『Reportage culture』のカバーアート

Reportage culture

Reportage culture

著者: RFI
無料で聴く

Musique, beaux-arts, cinéma ou théâtre, découvrez l’art sans frontières, sans œillères. Savourez quelques notes de musique, laissez-vous guider dans un musée ou une galerie, soyez le spectateur privilégié d’un film ou d’une pièce de théâtre, laissez-vous séduire par un spectacle de rue grâce à la chronique culture de la rédaction de RFI.

France Médias Monde
アート
エピソード
  • «Accabadora»: la Sardaigne au cœur d'un opéra sur la fin de vie
    2026/07/03
    Lever de rideau au Festival d’Aix-en-Provence, dans le sud de la France, pour l’une des productions lyriques les plus attendues de cette 78ᵉ édition : la création mondiale d’Accabadora. Inspiré du roman de l’autrice sarde Michela Murgia, figure du féminisme italien engagée contre le fascisme et pour les droits des personnes LGBTQ+, cet opéra de l'Italien Francesco Filidei, sacré meilleur compositeur aux Victoires de la musique classique 2026, nous plonge dans la Sardaigne rurale des années 1950. Au cœur du récit, une couturière respectée et redoutée : elle tisse le fil de la vie le jour, mais accompagne aussi les mourants la nuit pour abréger leurs souffrances. Un métier à tisser géant domine la scène du Théâtre du Jeu de Paume d’Aix-en-Provence. Symbole du destin et du fil de la vie que l’on noue, transmet puis finit par rompre, il accompagne tout au long de l’opéra la trajectoire de l’accabadora, personnage central de cette création mondiale présentée au Festival d’Aix. Adapté du roman éponyme de l’autrice sarde Michela Murgia, disparue en 2023, Accabadora nous transporte dans la Sardaigne rurale des années 1950. L’histoire suit Maria, une enfant confiée selon la tradition locale à une mère adoptive, Tzia Bonaria. Couturière respectée du village, celle-ci cache pourtant une autre fonction : celle d’accabadora, appelée au chevet des mourants pour mettre fin à leurs souffrances. Pour la metteuse en scène argentine Valentina Carrasco, cette figure dépasse largement le seul contexte sarde. « L’accabadora est quelqu’un qui peut accoucher deux fois. Elle peut accoucher d’un enfant, mais aussi de la mort. Ce sont des personnes qui aident des personnes en fin de vie qui veulent mourir. C’est une tradition non seulement en Sardaigne, mais aussi dans d’autres territoires du sud de l’Italie, qui existe depuis des siècles. » Quand la Sardaigne devient un personnage L’opéra marque aussi un retour aux sources pour Francesco Filidei. Le compositeur, sacré meilleur compositeur aux Victoires de la musique classique 2026, entretient un lien intime avec l’île méditerranéenne par sa grand-mère. À la lecture du roman de Michela Murgia, il retrouve un univers familier, peu présent dans le répertoire lyrique italien. « En Italie, il n’y a pas eu de grands opéras, ou même de petits opéras, sur la Sardaigne, tandis que pour la Sicile, il y en a beaucoup. Il y a "Cavalleria rusticana" ou "Les Vêpres siciliennes" notamment. Pourtant, en Sardaigne, on a le chant des ténors, ce qui est magnifique. Il y a une tradition folklorique énorme, des couleurs, des sons, les brebis, les cloches, les vents, la mer : la nature qui parle. » Loin d’une reconstitution folklorique, Accabadora cherche plutôt à faire entendre l’âme de l’île. Le chœur chante en sarde, tandis que l’orchestre convoque des paysages sonores inspirés de la nature et des traditions locales. À lire aussiLeur Sardaigne, leurs souvenirs, ce qu’ils veulent encore transmettre Cloches, vent et voix rugueuses Pour la cheffe d’orchestre Lucie Leguay, l’œuvre est avant tout une aventure sonore. « C’est un laboratoire, une exploration sonore incroyable. Il y a des cloches qui viennent spécialement de la Sardaigne, elles ont un son magnifique que je n’ai jamais entendu ailleurs. Et une multitude de percussions, avec des petits sifflets rossignols, le bruit d’un chien qui pleure. Puis, on a cinq générations sur scène : de la petite fille de 7 ans jusqu’aux grand-mères entre 80 et 93 ans. Nous avons aussi travaillé les voix avec les chanteurs lyriques pour leur donner une couleur plus nasillarde, plus rauque, une couleur un peu ocre, comme la Sardaigne. » Entre cordes stridentes, polyphonies envoûtantes et bruitages inspirés du quotidien rural, la partition fait de la Sardaigne un protagoniste à part entière. Une œuvre qui résonne avec les débats contemporains Mais derrière cet ancrage territorial se dessine une question universelle : comment accompagner les derniers instants d’une vie ? Sans jamais prendre la forme d’un manifeste, l’opéra dialogue avec les débats contemporains sur la fin de vie. Francesco Filidei revendique d’ailleurs un engagement qui passe par l’émotion plutôt que par le discours politique. « De toute façon, ça n’existe pas un opéra à notre époque qui n’est pas engagé. On n’a pas besoin de parler de politique d’une manière directe. En plus, l’opéra est dédié à un ami à moi qui est dans cette situation ; il est dans le coma depuis un an. Donc, je dédie cet opéra à lui, c’était la seule chose que je pouvais faire. » À travers cette histoire de transmission entre une mère adoptive et sa fille d’âme, Accabadora aborde la mort sans sensationnalisme, avec délicatesse et humanité. Une œuvre où la vie et la mort semblent parfois se frôler, à peine séparées par ...
    続きを読む 一部表示
    3 分
  • Le film Israélien «Collapse» ou l'horreur en partage
    2026/07/04

    17 jours après le massacre du 7-Octobre perpétré par le Hamas, la cinéaste israélienne Anat Even a filmé la frontière qui sépare son pays du territoire palestinien totalement détruit : la bande de Gaza. Un champ de ruines filmé de loin. C’est la prise de conscience politique de l’horreur que raconte le documentaire Collapse. Il est diffusé en France, mais pas en Israël.

    « Je dirais que c’est un film anti-guerre et c’était important pour moi de parler de mes amis qui sont morts », confie la réalisatrice Anat Even. Peu après le 7-Octobre, elle retourne dans ce qui était autrefois sa maison, à Nir Oz, un kibboutz martyr. Au-delà de la clôture, après les terres agricoles transformées en zone militaire, on distingue la bande de Gaza. « Ça tambourinait dans ma tête pour essayer de comprendre ce qui se passait là-bas. Ce qui se passait à Gaza. On entendait parler d’anéantissement, de famine, pointe-t-elle. On entendait tous ces mots. Et j’ai compris que l’on parlait d’évènements terribles et incompréhensibles. D’un côté, un massacre et puis l’attaque israélienne. Terrible. Avec l’intention d’anéantir. Je ne pouvais pas comprendre... »

    Le tournage va durer deux ans. « C’est un film de guerre sans la guerre. On entend la guerre, mais on ne la voit pas », explique la réalisatrice. La bande son est un véritable personnage du film, des tumultes suivis de silences. « Les oiseaux criaient, hurlaient, appelaient, parlaient... C’était très fort, insiste-t-elle. Et puis, il y avait les bombardements. C’était comme une symphonie de guerre avec les oiseaux et les bombardements. »

    À lire aussiEn deux ans, la bande de Gaza a été transformée en champ de ruines

    « Comment parler de Gaza quand on est du côté israélien de la frontière ? »

    Plan fixe sur les plumes majestueuses d’un paon qui se promène dans un kibboutz vide aux maisons incendiées. La réalisatrice s’interroge. Elle appelle son ami Ariel, le film est un dialogue ponctué de points d’interrogation. « Comment parler de Gaza quand on est du côté israélien de la frontière ?, interroge la réalisatrice. Comment parler de la souffrance des gens sans les voir, sans leur parler ? Je dois dire que je n’avais pas les mots. Je ne pouvais pas réfléchir. Je pouvais juste revenir là. »

    Revenir inlassablement au même endroit comme on laboure un champ, Collapse essaie de répondre à cette question : qu’est-ce qui pousse sur une terre où l’on plante uniquement des drapeaux ?

    À lire aussiBande de Gaza: Israël cible «délibérément» des enfants, affirme une commission de l'ONU

    続きを読む 一部表示
    3 分
  • Festival d'Avignon: Quand Thomas Fersen, chanteur-compositeur fait du théâtre
    2026/07/10

    Les spectacles sont décidément aussi nombreux que variés au Festival d'Avignon. Dans la programmation off, riche de près de 1 800 spectacles dans 140 lieux, la musique et le théâtre font souvent bon ménage. Thomas Fersen, chanteur confirmé, s'essaye aux planches et livre à la Scala Provence tous les jours à 18h30 un récit personnel rehaussé par la musique live.

    À lire ou à écouter aussiMusique : « Le choix de la reine », Thomas revisite Fersen

    続きを読む 一部表示
    3 分
adbl_web_anon_alc_button_suppression_t1
まだレビューはありません