エピソード

  • 5 juin 1975 : La réouverture du canal de Suez
    2026/06/05
    Depuis quelques semaines, à écouter les infos et surtout lire les “articles à clic”, dès qu’un bateau éternue dans le détroit d’Ormuz, le monde va s’arrêter demain matin. Quel bazar ! Et on sait tout ce qu’il y a derrière, des mecs qui profitent de ça pour s’en mettre plein les poches à notre détriment.

    Et ben à tous ceux-là qui nous font peur, pourraient-ils se rappeler que ce 5 juin 1975, le canal de Suez, LE canal de Suez, rouvrait après huit années de fermeture complète.

    Et pendant ces huit années-là, ben, on a continué à vivre.

    C’était comme aujourd’hui mais en pire. La guerre des Six jours en 1967 entre Israël et ses voisins. Le Canal de Suez était devenu un champ de mines, de chars abandonnés, d’épaves rouillées et des navires fantômes recouverts de sable du désert, on a appelé ça, la “flotte jaune”.

    Alors ce 5 juin 1975, quand les premiers bateaux recommencent à passer, c’est un immense soupir de soulagement. C’est vrai, en Europe, on sort à peine du choc pétrolier, avec les dimanches sans voiture, les limitations de vitesse, les économies de chauffage et certaines villes qui éteignent l’éclairage public la nuit.

    Donc, pas de panique ! Les grandes routes commerciales ont toujours été disputées. Le détroit d'Ormuz, Suez, Panama, chaque génération a cru vivre une crise “sans précédent”. Sauf qu’en 1975, on n’avait pas de notifications affolées toutes les cinq minutes, ni les titres catastrophes écrits en majuscules sur les réseaux. On allait aux nouvelles une fois par jour dans le journal du matin ou au JT le soir. Et entre-temps, ben, je vous le redis : on vivait.

    Et donc, les images de ce 5 juin qui montrent des remorqueurs, des drapeaux, et des cargos qui avancent lentement dans le désert doivent nous rappeler une idée très simple : le monde finit toujours par se remettre en marche. Ça va aller ! On est tous ensemble, comme ce matin avec la bande de copains de la Nosta Family.
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  • 4 juin 1984 : Le raz-de-marée "Born in the U.S.A."
    2026/06/04
    Ce 4 juin, c’est le premier jour de l’année 1984 où on voit apparaître partout la même silhouette : un jeans délavé devant un drapeau américain et une casquette rouge glissée dans la poche arrière. Même ceux qui ne parlent pas un mot d’anglais vont très vite mémoriser le refrain : “Born in the USA”.

    Franchement Springsteen était là depuis dix ans, il avait déjà sorti six albums dont un double, moi j’avais acheté le single The river, trois, quatre ans auparavant, c’était une grosse vedette du rock mais pas une star, chez nous.

    Mais à partir d’aujourd’hui, il va remplir tout l’espace pour nous, les jeunes des années 80. Parce qu’on vivait la musique ensemble, à l’époque. Les copains passaient sans prévenir, comment l’aurait-il fait, d’ailleurs. On passait les albums du début à la fin sur une chaîne Hi-Fi, assis par terre, en regardant les pochettes pendant des heures. On apprenait les paroles approximativement, on enregistrait les morceaux sur cassette pour les copains ou copines, on allait aux concerts en bande.

    Il n’y avait pas encore les écrans entre nous avec des profils retouchés, des pseudos, on n’imaginait pas cette étrange fatigue actuelle qui consiste à fabriquer sans arrêt une version améliorée de nous-mêmes. On appartenait à des tribus très réelles : les new wave, les branchés funk, les fans de hard, de pop française, les filles qui découpaient des photos dans Podium ou Rock & Folk.

    C’est ça aussi, la force des années 80 : les chansons accompagnaient réellement nos journées, nos vacances, nos premières bagnoles, nos histoires d’amour et même parfois notre manière de marcher dans la rue.

    Bon, on sait aujourd’hui que Born in the U.S.A. n’est pas un hymne patriotique primaire, c’est plutôt Rambo ou Voyage au bout de l’enfer. Mais il n’y a pas que nous, les francophones qui sommes passés à côté du texte, Ronald Reagan lui-même a utilisé la chanson lors de sa campagne électorale.

    Mais n’empêche, on ne pourra jamais décoller Born in the USA de l’image nos triomphantes années 80, probablement parce que la puissance de la musique et du chant de Springsteen passe au-dessus de tout.
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  • 2 juin 1980 : Sortie de "Téléphone public", le film qui capture l'énergie rock
    2026/06/02
    Ce 2 juin 1980, un événement majeur secoue la jeunesse : la sortie au cinéma d'un film documentaire intitulé « Téléphone public ». Réalisé par le célèbre Jean-Marie Périer, qui avait immortalisé les idoles des années 60 comme les Beatles ou les Stones, ce film capture l'énergie brute de la dernière tournée du groupe Téléphone.

    À la fin des années 70, l’arrivée de Téléphone est une véritable déflagration car, à l'époque, on pense encore que le rock ne peut se chanter qu'en anglais. Ce groupe, composé de Jean-Louis, Louis, Corine et Richard, prouve le contraire avec une dégaine de bande qui semble dormir dans sa voiture, les cheveux dans les yeux et les blousons fatigués : un style presque « grunge » avant l'heure.

    Le film montre les coulisses, les concerts et surtout cette énergie insolente d'une génération qui, au tournant des années 80, a soif de liberté, de bruit et de chansons qui parlent d'elle dans sa propre langue. Téléphone n'est pas de la « variété déguisée en rock », mais un véritable groupe de rock francophone qui électrise les foules.

    Pour les adolescents de 1980, Téléphone est un signe de ralliement : on griffonne le mot « Hygiaphone » au marqueur sur ses fardes de cours pour affirmer son appartenance à cette révolution musicale. En immortalisant ce phénomène, Jean-Marie Périer a retrouvé chez ces quatre musiciens cette étincelle unique qui avait animé les plus grandes légendes du rock mondial.
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  • 1er juin 1999 : Napster révolutionne l'industrie musicale
    2026/06/01
    Vous le savez, on a des doutes sur ce qui restera dans les livres concernant les années qu’on a vécues, ce qu’on apprendra dans les écoles. Car il y en a des choses qui sont passées sous les radars avant qu’on ne se dise : “bon sang, mais c’est bien sûr, ce type a tout changé, il a écrit l’histoire”.

    Et bien, ce 1er juin 1999, dans une chambre d’étudiant américaine, un gamin de 18 ans va mettre une bombe sous l’industrie du disque. Il s’appelle Shawn Fanning, et avec sa casquette de baseball à l’envers et l’allure d’un type qui a oublié de dormir depuis trois jours, il n’a pas la dégaine du winner américain.

    Alors, en 1999, la musique, elle s’achète chez le disquaire. On économise pour un CD à 800 francs belges ! Mais il y a tellement de disques qui sortent. Bon, on peut en louer à la Médiathèque mais il faut encore qu’il y soit.

    Et voilà que le programme de cet Américain permet à des millions de jeunes de faire un truc complètement dingue pour l’époque : partager les MP3 entre leurs ordinateurs, ça s’appelle : Napster.

    Alors, imaginez la scène ou souvenez-vous de votre modem qui hurlait comme un fax possédé, la connexion qui coupe quand quelqu’un téléphone sur la même ligne. Et bien, malgré ça, des adolescents attendent quarante minutes pour télécharger Baby One More Time de Britney Spears ou le live de Metallica.

    Le problème, c’est que Napster ne demande d’autorisation à personne. Et là, c’est la panique dans les maisons de disques. C’est comme si on avait installé une photocopieuse géante au milieu d’un magasin de disques. Les ventes de CD commencent à chuter, la maison brûle. Certains artistes trouvent ça formidable pour leur promo, mais d’autres sentent très vite l’ail. Metallica attaque Napster en justice après car une démo circule gratuitement en ligne avant la sortie du disque.

    Et pourtant, même condamné, et même fermé, Napster a gagné car plus personne n’écoutera la musique de la même manière. Sans Napster, pas d’iTunes, ni de Spotify. Et puis surtout on écoute de la musique sur son ordinateur, c’est fou ! C’est vrai, pour l’époque, ça revenait à regarder une vidéocassette avec son frigo !
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  • 31 mai 1859 : Mise en service de Big Ben, l'icône de Londres
    2026/05/31
    Ce 31 mai 1859, je vous emmène à Londres car on vient de terminer les travaux d’un ouvrage qui fait toujours courir les foules parce que oui, c’est l’enfer, j’y suis passé il y a pas longtemps mais c’est devenu dingue, la foule sur les trottoirs pour voir Big Ben.

    Il faut dire qu’on la voit tout le temps au cinéma : Peter Pan, James Bond, Harry Potter.

    1859, elle a donc 30 ans de plus que la Tour Eiffel, elle a été ajoutée au palais de Westminster quand on l’a reconstruit après le grand incendie de 1834. C’est rien moins que le plus grand système d’horlogerie du monde : 4 cadrans de 7 mètres de diamètre.

    En 1859, on l’appelle la Tour de l’horloge, rebaptisée en 2012 la Tour Elizabeth mais c’est le nom que lui donne le peuple de Londres qui a été finalement adopté, Big Ben, avec sa grosse cloche qui sonne tous les quarts d’heure et qui pèse quand même 13.500 kilos. Faut pas se la prendre sur le pied, surtout qu’elle est à nonante mètres de hauteur, vous imaginez le truc.

    Ce qui est particulier c’est que ce type de tour, un beffroi comme on en voit partout chez nous, n’existe pas en Angleterre, non, l’architecte s’est vraiment inspiré de ceux de Bruges, Lille et Venise. Mais ça ne saute pas aux yeux à cause des ornements gothiques de style anglais qui recouvrent aussi tout le palais.

    Pourquoi Big Ben ? Vous le savez ?

    En fait, personne ne le sait. Peut-être à cause d’un député qui entre à la chambre des Lords en 1859 et qui s’appelle Benjamin Hall, car c’est aussi l’ingénieur qui a supervisé l’installation de la grosse cloche.

    Alors si vous n’y êtes jamais allé et que vous comptez le faire, sachez que vous n’avez pas le droit de le visiter, il faut être Britannique et encore, il faut réserver.

    Si le drapeau est hissé, ça veut dire que le Parlement est en session et si les cadrans sont éteints c’est que les parlementaires sont réunis. Mais que cela ne vous empêche pas de vous balancer comme Bill Halley qui lui, se balance autour de l’horloge depuis 70 ans.
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  • 30 mai 1988 : Margaret Mary Ray, la célèbre stalker de David Letterman
    2026/05/30
    Est-ce que vous avez vu et ou avez entendu parler de la série Netflix qui a fait un malheur : Mon petit renne ? C’est l’histoire d’une harceleuse qui jette son dévolu sur un humoriste ringard, barman dans un pub à Londres. On en a beaucoup parlé parce que des téléspectateurs de la série se sont mis en tête de trouver la vraie stalker et ça a fait une deuxième histoire dans les médias.

    C’est vrai que stalker est un mot anglo-saxon connu car c’est un phénomène qui existe depuis des décennies surtout aux Etats-Unis. On se souvient de Billie Jean de Michael Jackson, cette folle qui disait qu’un de ses jumeaux était de lui, et qui avait réussi à entrer dans la maison des Jackson, voulant qu’ils se suicident tous les deux. Un stalker, en clair, c’est un admirateur monomaniaque.

    Et bien le stalker le plus célèbre d'Amérique c’est Margaret May, son histoire commence le 30 mai 1988 quand la police arrête la conductrice d’une Porsche qui n’a pas réglé les 3 dollars du péage de l’autoroute. Les policiers constatent que la voiture appartient à David Letterman. Aucun Américain n’ignore son nom, c’est l’homme qui anime le fameux Tonight Show depuis dix ans, il a même depuis quelques années son propre show à son nom.

    Normal dit la conductrice, c’est mon mari. Et le gosse de trois ans sur le siège arrière ? C’est notre fils. C’est faux, après vérification, ils vont découvrir qu’elle a volé la voiture carrément sur le parking de la maison de David Letterman. Malgré les condamnations, elle va encore se faire pincer huit fois pour être entrée dans sa propriété, oubliant une fois une bouteille de whisky dans le salon ou une autre fois où on la retrouve en train de dormir sur le court de tennis.

    Letterman, qui n’a jamais porté plainte contre elle car il en avait pitié,

    quand il changera de chaîne de NBC vers CBS, dira en début d’émission qu’il ne doit absolument pas oublier de lui envoyer le document de changement d’adresse.

    Quand on sait ça, on n’entend plus jamais cette chanson de Police avec les mêmes oreilles.
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  • 29 mai 1138 : Clap de fin pour l’antipape Anaclet II
    2026/05/29
    Ce 29 mai 1138, l'Église catholique met fin à une situation rocambolesque digne d'une série télévisée : l'existence simultanée de deux papes se disputant la légitimité du trône de Saint-Pierre,. Un antipape n'est pas un personnage maléfique, mais un ecclésiastique élu par ses pairs alors qu'un autre pape a déjà été désigné, créant ainsi un schisme.

    Tout commence huit ans plus tôt, en 1130, à la mort du pape Honorius II. Les cardinaux se déchirent et deux clans s'opposent : l'un élit Innocent II, tandis que l'autre choisit un Romain richissime qui prend le nom d'Anaclet II. S'ensuit une version médiévale de Game of Thrones au cœur du Vatican. Pendant huit ans, Anaclet II contrôle réellement Rome, vit au Vatican et nomme les évêques ; pour les Romains, c'est lui le vrai pape.

    Cependant, Innocent II, bien qu'en exil sur les routes, possède des soutiens politiques massifs, notamment les rois de France et d'Angleterre. Son atout majeur est Bernard de Clairvaux, le plus grand « influenceur » du XIIe siècle, un moine capable de retourner l'opinion d'une foule ou d'un souverain en un tournemain,.

    À la mort d'Anaclet II au début de l'année 1138, son clan tente de poursuivre la lutte en élisant Victor IV. Mais sous la pression des rois et de Bernard de Clairvaux, ce dernier finit par abdiquer. Ce 29 mai 1138, lors d'un concile à Pise, l'Église se penche sur le dossier et enterre officiellement l'affaire : Anaclet II est définitivement rayé de la liste officielle et effacé de la « photo de famille » pontificale pour devenir, pour l'éternité, un antipape. Cette réconciliation ne sera que temporaire, le Moyen Âge connaissant plus tard d'autres crises où l'on verra jusqu'à trois papes régner en même temps
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  • 28 mai 1937 : La naissance de Volkswagen, de l'ombre à la lumière
    2026/05/28
    Ce 28 mai 1937, nous nous rendons à Berlin pour assister à la naissance d'une société au nom administratif interminable : la Gesellschaft zur Vorbereitung des Deutschen Volkswagens. Derrière cette appellation, qui signifie « Société pour la préparation de la voiture du peuple allemand », se cache un projet politique porté par Ferdinand Porsche sous l'impulsion de Hitler.

    À cette époque, le régime nazi fait construire de vastes autoroutes, mais elles restent désespérément vides car la population n'a pas les moyens de s'acheter un véhicule. Pour y remédier, un système ingénieux est mis en place : un carnet d'épargne où les citoyens collent des timbres pour financer leur future automobile. Cependant, l'histoire prend un tournant sombre : l'argent récolté finit par financer la machine de guerre et l'usine est rapidement convertie pour la production militaire. Presque aucun épargnant ne recevra sa voiture, perdant ainsi toutes ses économies dans ce qui s'avère être un vaste « fouttoir » administratif.

    La véritable revanche de cette voiture, que l'on appellera plus tard la Coccinelle, intervient après la guerre. Elle connaît une transformation radicale, passant d'un outil de propagande à un symbole de positivité. Portée par les films de Disney avec le personnage de Choupette (Herby), elle devient surtout l'icône du mouvement Peace and Love. Trente ans jour pour jour après sa création, en plein Summer of Love, les hippies s'approprient la Volkswagen, la décorant de fleurs et de symboles pacifistes. C'est ainsi que, par une ironie de l'histoire, le projet d'une « sinistre crapule » est devenu le véhicule fétiche d'une génération prônant la paix universelle
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