Vingt ans d’amitié, cinq albums et un goût intact pour les contrastes : avec Christina, Lilly Wood & The Prick signe un retour électro‑pop à la fois énergique et critique. Le duo donne le coup d'envoi du festival Garden Parvis à La Défense, ouvrant six semaines de concerts en plein cœur du premier quartier d’affaires d’Europe.
Une introduction symphonique ouvre Christina, le cinquième album de Lilly Wood & The Prick. Une manière d’annoncer la couleur : celle d’un duo qui aime brouiller les pistes et jouer des contrastes. Derrière ce nom anglo-saxon un brin provocateur se cache pourtant une formation bien française, née à Paris il y a une vingtaine d’années.
Le projet voit le jour sur le ton de la plaisanterie, dans un café, se souvient la chanteuse Nili Hadida – qui, contrairement à ce que suggère le nom du groupe, ne s’appelle pas Lilly : « On ne s’imaginait pas du tout que le groupe allait devenir un succès… À l’époque, les noms très longs, un peu tirés par les cheveux, c’était à la mode. Ça nous faisait surtout rire »
Un duo complémentaire et autodidacte Lilly Wood & The Prick, c’est la rencontre de deux personnalités complémentaires : Benjamin Cotto, guitariste aux riffs efficaces alias « The Prick », et Nili Hadida, chanteuse à la voix sensuelle et rauque, qui signe les textes et compose les mélodies. Autodidactes, ils cultivent un certain recul, voire une autodérision revendiquée, multipliant les projets – de la production musicale aux bandes-son publicitaires.
Le duo s’impose rapidement dans le paysage musical français. Après un premier EP en 2009, Lilly Who and the What ?, clin d’œil à leur nom, ils publient en 2010 Invincible Friends, un album qui célèbre leur complicité. L’année suivante, ils remportent la Victoire de la musique de la Révélation du public. S’en suivent un deuxième album en 2012 et un film en 2013.
« Christina » : entre énergie pop et critique sociale Au cœur de leur dernier album Christina, la chanson-titre incarne bien l’univers du duo : une électro-pop explosive, portée par un personnage fictif. Dans le clip, les deux musiciens fusionnent en une seule entité, entourée d’hommes aux corps sculptés. Une mise en scène volontairement excessive, qui pointe le culte contemporain du corps et de l’apparence. Sous ses airs dansants, la musique du duo porte ainsi un regard parfois acide sur la société.
Cette ambivalence se retrouve dans plusieurs titres de l’album, comme « All Night ». La mélodie y est sombre, presque nocturne, tandis que le texte évoque simplement le désir de partager une nuit avec quelqu'un. « On aime jouer sur ces contrastes : des textes légers sur des musiques très intenses, ou l’inverse », explique Nili Hadida. Un procédé devenu une véritable signature : mélanger les tons, déjouer les attentes et créer une tension entre fond et forme.
Une amitié au cœur du projet Au-delà des thèmes qu’ils explorent – amour, absence, parfois mort –, Lilly Wood & The Prick reste avant tout une histoire d’amitié qui dure depuis vingt ans. Malgré les zones d’ombre que leurs chansons peuvent évoquer, leur musique reste profondément lumineuse, solaire et dansante, à l’image du titre « Imagine ».
Le duo présentera Christina en ouverture du festival Garden Parvis, à Paris La Défense, ce jeudi 18 juin 2026. L’événement transformera pendant six semaines le plus grand quartier d’affaires d’Europe en scène musicale à ciel ouvert. Une manière, pour Lilly Wood & The Prick, de prolonger sur scène ce mélange d’énergie pop, de liberté et de contrepoints qui fait leur identité.