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Lignes de défense

Lignes de défense

著者: RFI
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Dans un système globalisé, où les menaces prennent des formes de plus en plus variées, la chronique de Franck Alexandre vous plonge chaque semaine, au cœur des enjeux et des problématiques de défense et de sécurité du XXIème siècle. Les acteurs d’un monde militaire en mutation et les meilleurs observateurs des questions de Défense répondent à Franck Alexandre tous les dimanches matins dans sa chronique.

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エピソード
  • Avec HypAIRion la chasse française prépare l'arrivée de l'IA dans les cockpits
    2026/10/24

    L'armée de l'air et de l'espace française veut sa part d'IA. Associée à la Direction générale de l'armement et à l'agence ministérielle pour l'IA de défense, l'armée de l'air lance le projet HypAIRion. Objectif : faire voler des avions de chasse avec des drones collaboratifs grâce à une intelligence artificielle souveraine.

    HypAIRion a déjà commencé. Sur la base aérienne de Mont-de-Marsan, deux Mirage 2000, à grand renfort d'ordinateurs embarqués, ont été transformés en banc d'essai dans le bac à sable pour l'IA de l'armée de l'air, sourit le colonel Cédric Abriat. Il dirige le bureau de développement des capacités de l'état-major de l'armée de l'air : « Alors je dis bac à sable parce qu'un avion de combat, ça reste quand même un système complexe, et donc il faut qu'on ait notre ordinateur réservé au sein de cet avion pour pouvoir faire toutes sortes d'essais, d'expérimentations. Le but, ça a été vraiment de créer un troisième ordinateur au sein de l'avion, dans lequel les opérationnels vont pouvoir tester toutes sortes d'algorithmes, expérimenter avec la donnée pour permettre d'avoir des usages opérationnels autour de l'intelligence artificielle. »

    Accélérer la boucle de décision

    L'enjeu des prochaines années : permettre aux pilotes de se concentrer sur l'essentiel. Les ordinateurs de bord dopés à l'IA ont pour ambition de conserver la supériorité aérienne en gagnant la bataille de la vitesse, selon Colonel Abriat : « L'espace dans lequel évoluent nos pilotes est saturé d'informations et il faut qu'on les aide à faire le tri pour qu'ils puissent se focaliser sur les décisions opérationnelles, les choix tactiques. Et pour ça, on va leur faire gagner du temps dans le combat aérien. Celui qui prend l'ascendant, celui qui gagne, c'est celui qui arrive à réfléchir et à agir beaucoup plus vite que son adversaire. Et donc avec l'intelligence artificielle, on va leur offrir plus de ressources cognitives disponibles pour prendre les bonnes décisions, les bons choix tactiques. »

    Un super Rafale avec un drone pour ailier

    L'autre versant d'HypAIRion, c'est de faire voler les avions de chasse avec des drones collaboratifs. Des drones qui, nécessairement, devront obéir à des ordres de haut niveau comme : « attaque cette cible ou protège-moi » et qui, aussi, devront en toute autonomie conduire leurs propres missions. « Les premières missions qu'on envisage, c'est par exemple la mission de défense aérienne. Pour cette mission, on peut parfaitement imaginer que le drone de combat collaboratif, donc la plateforme inhabitée, maintienne son vol afin de détecter les menaces de manière permanente parce qu'elle peut voler beaucoup plus longtemps que des pilotes. Elle va pouvoir, par exemple, maintenir la défense de toute une zone. Comme la plateforme est inhabitée, elle pourra prendre plus de risques et donc, dans le cadre de la mission air-air, elle pourra s'approcher davantage de la menace. Elle pourra également offrir un complément de détection et aujourd'hui pouvoir voir la situation sous plusieurs angles, allumer un radar. Et cela donne effectivement beaucoup plus d'options tactiques et de performance opérationnelle », explique le colonel Cédric Abriat.

    Un avion de chasse épaulé par un drone dopé à l'IA, HypAIRion ressemble furieusement au projet franco-allemand d'avions du futur (SCAF) abandonné cet été. Et dans ce nouveau projet, il y a par conséquent un véritable enjeu de souveraineté, souligne Cédric Abriat :

    « Dans HypAIRion, on cherche à jeter les bases d'une architecture qui soit ouverte, modulaire et qui, surtout, devra nous appartenir. On ne veut pas que des industriels puissent verrouiller les choses et nous empêcher de faire évoluer le système. Donc l'enjeu d'HypAIRion, c'est d'avoir ces types d'architecture qui permettent aux opérationnels, aux aviateurs, en fonction de ce qu'ils ont vu sur le théâtre, de modifier, d'adapter, de rajouter une antenne pour faire face au brouillage, de modifier un armement qui buterait sur une contre-mesure. Et pour ça, il faut que l'on ait la main sur l'architecture. Il faut aussi qu'elle soit suffisamment modulaire pour évoluer au fil des conflits. »

    Les apprentissages des briques d'IA ont déjà débuté. L'ambition est de disposer dès 2028 d'un super Rafale accompagné d'un drone de combat.

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  • Le salon Euronaval 2026 marque le retour de la puissance navale
    2026/10/31

    C'est un rendez-vous incontournable pour le naval de défense, le salon Euronaval ouvre ses portes ce mardi 3 novembre au parc des expositions de Paris Nord Villepinte, et il promet d’être stratégique dans un contexte international en ébullition. Rencontre avec Philippe Missoffe, délégué général du GICAN, le syndicat professionnel de la filière navale.

    RFI : Euronaval ouvre ses portes cette semaine dans un marché mondial en pleine croissance, comment évoluent les principales flottes de combat ?

    Philippe Missoffe : Tous les deux ans, on réalise une étude qui nous permet de voir comment évolue la construction navale de défense. Ce qui est frappant, c'est que l'on est entré dans une phase de croissance sans précédent. Il y a 122 milliards de dollars de production entre 2024 et 2025, versus 82 milliards sur la période précédente. Donc, on a plus de 50 % de croissance en valeur et aussi en tonnage, produits durant ces deux dernières années. Les mers sont redevenues vraiment des espaces de compétition dans le monde entier. On voit que toutes les marines se renforcent.

    Les salons ont toujours des dominantes, que va-t-on voir cette année à Euronaval ?

    Cette année, vous allez voir toutes les évolutions, les nouvelles armes aussi, notamment les drones, qu'ils soient de surface, sous-marins ou aéromaritimes. Ces drones seront extrêmement nombreux et il y aura également tout ce qui concerne l'intelligence artificielle et le quantique qui sont nécessaires à cette dronisation. On va voir aussi beaucoup de missiles. On parle beaucoup en ce moment des missiles hypersoniques chinois et russes. La course à l'innovation dans ce domaine-là est ouverte.

    Vous évoquez les innovations chinoises et russes. Il y a aussi la course à la puissance Chine-États-Unis. Elle est particulièrement vive, on le sait, sur le plan naval. Laquelle de ces deux nations est aujourd'hui numéro un sur les mers ?

    La Chine a livré en deux ans 636 000 tonnes, c'est deux fois plus que le tonnage américain. Ils ont livré neuf sous-marins nucléaires d'attaque contre trois aux États-Unis et dix destroyers contre quatre. C'est aujourd'hui le premier rang mondial en termes de nombre de plateformes. L'Armée populaire de libération dispose de 418 bâtiments de combat. Et 40 % de cette flotte a aujourd'hui moins de huit ans. Donc, c'est une flotte qui est extrêmement moderne.

    La filière navale française a réalisé l'an dernier, en 2025, près de 12 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Où se situe-t-elle dans le paysage industriel naval européen ?

    Elle est parmi les leaders. La France est l'un des seuls pays au monde à savoir construire à la fois des navires à propulsion conventionnelle et à propulsion nucléaire. On est aussi en mesure de produire des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. La filière compte aujourd'hui plus de 750 entreprises. C'est aussi 46 000 emplois directs. Et c'est une filière qui est reconnue parce qu'elle exporte. Vous avez 36 % aujourd'hui du chiffre d'affaires qui se fait à l'export. Vous avez des contrats assez importants qui ont été remportés récemment avec les sous-marins Orka pour les Pays-Bas, les frégates de défense et d'intervention (FDI) qui ont été vendues à la Grèce et plus récemment à la Suède. On a en France une véritable richesse, la filière maîtrise l'ensemble du spectre, depuis le petit drone jusqu'au SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d'engins, NDLR), en passant par le porte-avions de nouvelle génération. Ça nous permet d'avoir une chaîne de valeur qui est souveraine et complète.

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  • Golfe de Guinée: coup d'envoi de l'opération stratégique Corymbe de la Marine nationale
    2026/09/12
    Un porte-hélicoptères amphibie, navire majeur de la Marine nationale, doit très prochainement quitter le port militaire de Toulon pour mettre le cap vers le golfe de Guinée. C'est le coup d'envoi de l'opération Corymbe, un déploiement naval qui a lieu chaque année dans cet espace maritime d'Afrique de l'Ouest hautement stratégique. Avec ses 19 nations riveraines, le golfe de Guinée a toujours été une zone d'intérêt pour la France, rappelle le capitaine Gauthier. Nous l'avons joint à bord du porte-hélicoptères amphibie de la Marine nationale qui s'apprête à appareiller. « D'abord parce que nous avons 70 000 ressortissants français dans la région. Depuis les années 1990, il y a eu plusieurs opérations qui ont été déclenchées au claquement de doigts pour aller évacuer des ressortissants français et étrangers et les mettre en sécurité parce que leur vie était directement menacée. » Un espace maritime qui sent le soufre Mille navires transitent chaque jour par le golfe de Guinée. On y trouve des pétroliers avec 10 % du commerce mondial, beaucoup de pêches pas toujours légales. La route du narcotrafic passe aussi par là et la piraterie y est omniprésente. Un espace maritime qui sent donc le soufre. Capitaine de vaisseau Gauthier : « Quand on a autant de menaces, il faut savoir partager l'information de façon à ce que ceux qui peuvent intervenir puissent le faire au plus vite. La zone est tellement grande qu'il faut absolument se coordonner. C'est tout l'enjeu des missions comme celle que je vais conduire avec mon équipage, c'est d'aller au contact de nos partenaires pour conduire des exercices, des actions de formation, de retour d'expérience, de partage d'expérience. Pour nous, c'est très riche puisqu'ils connaissent évidemment mieux la région que nous. Quand on met tout en commun, on progresse rapidement. La mission de 2022 est emblématique. Les forces sénégalaises ont pu intervenir pour une saisie de narcotrafic au large de leurs côtes, avec l'appui d'un Falcon de la Marine nationale. C'est une mission tout à fait emblématique qui illustre le fonctionnement de cette coopération. » Une académie embarquée à bord du porte-hélicoptères amphibie Pour répondre aux enjeux sécuritaires, il faut que tous les États riverains se coordonnent. Cela s'apprend, se pratique. Raison pour laquelle, souligne le capitaine Gauthier, son navire accueille aussi une académie embarquée : « Une petite quarantaine de stagiaires – qui sont principalement des officiers des 19 nations riveraines, par exemple l'Angola, le Bénin, le Cap-Vert, le Congo, le Gabon – vont venir embarquer avec nous, pour plusieurs semaines, pour pratiquer tous ensemble, conduire des exercices afin de progresser sur le domaine de la sécurité et de la sûreté maritime dans la région. Tous les ans, il y a de plus en plus d'officiers qui sont envoyés dans cette académie embarquée. Ce qui est assez remarquable, c'est que l'on a su créer un réseau. Vous imaginez, vous mettez sur le même bateau pendant plusieurs semaines des officiers de la région, il se passe plein de choses, ils vivent plein d'aventures. Il est possible qu'ils participent aux opérations parce que, comme toujours, un bâtiment de combat à la mer, est en opération. On peut très bien déclencher une action de lutte contre la pêche illégale ou une saisie de stupéfiants avec les stagiaires à bord. » Au fil des années, l'opération Corymbe s'est imposée comme l'une des pierres angulaires de l'architecture de Yaoundé qui garantit la sécurité régionale. À lire aussiSommet de l'Espace: l'Afrique ne veut pas continuer à être distancée
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