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Les chats persans

Les chats persans

著者: Cercle Iranica (Lilas Pakzad & Sina Abedi)
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Un podcast de Lilas Pakzad et Sina Abedi Produit par le Cercle Iranica À retrouver sur toutes les plateformes et sur iranica.fr (http://iranica.fr) C’est quoi le tahdig ? Connaissez-vous le taarof ? D’où vient l’expression « échec et mat » ? Qui a inventé l’algorithme ? Les Iraniens parlent-ils persan ou farsi ? À travers ces questions, savantes, insolites ou délicieusement quotidiennes, Les Chats persans propose une autre manière d’entrer dans la culture iranienne. Imaginé par Lilas Pakzad et Sina Abedi, ce podcast explore l’Iran au-delà des évidences et des récits souvent réducteurs qui en sont faits. Il s’adresse à tous ceux qui souhaitent découvrir, approfondir ou simplement questionner l’iranité, dans toute sa complexité, ses continuités et ses métamorphoses. Les Chats persans s’attache à faire dialoguer les héritages d’une civilisation plurimillénaire avec les réalités du présent, à travers l’histoire, les sciences, la philosophie, la gastronomie, les langues ou les usages sociaux. D’un symbole antique à une expression du quotidien, d’un concept cosmologique à un rituel de table, chaque épisode suit les chemins inattendus par lesquels une culture se transmet, se transforme et continue de s’épanouir. Mais Les Chats persans, c’est aussi un ton : celui d’une conversation libre, curieuse, parfois ironique, où le sérieux n’exclut jamais le plaisir d’explorer, ni celui de questionner. Un espace où l’on prend le temps de comprendre autrement, et peut-être, au passage, de désapprendre quelques idées reçues. Le Cercle Iranica est une association apolitique et indépendante, née du constat d’une incompréhension persistante de l’Iran, trop souvent réduit à des clichés et à des récits simplificateurs. Il œuvre à faire découvrir la richesse et la complexité de la culture iranienne, dans toute sa singularité. À travers des projets comme le podcast Les Chats persans, il propose d’explorer l’Iran autrement, en croisant histoire, sciences, gastronomie, linguistique et pratiques du quotidien. Le Cercle Iranica défend une approche scientifique rigoureuse, accessible à tous et jamais dénuée d’humour. Iranica crée ainsi des espaces de réflexion, de partage et de curiosité. Un lieu pour comprendre autrement, questionner et transmettre. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.Cercle Iranica 社会科学
エピソード
  • Épisode 5 : Mithra ou la mémoire invisible du lien (Lilas Pakzad & Sina Abedi)
    2026/05/31

    Mithra ou la mémoire invisible du lien


    Dans ce cinquième épisode des Chats persans, Lilas et Sina remontent le fil d’une question aussi fascinante qu’inattendue : d’où vient cette importance si particulière accordée, dans la culture iranienne, au lien, à la parole donnée et à la fidélité relationnelle ?


    Pour y répondre, ils nous entraînent à la découverte de Mithra, l’une des plus anciennes figures du monde indo-iranien. Bien avant d’être associé à la lumière ou au soleil, Mithra est d’abord le gardien du pacte, du serment et de la confiance. Une divinité singulière qui ne règne ni sur les éléments ni sur la guerre, mais sur ce qui permet aux êtres humains de vivre ensemble : la parole tenue.


    « Mithra n’est pas une figure émotionnelle. C’est une structure relationnelle incarnée. »


    Au fil de leur conversation, Lilas et Sina explorent les origines de ce dieu méconnu, depuis les textes védiques de l’Inde ancienne jusqu’à l’Avesta iranien. Ils montrent comment son nom a traversé les siècles pour devenir mehr en persan moderne : l’amour, l’affection, la bienveillance. Un étonnant voyage sémantique qui conduit du contrat à l’amitié, puis de l’amitié à l’amour.


    Dans l’univers intellectuel iranien ancien, Mithra veille sur les engagements humains. Doté symboliquement de « mille oreilles et dix mille yeux », il observe les promesses qui unissent les hommes entre eux. Car dans cette vision du monde, le mensonge n’est pas seulement une faute morale : il menace l’équilibre même de la société.


    « Mithra veille moins sur les consciences intérieures que sur les relations qui unissent les êtres entre eux. »


    L’épisode retrace également l’évolution historique de cette figure à travers les empires iraniens, où Mithra devient progressivement le garant symbolique de la légitimité du pouvoir. Il revient aussi sur le célèbre mithraïsme romain, longtemps considéré comme l’héritier direct du dieu iranien, avant que les recherches récentes ne viennent nuancer cette interprétation.


    Mais au-delà de l’histoire religieuse, ce qui intéresse surtout Lilas et Sina est ce que Mithra révèle de la civilisation iranienne elle-même. Car derrière cette ancienne divinité se dessine une intuition qui semble avoir traversé les millénaires : une société ne tient pas seulement par ses lois ou ses institutions, mais aussi par la qualité invisible des liens qui l’unissent.


    À travers le târof, l’āberu et les subtilités des relations sociales iraniennes, ils interrogent la permanence de cette logique culturelle, où la relation compte parfois davantage que la simple déclaration.


    « La relation est plus importante que la déclaration. »


    Et si Mithra n’avait jamais totalement disparu ? S’il avait simplement quitté les temples pour survivre dans certaines façons de parler, d’accueillir, d’insister ou de maintenir le lien ?


    « Parce que les dieux ne disparaissent pas toujours. Ils survivent parfois dans notre façon d’habiter le monde. »


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    17 分
  • Épisode 4 : C'est quoi le Târof ? (Lilas Pakzad & Sina Abedi)
    2026/05/16

    Dans ce quatrième épisode des Chats persans, Lilas et Sina plongent au cœur d’un concept aussi célèbre qu’insaisissable : le târof.
    Souvent réduit à une simple “politesse iranienne”, le târof est en réalité bien plus qu’un code social ou une suite de formules de courtoisie. Derrière les refus ritualisés, les invitations insistantes et les compliments excessifs se cache une véritable architecture de la relation humaine.

    Pourquoi les Iraniens disent-ils sans cesse “jan” après un prénom ? Pourquoi refuse-t-on plusieurs fois un thé avant de l’accepter ? Pourquoi deux personnes peuvent-elles rester plusieurs secondes devant une porte à se céder mutuellement le passage ? Et surtout : que se joue-t-il réellement derrière ces gestes du quotidien ?


    À travers une conversation nourrie d’histoire, d’anthropologie, de philosophie et de culture persane, Lilas et Sina explorent les racines profondes du târof. Ils montrent comment cette pratique plonge dans une très ancienne civilisation indo-iranienne où la parole n’était jamais neutre, où chaque phrase servait à préserver l’honneur, maintenir le lien social et éviter les ruptures brutales entre les êtres.

    L’épisode revient sur plusieurs notions fondamentales de la culture persane :


    • le mehr, cette force ancienne de réciprocité et de fidélité héritée du dieu indo-iranien Mithra ;
    • l’āberu, littéralement “l’eau du visage”, cette dignité sociale qu’il faut préserver à tout prix ;
    • mais aussi les grandes oppositions culturelles entre intérieur et extérieur, apparence et profondeur, à travers les notions de biroun, daroun, zâher et bâten.


    Mais le târof ne relève pas seulement de la douceur relationnelle. Lilas et Sina explorent également sa dimension stratégique. Car cet art de l’implicite peut devenir une véritable technique de négociation, de protection ou même de domination. À travers les figures de Sun Tzu et de Shéhérazade, ils montrent comment le détour, la retenue et la maîtrise du langage peuvent devenir des instruments de pouvoir redoutablement efficaces.


    Comment obtenir sans exiger ?
    Comment convaincre sans affronter ?
    Comment préserver le lien tout en avançant ses propres intérêts ?


    Dans cette exploration du târof, il est aussi question de mystique persane, d’architecture traditionnelle iranienne, de poésie soufie, de hiérarchie sociale, de langage codé et d’intelligence relationnelle. Le târof apparaît alors comme bien plus qu’une curiosité culturelle : une manière proprement iranienne d’habiter le monde et de penser les rapports humains.


    Un épisode pour comprendre pourquoi, en Iran, la vérité ne se situe pas toujours dans les mots eux-mêmes… mais dans l’espace subtil qui existe entre eux.


    Les Chats persans est un podcast consacré à la civilisation iranienne, à son histoire, à sa langue et à ses imaginaires. À travers leurs dialogues, Lilas et Sina proposent une plongée accessible et profonde dans les grandes structures culturelles de l’univers persan.


    Bibliographie


    • Abedi, Sina, Târof. L’art de la guerre à l’iranienne, Paris, Gondishapour éditions, 2026.

    • Beeman, William O., Language, Status and Power in Iran, Bloomington, Indiana University Press, 1986.

    • Vivier-Muresan, Anne-Sophie, « Le code de politesse iranien (ta’ârof) ou la fiction du lien social », L’Homme, n° 180, 2006, p. 115-138.

    • Corbin, Henry, En Islam iranien. Aspects spirituels et philosophiques, Paris, Gallimard, 4 vol., 1971-1973.

    • Boyce, Mary, Zoroastrians: Their Religious Beliefs and Practices, London / Boston, Routledge & Kegan Paul, 1979.



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    31 分
  • Épisode 3 : Le cylindre de Cyrus (Lilas Pakzad & Sina Abedi)
    2026/04/30

    Épisode 3 : Le cylindre de Cyrus


    Dans l’épisode 3 des Chats persans, nous vous emmenons à la découverte d’un objet discret, presque invisible au regard des visiteurs, et pourtant chargé de plus de 2 600 ans d’histoire : le cylindre de Cyrus.


    Conservé aujourd’hui au British Museum, ce petit cylindre d’argile de vingt-deux centimètres à peine porte une inscription en cunéiforme babylonien. Un texte ancien, dense, difficile à déchiffrer — mais dont la portée traverse les siècles jusqu’à notre monde contemporain. Car une réplique de cet objet est exposée au siège de l’Organisation des Nations unies, et son message continue d’alimenter débats, réflexions et idéaux politiques.


    Pour comprendre son importance, il faut remonter à Babylone, en 539 avant notre ère. Cette année-là, Cyrus le Grand, roi des Perses, conquiert la ville sans violence majeure. Plutôt que d’imposer sa domination par la force, il adopte une politique radicalement différente : il permet aux peuples déplacés de retourner sur leurs terres, restaure les cultes locaux et reconnaît la diversité religieuse de son empire.

    Ce geste, gravé sur le cylindre, est parfois considéré comme la première déclaration des droits de l’homme de l’histoire. Une affirmation discutée par les historiens, mais qui témoigne d’une idée profondément novatrice pour l’époque : gouverner un empire en respectant ses différences plutôt qu’en les écrasant.


    L’épisode explore aussi la manière dont cet objet a traversé les siècles et influencé les imaginaires. De la fascination des Grecs antiques à l’œuvre de Xénophon, jusqu’à son impact indirect sur les penseurs des Lumières et certains Pères fondateurs des États-Unis comme Thomas Jefferson, le cylindre de Cyrus a nourri une réflexion durable sur la tolérance, la liberté religieuse et le pouvoir politique.

    Redécouvert au XIXe siècle lors de fouilles en Mésopotamie, cet artefact n’a cessé depuis d’être réinterprété. Objet archéologique, symbole national, référence politique ou icône universelle : il incarne à lui seul la complexité de l’histoire et la manière dont les idées évoluent au fil du temps.


    Alors, le cylindre de Cyrus est-il vraiment la première charte des droits de l’homme ? Peut-être pas au sens moderne. Mais il reste l’un des témoignages les plus anciens d’une tentative de gouverner un monde pluriel avec intelligence et respect.


    Un objet minuscule. Une histoire immense. Et une question toujours actuelle : comment vivre ensemble dans la diversité ?


    Bibliographie

    • John Curtis (dir.) & Neil MacGregor (introduction), The Cyrus Cylinder and Ancient Persia: A New Beginning, British Museum Press, 2013.

    • Irving Finkel, traduction et études du cylindre de Cyrus (in The Cyrus Cylinder and Ancient Persia: A New Beginning), 2013.

    • Xénophon, Cyropédie (Cyropaedia), IVe siècle av. J.-C. (nombreuses éditions modernes).

    • Hérodote, Histoires, Ve siècle av. J.-C.

    • La Bible, Livre d’Esdras.

    • C. B. F. Walker, travaux sur le cylindre de Cyrus et les inscriptions babyloniennes.

    • Bill T. Arnold & Piotr Michalowski, études sur les inscriptions royales du Proche-Orient ancien.

    • Lloyd Llewellyn-Jones, travaux sur l’Empire achéménide et Cyrus le Grand.

    • Richard Frye, études sur la Perse antique et Cyrus.



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    25 分
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