エピソード

  • Sur la piste du lynx des Balkans, fantôme de la forêt
    2026/06/14

    Dans les reliefs et forêts de Macédoine du Nord et d’Albanie, se niche ce grand félin à la fourrure tachetée et aux oreilles pointues, un des mammifères les plus rares au monde. Voyage à pas lents et pistage ​attentif...

    Au début des années 2000, alors qu’on le croyait disparu, le lynx des Balkans a été redécouvert, entre les massifs du parc national de Mavrovo au nord-ouest de la Macédoine et les monts de Munella au nord de l’Albanie. Aujourd’hui, une quarantaine de ces animaux seraient présents à l’état sauvage, dans des contrées retirées quoique de plus en plus anthropisées, altérées par l’homme.

    Classé par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) comme une espèce en danger critique d'extinction, ce lynx hante depuis longtemps l’imaginaire et les récits populaires dans les Balkans. En Macédoine du Nord, il est un emblème national qui orne les pièces de 5 denars, et en Albanie, on raconte que ceux qui croisent ses yeux en amande deviennent aveugles.

    « Lynx lynx balcanicus », c’est le nom de cette sous-espèce du lynx boréal, prédateur solitaire qui avance la nuit ou le soir et que l’on dit insaisissable, fantomatique même. On le surnomme d’ailleurs « le fantôme de la forêt ». Mais au-delà de la fascination qu’il suscite, ce lynx des Balkans fait désormais l’objet d’une surveillance et d'une protection bien spécifiques, dans le cadre d’un programme transnational de rétablissement du lynx des Balkans.

    Survivant discret d’un monde en recul, le lynx rôde entre les arbres, franchit les cols, traverse les frontières. Car son territoire, lui, ne connaît pas les lignes sur les cartes. Et dans une région longtemps marquée par les frontières et les tensions, le combat pour cet animal emblématique oblige alors les humains à coopérer et veiller sur le sauvage, ou du moins ce qu'il en reste.

    Un voyage sonore entre la Macédoine du Nord et l’Albanie de Sibylle d’Orgeval.

    En savoir plus :

    - Sur le programme transnational de rétablissement du lynx des Balkans

    - Sur l’ONG Macedonian Ecological Society impliquée dans ce programme côté Macédoine du Nord. En macédonien.

    - Sur l’association PPNEA: Protection and Preservation of Natural Environment in Albania, engagée dans ce programme côté albanais

    - Sur le parc national de Mavrovo en Macédoine du Nord. En anglais.

    - Sur l'UICN et le classement du lynx des Balkans. En anglais.

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  • Hommage à Maurice Freund, passeur de désert
    2026/06/07

    À l’âge de 82 ans, s’est éteint en France, le 9 mai 2026, un grand nom du voyage en Afrique en la personne de Maurice Freund. Hommage en voyages…

    En Mauritanie, on l’a surnommé « le frère du désert » ou « le pilier de la tente, la khayma ». Ici ou ailleurs, on l’appelait parfois « Momo » ou « Monsieur Maurice ». Dans la presse, il était « le Robin des airs », « le pirate des airs » aussi.

    Celles et ceux qui ont un jour voyagé au Sahel et dans le Sahara connaissent l’empreinte profonde que Maurice Freund, né en Alsace en 1943, et disparu récemment, a laissé derrière lui. À l’annonce de son décès, les hommages ont d’ailleurs plu sur le désert et la toile, venus du Mali, du Burkina Faso, du Tchad, de Mauritanie, d’Algérie, du Niger ou de France ; mais aussi les récits des nombreux voyages, échanges et rencontres qu’il aura permis, rendu possible.

    Entrepreneur baroudeur et militant, Maurice Freund aura donc fait voyager des milliers d’Occidentaux sur le continent africain, en particulier dans le Sahel. Mais ce proche de Thomas Sankara et ami de Pierre Rabhi, une figure de l’agroécologie, aura surtout fait du tourisme solidaire, de la démocratisation de l’aérien et du désenclavement des zones subsahariennes, le combat de sa vie. Et ce, en dépit d’un contexte politique, économique et sécuritaire compliqué, qui a beaucoup changé depuis la création de sa coopérative de voyageurs Point Afrique en 1995. Maurice Freund mènera ce combat jusqu’au bout, puisqu’en février 2026, il était encore au Tchad pour évaluer, promouvoir une relance du tourisme dans le nord du pays…

    Maurice, on le connaissait bien à Si loin si proche, pour avoir déjà retracé sa trajectoire de pionnier des vols charters, de son vivant, dans une série en deux épisodes, mais aussi pour avoir voyagé à de nombreuses reprises grâce à lui et ses avions, via sa coopérative Point Afrique qui a succédé au Point Mulhouse fondé en 1964.

    Aujourd’hui, pour lui rendre hommage, on vous emmène sur certains de ces voyages au Tchad, au Maroc ou en Mauritanie, auprès de peuples du désert qu’il aimait tant… Un hommage à travers enfin, des paroles de certains de ses proches qui reviennent sur l’héritage laissé par Maurice Freund, et que beaucoup entendent défendre, perpétuer… Le 28 mai 2026, la coopérative Point Afrique et ses membres réunis en AG ont annoncé vouloir continuer l'œuvre de Maurice, afin de défendre une certaine idée du voyage : engagé, durable et équitable. Que cela soit dit… Un point c’est tout !

    En savoir plus :

    - Sur Point Afrique Voyages, la coopérative de voyageurs fondé par Maurice Freund

    - Sur Maurice Freund et l’épopée du Point Mulhouse puis du Point Afrique. Un podcast Si loin si proche en deux épisodes

    - Sur le Festival « Le Sahara s’invite à Fort Barraux » les 24, 25 et 26 juillet 2026. Avec des délégations venues du Mali, de la Mauritanie, du Tchad, d’Algérie, de Libye et du Niger. Par l’association 20 Degrés Nord dont Jade Mietton

    - Sur le témoignage livré par Maurice Freund lui-même dans « Est-ce ainsi que les hommes volent ? Mémoires d’un Robin des airs » et paru aux Éditions La Martinière.

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  • Kwe! Au Québec autochtone, chez les Innu de Pessamit #3
    2026/05/31
    Kwe signifie «bonjour» dans de nombreuses langues autochtones et c’est sur le principe de la rencontre, fertile, respectueuse, que les communautés autochtones accueillent et se présentent aux visiteurs de passage. Troisième et dernière étape: à Pessamit, sur la Côte Nord, parmi les Innu, un peuple de tradition nomade, profondément ancré dans son territoire ancestral: le Nitassinan. Aujourd’hui, malgré les blessures coloniales, les Innu de Pessamit s’attachent à partager leur culture millénaire. Celui ou celle qui pose le pied au Québec, connaît certainement le roman de la Nouvelle France, terre de pionniers et de colons francophones en Amérique. Une terre qui jadis, avant l’arrivée de Jacques Cartier ou Samuel de Champlain, se vivait depuis des millénaires en partage et en mouvement par des hommes et des femmes parmi les lacs, les rivières et la forêt boréale. Des peuples autochtones, à qui l’on doit -notamment- le nom du Canada, « Kanata » signifiant village en langue iroquoienne ou wendat, ou Québec qui désigne « là où le fleuve se rétrécit » en langue algonquienne. Des peuples qui, pour la plupart, s’appellent, se désignent dans leurs langues simplement « humains ». C’est donc aux sources de cette humanité en Amérique que l’on vous propose de vous emmener pour une série en 3 épisodes, au Québec autochtone, à la rencontre de communautés que l’on connaît trop mal, à commencer par leurs noms. Petit rappel : au Québec, il existe 11 nations autochtones : les Inuit et dix Premières Nations parmi lesquelles les Wendat, les Innu, les Anishinaabeg, les Atikamekw, les Mi'kmaq, les Kanien’kehá:ka, les Naskapi, les Eeyouch, les Wolastoqiyik et les W8banakiak. Leurs communautés se déploient à travers tout le Québec et sont encore placées sous le régime des dites « réserves indiennes », des territoires non cédés par les autochtones mais appartenant à la Couronne, réservés à l’usage d’une « bande indienne » ou d’une communauté autochtone. Longtemps perçus par les allochtones ou non autochtones, comme des lieux clos, interdits, ces communautés sont en fait des lieux de vie ouverts à tous et toutes, des espaces de transmissions et de cultures passionnants. Là-bas, des musées, des sites culturels mais aussi les paysages de rivières, de lacs ou de forêts racontent l’histoire et la grandeur de ces premiers peuples. Le Québec autochtone est un territoire immense -le Québec est 3 fois plus grand que la France- et les réalités comme les histoires de chaque Nation et à l’intérieur, de chaque communauté, sont multiples voire infinies. Même si elles ont toutes en commun d’avoir été malmenées par la colonisation et la sédentarisation forcée. Mais les autochtones sont toujours là, bel et bien là ; et aujourd’hui, tous et toutes ont à cœur de reprendre la main et le narratif sur qui ils sont et d’où ils viennent. Troisième étape, à Pessamit, une communauté innu placée au bord du Fleuve Saint Laurent sur la Côte Nord. Autrefois appelés Montagnais, les Innu sont la nation la plus importante en population de la province francophone, soit plus de 20 000 personnes déployées en 11 Communautés, entre le Québec et le Labrador, sur des terres ancestrales qui n’ont jamais été cédées par des accords ou des traités. Présents dans la région depuis des millénaires (des fouilles ont prouvé l'existence d'un peuple de chasseurs remontant à 5 500 ans avant notre ère), les Innu étaient là au moment du passage des « explorateurs » européens Jacques Cartier ou Samuel de Champlain au XVIè et XVIIè siècle. Aujourd’hui, à Pessamit, on dénombre 2 500 habitants environ, dont plus de 80% parlent encore leur langue, l’innu aimun. Car jusque dans les années 50, les Innu ont su garder un lien puissant avec leurs traditions, des traditions mises à mal par les barrages, la colonisation et l’évangélisation. Depuis quelque temps, Pessamit développe l’été des visites guidées, à la découverte d’une culture nomade millénaire, tournée vers l’intérieur des terres, la terre ancestrale, socle de leur pensée et de leur civilisation : le Nitassinan. Avec des habitants, acteurs, actrices culturel.le.s et touristiques, pêcheur, ancien chef de bande, guides, conteur ou poétesse comme Joséphine Bacon que l’on avait rencontrée en 2021. C’est elle qui nous avait donné envie de partir dans le vaste Nitassinan innu. Une série en 3 épisodes de Laure Allary et Céline Develay-Mazurelle. Avec : - Joséphine Bacon, poétesse innu de renom, originaire de Pessamit - Robert Dominique, aîné de la communauté et ancien chef de bande de Pessamit - Kathy Moreau Lacasse, guide innu au centre communautaire Ka Mamuitunanut - Wilfrid Apik Hervieux, conteur de mythes et légendes innu - Lily-Rose Bacon, jeune étudiante innu - Jean-Louis ou Muâku, pêcheur à la truite ...
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  • Kwe! Au Québec autochtone, chez les Ilnu #2
    2026/05/24
    Kwe signifie « bonjour » dans de nombreuses langues autochtones et c’est sur le principe de la rencontre, fertile, respectueuse, que les communautés autochtones accueillent et se présentent aux visiteurs de passage. Deuxième étape : dans le Saguenay, au bord du lac Saint-Jean ou Pekuakami, où jadis le peuple ilnu se rassemblait à l’été, avant de repartir nomadiser. Aujourd’hui, on y trouve la communauté ilnu de Mashteuiatsh. Celui ou celle qui pose le pied au Québec, connaît certainement le roman de la Nouvelle France, terre de pionniers et de colons francophones en Amérique. Une terre qui jadis, avant l’arrivée de Jacques Cartier ou Samuel de Champlain, se vivait depuis des millénaires en partage et en mouvement par des hommes et des femmes parmi les lacs, les rivières et la forêt boréale. Des peuples autochtones, à qui l’on doit -notamment- le nom du Canada, « Kanata » signifiant village en langue iroquoienne ou wendat, ou Québec qui désigne « là où le fleuve se rétrécit » en langue algonquienne. Des peuples qui pour la plupart s’appellent, se désignent dans leurs langues simplement « humains ». C’est donc aux sources de cette humanité en Amérique que l’on vous propose de vous emmener pour une série en 3 épisodes, au Québec autochtone, à la rencontre de communautés que l’on connaît trop mal, à commencer par leurs noms. Petit rappel : au Québec, il existe 11 nations autochtones: les Inuit et dix Premières Nations parmi lesquels les Wendat, les Innu, les Anishinaabeg, les Atikamekw, les Mi'kmaq, les Kanien’kehá:ka, les Naskapi, les Eeyouch, les Wolastoqiyik et les W8banakiak. Leurs communautés se déploient à travers tout le Québec et sont encore placées sous le régime des dites « réserves indiennes », des territoires non cédés par les autochtones mais appartenant à la Couronne, réservés à l’usage d’une « bande indienne » ou d’une communauté autochtone. Longtemps perçus par les allochtones ou non autochtones, comme des lieux clos, interdits, ces communautés sont en fait des lieux de vie ouverts à tous et toutes, des espaces de transmissions et de cultures passionnants. Là-bas, des musées, des sites culturels mais aussi les paysages de rivières, de lacs ou de forêts racontent l’histoire et la grandeur de ces premiers peuples. Le Québec autochtone est un territoire immense -le Québec est 3 fois plus grand que la France- et les réalités comme les histoires de chaque Nation et à l’intérieur, de chaque communauté, sont multiples voire infinies. Même si elles ont toutes en commun d’avoir été malmenées par la colonisation et la sédentarisation forcée. Mais les autochtones sont toujours là, bel et bien là; et aujourd’hui, tous et toutes ont à cœur de reprendre la main et le narratif sur qui ils sont et d’où ils viennent. Deuxième étape, devant l’immense lac Pekuakami ou « lac peu profond », au sein de la communauté ilnu de Mashteuiatsh. Une terre dite de « réserve » de 15 km2 où vivent près de 2000 Pekuakamiulnuatsch sur ses 9 000 membres… Mashteuiatsh signifie dans leur langue, le nehlueun, « là où il y a une pointe » ; une pointe sur le grand lac au bord duquel ils vivent, au cœur du « Nitassinan » innu soit « notre territoire », socle de leur culture nomade millénaire. Les Ilnu de Mashteuiatsh appartiennent à la grande nation innu. Autrefois appelés Montagnais, les Innu sont la nation la plus importante en population de la province francophone, soit plus de 20 000 personnes déployées en 11 Communautés, entre le Québec et le Labrador, sur des terres ancestrales qui n’ont jamais été cédées par des accords ou des traités. Malgré l'accaparement de leurs terres, la construction de barrages, l’assimilation à travers la logique des pensionnats autochtones qui avait pour but de « tuer l’indien dans l’enfant », les Ilnu de Mashteuiatsh retissent patiemment, doucement, les fils d’une culture et d’un héritage malmenés par l’histoire coloniale. Tous et toutes continuent de marcher la tête haute, dans les pas de leurs ancêtres que symbolisent les étoiles et qu’à la nuit tombée, on regarde d’un œil différent, une fois au bord du lac… Rencontre avec des acteurs culturels: écrivain, poétesse, artiste, artisane, chercheuse ou guide, tous et toutes membres de la communauté ilnu Une série en 3 épisodes de Laure Allary et Céline Develay-Mazurelle. Avec : - Michel Jean, écrivain et journaliste innu originaire de la communauté de Mashteuiatsh - Marie-Andrée Gill, poétesse, scénariste et artiste ilnu - Raphaëlle Langevin, artiste et artisane ilnu - Uauietilu Robertson-Laforge, guide animateur au Musée ilnu de Mashteuiatsch et musicien - Katia Kurtness, artiste ilnu et chercheuse en études autochtones à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue - Héléna Delaunière, Responsable des ...
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    49 分
  • Kwe! Au Québec autochtone, chez les Wendat #1
    2026/05/17
    Kwe signifie « bonjour » dans de nombreuses langues autochtones et c’est sur le principe de la rencontre, fertile, respectueuse, que les communautés autochtones se présentent et accueillent les visiteurs de passage. Première étape : à deux pas de la ville de Québec, dans la communauté de Wendake jadis désignée comme « le village huron », un lieu qui fait office de porte d’entrée dans ce monde qui, bien sûr, n’était pas nouveau. Celui ou celle qui pose le pied au Québec, connaît certainement le roman de la Nouvelle France, terre de pionniers et de colons francophones en Amérique. Une terre qui, jadis, avant l’arrivée de Jacques Cartier ou Samuel de Champlain, se vivait depuis des millénaires en partage et en mouvement par des hommes et des femmes parmi les lacs, les rivières et la forêt boréale. Des peuples autochtones, à qui l’on doit -notamment- le nom du Canada, « Kanata » signifiant village en langue iroquoienne ou wendat, ou Québec qui désigne « là où le fleuve se rétrécit » en langue algonquienne. Des peuples qui, pour la plupart, s’appellent, se désignent dans leurs langues simplement « humains ». C’est donc aux sources de cette humanité en Amérique que l’on vous propose de vous emmener pour une série en 3 épisodes, au Québec autochtone, à la rencontre de communautés que l’on connaît trop mal, à commencer par leurs noms. Petit rappel : au Québec, il existe 11 nations autochtones, les Inuit et dix Premières Nations parmi lesquels les Wendat, les Innu, les Anishinaabeg, les Atikamekw, les Mi'kmaq, les Kanien’kehá:ka, les Naskapi, les Eeyouch, les Wolastoqiyik et les W8banakiak. Leurs communautés se déploient à travers tout le Québec et sont encore placées sous le régime des dites « réserves indiennes », des territoires non cédés par les autochtones mais appartenant à la Couronne, réservés à l’usage d’une « bande indienne » ou d’une communauté autochtone. Longtemps perçus par les allochtones ou non autochtones, comme des lieux clos, interdits, ces communautés sont en fait des lieux de vie ouverts à tous et toutes, des espaces de transmissions et de cultures passionnants. Là-bas, des musées, des sites culturels mais aussi les paysages de rivières, de lacs ou de forêts racontent l’histoire et la grandeur de ces premiers peuples. Le Québec autochtone est un territoire immense -le Québec est 3 fois plus grand que la France- et les réalités comme les histoires de chaque Nation et à l’intérieur, de chaque communauté, sont multiples voire infinies. Même si elles ont toutes en commun d’avoir été malmenées par la colonisation et la sédentarisation forcée. Mais les autochtones sont toujours là, bel et bien là ; et aujourd’hui, tous et toutes ont à cœur de reprendre la main et le narratif sur qui ils sont et d’où ils viennent. Wendake est une toute petite terre de « réserve » -un terme présent dans la « Loi sur les Indiens de 1876 » encore en vigueur- située tout proche de la ville de Québec. Par sa proximité avec la ville et le rôle de son peuple, les Wendat, dans l’histoire des premiers contacts avec les colons français, cette communauté représente une passerelle, un bon point de départ pour qui voudrait voyager en terre autochtone. Aujourd’hui, environ 1 500 Wendat, sur les 5 000 recensés, vivent à Wendake, issus d’un peuple survivant, venu des Grands Lacs qui, à la fin du XVIIe siècle, va trouver refuge au bord de la rivière Saint Charles ou « Akiawenhrahk » soit « la rivière à la truite » en wendat. Depuis, les Wendat ont résisté à l’urbanisation et à l’assimilation coloniale et défendent fièrement leur territoire ancestral, le Nionwentsïo, leur passé millénaire comme leur présent moderne, ouvert sur le monde. Rencontre avec des acteurs culturels : directeur de musée, guides, écrivain, éditeur, juriste, conteurs ou musiciens, tous et toutes membres de la communauté wendat. Une série en 3 épisodes de Laure Allary et Céline Develay-Mazurelle. Avec : - Stéphane Picard, directeur général du Musée Huron-Wendat, situé au sein de l’Hôtel-Musée Premières Nations et chef familial de la Nation Wendat - Isabelle Sioui, conteuse musicienne, artisane et conférencière wendat - Alexane Picard, artisane et juriste wendat spécialisée en droit autochtone - Dominic Ste Marie, conteur de mythes et légendes, ancien guide interprète et coordinateur à Tourisme Wendake - Daniel Sioui, écrivain et éditeur, fondateur des Éditions Hannenorak et de la librairie du même nom située à Wendake - Steeve Gros-Louis, danseur traditionnel et propriétaire des restaurants Sagamité situés à Wendake et dans le vieux Québec - Jason Picard-Binet, artisan wendat qui a repris l’atelier de mocassins Bastien, un héritage vieux de plus d’un siècle - Andawa Laveau, artiste wendat, musicien, acteur et guide - Diane ...
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  • Esclavage à Nantes, nos héritages
    2026/05/10
    À l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions du 10 mai, on part dans la cité des Ducs, premier port esclavagiste de France. À la rencontre d’un singulier duo nantais qui œuvre pour la justice réparatrice : Pierre Guillon de Princé, descendant d’armateurs négriers, et Dieudonné Boutrin, infatigable militant d’origine martiniquaise et descendant d’esclavisés. Depuis le 18 avril 2026, s’élève à Nantes le Mât de la fraternité et de la mémoire, un monument fort de symboles, hissé, porté par Pierre Guillon de Princé et Dieudonné Boutrin. C’est au pied de ce mât que Pierre a présenté des excuses officielles, pour les actes de ses ancêtres esclavagistes à Saint-Domingue, devant l’ambassadeur d’Haïti notamment. Par ses mots, accompagnés d’un geste symbolique de réparation financière, Pierre a brisé un silence qui pèse depuis des décennies, des siècles sur la ville et le pays. Une démarche rare, unique dit-on en France, qui s’inscrit dans un long processus de réconciliation et de réparation mené par Pierre et Dieudonné. Depuis leur rencontre, cet épatant duo a mené des visites à deux voix du Mémorial de l’Abolition de l’esclavage situé sur le quai de la Fosse à Nantes. Ce qui les a amenés ensuite à se rapprocher d’autres « héritiers » de l’esclavage, des descendants d’esclavagistes anglais notamment, parmi lesquels la famille Trevelyan, première famille du Royaume-Uni à avoir présenté des excuses officielles dans les Caraïbes, pour faire avancer une cause qui leur tient, à tous et toutes, à cœur : la réconciliation mais surtout la justice réparatrice. Car, 25 ans après le vote en France de la loi Taubira reconnaissant la traite et l’esclavage comme « crime contre l’humanité », qui incluait initialement un volet sur les réparations, des voix s’élèvent, notamment au sein de l’Union africaine ou de la CARICOM dans les Caraïbes. En mars 2026, l’ONU a adopté une résolution présentée par le Ghana pour reconnaitre l’esclavage comme « le plus grave crime contre l’humanité », une résolution qui s’empare également du sujet des réparations. À 86 ans, Pierre et Dieudonné, 61 ans, fourmillent de projets au sein de l’association La Coque Nomade Fraternité et de la Fédération internationale des héritiers de l’esclavage qu’ils viennent d’initier, avec différents acteurs de la société civile des Caraïbes, d’Angleterre ou du monde lusophone. L’objectif : rendre toujours plus visible cette mémoire et les héritages, les blessures que 400 ans d'esclavage ont laissées derrière eux dans les consciences, les identités et nos sociétés. Un projet de Mât de la fraternité est en cours à Bristol et dans d’autres villes du monde. Et des familles nantaises descendantes d'armateurs, sur l'exemple de Pierre, envisagent désormais de parler et de briser ce silence… Un reportage de Céline Develay-Mazurelle à Nantes avec Dieudonné Boutrin, Pierre Guillon de Princé, l'historien Bernard Michon, Laura Trevelyan et John Dower, cofondateurs de l'organisation Heirs of slavery, Marie-Annick Gournet, vice-présidente associée de l'université de Bristol spécialisée dans la justice réparatrice, et Aïssata Seck, directrice de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage. En savoir plus : – Sur l’association La Coque Nomade Fraternité basée à Nantes et fondée par Dieudonné Boutrin – Sur le Mémorial de l’Abolition de l’Esclavage situé à Nantes sur le quai de la Fosse – Sur l’organisation Heirs of Slavery fondée par Laura Trevelyan et John Dower, descendants d’esclavagistes britanniques à la Grenade – Sur les travaux du projet Repairs de l'Agence nationale de la recherche, coordonné notamment par Magalie Bessone, Myriam Cottias et Elisabeth Cunin, avec Jessica Balguy – Sur la Fondation pour la mémoire de l’esclavage et tous les évènements prévus pour les 25 ans du vote de la loi Taubira – Sur la base de données Esclavage Indemnités qui rassemble les données sur les indemnités versées aux familles esclavagistes françaises à l’abolition de l’esclavage en 1849 et en 1825 à Haïti par le projet Repairs – Sur la conférence Reimagining Higher Education as Accountable Partners in Repair and Transformation organisée le 19 mai 2026 à Bristol par Marie-Annick Gournet, vice-présidente associée de l'université de Bristol, en charge de la justice réparatrice – Sur notre précédent voyage en 2019 à Nantes, sur les traces de la mémoire de l’esclavage colonial. Un reportage d'Inès Edel-Garcia. À écouter aussiDes lieux qui regardent l’esclavage en face
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  • Wwoofing: le vivant en partage
    2026/04/19

    Derrière ce drôle d’acronyme, se trouve un réseau mondial d’échanges qui permet d’apprendre et vivre dans des fermes bio et paysannes partout dans le monde, une autre façon de voyager et partager…

    Wwoofing signifie en anglais «World Wide Opportunies on Organic Farms», mais à force, l’acronyme est devenu un mot, une pratique à part entière. On dit qu’on wwoofe ou fait du wwoofing en Nouvelle-Zélande ou au Japon… Né au début des années 70 en Angleterre sous la forme de petites annonces, ce réseau compte aujourd’hui 100 000 wwoofeurs à travers le monde et met en relation des candidats à une expérience à la ferme avec des petites exploitations agricoles qui les accueillent, le temps d’un mois maximum.

    Le principe est simple : les bénévoles wwoofeurs identifient une ferme membre du réseau dans le pays où ils veulent aller, et peuvent être accueillis, logés, nourris gratuitement contre cinq demi-journées par semaine d’entraide aux activités agricoles. Mais plutôt que de voyage pas cher ou de travail à la ferme, il convient de parler, à propos du wwoofing, d’échanges et de partages autour du vivant, dans l’intérêt et la défense d’une agriculture biologique et d’une paysannerie à taille humaine…

    En près de 50 ans, le wwoofing s’est développé au point de devenir un phénomène mondial, qui ajoute un vrai supplément d’âme au voyage, déclenche parfois des transformations de vie et répond certainement à une quête de sens et de changement parmi une jeunesse en mal de repères et de liens avec la nature, face à des modèles hyperconsuméristes et hyperconnectés aux écrans.

    Aujourd’hui, le wwoofing est l’un des premiers programmes d’échange éducatif et culturel au monde, présent dans plus de 132 pays, dont la France, les États-Unis, le Mexique, le Bénin, la Chine, l’Australie ou encore le Sénégal. Les wwoofeurs sont surtout des jeunes âgés de 18 à 35 ans et celles et ceux qui le pratiquent deviennent souvent des adeptes convaincus, les membres d’une grande famille bottes aux pieds et mains dans la terre…

    Immersion en France dans une ferme de Saône-et-Loire et à la rencontre de wwoofeurs et de wwoofeuses.

    Un voyage sonore de Viola Berlanda initialement diffusé en octobre 2025.

    En savoir plus :

    - Sur le réseau international Wwoofing

    - Sur l’association Wwoof France

    - Sur l’histoire du mouvement avec Sue Coppard, la femme à l’origine de ce mouvement devenu mondial. Une conférence TEDx

    - Sur la loi Duplomb sur l’agriculture promulguée le 11 août 2025 et la pétition sans précédent contre cette loi qui a recueilli plus de 2 millions de signatures.

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  • À Lorient, berceau de la Compagnie des Indes
    2026/04/12
    La cité portuaire bretonne porte en elle l’histoire de cette grande aventure du commerce du lointain, vers l’Asie, aux XVIIè et XVIIIè siècles. Une aventure commerciale, maritime, politique, coloniale et esclavagiste. En 1664, quand l’intendant de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert décide de la création de la Compagnie des Indes orientales, la France arrive en retard dans la compétition commerciale à laquelle se livrent déjà les grandes puissances européennes du XVIIè siècle. Les Portugais qui ont franchi le Cap de Bonne Espérance en 1488 ont ouvert la voie des Indes par la mer et, dix ans plus tard, Vasco de Gama rejoint Calicut en 1498. Dans leur sillage, arrivent ensuite les vaisseaux britanniques ou néerlandais qui fonderont ensuite, au début du XVIIè siècle, de puissantes compagnies de commerce. Car eux aussi cherchaient à s’affranchir des voies terrestres sur les routes de la soie, afin d’établir des comptoirs et développer ce négoce, le « plus riche commerce du monde », disait-on. L’Orient, l’Asie, les Indes sont alors des terres qui fascinent, perçues comme des contrées lointaines d’abondance, de pierreries, d’étoffes ou d’épices. En France, la première Compagnie des Indes (il y en aura trois successives) sera donc royale et bénéficie de multiples privilèges : monopole du commerce avec l'Orient, droit de propriété des terres occupées, droit de justice souveraine, d’armer des bateaux de guerre ou droit d’esclavage, etc. Son siège sera établi à Lorient, en Bretagne, une ville qui va naître et se développer avec la Compagnie jusqu’à devenir la porte vers l’Orient, auquel elle doit d’ailleurs son nom. Aujourd’hui, face à la mer, sur le site magnifique de la Citadelle de Port-Louis, le musée de la Compagnie des Indes, ouvert en 1984, retrace cette histoire complexe, mais fondatrice. Dans ce musée truffé d’étoffes, de cartes anciennes, de maquettes de bateaux ou de porcelaines, on raconte donc les épopées maritimes à bord des gros navires de la Compagnie des Indes, les marchandises convoitées et l’économie Monde déjà très concurrentielle au XVIIè siècle. Mais derrière ces longs voyages aux parfums d’aventure et d’exotisme, se dessinent des logiques de compétition et de prédation telles que l’homme deviendra une marchandise comme les autres. Le système esclavagiste et plantationnaire, notamment dans les Mascareignes soit l’île de La Réunion, Rodrigues et Maurice, faisait, en effet, partie intégrante du fonctionnement de la Compagnie fondée par Colbert, par ailleurs à l’origine du Code noir. Lorient sera donc un port négrier, le premier de France même, pendant une courte période de monopole… Déployées sur tous les continents, les compagnies européennes de commerce vont semer les graines de la mondialisation, ouvrant la voie à une société de consommation où les produits sont fabriqués aux quatre coins du monde, à commencer par la Chine, aujourd’hui justement en guerre commerciale avec les États-Unis… Un reportage de Céline Develay-Mazurelle avec Laure Allary, initialement diffusé en mai 2025. En savoir plus Sur la destination Lorient Bretagne Sud et préparer votre voyage Sur le musée de la Compagnie des Indes de LorientSur l’ouvrage de référence Les compagnies des Indes de Gérard Le Bouëdec et Philippe Haudrère, réédition augmentée, Rennes, Éditions Ouest-France-Edilarge, mai 2024Sur Lorient, la compagnie des Indes et l’esclavage, un article de Jacques Chérel, 2018Sur la Compagnie des Indes et l’île Bourbon- La Réunion, un article de Philippe HaudrèreSur les indiennes de traite, un article de Krystel Galdé, 2018Sur Le café, plaisir au goût d’amertume, une exposition au musée de la Compagnie des Indes, 2022.
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