エピソード

  • 12 février 1429 : la surprenante bataille des Harengs
    2026/02/12
    12 février 1429, une époque où on savait s’amuser puisque nous sommes en pleine guerre de cent ans, qui a en fait duré 116 ans.

    Et oui, ça fait déjà 92 ans que les Anglais et les Français se tapent dessus, ma bonne dame. Vous savez pourquoi ? Je vous l’ai expliqué, les rois de France et d’Angleterre sont cousins et réclament les droits sur la France, la couronne anglaise possède d’ailleurs une bonne partie du territoire, légitimement, par héritage.

    Et donc, ce 12 février 1429, ça fait un bout de temps que la ville royale d’Orléans est assiégée par les Anglais et leurs amis. Les Orléanais sont désespérés mais heureusement, une grande armée composée de 4000 Français et Ecossais, arrive. Et elle va commencer par tomber à bras raccourcis sur un convoi de ravitaillement des troupes de Henry VI, proclamé roi d’Angleterre et de France. Et comme nous sommes en plein carême, pas de viande, le convoi de chariots transporte des tonneaux de harengs salés.

    Si on les prive de leur boustifaille, le siège sera levé, se disent les Français. Averti de ce qui l’attend, le chef du convoi, au lieu de faire presser le pas, et alors que ses troupes sont nettement inférieures, il fait le stopper et disposer les chariots en cercle. Comme dans Lucky Luke ! Quel rempart ! Du hareng dans du sel, ça retient les flèches et les lances, et ça ne brûle pas !

    Et là quand les assaillants arrivent et découvrent le dispositif, ils hésitent, discutent mais n’arrivent pas à se mettre d’accord. Là-dessus, les Ecossais qui ont le sang chaud chargent sans attendre les Français mais se font décimer par les archers anglais repliés derrière leurs chariots. Aucun n’y arrive. Voyant ça, les Français se replient, c’est la débandade. Le convoi ennemi repart et arrive à Orléans. Les Anglais ont gagné la bataille des harengs, les jeux sont faits, pense-t-on, mais en cette année 1429, qui va venir au secours d’Orléans ? Jeanne d’Arc.
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  • 11 février 1990 : le jour où Nelson Mandela a retrouvé la liberté
    2026/02/11
    Êtes-vous déjà allé en Afrique du Sud ? C’est un pays étonnant, vivifiant. Les gens, les paysages, l’océan, la savane, la brousse, le désert, les domaines viticoles aussi, enfin, c’est une Terre de dépaysement qui rafraîchit l’âme.

    Mais bon, on est en 2026. Ça n'a pas toujours été le cas, loin s’en faut. Dans les années 80 d’ailleurs, on en parle beaucoup puisque sous la pression de nombreux milieux, surtout rock, le monde occidental boycotte l’état sud-africain, à cause de sa politique d’apartheid. Il y a en clair, deux catégories d’hommes, les blancs et les gens de couleurs. Un homme, un Sud-Africain incarne cette injustice, il s’appelle Nelson Mandela et il est emprisonné depuis 1962, condamné jusqu’à la fin de ses jours. Motif : il dirige un parti politique, l’ANC, déclaré illégal, mais aussi endosse la responsabilité dans le sabotage d’infrastructures.

    On sait l’action qui est menée par des groupes comme Simple Minds, U2, Peter Gabriel, Bruce Springsteen. Il y a eu des disques pour réclamer sa libération, un concert événement au Stade de Wembley, et justement, ce 11 février 1990, à 17 heures, l’impensable arrive, Nelson Mandela sort de prison.

    Il tient sa femme par la main, et se contente de faire signe à tous les gens qui sont venus et ont attendu sous le soleil, c’est l’été, là-bas : des gens du coin, militants, journalistes du monde entier qui savent qu’être là, c’est assister à un moment historique. Mandela vient de passer 27 ans en prison, il a 71 ans, et pourtant, dans son costume cravate, il est calme comme un chef d'État.

    Arrivé au Cap, ça va être une autre ambiance : des gens partout dans les rues, sur le toit des bus, accrochés aux lampadaires pour voir cet homme prononcer un discours à un balcon, un homme qui est entré en prison au début du mur de Berlin, le monde moderne qu’il découvre est entièrement neuf pour lui mais son nom est connu de tous, principalement grâce au monde du rock, je le répète, qui a milité toute la décennie précédente.
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  • 10 février 1942 : Le jour où la musique est devenue… disque d’or
    2026/02/10
    Ce 10 février 1942, je vous emmène à New York où il fait très froid, le ciel est très bas, et pourtant dans les studios de la grande firme RCA Victor, un petit événement va changer définitivement le visage de l’industrie du disque.

    Nous sommes encore à l’époque des 78 tours et des tourne-disques à manivelle, et pourtant plusieurs artistes américains sont en train de faire exploser le commerce de ces appareils. Car si jusque-là, on vend beaucoup d’albums de 78 Tours de musique classique, il en faut une dizaine pour une œuvre, un orchestre de jazz propose des titres qui tiennent sur une face de 3 minutes mais surtout avec un son révolutionnaire.

    L’un de ces artistes se nomme Glenn Miller et, avec ses 17 musiciens, il aligne les succès. Des succès tellement énormes qu’on les connaît encore, comme Moonlight Serenade et In the Mood, on en met un extrait ? …

    Là, on est en 1939. Deux ans plus tard, en 1941, il aligne quatre N°1 et le cinquième se vend tellement qu’il dépasse le million d’exemplaires. Ça s'appelle Chattanooga Choo Choo, tout le monde chante ça, c’est tellement l’Amérique avec ces gens qui prennent le train pour se retrouver, combien d’histoires d’amour, quel carton ! Miller a une nouvelle fois mis dans le mille, on le voit à présent au cinéma et malgré que l’Amérique soit entrée en guerre avec le Japon et l’Allemagne, ce morceau donne du bonheur aux gens.

    Un million de 78 Tours, vous vous rendez compte ! C’est un cap qui n’avait encore jamais été franchi. Il faut fêter ça, dit un gars chez RCA. RCA, c’est au départ un constructeur de postes de radio qui a rapidement créé son propre réseau national de radio, NBC, puis sa firme de disques, Victor. Alors ok, dit-on chez RCA, on va marquer le coup avec lui, mais comment ? C’est ainsi qu’on fait fabriquer un 78 Tours recouvert d’un film d’or pour le remettre à Glenn Miller ce 10 février 1942, le tout premier disque d’or de l’Histoire.
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  • 9 février 1986 : le grand rendez-vous avec la comète de Halley
    2026/02/09
    Ce 9 février 1986, les années 80 nous font un nouveau cadeau puisqu’on va pouvoir observer la comète de Halley et je peux vous dire qu’on se réjouit.

    La comète de Halley, c’est un mythe. Il faut dire que nos grands-parents et arrière-grands-parents nous en ont tellement parlé. Car eux l’ont vue, la dernière fois, en 1910. Et depuis, nada, on n’a plus vu dans le ciel une comète de cette ampleur. C’est vrai, les seules représentations qu’on a de cet objet céleste avec sa longue queue, c’est sur la crèche à la Noël, l’étoile des rois mages, et dans Tintin, L’île mystérieuse.

    Alors je ne vous raconte pas l’état d’excitation dans lequel on se trouve : la télévision organise une nuit de Halley, des observatoires font portes ouvertes, on fait la queue pour regarder dans le télescope, des clubs d’astronomesamateurs organisent des soirées en plein air et surtout on a envoyé une armada de sondes vers elle (il y en a quatre) : pour la première fois une comète va être photographiée de près. Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?

    Et bien, comme vont le prouver les clichés pris à une distance de quelques centaines de kilomètres, par la sonde européenne Giotto, c’est un gros bloc de glace tout noir, recouvert de poussière, finalement. Là, on est déçu. Et s’il est spectaculaire ce 9 février 1986, c’est parce qu’il est au plus proche du soleil, donc chaud les marrons ! Car le gaz qu’il contient, en plus de l’eau, qui est à l’état solide, il fait -270°C dans l’espace, ne passe même pas par l’état liquide avec la chaleur intense, il s’évapore directement, à l’intérieur du bloc, créant de la pression, des fissures et donc des jets spectaculaires qui forme la queue.

    Mais voilà, autre déception, chez nous en Belgique, ça se passe au niveau de l’horizon, il fait laid, la météo est déplorable et on ne verra qu’une boule floue dans le ciel. Halley fera mieux la prochaine fois, on espère, on nous annonce que son prochain passage est prévu en 2061. Je ne vous raconte pas le vertige que ça nous donne en 1986. On ignore évidemment que onze ans plus tard, on verra passer l’incroyable et spectaculaire comète de Hale-Bopp. Je l’ai regardée tous les soirs en promenant mon chien. Et même s’il s’en foutait royalement, il m’a offert un des plus beaux souvenirs astronomiques (retour en 4385).
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  • 8 février 1855 : les mystérieuses empreintes du diable en Angleterre
    2026/02/08
    Je vous pose la question : est-ce que vous avez peur du diable ?

    Parce que ce 8 février 1855, il est tombé une impressionnante couche de neige en Angleterre dans le Devon. C’est juste à côté des Cornouailles, entre deux mers donc, il ne neige pas souvent dans ces contrées et justement, le matin quand le soleil se lève, on trouve d’étranges traces de pas dans la neige.

    On dirait d’énormes empreintes de bouc, il faudrait que ce soit un sacré bestiau, comme on n’en a jamais vu, des traces de dix centimètres de large ! Mais il y a un truc encore plus étrange : les traces sont sur une seule ligne, séparées de 20 à 40 cm. Aucun animal à quatre pattes ne peut laisser d’empreintes pareilles. Surtout sur une centaine de kilomètres, souligne un journaliste dans la presse. Et aucun plaisantin ne peut avoir fait ça, puisqu’il n’y a aucune autre trace. Et de plus, elles continuent sur les murs et même les toits.

    Il n’y a donc qu’une seule explication : c’est Satan en personne, disent les gens. Pour être aussi grand, sur deux pattes, et capable de marcher sur les murs et les toits, ce ne peut être que Lui. Les gens ont les cheveux qui se dressent sur la tête, on en parle dans tout le pays, vous pensez. Et imaginez ceux qui ont eu ça dans leur rue, leur jardin, ou sur leur toit.

    Alors évidemment, on essaye d’expliquer : un kangourou, un blaireau, une souris ou un rat qui aurait sauté mais ça ne tient pas. Une hypothèse a failli être retenue, un ballon expérimental s’était en effet détaché d’un hangar et avait été retrouvé plus loin, sans doute traînait-il un objet au bout d’une corde qui aurait laissé cette trace. Logique. Sauf qu’un ballon libre, avec le vent, aurait zigzagué, ce qui n’est pas le cas de ces traces qui sont rectilignes.

    L’explication ? Et ben y en a pas, il n’y en a jamais eu. On a écrit plein d’articles, de bouquins, mené des enquêtes et le phénomène reste inexpliqué, on en parle encore et je vous prie de croire que les dessins et gravures dans les journaux, montrant le Diable marchant et bondissant, ont longtemps terrorisé les lecteurs.
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  • 7 février 1857 : quand Madame Bovary passe en jugement
    2026/02/07
    On entend beaucoup cette phrase : on ne peut plus rien dire, ce n’est plus comme avant. Et même si c’est pas faux, ce que je vais vous raconter démontre que dans le passé, c’était en fait, bien pire.

    Car ce 7 février 1857, trois accusés devant le tribunal correctionnel de Paris n’en mènent pas large. Il y a là, en effet, un éditeur de revue, un imprimeur et un jeune auteur de 35 ans, qui n’a pas encore publié son premier roman qu’il est déjà attaqué devant les tribunaux pour “outrage moral public et à la religion”.

    Il faut dire qu’à l’époque, les romans sont d’abord publiés en feuilleton dans la presse. Et c’est là que cette histoire sous-titrée “Mœurs de province” fait scandale. Enfin, scandale, depuis l’ancien régime et le Marquis de Sade, on en a vu passer des livres pornographiques. Ici, rien de tel, sauf une promenade dans Rouen, en fiacre, tentures fermées car l’héroïne a un amant. Elle va même en connaître deux. Et c’est ça qui passe mal : elle a, écrit l’auteur, un mari tellement ennuyeux, sa conversation est plate comme un trottoir de rue, que la dame, déçue, va voir ailleurs.

    Mais quelle image détestable cela donne de la grande bourgeoisie française, qui est alors devenue une superpuissante grâce à ses usines, en province. En plus l’empereur Napoléon III voudrait se débarrasser de la revue qui l’édite car elle publie des choses pas très gentilles sur lui. Pas de chance pour lui, l’avocat qui se présente à la barre est un ancien ministre de l’intérieur, ex-président de l’assemblée nationale et ami de feu le Docteur Flaubert, le père de l’auteur. Il envoie sec, et obtient du juge qu’il ne condamne pas le fiston Gustave Flaubert pour sa Madame Bovary.

    Publicité énorme pour l’éditeur, le roman est un succès phénoménal, vous devinez la curiosité suscitée par le procès. Mais voilà, Flaubert est blessé par ce procès, et il va mener une vie d’auteur reclus dans sa maison car il se serait bien passé de ce jugement du 7 février 1857.
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  • 6 février 1952 : une jeune femme devient reine
    2026/02/06
    Je ne vais pas vous apprendre grand-chose car nous sommes vraiment très nombreux à avoir vu la série The Crown, je ne pense pas prendre de risques en disant ça. C’est une scène d’autant plus marquante qu’elle intervient au début de la première saison puisque ce 6 février 1952, le roi George VI meurt, à 56 ans. C’est jeune, hein, mais c’était un gros fumeur, on va seulement commencer à faire le lien au niveau de la médecine.

    George VI, c’est celui qui ne devait pas être roi et pourtant l’a été, suite à l’abdication de son frère, en 1936. Roi de la plus grande puissance de l’époque, on l’oublie. Et en parlant de The Crown, ceux qui ont vu Le discours d’un roi, savent que son rôle a été déterminant dans le moral du pays durant toute la seconde guerre mondiale.

    Et voilà donc sa fille Elizabeth, reine. A 25 ans !

    Je ne dois pas vous expliquer que c’est jeune, très jeune. Si aujourd’hui c’est une évidence, en 1952, c’est un monde d’hommes. Et en plus, elle n’est pas en Angleterre, elle fait le tour du Commonwealth à la place de son père, justement. Et en pleine brousse au Kenya, elle est injoignable. C’est son mari Philippe qui va lui apprendre la mauvaise nouvelle.

    Car bien plus que le trac de devenir Reine d’Angleterre à 25 ans, c’est avant tout une jeune femme qui perd son papa et va être obligée de ne pas montrer son désarroi, elle n’en a plus le droit, elle est reine.

    Et puis, tout commence sans elle, puisque ce 6 février à 17.00 à Londres, St James Palace, le conseil de succession composé du Lord Mayor, du Privy council et des dignitaires de la City se sont réunis pour la proclamer reine en son absence.

    Qui pourrait deviner qu’elle est là pour 70 ans, Elizabeth va devenir une personnalité attachante pour des milliards de gens qui ne vont connaître qu’elle depuis leur naissance.
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  • 5 février 1971 : les hommes (presque) banals sur la Lune
    2026/02/05
    Est-ce qu’on vous a dit quand vous étiez petit que vous étiez souvent dans la Lune ? Je ne sais pas si cette expression circule toujours d’ailleurs.

    Et ben moi je l’étais pour deux raisons. La première c’est que j’étais souvent distrait, la seconde, c’est que ce 5 février 1971, on les voit vraiment au Journal Télévisé et dans les quotidiens, les hommes dans la Lune.

    Oui, ce 5 février, ils sont une nouvelle fois deux à y atterrir. Ah non ! A y alunir, un nouveau mot auquel il va falloir s’habituer parce que ça y est, c’est parti, ça ne va plus arrêter, à présent. On va tous y aller, hein !

    Quoique. Au mois d’avril de l’année dernière, on est des milliards à avoir tous eu peur pour Apollo XIII qui a failli ne pas revenir. Vous avez sans doute vu le film avec Tom Hanks, perte d’oxygène, retour en catastrophe. Donc on se dit, Apollo XI et XII, coup de bol ou quoi ? Et donc la NASA a pris plus de temps pour assurer, cette fois avec Apollo XIV, grâce au commandant Alan Shepard, la plus grande star des astronautes depuis le début des missions Mercury en 1957, premier Américain dans l’espace.

    A 5h40 du matin autour de la Lune, séparation du module de la capsule, le voilà parti avec son équipier pour le site prévu à l’origine pour Apollo XIII. Mais boum ! le voyant annulation s’allume. Personne n’y a touché ! Panique à bord, ça recommence ! Car ça veut dire que dans quelques instants, leur habitacle va se détacher du pied automatiquement et qu’ils vont remonter vers la capsule.

    A Houston on trifouille pour annuler l’annulation, et on y arrive, ouf ! Mais voilà le radar se plante, plus de données d’altitude. Là, on va s’y habituer avec les ordinateurs, on reboote le truc et ouf ! à 7000 mètres, il refonctionne, et le module atterrit à 183 mètres de sa cible. Bien visé, hein ? En tout cas pour ses premiers pas sur la Lune, Shepard y va aussi de sa phrase : Ça a été une longue route mais on y est ! Il a pas tort, 400.000 kilomètres, c’est pas tous les jours, mais il est déjà le cinquième homme à marcher sur la Lune, et je ne compte pas Tintin, ce qui explique pourquoi l’Histoire n’a pas retenu cette phrase prononcée un 5 février 1971.
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