エピソード

  • Oser l'automne : le canola comme outil de rotation
    2026/08/27

    Semer du canola à la fin de l'été pour le récolter en juillet, c'est un pari sur l'hiver. Mais pour ceux qui l'ont essayé, c'est aussi une façon de repenser toute la rotation.

    Guillaume Dallaire produit du canola biologique à Hébertville, au Lac-Saint-Jean, pour en tirer une huile de première pression à froid. Son défi de départ : la contamination par le pollen des champs de canola OGM voisins, qui l'oblige à s'installer à trois ou quatre kilomètres de toute parcelle conventionnelle. Le canola d'automne fleurit avant le canola de printemps, et le projet du CÉROM a confirmé qu'il n'y a aucun chevauchement de floraison. Il apporte aussi une floraison hâtive pour les abeilles et une récolte à la fin juillet, dans des conditions sèches, avec une qualité de grain exceptionnelle.

    Sébastien Boquel explique ce que les essais ont montré sur les ravageurs. Avec de nouveaux cultivars résistants au froid, le canola d'automne désynchronise le cycle des altises et de la cécidomyie du chou-fleur : moins de 1 % de défoliation, contre près de 25 % dans les parcelles de canola de printemps au même endroit. La survie hivernale, elle, varie selon la région, l'année et surtout le drainage du champ. Il faut aussi éviter un excès d'azote à l'automne et garder le champ propre jusqu'au stade six feuilles.

    Hélène Brassard fait le lien avec les décisions de gestion : un calendrier de travail décalé, la possibilité d'enchaîner avec du blé d'automne, et pour les producteurs conventionnels, une culture qui se passe d'enrobage insecticide et d'herbicide. Reste à travailler les dates de semis, l'accès à des semences non traitées et la survie à l'hiver, qui doit être homogène pour que le canola compense.

    En entrevue :
    Guillaume Dallaire, producteur biologique, Ferme Tournevent
    Hélène Brassard, agronome, conseillère en grandes cultures et agriculture durable, MAPAQ
    Sébastien Boquel, chercheur en entomologie, CÉROM
    Animation : Annie DeMelt

    Grains de savoir est le balado du CÉROM, le Centre de recherche sur les grains.

    Tags (Culture / Enjeu-ravageur / Approche)

    canola, canola d'automne, altises, cécidomyie du chou-fleur, mauvaises herbes, survie hivernale, rotation des cultures, agriculture biologique, réduction des pesticides, santé des sols

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    26 分
  • Lâcher les trichogrammes : quand les drones protègent le maïs
    2026/08/09

    Le ver‑gris occidental du haricot a été détecté au Québec en 2009, et ses populations s'accumulent d'année en année. Les larves détruisent les grains de maïs de l'intérieur et favorisent la prolifération de champignons et de mycotoxines dans les épis. Le problème, c'est qu'une fois les larves entrées dans l'épi, aucun traitement curatif n'est possible.

    Dans cet épisode, Julien Saguez (chercheur en entomologie, CÉROM) explique comment son équipe s'est tournée vers un ennemi naturel déjà présent dans les champs québécois. En récupérant des masses d'œufs au champ, les chercheurs ont observé des œufs noircis, puis, après élevage en laboratoire, l'émergence de minuscules guêpes parasitoïdes plutôt que de larves du ravageur. Le trichogramme, déjà utilisé contre la pyrale du maïs ailleurs dans le monde, s'attaque à l'œuf avant l'éclosion.

    Restait à régler la logistique. La méthode classique, les trichocartes installées à la main et renouvelées chaque semaine, devient impraticable sur des dizaines ou des centaines d'hectares. C'est là qu'intervient Gil Weis (directeur technique et cofondateur, Drone Des Champs), qui décrit les deux approches développées avec le CÉROM : la capsule biodégradable larguée à intervalles réguliers et le trichogramme en vrac.

    Le facteur limitant n'est ni le drone ni l'insecte, mais le calendrier. En cinq jours, l'œuf devient larve. Trop tard, et le trichogramme n'a plus la place de se développer. L'approche est donc préventive, décidée à l'avance, puisque les insectes doivent être produits avant la saison.

    Trois saisons d'essais, de 2023 à 2025. Julien et Gil abordent les résultats obtenus, les coûts, les cas où l'outil est le plus pertinent, notamment le maïs sucré et la production biologique où les hybrides Bt ne sont pas une option, et le travail qu'il reste à faire sur les doses, les cohortes et la pulvérisation liquide.

    Invités : Julien Saguez, chercheur en entomologie, CÉROM
    Gil Weis, directeur technique et cofondateur, Drone Des Champs
    Animation : Annie DeMelt

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    20 分
  • Chrysomèle du haricot : les connaissances qui font la différence
    2026/07/29

    Quand la chrysomèle du haricot a commencé à apparaître en nombre dans les champs de soya du Québec, vers 2018, personne ici ne savait vraiment quoi en faire. Les seuils venaient de l'Ontario et des États-Unis, où l'insecte transmet un virus qui en fait un ravageur redoutable. La question de départ était donc simple : est-ce que ce qui s'applique ailleurs s'applique ici ?

    La réponse est non, et c'est une bonne nouvelle. Sur une trentaine de champs échantillonnés dans les foyers connus, le virus n'a jamais été détecté. Sébastien Boquel explique aussi pourquoi le soya encaisse la défoliation beaucoup mieux qu'on pourrait le croire, et pourquoi deux traitements foliaires suivis en conditions réelles n'ont donné aucun gain, ni en rendement ni en qualité. Ce qui compte vraiment, c'est le dommage aux gousses. Le seuil validé pour le Québec se situe autour de 13 à 14 % de gousses endommagées.

    Geneviève Roy ramène tout ça au champ et au carnet de commandes. Selon que le grain s'en va à l'alimentation animale, à la consommation humaine ou à la semence, la même tache n'a pas du tout le même prix. Un grain sain germe à près de 100 %. Un grain taché tombe autour de 40 %.

    Un épisode sur ce que vaut le fait de bien connaître son ravageur avant de sortir le pulvérisateur.

    En entrevue :
    Sébastien Boquel, chercheur en entomologie, CÉROM
    Geneviève Roy, cheffe d'équipe grandes cultures, Groupe PleineTerre
    Animation : Annie DeMelt

    Grains de savoir est le balado du CÉROM, le Centre de recherche sur les grains.

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    22 分
  • Le ver-gris occidental du haricot : il hiverne au Québec
    2026/07/15

    Détecté pour la première fois au Québec en 2009, le ver-gris occidental du haricot (VGOH) était considéré comme un migrant saisonnier : les papillons arrivaient chaque été depuis le Midwest américain, causaient des dommages dans les épis de maïs, puis mouraient avec l'hiver. Du moins, c'est ce qu'on pensait.

    Dans cet épisode, Julien Saguez (chercheur en entomologie, CÉROM) explique comment son équipe a testé cette hypothèse. Des larves enfouies dans des bacs en sol sableux, dans trois régions du Québec, laissées tout un hiver. Au printemps : des papillons ont émergé. L'expérience a ensuite été reproduite à grande échelle avec des cages d'émergence installées dans des champs infestés la saison précédente. Résultat : la première preuve que le VGOH complète son cycle au Québec, et la survie hivernale la plus nordique jamais documentée pour cette espèce en Amérique du Nord.

    Cette découverte change la donne pour les producteurs de maïs. Des populations locales qui s'ajoutent aux populations migrantes signifient des émergences plus précoces, une présence prolongée dans les champs et un risque accru de dommages directs et de mycotoxines. Julien aborde aussi les méthodes de lutte disponibles, dont les hybrides Bt, leurs limites, et les travaux de sa collègue Stéphanie Gervais sur les facteurs de risque liés au ravageur.

    Le message : la surveillance reste la première étape. Dépister, suivre les avertissements du RAP, consulter son agronome, et planifier la saison suivante en fonction de ce qu'on observe au champ.

    Invité : Julien Saguez, chercheur en entomologie, CÉROM
    Animation : Annie DeMelt

    Tags :
    Maïs, Ver-gris, Biosurveillance, Lutte intégrée

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    18 分
  • Rouilles du blé : un ennemi qui change de visage
    2026/07/07

    La rouille du blé arrive au Québec chaque année, portée par les vents du sud. Mais quelles races circulent réellement ici, et nos cultivars sont-ils vraiment protégés ? Pendant cinq ans, une équipe du CÉROM a dépisté plus de 200 champs à travers la province pour le découvrir.

    Tanya Copley présente un portrait inédit : 35 races de rouille brune identifiées au Québec, une population bien plus diversifiée que dans l'ouest du Canada. Un cultivar coté résistant dans le guide peut ainsi se révéler sensible à une ou deux races présentes au champ, parce qu'une cote de résistance reflète une moyenne, pas la race qui frappera votre champ cette année-là.

    On y parle aussi de la génétique de la résistance (un gène tient environ cinq ans avant d'être contourné), des deux feuilles du haut qui nourrissent le grain, et de ce que les changements climatiques pourraient changer au portrait des rouilles. Élisabeth Vachon apporte le regard du terrain : mieux connaître les races et miser sur la stratégie variétale, c'est aussi une façon d'alléger le recours aux fongicides.

    En entrevue :
    Tanya Copley, chercheuse en phytopathologie, CÉROM
    Élisabeth Vachon, coordonnatrice, Agriculture Raisonnée, Les Moulins de Soulanges
    Animation : Annie DeMelt

    Grains de savoir est le balado du CÉROM, le Centre de recherche sur les grains.

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    25 分
  • Cécidomyie : moins traiter, mieux gérer
    2026/06/25

    La cécidomyie du chou-fleur inquiète bien des producteurs de canola au Québec : des dégâts qui semblent surgir du jour au lendemain, un insecte minuscule au cycle de vie de trois jours, et des larves bien cachées dans les bourgeons.

    Annie DeMelt reçoit Sébastien Boquel (chercheur, CÉROM) et Hélène Brassard (agronome, MAPAQ) pour faire le point sur les recherches des dernières années : seuils d'intervention, capacité étonnante du canola à compenser, rôle des ennemis naturels et pistes concrètes pour intervenir plus juste, parfois avec moins.

    Un balado de CÉROM, le Centre de recherche sur les grains.

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    24 分
  • Soya : quand un champignon combat un champignon
    2026/06/01

    La pourriture blanche, ou sclérotiniose, est l'une des maladies les plus coûteuses du soya. Une fois installée dans un champ, elle laisse derrière elle de petites structures de survie, les sclérotes, qui peuvent persister des années dans le sol et relancer l'infection saison après saison. Et une fois la maladie en place, il n'y a pas grand-chose à faire.

    D'où l'idée au coeur de cet épisode : et si on combattait ce champignon avec un autre champignon ? Le Contans®, à base de Coniothyrium minitans, repose exactement sur ce principe. Appliqué au sol, ce champignon s'attaque aux sclérotes du sclérotinia et réduit la réserve d'inoculum pour les saisons suivantes.

    Tanya Copley (chercheuse au CÉROM) explique comment fonctionne cette lutte biologique et comment l'utiliser efficacement dans les conditions québécoises. Terry Drouin (Ferme Drouin & Maheu Inc.) apporte le regard du producteur : ce que ça change, concrètement, dans un champ de soya.

    Animation : Annie DeMelt Invités : Tanya Copley, chercheuse, CÉROM, et Terry Drouin, producteur, Ferme Drouin & Maheu Inc.

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    21 分
  • Virus de la mosaïque du concombre (CMV): Retour sur la crise de 2022
    2026/06/01

    En 2022, des producteurs maraîchers du Québec ont vu leurs récoltes de courges, de concombres et de melons s'effondrer en quelques semaines. Le coupable : le virus de la mosaïque du concombre (CMV), transmis par les pucerons. Pour certaines exploitations, les pertes ont atteint les trois quarts de la récolte. Et personne ne savait vraiment pourquoi cette année-là avait été aussi dévastatrice, ni quoi faire si la situation se reproduisait.

    Dans cet épisode, Sébastien Boquel (CÉROM) et Isabelle Couture (agr., MAPAQ) reconstituent ce qui s'est passé. D'où vient le virus ? Qui le transporte vraiment ? Et surtout, qu'est-ce qu'un producteur peut faire concrètement ? La réponse est plus nuancée qu'on pourrait le croire : contre un virus à transmission non persistante, les insecticides sont inefficaces, voire nuisibles. La piste la plus prometteuse est ailleurs, du côté d'une solution simple et à faibles intrants, l'huile végétale.

    Une enquête sur une crise récente, et un mode d'emploi pour mieux se protéger la prochaine fois.

    Animation : Annie DeMelt Invités : Sébastien Boquel, CÉROM, et Isabelle Couture, agr., MAPAQ

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    26 分