エピソード

  • Kin'Gongolo Kiniata: les sorciers du son recyclé venus de Kinshasa
    2026/09/14

    Energie brute, instruments bricolés et messages engagés, le collectif congolais Kin'Gongolo Kiniata impose un univers musical aussi surprenant qu'original. Dans l'effervescence des rues de Kinshasa, les cinq artistes ont forgé une identité sonore à la croisée de l'afro-punk, de l'électro-rock expérimental et des musiques traditionnelles congolaises.

    Des guitares à une corde, des percussions fabriquées à partir de bouteilles en plastique, de casseroles ou encore de bidons récupérés : chez Kin'Gongolo Kiniata, le recyclage n'est pas seulement un choix esthétique ou économique : c'est un véritable message.

    « L'amour du prochain et protéger notre planète Terre. C'est pour cela qu'on crée des instruments avec des objets recyclés, des objets jetés », explique Lebrina Sabiti, alias Leebruno, chanteur et percussionniste du groupe.

    Les membres du collectif fabriquent eux-mêmes leurs instruments à partir de matériaux récupérés. Boîtes de conserve, pièces de rechange automobiles, métal de récupération : tout devient source de création sonore.

    Chanter le quotidien des Kinois

    Les artistes, tous trentenaires, chantent en lingala et racontent la vie quotidienne à Kinshasa. Leurs textes célèbrent l'ingéniosité et la débrouillardise que les habitants de la capitale congolaise appellent « l'article 15 », autrement dit l'art de se débrouiller par ses propres moyens.

    Le groupe évoque les petites victoires de tous les jours, les difficultés rencontrées par la population, mais aussi les espoirs qui continuent d'animer la jeunesse congolaise.

    Entre spiritualité et réalités sociales

    Parmi les thèmes abordés figurent également la religion et la place importante qu'elle occupe dans la société congolaise. Certaines chansons s'inspirent directement de l'univers des églises et des prédicateurs, omniprésents dans les rues de Kinshasa.

    Sur un registre plus social, Kin'Gongolo Kiniata évoque aussi les conditions de vie difficiles dans certaines zones rurales, notamment l'accès à l'eau potable. Une réalité quotidienne pour de nombreuses familles contraintes de parcourir de longues distances pour s'approvisionner.

    Un message de paix

    Le groupe n'hésite pas non plus à aborder des sujets plus graves, comme le conflit qui touche l'est de la République démocratique du Congo depuis plusieurs décennies.

    Dans leur titre « Toko Lemba Té » (« Nous ne cèderons pas »), les musiciens délivrent un message de résistance et d'espoir. Un refrain simple et puissant : ne pas abandonner malgré les épreuves.

    « Le son qui écrase »

    Le nom du collectif résume à lui seul leur identité musicale. Kin'Gongolo Kiniata signifie « le son qui écrase ». Une expression qui traduit parfaitement la puissance rythmique de ce groupe né dans l'effervescence de Kinshasa. Après avoir marqué les esprits en France, notamment lors des Trans Musicales et du festival Africolor en 2022, les musiciens poursuivent leur conquête des scènes européennes.

    Leur credo : transformer les bruits de la ville, les objets abandonnés et le quotidien de Kinshasa en une musique irrésistible, inventive et profondément humaine.

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    8 分
  • Le retour évènement de Céline Dion à Paris
    2026/09/11

    Cette voix, cette émotion, Céline Dion reprenant « L'Hymne à l'amour » d'Édith Piaf en haut de la tour Eiffel lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques à Paris en 2024. La star québécoise est de retour dans la capitale française où elle donnera demain, samedi 12 septembre, à la Plénitude Arena, la plus grande salle d'Europe, le coup d'envoi d'une série de concerts après six ans d'absence de scène en raison d'une maladie invalidante, le syndrome de la personne raide. C'est dire si les retrouvailles avec son public font l'événement. La presse internationale la sacre « plus grande chanteuse vivante ».

    Un statut qu'elle a peaufiné avec rigueur et persévérance pendant 46 ans de carrière. Benjamine d'une fratrie de 14 enfants, élevée dans une famille de musiciens, elle débute son incroyable carrière à 12 ans et s'impose en quelques années au sommet de la chanson canadienne grâce à sa musicalité et sa voix puissante. Le public français la découvre en 1983 avec « D'amour et d'amitié ».

    Au début de sa carrière, elle connaît le succès avec ces chansons sentimentales écrites par le parolier français Eddy Marnay, parlant de Dieu, de l'amour, d'amis, de sujets encore enfantins en décalage avec ce timbre incomparable d'une voix plus mature.

    Elle perce aux États-Unis en 1991, lorsqu'elle est appelée à Hollywood pour interpréter en duo le titre du film Disney « La Belle et la Bête ».

    Céline Dion séduit le public américain

    Dans ces années 90, la chanteuse québécoise puise dans la tradition des chanteuses afro-américaines. Elle joue de la montée en puissance de sa voix pour provoquer des frissons, comme avec sa reprise de « All by Myself », titre sur lequel elle atteint et tient le Fa de la cinquième octave, et qui fait de cette chanson l'une des plus attendues de ses concerts.

    Superstar mondiale, avec ce titre puis celui du film Titanic, dans cette même décennie 1990, Céline Dion explore en parallèle en français une autre voix grâce à Jean-Jacques Goldman.

    Il lui écrit l'album D'eux en 1995, dans lequel elle joue d'un autre effet : le legato, cette façon de lier plusieurs notes sans rupture et qui rend les mélodies plus expressives sans jouer sur la puissance de la voix. D'eux est encore à ce jour l'album francophone le plus vendu au monde, plus de 10 millions d'exemplaires.

    À lire aussiLe Dossier Céline Dion

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    6 分
  • Jay-Z, trente ans de rap et un Stade de France entier pour souffler les bougies
    2026/09/10

    À 56 ans, Jay-Z, Shawn Carter de son vrai nom, tient la cap sans tergiverser. Le gosse des Marcy Houses, à Brooklyn, est devenu l'un des patrons du rap américain, poids lourd catégorie business autant que rimes.

    Le bilan comptable de Jay-Z donne le tournis : treize albums studio, plus de 100 millions de disques écoulés, 25 Grammy Awards dans la poche et une fortune personnelle évaluée par Forbes autour de 2,5 milliards de dollars. De quoi transformer « 99 Problems » en simple souvenir de jeunesse fauchée.

    En 2009 sort The Blueprint, son onzième album. Jay-Z y aligne les invités en lettres d'or, de Rihanna à Kanye West, et surtout Alicia Keys sur « Empire State of Mind », un tube universel, celui que même votre tante fredonne sans savoir d’où il vient..

    Ce succès planétaire l'installe définitivement dans la cour des grands. Roi d'un rap swing élégant, lorgnant vers le jazz, Jay-Z est aussi resté un champion toutes catégories de la punchline assassine, de Nas à Prodigy, personne n'y a échappé. Et puis il y a l'autre versant de la légende : le mari de Beyoncé. En 2003, sur « Crazy in Love », single fracassant de son premier album solo, l'ex chanteuse de Destiny's Child, lui lance un « You ready ? » Sauf qu’en réalité, ce n’est pas une question. C’est plutôt un défi pour relever ceci : « Accroche-toi bébé, ça va chauffer ! » La suite : mariage, trois enfants, tubes en duo et quelques tempêtes conjugales reprises par la presse people américaine, mieux documentées que n'importe quel biographe autorisé.

    Trente ans de carrière, ça se fête, et Jay-Z a choisi le Stade de France, le 10 septembre 2026, pour souffler les bougies. Au menu, Reasonable Doubt, son tout premier disque sorti en 1996, et The Blueprint, album paru cinq ans plus tard et devenu depuis un monument absolu du hip hop, régulièrement cité parmi les meilleurs disques de tous les temps.

    Jay-Z, l'homme qui tape dans le dos des présidents, de Barack Obama à Nicolas Sarkozy, sans faire dans le tri partisan, règne depuis trois décennies sur la bande son planétaire. Après avoir enflammé la même pelouse à deux reprises, le new-yorkais y revient encore... Malgré tant d’adieux, la méga star américaine sait surtout transformer ses retours sur scène en événement XXL. Que de chemin parcouru !

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    6 分
  • Ibibio Sound Machine célèbre l'unité et la danse sur son nouvel album «Chopping Mountain»
    2026/09/09

    Le collectif londonien Ibibio Sound Machine revient avec Chopping Mountain, un sixième album lumineux où afro-funk, électro et traditions nigérianes se rencontrent. Porté par la voix d'Eno Williams, le groupe célèbre l'amour, la solidarité et la puissance libératrice de la danse.

    Depuis ses débuts en 2013, Ibibio Sound Machine a bâti sa réputation sur une formule singulière : faire dialoguer les rythmes d'Afrique de l'Ouest avec l'électro, le disco, le funk ou encore le post-punk.

    Résultat : des morceaux souvent très instrumentaux, hypnotiques, conçus autant pour la danse que pour l'évasion, comme le titre « What is your concept of love. »

    Une passerelle entre Lagos et Londres

    La chanteuse nigériane Eno Williams, née dans le Sud-Est du Nigeria, a grandi au rythme des chants gospel, du highlife et des contes traditionnels ibibio. Cet héritage irrigue son écriture: « Tout l'album prend source dans ma culture ibibio » explique la chanteuse. « L'amour, être ensemble, se relever ensemble en tant que communauté, prendre soin les uns des autres. Ce sont des thèmes qui traversent les histoires qu'on m'a racontées quand j'étais enfant. »

    Si Ibibio Sound Machine puise dans ces racines ouest-africaines, le groupe compose des grooves électroniques à la recherche d'un son afro-futuriste avec notamment Max Grunhard, l'autre pillier du groupe, au claviers et au saxophone.

    Un afro-futurisme festif

    Sur scène, les musiciens arborent d'ailleurs des costumes flamboyants, inspirés à la fois des textiles africains et de la science-fiction. « J'adore l'idée d'explorer ce que le futur nous réserve musicalement, d'expérimenter avec le son et d'essayer des choses qui n'ont jamais été faites. Dans le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, nous essayons de susciter une prise de conscience positive, de partager l'amour. Si notre musique peut remonter le moral et nous faire danser ensemble, alors la danse peut devenir quelque chose de libérateur », explique Eno Williams.

    Cette énergie traverse tout l'album. Les synthétiseurs, les guitares électriques, les cuivres et les percussions s'entremêlent dans de longues constructions rythmiques qui évoquent parfois une immense jam session. Mais le groupe sait aussi ralentir le tempo avec des morceaux plus chaleureux et lumineux, comme « Love ».

    L'album Chopping Mountain paraît le 11 septembre. Ibibio Sound Machine sera également en concert à Paris, au Hasard Ludique, le 14 avril prochain.

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    6 分
  • «Here Because of Hope» d'Ezra Collective, l’espoir comme arme de résistance
    2026/09/08

    Le groupe britannique Ezra Collective signe Here Because of Hope, un quatrième album pour danser l’espoir. Sa fusion détonante de jazz, calypso, rap, dub et afrobeat y trouve un nouvel élan. A l'arrivée : dix-sept titres célèbrent la liberté, la circulation des peuples et des cultures, et surtout l'ouverture au monde.

    Derrière cette musique métissée, un groupe devenu incontournable de la scène britannique. Né en 2012 dans les clubs et les structures jeunesse de Londres, Ezra Collective réunit cinq musiciens dont les frères nigérians Femi et TJ Koleoso, tous ont grandi ensemble. Une dizaine d'années plus tard, ils entrent dans l’histoire en devenant la première formation de jazz à remporter le prestigieux Mercury Prize, avant d’être sacré groupe de l’année 2025 aux Brit Awards.

    Here Because of Hope ouvre un nouveau chapitre pour le collectif. Il raconte son histoire, celle des diasporas d’Afrique de l’Ouest et des Caraïbes dans la capitale anglaise. De l’afrobeat de Fela Kuti, né dans le Nigeria en guerre, au calypso façonné par l’esclavage, une question traverse l’album : pourquoi tant de musiques noires, nées dans la douleur, dégagent-elles autant de joie ?

    Réponse Ezra Collective : la musique africaine ne s’attarde pas dans la souffrance. Elle regarde un autre ailleurs, imagine un monde meilleur. Cet élan de joie irrigue tous les morceaux, instrumentaux ou chantés et les collaborations avec Lila Iké ou Leona Lewis

    Esprit de communauté et pont entre les générations

    « Only Love », avec le rappeur britannique d’origine gambienne PA Salieu, en dit long. Ici, l’amour n’est pas une affaire de sentiments, c’est une manière de résister. Ezra Collective convoque une constellation d’artistes afro-descendants, chacun avec sa grammaire musicale, ses racines, son parcours. Un hommage à l'esprit de communauté, mais aussi un pont entre les générations.

    Chez Ezra Collective, l’héritage n’est pas un musée, c'est une matière vivante, irrésistible, à faire groover. Les guerriers du jazz manient les sons et les mots comme un bouquet de grenades. Mais une fois explosées, elles font pousser des nénuphars.

    Ezra Collective Here Because of Hope (Partisan Records) 2026

    En concert le 24 février 2027 au Zénith de Paris.

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    7 分
  • Le rappeur toulousain HYL repeint la vie en jaune
    2026/09/07

    Casquette jaune vissée sur la tête et sourire contagieux, HYL fait partie de ces artistes qui mettent des mots sur les préoccupations de toute une génération. Entre rap, chanson, slam, funk et électro, le Toulousain dévoile un univers singulier avec La Vie en jaune, une mixtape de douze titres portée par une écriture engagée, sensible et résolument tournée vers l'avenir.

    À l'écoute du titre « Le monde est immense », une question s'impose : pourquoi voir la vie en jaune ? Pour HYL, il ne s'agit ni d'un rire jaune, ni d'une référence directe aux gilets jaunes. Cette couleur symbolise plutôt une façon de résister au découragement. Si ses textes dressent un constat lucide de notre époque, ils ne cèdent jamais au fatalisme.

    Le rappeur mêle ainsi préoccupations sociales, regard critique sur le monde et volonté d'avancer. Une démarche qui traverse l'ensemble de son projet et qui fait de La Vie en jaune une œuvre à la fois engagée et lumineuse.

    Un parcours nourri de multiples influences

    Derrière le débit rapide et la spontanéité qui caractérisent HYL se cache avant tout un amoureux des mots. Introverti dans sa jeunesse, il commence à écrire dès l'âge de 9 ou 10 ans. Très vite, il explore différents horizons musicaux.

    Au fil des années, il joue dans des groupes de hard rock, de funk, de hip-hop ou encore de jazz. Un parcours éclectique qui lui permet d'affiner progressivement sa propre identité artistique. Après un premier EP, Monopoly, consacré à la fin de l'adolescence, viennent une période de doute, une dépression, puis un second EP.

    Aujourd'hui âgé de 32 ans, graphiste de formation et fort de plus de 150 concerts, HYL semble avoir trouvé sa voie et sa couleur.

    Entre urgence politique et émotions intimes

    Avec La Vie en jaune, l'artiste parvient à trouver un équilibre subtil entre les grandes questions de société et les préoccupations personnelles. Ses chansons parlent autant du monde qui l'entoure que de ses propres fragilités.

    Des titres comme « Sauvetage » ou « Laisser tomber » illustrent cette double dimension : l'envie de poursuivre le combat sans perdre de vue l'importance de prendre soin de soi. Derrière l'énergie de ses morceaux affleure une sincérité qui rend son propos particulièrement accessible.

    Et malgré la gravité de certains thèmes, HYL conserve toujours une forme de légèreté, refusant de se prendre trop au sérieux.

    Un album attendu en octobre

    Parmi les morceaux déjà dévoilés figure « PGCAP (Pas grand-chose à perdre) », un titre à la croisée de l'insouciance et de la prise de conscience, porté par une énergie dansante. Il s'agit de l'un des six singles qui annoncent la sortie de La Vie en jaune.

    L'album complet paraîtra le 9 octobre. D'ici là, HYL poursuit sa tournée à travers la France et fera notamment étape au Point Éphémère à Paris le 6 novembre, l'occasion pour le public de découvrir sur scène l'univers coloré et énergique de cet artiste inclassable.

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    7 分
  • Liim Lasalle, la nouvelle voix sensible du rap new-yorkais
    2026/09/04

    À seulement 23 ans, Liim Lasalle s'impose comme l'une des figures les plus singulières du rap alternatif américain. Originaire de Harlem, à New York, le jeune artiste dévoile son deuxième album, A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find. Un disque où hip-hop, soul, r’n’b et pop se croisent dans une esthétique libre et lumineuse.

    Avec ses dreadlocks aux épaules, ses lunettes fines et son vélo, Liim Lasalle incarne une nouvelle génération de rappeurs qui s'affranchissent des codes traditionnels du genre. Sur ce nouvel album de treize titres, A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find, il privilégie les mélodies chantées, les compositions jouées entre amis — synthétiseurs, batteries, cuivres — et une écriture introspective.

    Des morceaux comme « Machete Summer », « I Wanna Be With You » ou « Right Ride » témoignent de sa volonté de construire un univers à part. Loin de glorifier la violence ou les excès, Liim Lasalle évoque les relations humaines, critique les drogues et la vanité, et défend l'idée qu'une forme de douceur peut aussi avoir sa place dans le rap.

    « À Harlem, on ne s'attend pas à ce genre de sensibilité »

    Élevé par sa mère marocaine, qui lui transmet la foi musulmane, Liim Lasalle grandit à Harlem aux États-Unis. Son père afro-américain quitte le foyer alors qu'il est enfant, mais lui laisse un héritage précieux : un iPod rempli de blues, de funk, de soul et des grands classiques du hip-hop des années 1980, 1990 et 2000. Il rend d’ailleurs hommage à cette culture dans son titre retro, « 1980 ».

    Adolescent, il passe son temps entre le skateboard, les sessions rap avec ses amis et les premiers clips publiés sur YouTube. « Les gens à New York m'associent à Harlem. Je parle de la vie ici. Il y a des choses dures dans mon album, parce que c’est la réalité, et ça a traversé mon enfance. Bien sûr, à Harlem, il y a des gens comme moi et mes amis, qui sont ouverts, vulnérables, sensibles... Mais ce n'est pas la norme. C’est un quartier difficile où grandir...et ma sensibilité peut surprendre. »

    Cette tension entre dureté urbaine et aspiration à la douceur traverse tout le disque. Liim Lasalle la fait apparaître sur sa pochette : « On voit un ciel gris, de grands immeubles presque vides, et devant, une photo de moi quand j'étais enfant, avec des petites fleurs... C'est comme si j'apportais de la lumière dans cet endroit sombre. »

    Le bouche-à-oreille et le soutien de Tyler, The Creator

    Dans un paysage rap américain particulièrement foisonnant, Liim Lasalle s'est fait connaître grâce au bouche-à-oreille, aux réseaux sociaux et au soutien de plusieurs figures de la scène alternative, parmi lesquelles Tyler, The Creator.

    Son premier album, Liim Lasalle Loves You, publié en 2025, avait déjà attiré l'attention par sa liberté de ton et son refus des étiquettes. Avec A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find, il confirme cette identité artistique singulière.

    Chanteur émergeant, il revendique la simplicité, la patience et l’authenticité. De passage à Londres, il confie avoir été surpris d’entendre le public entonner ses chansons… loin de son Harlem natal.

    Liim Lasalle A Sunflower Garden in Harlem Is Hard to Find (three times LOUDER) 2026

    Liim Lassalle se produira à Paris en novembre pour son premier concert en France.

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    7 分
  • Interpol signe un rock crépusculaire et dystopique avec «This Mirror Weighs a Ton»
    2026/09/03

    Figures incontournables du rock post-punk américain, les new-yorkais d'Interpol reviennent en cette fin d'été avec leur huitième album This Mirror Weighs a Ton (« Ce miroir pèse une tonne »). Un disque avec lequel les cinq musiciens restent fidèles à leur univers sombre et introspectif, tout en proposant quelques expérimentations musicales : pas une révolution, mais bien une évolution.

    Ils se taisaient depuis quatre ans. Les new-yorkais d'Interpol viennent d'offrir, comme un cadeau de rentrée, leur huitième album This Mirror Weighs a Ton – un disque enregistré dans leur ville natale de New-York, pour la première fois depuis dix ans. Surtout, après The Other Side of Make-Believe, sorti en 2022 et enregistré à distance pendant la pandémie de coronavirus, les musiciens se sont cette fois retrouvés en chair et en os, pour donner corps à leur vision crépusculaire de la musique.

    Interpol, fidèle à son univers

    Près de trente ans après leur formation et un quart de siècle après leur premier disque, les new-yorkais sont restés fidèles à eux-mêmes. Costumes impeccables, cheveux gominés et l'air toujours tiré à quatre épingle, les musiciens proposent une nouvelle fois ce qu'ils savent faire de mieux : un rock aux sonorités post-punk, froid, presque clinique, et surtout introspectif. Le titre du disque lui même (« Ce miroir pèse une tonne ») est une invitation à la réflexion.

    Mais plutôt qu'une profonde inspection de soi, le groupe propose de regarder en face l'état de nos sociétés. La couverture - un chandelier où les caméras de surveillance ont remplacé les lumières – donne le ton, sans ambigüité. De fait, au fil des titres, voilà l'auditeur catapulté dans l'univers de Brazil, le film culte de Terry Gilliam : un univers où les machines et la déshumanisation sont omniprésentes. Ainsi du dystopique « Iron City », où le chanteur Paul Banks s'imagine déambulant seul dans un New York où les intelligences artificielles ont pris le contrôle, au détriment de l'humain et de ses émotions.

    L'art d'évoluer sans se transfigurer

    Dire qu'en trois décennies Interpol n'a pas bougé d'un iota serait mentir. La composition du groupe elle-même a évolué : pour la première fois, le trio est devenu un quintet sur cet album. Interpol abrite désormais sous son aile le bassiste et le claviériste qui, depuis plusieurs années, accompagnaient la formation sur scène.

    Surtout, le groupe s'est, pour ce disque, offert la collaboration du producteur Andrew Wyatt. Oscarisé pour la chanson « Shallow » dans A Star Is Born, producteur de la bande originale du film Barbie, collaborateur de Rosalia, Charli XCX ou encore Liam Gallagher : il est l'une des têtes de pont de la production actuelle. C'est donc sous son égide qu'Interpol s'est amusé à intégrer, sur ce disque, des instruments à corde et des vents. Le groupe s'est même risqué, avec « So Rides The Reindeer », à livrer son premier titre à la guitare acoustique : une réussite, le titre est l'un des plus beaux de l'album.

    Pas une révolution donc mais au moins une évolution, qui ne semble pas surprendre le chanteur : « Rien de tout ça n'est soudain pour moi », susurre-t-il dans « Sudden ». Avant de s'interroger sur la suite, pour lui, pour le groupe, pour l'humanité : « l'avenir nous le dira, tous les chemins sont ouverts ». Au moins, en fermeture de l'album, l'espoir est-il permis.

    Interpol, This Mirror Weighs a Ton (Partisan Records), sortie le 28 août 2026

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