エピソード

  • Ururimi n'ubuhanzi bw'ibihangange!
    2026/08/13
    NOTRE REFLEXIONEt si le problème, aujourd’hui, n’était pas que nous n’aimons plus la musique ? Nous l’aimons nous en consommons énormément, mais parlons de talent et de qualité. On est ensemble? Eh bein … « Crier n’est pas chanter ». Cette phrase de Cyrique Ngoboka, musician passionné de la culture musicale rwandaise, m’est restée en tête après notre conversation. Elle paraît simple, presque évidente, et pourtant, elle dit beaucoup de notre époque. Nous vivons dans un monde où tout semble devoir être plus rapide, plus fort, plus bruyant, plus visible. La musique elle-même n’échappe pas à cette accélération : on produit, on publie, on écoute, on passe à autre chose. Nous n’avons jamais eu autant de musique à notre disposition, ni autant de moyens de la faire entendre. Mais écouter vraiment demande autre chose que des écouteurs et une connexion internet [ces deux-là sont quasiment omniprésents]. Cela demande du temps, de l’attention, une certaine disponibilité intérieure. Car chanter n’est pas seulement produire un son, pas plus que faire de la musique ne consiste simplement à aligner des notes. Il y a dans la musique quelque chose qui demande à mûrir, à respirer, à être entendu — parfois même dans ce qui ne se dit pas.C’est peut-être pour cela que certaines œuvres restent avec nous pendant des années, tandis que d’autres disparaissent quelques secondes après leur écoute. La différence n’est pas toujours dans la qualité de la voix ou dans la sophistication de la technologie utilisée. Elle se trouve souvent ailleurs : dans ce que l’artiste a réellement vu, ressenti, travaillé et voulu transmettre. Et plus profondément encore : est-ce que nous donnons encore à la musique le temps de nous dire quelque chose ? C’est ce genre de questions que je continue de me poser, et de poser, après cet entretiens avec Mr Ngoboka.Beaucoup de gens connaissent cet artiste à travers la musique. Mais au fil de notre échange, j’ai découvert — ou plutôt redécouvert — que notre conversation dépassait largement la question de savoir comment chanter, diriger une chorale ou reconnaître une belle voix. Nous parlions de quelque chose de beaucoup plus vaste : de ce que l’esthétique fait à l’être humain.Ngoboka a utilisé une expression qui m’a pris de court: « Umuziki uhumura ubwonko » — la musique « ouvre » ou « aère » le cerveau. Et je me suis demandé : qu’est-ce qui se passe réellement en nous lorsque nous chantons ? Qu’est-ce qui se passe dans le cerveau, dans le cœur, dans le corps, lorsque la voix, le rythme, les mots et même le silence se mettent à travailler ensemble ? Cela m’a ramené à quelque chose de profondément rwandais : notre tradition orale.Avant que l’écriture ne devienne notre principal moyen de conserver le savoir, nous mémorisions autrement; nous chantions, nous récitions, nous répétions. Les proverbes eux-mêmes, me rappelle Mr Ngoboka, étaient souvent portés par une certaine musicalité. La mémoire n’était pas seulement une fonction du cerveau; elle était presque une pratique collective. Aujourd’hui, nous avons des téléphones, des ordinateurs, des disques durs, le cloud. Nous pouvons enregistrer presque tout. C’est merveilleux. Mais une question dérangeante demeure : Est-ce que le fait de pouvoir tout conserver nous a peut-être rendus moins capables de retenir ? Vous vous rappelez sans doute des poèmes de plusieurs centaines de vers transmis oralement de génération en génération … Eh bien, une fois que c’est poétique, c’est déjà un chant.Ngoboka m’éclaire alors là-dessus … ‘tout poète est chanteur, mais tout chanteur n’est pas poète’: Un chanteur peut avoir une voix extraordinaire, et peut émouvoir des milliers de personnes. Mais le poète possède quelque chose d’autre : la capacité de créer des mots et des images, produire des idées, convoquer des émotions qui n’existaient pas encore. Le chanteur peut alors prendre cette création et lui donner une seconde vie. Voilà pourquoi les noms de Byusa, Iyamuremye, Ngirabanyiginya, Cyprien Rugamba et d’autres grands créateurs ne devraient pas être uniquement des noms que nous citons avec nostalgie. Ils devraient nous poser une question : Qu’est-ce qui leur permettait de créer des œuvres qui résistent au temps ?Et pourquoi, à une époque où nous avons plus d’outils que jamais — ordinateurs, logiciels, intelligence artificielle — avons-nous parfois l’impression que quelque chose s’est perdu ? Peut-être que ce qui manque n’est pas la technologie. Peut-être que c’est le temps … Le temps d’apprendre, le temps d’écouter, le temps de recommencer, le temps de se tromper, le temps de regarder un lieu, une personne ou une idée suffisamment longtemps pour y découvrir quelque chose que les autres ne voient pas.Une chanson de cinq ou huit minutes peut parfois ...
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    41 分
  • Amateka+Kwibuka+Ukuri+Kwiyubaka (Philibert Gakwenzire, PhD)
    2026/08/22
    Full audio in Kinyarwanda; Our insights in English. Watch video here: https://jcmediagroup.co/amatekakwibukaukurikwiyubaka-philbert-gakwenzire-phd/SOME INSIGHTSKwibuka is not simply about keeping history alive; it’s about what a society chooses to do with its history, as it decides how it moves forward. Over the last 32 years, Rwanda's approach to remembering the Genocide against the Tutsi has evolved — in language, institutions, research, testimony, justice, commemoration and, increasingly, in the question of what remembering is supposed to make possible. Rwanda’s progress in that regard, in addition to a reflection about persisting challenges, is part of this conversation with Philbert Gakwenzire, PhD, historian, genocide scholar, and president of IBUKA genocide survivors’ association.Kwibuka Twiyubaka — remember, rebuild. These words do matter. Because memory can become a burden if it leaves a society trapped in grief, guilt or fear. But it can also become a foundation — for rebuilding physically, socially and emotionally, and for understanding who we are, beyond what happened to us. And perhaps this is where history, testimony, culture and imagination meet: A survivor carries a testimony; a historian carries a responsibility to examine; an artist carries the power to imagine; a society carries the responsibility to listen … and none of these perspectives is sufficient alone.The story of Rwanda has also been shaped by powerful images of what we believed Rwanda was — and could become, despite cycles of violence that the country had experienced. For generations, even those who had never been expelled from the country carried a Rwanda of their dreams with them: the country of milk and honey. That imagination helped keep that flame alive and was transmitted to a younger generation, that, ultimately liberated the motherland.If we focus only on those cycles, we risk missing another remarkable part of the story: the capacity to bounce back and rebuild. As Philbert Gakwenzire, PhD rightly puts it ‘Rwanda’s roots go very very deep’. He adds an eloquent metaphor of a giant that might suffer from a deep wound or jitters .. It does not mean the giant is inherently bad; the wound can heal.Perhaps the deeper challenge is therefore not only how we remember what happened, but how we help those who did not live through it build an identity that is larger than the trauma. For the younger generation, memory cannot rest forever on fear or inherited guilt. They need roots, they need history, but also culture, beauty, imagination and a sense that Rwanda belongs to them — not simply as the place where terrible things happened, but as a country with a much longer and richer story.And this raises difficult questions … Can we examine our history honestly without abandoning our identity? Can a historian take sufficient distance from his or her own inherited identity? How does testimony and historical analysis coexist ? How do wrap our heads around the notion of ‘Tutsi, Hutu, Twa’ without being divisive and a hindrance to social cohesion? And can a society deconstruct the ideas that once divided it without pretending that those divisions never existed? Perhaps that is part of the work of memory itself … not forgetting … not denying. True to his researcher fiber, Gakwenzire compares the overblowing of the ‘ethnic’ factor in the post-independence and pre-genocide Rwandan society, to a ‘mental’ laboratory, with huge amounts of ‘chemical fertilizers … you very easily amplify one element and get exponential results! With ethnicity in Rwanda, it did not have to be scientific, sociologic … ideology was enough to blow it up. ‘But political will and direction has decided to put an end to that [‘ethnicisation’ of society]. Another conversation worth having in-depth is what about those still determined to make it the foundation of their understanding of the same society. ‘Vigilence’ he clarifies. But taking enough distance from the past to understand how it shaped us — and enough courage to decide what we carry forward. Because justice, trials, Gacaca, testimony, scholarship, books, art and commemoration do more than preserve what happened. They can help a society move through it. It was very interesting to hear Gakwenzire connect memory, trials [even in Europe], to reconciliation. ‘Even their jury members get enlightened by commemoration activites in their own countries’ he said. Those activites have indeed placed Rwanda's experience within a wider human story — and contributed to international awareness, justice and historical record.But memory is fragile; people forget; and history could be rewritten. The conversation took us to the situation prevailing in the DRC, with armed groups determined to carry on their genocidal plans, often with support from governments. One of Gakwenzire’s metaphors once again horrified me … ’masons use the heaviest hammer to ...
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    42 分