エピソード

  • Cyril Mokaiesh nous souhaite «Bonne chance pour la suite»
    2026/03/16

    Bonne chance pour la suite est le titre du huitième album studio de Cyril Mokaiesh. Le chanteur franco-libanais se livre dans douze titres personnels, entre engagement et regard sur l'époque, et hymnes à l'amour.

    « Je fais de mieux en mieux un métier que j'aime de moins en moins » : citant l'acteur Vincent Lindon, Cyril Mokaiesh, mi-parlant, mi-chantant, entame ainsi le titre « Regarder passer les trains » qui ouvre son huitième album studio.

    L'album s'intitule Bonne chance pour la suite et le chanteur, ancien tennisman professionnel reconverti dans la musique depuis près de vingt ans, en a besoin, de chance, lui qui a du mal à vivre de son métier.

    Il se revendique contemplatif, mais c'est un contemplatif observateur. On peut même parler de chanteur engagé. Le grand public l'a d'ailleurs découvert en 2011 avec le titre plein de fougue et de panache, voire de bravade : « Communiste ».

    Sur ce nouvel album, le chanteur franco-libanais livre son sentiment sur l'époque. Dans le titre « Approximatif », il fustige la polarisation, la désinformation et le lavage de cerveaux sur les réseaux sociaux. Sur un autre titre, « Le chant du migrant » il se met dans la peau d'un candidat à l'exil.

    À 40 ans, Cyril Mokaiesh dédie une chanson à son fils adolescent et puis plusieurs titres à son amoureuse. Comme « Grâce à toi » ou « La vérité des baisers ».

    Cyril Mokaiesh se produit le mardi 17 mars sur la scène du Café de la danse à Paris et en tournée, et puis à signaler aussi un livre qui vient de paraître et intitulé Regarder passer les trains.

    Cyril Mokaiesh Bonne chance pour la suite (Sony) 2026

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    6 分
  • Jehnny Beth, furie française à l’anglaise en clôture du festival des Inrocks
    2026/03/12

    Jehnny Beth a l’attitude d’une frontwoman sortie des clubs enfumés de l’Est londonien. Pourtant, elle vient de Poitiers. À force d’électricité scénique et de disques abrasifs, la Française s’est imposée comme l’une des voix les plus singulières du rock européen. Le 12 mars 2026, elle est venue embraser la scène du Centquatre à Paris pour la clôture du festival des Inrocks, événement créé par le magazine culte Les Inrockuptibles qui célèbre cette année ses quarante ans.

    Rarement une artiste française aura fait autant de unes dans la presse rock internationale. Derrière ce pseudonyme de Jehnny Beth – devenu étendard – se cache Camille Berthomier, musicienne formée au jazz, autrice engagée et rockeuse à la présence magnétique. Sur scène, sa silhouette tendue semble toujours prête à exploser, portée par une voix capable de passer du murmure inquiet au cri libérateur.

    Le public la découvre d’abord avec Savages, formation anglo-française qui, entre 2011 et 2019, rallume la flamme d’un post-punk aussi physique que politique. Dans la lignée d’une certaine tradition britannique, sombre, nerveuse et viscérale, la chanteuse s’impose comme une figure incandescente, regard noir et intensité permanente.

    Depuis, Jehnny Beth avance comme elle vit : en diagonale. Actrice pour Jacques Audiard ou Justine Triet, animatrice d’émissions musicales sur Arte, auteure et collaboratrice recherchée, Jehnny Beth multiplie les terrains de jeu sans jamais perdre le fil d’une musique brute.

    Son deuxième album solo, You Heartbreaker, You, marque un nouveau tournant. Les textures électroniques et industrielles qui parcouraient ses débuts s’effacent au profit de guitares plus épaisses, presque métalliques. Un virage opéré après sa tournée américaine de 2023, avec Queens of the Stone Age, où les amplis tournent à plein régime et la tension se joue dans chaque riff.

    Chez Jehnny Beth, la douceur n’est jamais loin de la tempête. Les morceaux avancent comme des battements de cœur affolés, solos coupants, pulsations sombres et mélodies soudain lumineuses. Une musique qui gronde, mais qui respire la vie. Dès ses débuts dans la musique en 2008, la quadragénaire aux mille vies cultive cette trajectoire imprévisible, collaborant au passage avec des figures majeures, de Julian Casablancas, voix de The Strokes, à Bobby Gillespie, chanteur charismatique de Primal Scream, sans oublier Gorillaz. Jehnny Beth avance tout en façonnant un rock tendu, contemporain, où l’urgence dialogue avec l’expérimentation.

    Quarante ans après la naissance du magazine Les Inrockuptibles, le festival qui porte son nom s’offre une clôture à son image : intense, vibrante. Et au centre de la déflagration, une Française qui continue de hurler en anglais ce que le rock peut encore dire du monde.

    Jehnny Beth You Heartbreaker, You (Fiction) 2026

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    6 分
  • Kuma Kura, le groupe franco‑burkinabè qui politise le groove
    2026/03/11

    Un balafon et une batterie, des langues qui se répondent du français au dioula, des riffs rock et des grooves venus du Sahel : le groupe franco‑burkinabè Kuma Kura vient d'entamer une tournée à travers la France - de Belfort à Marseille - pour présenter son album éponyme, sorti le 6 mars dernier. Un pont musical entre Ouagadougou et Lyon qui se décline en huit titres et se conjugue en quatre langues.

    Kuma Kura, littéralement « nouvelle langue » ou « nouvelle raison » en dioula, c'est l'histoire de deux artistes décidés à abolir les frontières à coups de balafon, de batterie et d’audace. D’un côté, Richard Monségu, batteur lyonnais, chercheur en sciences sociales et véritable boulimique de projets musicaux, fort d’une vingtaine d’albums. De l’autre, Jahkasa, chanteur-balafoniste burkinabè issu d’une famille de griots, héritier d’une tradition où la musique transmet l’histoire autant qu’elle forge les consciences.

    Leur collaboration repose sur une conviction commune : la musique est un pont. Un lien vivant capable de relier les peuples, les langues, les histoires. « Je m’inspire de toute sorte de musique qui a de l’âme, qui donne de l’émotion, qui passe des messages », confie Jahkasa. Richard Monségu renchérit : « Pour relier, il faut construire des ponts. Et l’artiste se doit d’être un pont lui-même. » Ensemble, ils livrent une œuvre qui, selon leurs propres mots, « rend la liberté à tous les exilés ».

    Kuma Kura revendique une démarche décoloniale assumée. Le groupe aborde l’absurdité des conflits armés, la langue de bois des politiques, la nécessité de réveiller les consciences. Ces thèmes engagés se déploient dans une liberté musicale déconcertante : reggae et jazz s’y croisent, un rock progressif y côtoie une flûte peule, des guitares électriques se mêlent au balafon. Une fusion audacieuse et lumineuse, comme la bande‑son d’un monde qui refuse les frontières.

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    8 分
  • Altin Gün redonne vie au poète Neset Ertas dans son sixième album, «Garip»
    2026/03/10

    Le rock anatolien d'Altin Gün est de retour. Le groupe néerlando-turc, devenu un quintet depuis le départ de sa chanteuse Merve Dasdemir, a publié le 20 février son sixième album, Garip. Un hommage au chanteur et barde turc Neset Ertas, où les arrangements psychédéliques chers au groupe font aussi la place à de belles arabesques égyptiennes et à des envolées orchestrales riches en violons.

    Le patrimoine turc a toujours été au cœur du projet Altin Gün. Ce n'est donc pas vraiment une surprise si, avec son sixième album Garip, le groupe s'attaque à un monument du patrimoine anatolien : Neset Ertas, poète, chanteur folklorique et barde, disparu en 2012. « Notre chanteur, Erdinc, a un lien très fort avec ce poète. Ils viennent de la même région », explique le guitariste du groupe, Thijs Elsinga. Après avoir repris ça et là certaines de ses chansons, Altin Gün lui dédie un album complet : chacune des dix chansons de Garip reprend un de ses textes et une de ses compositions originales.

    Des arrangements à la sauce Altin Gün

    Dans les textes, les reprises sont fidèles aux chansons du poète : « La plupart des chansons parlent de l'aspiration profonde que l'on peut ressentir, en amour, ou lorsqu'on pense à l'endroit d'où on vient. » Côté arrangements en revanche, le groupe a remis les chansons à sa sauce. Avec la recette habituelle, du rock aux inspirations anatoliennes – on parle d'anadolu rock –, de longues boucles musicales qui gagnent en puissance, des nappes de synthétiseur rétrofuturiste, et surtout le baglama, ce luth oriental à manche long et à cordes en métal.

    Mais Altin Gün a aussi ajouté, cette fois, quelques épices à sa marmite musicale. Du saxophone, des inspirations tirées de la pop italienne des années 1960, et surtout beaucoup de cordes – qui ont été enregistrées par l'orchestre symphonique de Stockholm. « On est assez libres dans nos inspirations, pointe Thijs Elsinga, elles peuvent venir d'un peu n'importe où. Notre batteur, Jasper Verhulst, collectionne les disques rares avec beaucoup d'enthousiasme. Souvent, ce qui se passe, c'est que quelque chose dans un de ces disques accroche notre oreille, et on essaie de l'incorporer à notre musique. » C'est de là que sont venues les fameuses envolées de violon que l'on retrouve, par exemple, sur « Bir Nazar Eyledim ». « Cela nous est venu du disque de Serge Gainsbourg, L'Histoire de Melody Nelson », confie-t-il.

    Un sextet devenu quintet

    Le virage pris par Altin Gün peut s'expliquer, notamment, par la recomposition du groupe. La formation, autrefois forte de six membres, n'en compte plus que cinq depuis le départ de la chanteuse Merve Dasdemir, partie explorer sa carrière solo. Voilà le groupe privé de sa vocaliste principale, et de sa chanteuse féminine : « Forcément, cela nous a forcés à nous concentrer moins sur les voix », souligne Thijs Elsinga.

    L'idée de rendre hommage à Neset Ertas est, d'ailleurs, partiellement venue de là, raconte le guitariste : « Nous avons dû nous concentrer sur les forces de notre autre chanteur, Erdinc Ecevit, et sur ses racines aussi. » C'est donc lui qui a sélectionné les textes de Neset Ertas, en a présenté les mélodies, et a indiqué au groupe la direction à suivre pour les arrangements : « Cela s'est fait de manière assez instinctive. Erdinc nous jouait les compositions, et on le rejoignait assez naturellement avec nos instruments. Quand ça ne collait pas avec le propos de la chanson, il nous le disait et on recommençait. »

    Autre conséquence du départ de Merve Dasdemir, les cinq musiciens se sont « vraiment plongés dans leurs instruments ». Altin Gün a peut-être perdu une de ses voix, qu'importe, puisque les artistes ont appris à faire chanter leurs instruments.

    Altin Gün Garip (Glitterbeat Records) 2026

    En concert au Trianon, à Paris, les 10 et 11 mars 2026

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    6 分
  • Jill Scott, la diva nu-soul américaine de retour avec un album «concernant»
    2026/03/09

    To Whom This May Concern, en français, « à ceux que cela intéresse » est le sixième album de la diva nu-soul Jill Scott qui revient à la musique après une décennie d'absence. A 53 ans, Jill Scott n'a rien perdu de sa verve, de sa voix et de son inspiration.

    Dix années, c'est temps qu'il a fallu à la reine du « phily sound », le son de Philadelphie sa ville natale, pour peaufiner son retour fracassant. Celle qui, il y a 25 ans, propulsait la musique soul dans le XXIe siècle, aux côtés d'Erykah Badu, a marqué son époque avec cinq albums, restés comme autant de pépites dans le cœur de ses admirateurs, et puis la chanteuse à la voix magnétique était parti explorer d'autres univers. Les studios de télévision, la littérature, la poésie.

    Elle est de retour à ses premières amours, en proclamant haut et fort sa résilience et sa joie de vivre. « Je ne suis pas ici pour vivre dans la peur ou juste pour exister. Je vais aller de l'avant et être géniale », chante-t-elle sur le titre « Be Great », le plus explosif des seize que compte l'album. Un album dans lequel Jill Scott rend hommage à ses influences, magnifie ses racines musicales. Soul, funk, hip hop, jazz. Grande amatrice de spoken word, ce slam version américaine, elle passe du rap au chant avec une aisance peu commune.

    L'autre particularité de ce retour réussi, c'est la profusion de nouvelles voix qui l'accompagnent. Tierra Whack. J.I.D, Ab-Soul, voilà quelques-uns et quelques-unes des rappeurs et rappeuses actuels qui jettent des ponts entre les générations. Du haut de ses 53 ans, Jill Scott réchauffe son expérience à la lumière des plus jeunes. Ce qui lui permet de rester en phase avec son époque.

    Et de dénoncer, par exemple, les dangers qui guettent les ados, comme le diktat de la beauté et de ses codes nocifs, ou de rendre hommage à sa communauté. Sa version personnelle du « Black is beautiful » s'intitule « Beautiful People », les belles personnes. « Notre amour est plus grand que le temps ou la race. Notre amour est rythme et charme, il résonne ». Voilà les belles paroles prononcées par cette belle personne.

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    6 分
  • Marlon Magnée sort «Dark Star», un album solo sous haute tension.
    2026/03/06

    Le dandy rock Marlon Magnée, cofondateur du groupe La Femme, passe en solo et branche les amplis avec Dark Star, son premier album solo, publié le 6 mars 2026.

    Dark Star est un disque radical, électrique, sans vernis. Pour ses débuts en solitaire, Marlon Magnée retourne aux sources du rockabilly, guitares chauffées à blanc.

    Avant ce virage, il a passé quinze ans sur les routes du monde entier avec La Femme. Résultat : 400 000 albums vendus et une Victoire de la musique en 2014. Le groupe a aussi signé des morceaux devenus cultes, comme « Paradigme ».

    Aujourd’hui, Magnée met La Femme entre parenthèses et file se reconnecter aux années 50. L'esthétique rock’n’roll est là : chemise à franges violette, jean et blouson de cuir noir. Mais pas de nostalgie ni de banane gominée non plus pour lui. Son projet est clair : faire exploser le rockabilly.

    Sur « Opération Destruction », le mélange rockabilly-punk paraît improbable, mais l’étincelle prend. Le disque avance avec l’énergie féline des Stray Cats et les influences fusent : de The Velvet Underground à The Stranglers et Serge Gainsbourg, jusqu’à Motörhead.

    Ce n'est pas un revivaliste pour autant. Marlon Magnée est bien un musicien de son époque. Son âge d’or n’est pas derrière lui. Il commence maintenant en 2026. Et franchement il assure !

    Dark Star, premier album solo de Marlon Magnée qu’il défend déjà sur scène. La tournée passe notamment par le festival Supersonic le 26 mars, avant une série de dates en Europe et en Amérique du Nord.

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    6 分
  • Gorillaz au sommet: «The Mountain», odyssée pop et manifeste multiculturel
    2026/03/05

    Vingt-cinq ans après sa naissance dans l’imaginaire de Damon Albarn et du dessinateur Jamie Hewlett, Gorillaz revient avec l’une des premières grandes superproductions musicales de l’année. Le groupe virtuel britannique publie son neuvième album, The Mountain, sorti le 27 février 2026.

    The Mountain est un disque incandescent de quinze titres électro-pop où surgissent, à contre-courant, des touches indiennes inattendues. Lorsque Damon Albarn — alors chanteur de Blur — imagine en 2001 avec Jamie Hewlett ce collectif animé inspiré du street art et des mangas, l’idée relève presque de la farce pop. Pourtant, le projet prend une ampleur inédite : en un quart de siècle, le groupe de cartoon-pop vend des millions d’albums à travers le monde et enchaîne les tubes planétaires, dont l’incontournable « Clint Eastwood ».

    Avec cet album, Gorillaz confirme sa capacité à se réinventer et s’impose d’emblée comme une œuvre foisonnante, à la fois spectaculaire et profondément personnelle.

    Un casting cinq étoiles

    Pour ce nouveau projet, Damon Albarn convoque une véritable constellation d’invités. Près d’une vingtaine d’artistes participent à l’aventure, de la virtuose du sitar Anoushka Shankar à Paul Simonon, bassiste historique de The Clash, en passant par les groupes Idles et Sparks. Les langues se mêlent comme les styles : anglais, yoruba, hindi, arabe ou espagnol. Damon Albarn agit en chef d’orchestre et brille par son éclectisme et le mélange des générations. La surprise surgit aussi des voix d'outre-tombe, ici ressuscitées, dont celle du mythique batteur nigérian Tony Allen, disparu en 2020, qui plane sur l’album comme un fantôme bienveillant.

    The Mountain est hanté par la mort. Il est né après le décès du père de Damon Albarn, artiste lui aussi et passionné d’art hindou. Sa mémoire irrigue l’album, notamment dans « The Shadow Light », un duo avec la légende de Bollywood, Asha Bhosle, 91 ans, qui éclaire le morceau d’une grâce crépusculaire.

    Un manifeste pour le brassage des cultures

    Enregistré entre l’Inde, les États-Unis, l’Angleterre et même la Syrie, The Mountain voyage autant qu’il mélange. Virtuel dans sa forme mais profondément ancré dans le réel, Gorillaz y raconte un monde en tension, porté par des artistes engagés comme le chanteur syrien Omar Souleyman.

    Plus qu’un simple album, The Mountain défend une idée : celle d’un multiculturalisme vibrant, d’un dialogue permanent entre les peuples. Avec The Mountain — « la montagne » — Damon Albarn prend de la hauteur et atteint de nouveaux sommets artistiques. Dans un monde qui vacille, ce disque dense et audacieux célèbre le dialogue des nations.

    Gorillaz entame sa tournée le 13 mars au Royaume-Uni avant de faire escale à Paris, le 6 juin, sur la scène du festival We Love Green.

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    7 分
  • «Nothing's About To Happen To Me» de Mitski, une ode à la solitude et à l'anonymat
    2026/03/04

    Délicieusement rock, profondément mélancolique, indubitablement savoureux : le huitième album de Mitski, Nothing's About To Happen To Me, est sorti le 27 février dernier. En onze titres, l'autrice-compositrice-interprète américano-japonaise plonge ses auditeurs dans un univers aussi sombre que jubilatoire, orchestré avec brio.

    Plus qu'une collection de chansons, le huitième album studio de Mitski, Nothing's About To Happen To Me, est un récit : celui d'une femme recluse dans sa maison peuplée de chats et autres bestioles. Dans le monde extérieur, elle est moquée, voire considérée comme déviante. Son monde intérieur, lui, est celui de la liberté.

    Toute ressemblance avec la réalité n'est que pure coïncidence – même si la chanteuse américano-japonaise est connue pour vivre une vie solitaire et surtout à l'écart des caméras et de ses 23 millions d'auditeurs mensuels sur Spotify.

    Il n'empêche, Mitski a créé, pour cet album, un univers complet, sombre et légèrement oppressant – complété d'un clip mi-horrifique, mi-burlesque pour accompagner le single « Where's My Phone ? », douce moquerie d'une femme à la recherche de son téléphone portable.

    Une orchestration réussie

    La thématique a été respectée jusqu'au bout, puisqu'une bonne partie de l'album a été enregistrée directement au domicile de l'artiste de 35 ans. Avec une nuance : les prises de son des parties orchestrales ont, elles, été réalisées au mythique studio Sunset Sound de Los Angeles.

    Car si Mitski chante la solitude. Celle que l'on choisit, dans « In A Lake ». Celle que l'on ressent, surtout entouré d'inconnus, dans « I'll Change for You ». Surtout, celle que l'on subit dans les turpitudes amoureuses, elle la chante en étant bien accompagnée. L'habituelle trinité rock est bien sûr de la partie : batteries, basses et guitares électriques saturées résonnent à foison dans l'album.

    Mais certains convives plus rarement invités font aussi leur apparition au gré des chansons : de l'accordéon, de l'orgue, du violon, du trombone, du banjo ou même du vibraphone. Chacun sert avec brio les influences de tel ou tel titre, ici folk, ici plutôt bossa nova, parfois carrément punk.

    Une écriture sur la brèche, incisive et poétique

    Les chansons de Mitski se sont toujours distinguées par la finesse de leur écriture, et cet album ne fait pas exception. Capable d'une grande poésie, comme lorsqu'elle demande à se réincarner en pluie « pour voir le monde à nouveau, tomber encore » dans le titre « Lightning », elle se montre aussi féroce quand elle interroge un ancien compagnon : « M'aurais-tu mieux aimée morte, pour pouvoir raconter mon histoire à ma place ? » dans le titre « Dead Women ». Ou encore pleine d'humour, lorsqu'elle se lamente « de devoir aller travailler, pour payer le loyer de [s]on chat » dans « This White Cat ».

    Avec Nothing's About To Happen To Me, Mitski nous emmène donc un peu plus loin dans son univers, tout en nous tenant sagement à distance. Et si l'on était tenté de franchir la limite, l'artiste nous prévient : attention, chat méchant.

    Mitski sera sur scène au Zénith à Paris le 5 mai 2026 pour promouvoir son album Nothing's About To Happen To Me (Dead Oceans).

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