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Maciej Witucki : «Nous ne pouvons pas couper le lien avec la Chine...»

Maciej Witucki : «Nous ne pouvons pas couper le lien avec la Chine...»

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Cette semaine, Caroline de Camaret reçoit Maciej Witucki, président de BusinessEurope depuis le 1er juillet 2026. Plus grande organisation patronale d’Europe, BusinessEurope représente plus de 40 fédérations patronales nationales issues de 35 pays. Polonais de nationalité, il dresse avec nous un bilan du paysage entrepreneurial européen, de ses défis et de ses pistes d’amélioration. « Un pays seul ne peut pas faire face à tous ces défis globaux » L’avenir semble sombre en Europe et dans le monde, avec la multiplication des crises. M. Witucki tempère : « les patrons européens croient en l’Europe. (...) un pays seul ne peut pas faire face à tous ces défis globaux. » Face à l’augmentation éclair des prix de l’énergie, due entre autres à la guerre dans le détroit d’Ormuz. Maciej Witucki rappelle : « la crainte, c’est effectivement la détérioration de la compétitivité des entreprises européennes. Mais ce n’est pas que pour les entreprises ; ça touche aussi directement les consommateurs, à travers l’inflation ». Si certains pays ont décidé, face à l’urgence, de réduire les taxes sur les carburants, BusinessEurope prône des solutions de long terme : « il n’y en a pas 36 000. Il y a le marché unique de l’énergie, donc il faut que l’on partage plus nos actifs. » Il ne se prononce pas sur une taxe européenne sur les superprofits, puisque parmi les membres de BusinessEurope, certaines fédérations y sont favorables : « il n’y a pas de position commune, il y a des positions par pays. Dans mon pays, en Pologne, cette taxe vient d’être signée hier soir par le Président. » Mais pour lui, « les marges de manœuvre à court terme ne sont pas énormes. Il faut compter sur l’accalmie globale pour que les prix reviennent à la normale ». « Nous ne pouvons pas couper le lien avec la Chine, mais nous devons reprendre le contrôle » Les grands défis de l’industrie européenne s’incarnent notamment dans la voiture électrique. Fortement concurrencée par les Chinois, l’industrie peine à se maintenir en Europe. Maciej Witucki prône la lucidité : « on est devenus trop dépendants (...) cette dépendance à la Chine, ça vient du fait que ça nous permettait d'avoir d'un côté les ambitions de développement de l’Europe, de l'autre côté, une pression vers des prix plus bas. » Il faudra donc, un moment ou un autre, en payer le prix : « Le temps des produits pas chers, il ne sera peut-être pas complètement terminé, mais il sera modéré ». « Nous avons quelque part naïvement investi toutes nos technologies à Shenzhen, en Chine, il y a 30 ans. Aujourd'hui, ce qu'on attend, c'est qu'il y ait des Shenzhen chinois mais en Europe ; que cette technologie chinoise, qui est éventuellement un investissement chinois, mais sous un contrôle européen, de même que ça a été, il y a 30 ans en Chine, soit développée ici. On ne peut pas couper le lien, mais il faut qu'on reprenne le contrôle, que ce soit sur les technologies ou sur les entreprises elles-mêmes. » « Le modèle social européen, on ne peut pas se permettre de le perdre » S’il préside la plus grande organisation patronale européenne, la trajectoire de Maciej Witucki est d’abord Polonaise. La Pologne est un symbole de réussite économique en Europe. La croissance est de plus de 3,6% en 2026 et depuis 2023, le retour de Donald Tusk au pouvoir a permis de libérer 137 milliards d’euros gelés par l’UE en raison de manquements à l’État de droit par le gouvernement précédent ultraconservateur. Pour M. Witucki, il y a plusieurs leçons à tirer de la Pologne : « la leçon, c’est que la Pologne, elle a l’entrepreneuriat, l’ouverture au business privé. C'est quelque chose qui revient maintenant en Europe (...) il y a beaucoup plus d'ouverture à discuter avec le business et d'équilibre avec les partenaires sociaux, qui sont très importants, parce que le modèle social européen, on ne peut pas se permettre de le perdre. » La défense de l’État de droit est elle aussi au centre, ce qu’a démontré la Pologne après huit années d’un régime « pas tout à fait libéral ». Le Président de BusinessEurope explique « on est définitivement pour la défense de l’Etat de droit. Mais pour cela, il faut que nous ayons des propositions intéressantes pour les citoyens de retour à la croissance, de la part des patrons, des partenaires sociaux et des politiques. » « La pression des États-Unis nous a ouvert les yeux » Donald Trump a imposé aux Européens un accord de commerce déséquilibré, poussant ces derniers à signer des partenariats avec de nombreux autres pays. Pour Maciej Witucki, « cette pression des États-Unis nous a ouvert les yeux. Ça nous a poussé vers plus d'agressivité et d'action internationale ». Il se félicite du traité de libre-échange avec les pays du Mercosur ou celui qui se profile avec l’...
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