Chrysomèle du haricot : les connaissances qui font la différence
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Quand la chrysomèle du haricot a commencé à apparaître en nombre dans les champs de soya du Québec, vers 2018, personne ici ne savait vraiment quoi en faire. Les seuils venaient de l'Ontario et des États-Unis, où l'insecte transmet un virus qui en fait un ravageur redoutable. La question de départ était donc simple : est-ce que ce qui s'applique ailleurs s'applique ici ?
La réponse est non, et c'est une bonne nouvelle. Sur une trentaine de champs échantillonnés dans les foyers connus, le virus n'a jamais été détecté. Sébastien Boquel explique aussi pourquoi le soya encaisse la défoliation beaucoup mieux qu'on pourrait le croire, et pourquoi deux traitements foliaires suivis en conditions réelles n'ont donné aucun gain, ni en rendement ni en qualité. Ce qui compte vraiment, c'est le dommage aux gousses. Le seuil validé pour le Québec se situe autour de 13 à 14 % de gousses endommagées.
Geneviève Roy ramène tout ça au champ et au carnet de commandes. Selon que le grain s'en va à l'alimentation animale, à la consommation humaine ou à la semence, la même tache n'a pas du tout le même prix. Un grain sain germe à près de 100 %. Un grain taché tombe autour de 40 %.
Un épisode sur ce que vaut le fait de bien connaître son ravageur avant de sortir le pulvérisateur.
En entrevue :
Sébastien Boquel, chercheur en entomologie, CÉROM
Geneviève Roy, cheffe d'équipe grandes cultures, Groupe PleineTerre
Animation : Annie DeMelt
Grains de savoir est le balado du CÉROM, le Centre de recherche sur les grains.