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Reportage culture

Reportage culture

著者: RFI
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Musique, beaux-arts, cinéma ou théâtre, découvrez l’art sans frontières, sans œillères. Savourez quelques notes de musique, laissez-vous guider dans un musée ou une galerie, soyez le spectateur privilégié d’un film ou d’une pièce de théâtre, laissez-vous séduire par un spectacle de rue grâce à la chronique culture de la rédaction de RFI.

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エピソード
  • «Small Island Big Song», l'océan au cœur du festival Rio Loco à Toulouse
    2026/06/13

    La 31ᵉ édition du festival Rio Loco se poursuit à Toulouse, dans le sud de la France, avec pour thème les imaginaires insulaires. Une thématique conçue sur mesure pour le projet musical, cinématographique et scénique Small Island Big Song. Une œuvre-fleuve qui réunit des dizaines d'artistes venus des océans Pacifique et Indien, autour de leurs traditions musicales et de leurs préoccupations pour la santé des océans et de la planète.

    Il y a douze ans, la productrice de théâtre taïwanaise BaoBao Chen et le cinéaste australien Tim Cole se rencontraient. Tous les deux préoccupés par les conséquences du dérèglement climatique sur les océans, ils décident de partir ensemble en terres insulaires.

    « Pendant trois ans, nous avons rencontré plus d'une centaine d'artistes sur seize îles différentes. Nous sommes partis simplement avec nos micros et quelques caméras. Notre idée était d'enregistrer une chanson sur une île, puis d'emmener cette chanson sur l'île suivante pour qu'un nouvel artiste y ajoute un instrument ou une voix… et ainsi de suite, jusqu'à une autre île pour ajouter encore autre chose. Tellement de collaborations ont vu le jour », se réjouit BaoBao Chen.

    La nature au centre

    Nouvelle-Zélande, Indonésie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, île de Pâques, îles Salomon, Hawaï, Tahiti, Malaisie… Les îles se suivent et ne se ressemblent pas. Chacun des artistes transmet ses traditions musicales lors d'enregistrements en extérieur.

    « Une des compositrices sur ce projet, c'est la nature. Nous voulions lui donner une voix. Partout où nous allions, nous demandions aux artistes de nous emmener dans un lieu qui leur était cher. Nous avons donc enregistré des volcans, des mangroves, des plages… Une multitude de sons que nous avons intégrés au spectacle », explique BaoBao Chen.

    Traditions entrecroisées d'île en île

    Small Island Big Song met en valeur tous les liens linguistiques et culturels qu'il existe entre les îles, notamment grâce aux migrations austronésiennes. Le chanteur et musicien malgache Sammy est l'un des piliers du projet : « Dans ma tribu, il y a une danse qui vient de Taiwan, elle est pratiquée à Madagascar mais avec quelque chose qui change. Cette danse s'appelle la danse des ancêtres. Quand j'ai vu cela à Madagascar, j'ai regardé comment les gens dansaient. Et quand j'étais à Taïwan, j'ai vu qu'il y avait vraiment une connexion entre les pays, une vraie histoire », sourit-il.

    Comme lui, tous les autres artistes ont fait le choix de préserver l'identité culturelle de leur peuple, en chantant dans leur langue et en jouant des instruments de leur terre. Comme des gardiens de la nature, témoins de leur héritage maritime ancestral.

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  • Sakifo: Wild Wild Women, l'offensive féminine du rap indien
    2026/06/07

    Dans un pays où la scène urbaine est longtemps restée une affaire d'hommes, elles ont décidé de se faire entendre. Wild Wild Women, les « femmes indomptables », débarquent d'Inde avec cinq voix et cinq langues. Hindi, marathi, tamoul, kannada, anglais, leur rap traverse les frontières autant qu'il bouscule les stéréotypes.

    De notre envoyé spécial à La Réunion

    Grande révélation de la 22ᵉ édition du Sakifo, ces artistes de 24 à 32 ans forment le premier collectif féminin de rap indien. À quelques heures de la clôture du festival à La Réunion, ce samedi 7 juin 2026, elles ont transformé le micro en terrain de conquête.

    Difficile à croire en les voyant retourner le public du festival dans la ville de Saint-Pierre au sud de l’île. Et pourtant, Wild Wild Women n'existe que depuis une poignée d’années. Derrière l'énergie explosive et l'assurance affichées sur scène se cache une histoire de résistance. S’en souvient Pratika. « Quand nous allions dans les battles de rap et les événements hip-hop en Inde, il y avait très peu de femmes sur scène. Et celles qui étaient là n'étaient pas prises au sérieux. Toutes faisaient face à une forme d'exclusion venant des hommes. Alors, au lieu d'attendre qu'on nous fasse une place, nous avons pris d'assaut la nôtre. C'est comme ça qu'est né notre collectif féminin, Wild Wild Women ».

    « Nos chansons racontent cette réalité »

    Le groupe est né à Mumbai, capitale économique de l'Inde et mégapole de plus de douze millions d'habitants. Une ville de promesses, mais pas pour tout le monde, explique Hashtag Preeti. « Mumbai est la ville des rêves où cohabitent différentes cultures. Mais pour les jeunes femmes comme nous, la liberté rime souvent avec des emmerdes. Depuis l'enfance, nous devons négocier notre place, notre apparence, notre liberté avec les mecs. Nos chansons racontent cette réalité : la résilience, la pression familiale, le corps féminin, la sécurité, l'identité féminine. Mais en même temps, nous ajoutons de l'humour et de la joie à notre malheur dans nos chansons pour montrer la femme indienne autrement que par le prisme de la victimisation et de la lutte. »

    Wild Wild Women ouvre la voie pour d'autres femmes

    Sur scène comme en dehors, les Wild Wild Women bousculent un ordre établi qui les excluait jusque-là. Un sentiment qui en dit long sur les préjugés encore à l'œuvre en Inde, selon MC Mahila. « La réaction des hommes à notre groupe a été mitigée. Mais nous avons aussi rencontré des alliés dans le hip-hop indien. La musique nous a permis de mesurer les défis auxquels les femmes font face dans des milieux très patriarcaux. Comme nous sommes une nouveauté féminine dans l'univers du rap indien, notre sari rose et notre look en baskets attirent parfois plus l'attention que nos chansons. Peu importe. Toutes ces histoires deviennent du pain béni pour nos chansons. Et ça avance. Aujourd'hui, il y a plus de femmes intéressées par le hip-hop qu'avant. Il reste encore du chemin à faire, certes. Mais venir au Sakifo à La Réunion porter la parole des femmes indiennes, c'est déjà un petit signe de changement. »

    Le Sakifo s'achève le 7 juin 2026. Mais certaines voix continuent de résonner.

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  • Habiter l'effondrement, avec la pièce «Une Cerisaie» d'Aurélie Van Den Daele
    2026/06/05

    Comment faire exister les lieux dans un monde qui s'écroule, comment traverser ensemble les moments de bascule ? En 1904, l'écrivain et dramaturge russe Anton Tchekhov créait sa toute dernière pièce, La Cerisaie, une comédie en quatre actes sur le retour d'une femme russe dans sa propriété d'enfance mise en vente pour rembourser les dettes de sa famille déshéritée. Aujourd'hui, la metteuse en scène Aurélie Van Den Daele s'empare de ce récit et le réactualise avec brio.

    À Paris, le Théâtre de la Tempête est niché au cœur du grand bois de Vincennes, lieu idéal pour déployer La Cerisaie d'Anton Tchekhov, entre scènes à l'extérieur dans la lumière de la forêt et d'autres à l'intérieur dans la pénombre de la salle de spectacle. Là où se déroulaient cette semaine les dernières répétitions encadrées par la metteuse en scène Aurélie Van Den Daele et son assistante Charline Curtelin.

    Un travail de détail pour peaufiner la première représentation prévue ce samedi 6 juin au soir. « Dans la pièce, on suit en quatre actes quatre moments assez précis du retour de Lioubov, explique la metteuse en scène, Aurélie Van Den Daele. D'abord, les retrouvailles. Puis dans un deuxième temps, une longue scène dans un jardin où ils évoquent tout ce qui a changé dans le monde. Ensuite un troisième acte très festif dans lequel on attend la réponse de la vente ou non de ce domaine. Et enfin un quatrième acte qui est vraiment le chant du cygne, un adieu. Donc, c'est l'histoire à la fois d'un lieu qui s'efface, mais aussi d'une famille qui va se désagréger et qui va être extrêmement remise en question aussi dans ses pratiques. »

    « Travailler Tchekhov, c'est un monde qui s'ouvre »

    Dans la pièce, la famille russe s'accroche au passé alors que le monde change autour d'elle. À la période où Anton Tchekhov l'écrit, peu après l'abolition du servage, les paysans s'enrichissent et s'élèvent dans la société, et les nobles s'appauvrissent. Des « inserts » écrits par Charline Curtelin aident à relier le 19ᵉ siècle à nos jours, notamment via la langue et les va-et-vient des personnages, pour faire résonner cette période avec le monde actuel.

    « Quand on commence à travailler Tchekhov, c'est vrai que c'est un monde qui s'ouvre, parce qu'on se rend compte que derrière l'apparente banalité des conversations des personnages, c'est vraiment d'une extrême complexité. C'est-à-dire qu'ils sont toujours tiraillés entre des sentiments, entre des choix, entre des mondes. Et ça, théâtralement, quand on commence à le travailler, c'est merveilleux », sourit Aurélie Van Den Daele.

    Sur scène, des vidéos tournées en direct donnent à voir toute l'intimité des personnages qui fuient l'action principale et se réfugient parfois hors-champ. Et la pièce laisse en suspens une question irrésolue : quand un lieu disparaît avec toute son histoire, que reste-t-il et comment dire adieu à ses souvenirs ?

    Une Cerisaie mise en scène par Aurélie Van Den Daele, à voir sur scène du 6 au 21 juin au Théâtre de la Tempête à Paris, puis en tournée partout en France jusqu'en mai 2027.

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