement qui ne respecte pas sa parole, et c'est un problème fondamental. On l'a vu avec les gilets jaunes : après les mobilisations, il y a eu les cahiers de doléances, cahiers de doléances auxquels nous n'avons toujours pas accès plusieurs années après. Nous avons rencontré sur les mouvements lycéens des représentants lycéens, qui nous expliquent par exemple une demande assez simple : vous savez, le mouvement lycéen demande de supprimer Parcoursup, mais avant cela, ils avaient fait remonter des demandes qui sont a minima que dans Parcoursup, il puisse y avoir des informations qui remontent si un élève a connu des difficultés, par exemple s'il a été hospitalisé. Ils le demandent depuis février, et depuis février, il n'y a aucune réponse. Donc en fait, on sait très bien que là, le gouvernement fait semblant d'écouter, mais que malheureusement ça ne bouge pas. Et la preuve est la copie budgétaire qu'ils ont posée le 1ᵉʳ octobre qui continue de couper dans le nombre de postes alloués à l'éducation nationale. C'est là où je voulais en venir. Est-ce que le budget 2027 est compatible avec les revendications des lycéens ? Le budget 2027 est incompatible avec toute volonté d'améliorer les conditions des services publics. Que ce soit la prise en charge des élèves et les conditions d'enseignement à l'école, la prise en charge des patients à l'hôpital ou même, globalement, le soutien à la médecine de ville. C'est un budget qui coupe dans toutes les dépenses qui permettent finalement à l'État de fonctionner, aux services publics de fonctionner. À lire aussiTenir le déficit, faire des économies... l'équation difficile du budget 2027 de la France Ce budget, vous en avez annoncé la censure. Mais précisément, quelle est la mesure qui, pour vous, le rend inacceptable ? C'est une compilation de mesures. Ce sont des mesures qui, par exemple, gèlent les APL, gèlent les allocations familiales, qui mettent à contribution les retraités à partir d'un peu plus de 1 200 euros par mois en ne réindexant pas totalement sur l'inflation. Donc on voit bien que c'est demandé à tout le monde, et surtout à ceux qui n'ont pas beaucoup, et que de l'autre côté, on épargne les très grandes fortunes. Cette injustice au cœur de ce budget fait qu'il est inacceptable. La deuxième chose, ce sont les coupes dans les politiques environnementales. On a connu un été caniculaire et on a un budget qui tourne le dos à toute la politique de lutte contre le réchauffement climatique, qui enlève des moyens à tous ceux qui, finalement, font vivre au quotidien ces politiques, que ce soit l'ONF [l'Office national des forêts, NDLR] ou même Météo-France. En fait, on a un budget qui ne répond en rien à toutes les urgences du moment. Vous le dites, il faut investir massivement pour cette transition écologique. Mais combien ça coûte ? Et surtout, vous trouvez l'argent où ? Alors, l'une des propositions du groupe Écologiste et Social, par exemple, est de taxer les très gros héritages, les méga-héritages, on parle de millions d'euros. C'est-à-dire de mettre un peu plus à contribution ceux qui aujourd'hui savent optimiser et payer très peu quand ils transmettent leur patrimoine. Et ça pourrait aller directement sur la transition écologique. On peut trouver 10 ...
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