エピソード

  • Hector Pieterson, 12 ans, figure du soulèvement de Soweto: «Son nom a apporté de la justice en Afrique du Sud»
    2026/06/16
    Le 16 juin 1976, il y a tout juste 50 ans, des milliers d’étudiants marchent dans les rues de Soweto pour protester contre l’enseignement en afrikaans, langue de la minorité blanche alors au pouvoir. Une marche pacifique que la police du régime réprime immédiatement dans le sang et qui déclenche un large soulèvement de la jeunesse. Hector Pieterson, tué à 12 ans le 16 juin, devient alors une figure de la lutte anti-apartheid. Valentin Hugues a rencontré sa grande sœur Antoinette Sithole, elle avait 16 ans le jour de la marche. RFI : Le 16 juin 1976, vous avez pris part à cette marche contre l’apprentissage en afrikaans. Qu’on appellera ensuite le soulèvement de Soweto. Vous aviez 16 ans à l’époque, quel était l’état d’esprit ce jour-là ? Antoinette Sithole : C'était vraiment très excitant. Nous venions de différentes écoles de tout Soweto, et notre objectif était Orlando West, le quartier d’origine de la majorité de nos dirigeants les plus éminents. Comme notre ancien président, monsieur Mandela, ou l’archevêque Desmond Tutu. D’une certaine manière, cela nous a donné du courage. Et pour eux, où qu’ils soient, qu’ils soient en prison ou qu’ils soient morts, ils devaient savoir que nous portions toujours le flambeau. Nous avions donc nos pancartes : « À bas l’afrikaans », « Au diable l’afrikaans », et on nous avait dit de veiller à ne pas provoquer la police. Car si nous provoquions la police, cela signifierait que notre mission ne serait pas accomplie. Mais très rapidement, alors que la marche est pacifique, la police tire sur la foule. Oui, tout à coup, il y a eu un coup de feu. On a dû s’enfuir, courir dans toutes les directions, se cacher chez des gens. C’est là que j’ai vu mon frère sur le trottoir d’en face. Je n’arrivais pas à croire que c’était lui. Je lui ai fait signe et il s’est approché de moi en souriant. Je lui ai dit : « On dirait que les choses dégénèrent. Je vais m'assurer qu'on rentre à la maison. Et tout ira bien. » Vous savez, je disais ça pour essayer de faire preuve de courage, mais j'avais tellement peur… Puis, il y a eu un autre coup de feu, alors nous avons dû retourner nous cacher. Malheureusement, nous nous sommes séparés. Quand je suis revenu sur le trottoir, il était introuvable. Non loin de moi, j’ai compris que quelque chose s’était passé : des étudiants étaient rassemblés autour de la scène. La première chose que j’ai aperçue, ce sont les chaussures de mon frère. J’ai demandé à cet homme qui le portait, Mbuyisa : « Qui êtes-vous ? C’est mon frère. Je le cherchais. Où l’emmenez-vous ? » Il n’a rien dit… Alors que Mbuiysa s’apprêtait à mettre mon frère dans la voiture pour aller à l’hôpital, il a dit : « Il est mort. » En entendant cela, j’ai eu l’impression de me dédoubler, et je pouvais me voir en train de pleurer de désespoir. Pour moi, c’était comme si ce n’était pas réel. Ça ne pouvait pas être réel. À lire aussiAfrique du Sud : 16 juin 1976, la révolte de Soweto Hector n’avait que 12 ans et, comme vous le rappeliez au début, on comprend qu’il ne devait pas être présent ce jour-là. Oui, parce qu’il était si jeune, que savait-il de la politique ? Pour moi, il était juste au mauvais endroit au mauvais moment. Mais certaines personnes m’ont dit que c’était le destin. Son nom a apporté de la justice ici, en Afrique du Sud. Même s’il n’était personne, qu’il n’était qu’un enfant… Et cela signifie que n’importe qui peut changer la vie des gens. Peu importe qui vous êtes et quel âge vous avez. Comme Hector : il ne savait rien de la politique, alors que beaucoup d’autres, qui avaient plus de connaissances, auraient pu changer le cours de l’apartheid. Mais Hector était là, et c’était qu’un enfant. Et je n’aurais jamais pensé qu’un jour je serais interviewé, que je parlerais de cette journée, parce que ça aurait pu arriver à n’importe qui. Vous savez, en tant que famille, on ne s’est jamais demandé pourquoi ça nous était arrivé, à nous. Non. C'est arrivé et personne n'aurait pu faire mieux. Alors on a juste suivi le mouvement. Vous savez, je ne me considère pas comme quelqu’un de célèbre. Parce que ça aurait pu arriver à n'importe qui. On parle souvent d’Hector à travers cette photo. Comme vous le disiez, il est devenu, un peu malgré lui, le visage héroïque de la lutte. Puis-je vous demander qui était Hector Peterson ? En réalité, Hector était très calme. Il ne parlait pas beaucoup. Il adorait les blagues ! Et son sport, c’était le karaté. Car à cette époque, certaines églises collectaient des fonds en projetant des films de Bruce Lee tous les week-ends. Hector adorait le karaté. À lire aussiSam Nzima, le photographe oublié du soulèvement de Soweto
    続きを読む 一部表示
    4 分
  • Ebola en RDC: «On ne s'attendait pas à une telle vague», confie Mamadou Kaba Barry de l'ONG Alima
    2026/06/12

    Ce 12 juin 2026, cela fait quatre semaines que l'épidémie d'Ebola a été officiellement déclarée dans l'est de la RDC. Le dernier bilan communiqué est de 676 cas confirmés dont 136 mortels. Où en est-on sur le terrain ? Mamadou Kaba Barry, chef de mission de l'ONG Alima dans l'est de la RDC, est l'invité d'Afrique Midi. Il répond à Alexandra Brangeon.

    À lire aussiRDC: la 17e épidémie d'Ebola loin d’être maîtrisée, avertit le Centre africain de contrôle des maladies

    続きを読む 一部表示
    4 分
  • Mondial 2026: «Le Sénégal est le mieux outillé des pays africains pour aller le plus loin»
    2026/06/11

    La 23e édition de la Coupe du monde de football commence ce jeudi 11 juin. Une compétition hors normes qui réunit pour la première fois 48 participants, dont dix nations africaines. Hervé Kouamouo, journaliste et sociologue, membre de l'Institut des sciences sociales et politiques de Nanterre, est l'invité d'Afrique Midi.

    À lire aussiCoupe du monde 2026: dix exploits africains au Mondial

    続きを読む 一部表示
    9 分
  • RDC: Human Rights Watch documente des exécutions et des recrutements forcés dans deux camps du M23
    2026/06/10

    Dans son dernier rapport, Human Rights Watch accuse le M23 et l'armée rwandaise de recrutements forcés massifs, et d'exécutions dans deux camps militaires du Nord-Kivu. L'organisation de défense des droits humains épingle aussi la partie gouvernementale, accusée de soutenir des groupes armés responsables d'abus graves. Clémentine de Montjoye, chercheuse à HRW, est l'invitée d'Afrique Midi.

    À lire aussiRDC: Human Rights Watch accuse le Rwanda et l'AFC/M23 de nombreuses exactions dans deux camps du Nord-Kivu

    続きを読む 一部表示
    5 分
  • «Au Mozambique, les attaques contre les journalistes se multiplient depuis six ans»
    2026/06/09

    Violences contre la presse, répression politique, insurrection djihadiste… Une enquête du collectif de presse Forbidden Stories passe au crible les maux du Mozambique. Fruit de cinq mois de travail d'une dizaine de médias du monde entier, dont RFI et France 24, l'enquête Mozambique Exposed a été coordonnée par la journaliste Mariana Abreu, l'invitée d'Afrique Midi.

    À lire aussiMozambique Exposed: dans le Cabo Delgado, la confiscation des ressources naturelles nourrit le terrorisme des shebabs

    続きを読む 一部表示
    6 分
  • La Sierra Leone au cœur du trafic de cocaïne entre l'Europe et l'Afrique de l'Ouest
    2026/06/08

    Saisie historique de plus de 30 tonnes de cocaïne au large du Sahara occidental le 1ᵉʳ mai 2026. La drogue venait de Sierra Leone avant une possible redistribution en mer, via les Canaries ou d'autres points au large de l'Europe. Selon une enquête de l'Initiative mondiale contre la criminalité transnationale (GI-TOC) organisée publiée ce lundi 8 juin, ce n'était pas un cas isolé, mais la répétition d'un modèle qui existe depuis au moins deux ans. Lucia Bird, directrice de l’Observatoire des économies illicites en Afrique de l'Ouest au GI-TOC, a cosigné cette enquête. Elle est l'invitée d'Afrique Midi.

    À lire aussiUne nouvelle enquête éclaire le rôle croissant de l'Afrique de l'Ouest dans le trafic mondial de cocaïne

    続きを読む 一部表示
    5 分
  • Confédération syndicale internationale: «Nous constatons des violations régulières du droit de grève et du droit syndical»
    2026/06/05

    Les droits des travailleurs sont en recul dans le monde, alerte la Confédération syndicale internationale (CSI) dans son rapport 2026. Parmi les « 10 pires pays au monde pour les travailleurs », quatre se trouvent en Afrique : Eswatini, Égypte, Nigeria, Tunisie. Empêcher la lutte syndicale est une « atteinte à la démocratie », estime Éric Manzi, secrétaire général adjoint de la CSI-Afrique. Il est l’invité d’Afrique Midi.

    Le rapport est à consulter ici.

    À lire aussiPetite histoire de la grève

    続きを読む 一部表示
    5 分
  • La Somalie s’enfonce dans «une crise politique ouverte»
    2026/06/04

    En Somalie, des combats ont éclaté dans la nuit de mercredi à jeudi 4 juin à Mogadiscio, la capitale, entre forces gouvernementales et opposition. Ces violences s'inscrivent dans un contexte de crise politique, après l'adoption en mars d'une réforme constitutionnelle controversée portant les mandats présidentiels et législatifs de quatre à cinq ans. L'opposition reproche au président Hassan Cheikh Mohamoud d'utiliser cette réforme pour rester un an de plus au pouvoir. La Somalie vit une crise politique ouverte, estime Roland Marchal, chercheur au Centre de recherches internationales, Ceri, de Sciences Po Paris.

    À lire aussiPlongée dans l'impasse politique, la Somalie entre dans une nouvelle «transition»

    À lire aussiSomalie: des combats à Mogadiscio après des semaines de tensions politiques

    続きを読む 一部表示
    6 分