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Le choix musical de RFI

Le choix musical de RFI

著者: RFI
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Du lundi au vendredi, chaque matin, un journaliste vous parle des artistes qui font l’actualité des musiques de l’espace francophone, de l’Afrique et de ses diasporas. Vous pourrez y entendre plus largement des musiques du monde et du Sud, des musiques actuelles et urbaines qui sont au cœur de l’identité de RFI.

Diffusion 8h50, heure de Paris, 7h50 TU.

France Médias Monde
日次 音楽
エピソード
  • Avec «Soap Club Vol. 1», le Montréalais Waahli «honore son bagage culturel»
    2026/10/14

    Cela fait vingt ans qu'il arpente la scène hip-hop montréalaise : le Canadien Waahli vient de sortir son quatrième album, Soap Club Vol. 1. Après Black Soap, Soap Box et Soap Opera, l'artiste poursuit son exploration d'un hip-hop ouvert aux quatre vents, et où funk, kompa, électro et sonorités afrobeat se rencontrent joyeusement.

    Cela fait plus de vingt ans que Waahli sillonne la scène hip-hop québecoise, en solo aussi bien qu'avec son collectif Nomadic Massive... qu'on ne s'étonne pas donc si ce Soap Club fait de nouveau la part belle aux influences de ses débuts et à des couplets rappés en créole, en anglais, et en français.

    Comme pour accompagner la diversité de ces langues... des influences musicales très variées se bousculent sur les 13 pistes du disque. D'une chanson à l'autre, Waahli navigue du rap au funk, des sonorités afrobeats à l'électro, en passant bien sûr par le konpa hérité d'Haïti... et qui figure en bonne place sur Soap Club Volume 1.

    Des influences variées, dominées par Haïti

    Car l'héritage haïtien de Waahli occupe une place prépondérante sur le disque – par les sonorités donc, mais aussi par les mots. Si l'artiste chante en différentes langues, le créole haïtien emporte sa préférence. « J'ai grandi dans une famille haïtienne, pointe le chanteur. Cela fait partie de mon identité, et j'ai eu envie d'honorer ce bagage culturel là. »

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    C'est donc avec cette langue (dans laquelle il ambitionne « de devenir meilleur, car il y a toujours quelque chose à apprendre en créole haïtien ! ») qu'il rend hommage, sur « Sonje », aux mères de famille haïtiennes du quartier où il a grandi ; avec lui encore qu'il commémore Toussaint Louverture (« Lovèti »), l'une des figures les plus emblématiques de la révolution haïtienne. « Je répète plusieurs fois son nom, car je ne veux pas qu'on l'oublie, insiste Waahli. Lui rendre hommage me paraît important, surtout dans une période où Haïti, qui a une richesse folle, qu'on appelait la "perle des Antilles", traverse une situation aussi difficile. »

    Car Waahli, au-delà d'un chimiste qui s'amuse à mélanger les ingrédients dans son laboratoire musical, est aussi un artiste engagé. Dans ses textes, il alerte aussi bien sur le racisme systémique sur les réseaux sociaux devenus omniprésents, ou encore le réchauffement climatique : un engagement lié, dit-il, à son statut de « père de famille ». « Je pense beaucoup aux jeunes générations, confirme-t-il, à ce qu'on va leur laisser. Parfois, on est tenté d'être pessimiste, de se dire que tout cela ne sert à rien. Mais je ne veux pas basculer là-dedans. »

    Un album comme un rituel de purification

    De Black Soap à Soap Box, de Seven Bubbles à Soap Opera et maintenant Soap Club : depuis ses premiers projets en solo, Waahli cultive une saine obsession pour le savon. « Ça a commencé lorsque j'ai commencé à fabriquer mes propres savons parce que je n'en trouvais aucun qui me convienne, s'amuse-t-il. C'était au moment où j'ai lancé mon projet solo. Et ça m'a vraiment donné un boost de créativité. Depuis, cela me suit sur tous mes projets et c'est devenu quelque chose de conceptuel. »

    Mais au-delà de l'anecdote amusante, c'est aussi une quasi-philosophie. Sur son disque, Waahli édicte sept règles, dont la quatrième est qu'« on ne se nettoie pas que les mains, mais l'esprit aussi. Il y a une dimension spirituelle là-dedans, juge Waahli. C'est une forme d'invitation au soin de soi. À faire attention, aussi, à ce que l'on consomme, les informations notamment. » Une chose est sûre : consommer Soap Club Vol. 1, c'est forcément un remède.

    Soap Club Vol. 1 (Wyzah Musk Productions), sortie le 9 octobre 2026.

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    6 分
  • Entretien exclusif: Chuck D et John Densmore, le rappeur et le batteur, même combat
    2026/09/29

    Rencontre au sommet entre deux légendes, deux générations, deux univers : Chuck D, 66 ans et John Densmore, 81 ans. Ensemble, ils ont fondé le groupe doPE. Leur premier album, No Country for Old Man, mêle rimes radicales et beats psychédéliques. Entretien exclusif, à Santa Monica, en Californie.

    D'un côté, Chuck D, fondateur de Public Enemy, formation historique du rap politique et frontal américain, cogne fort dès la fin des années 1980 avec Rebel Without a Pause. De l'autre, John Densmore, batteur des Doors. Le tempo du légendaire groupe de rock californien, c'est lui. Ses baguettes se démarquent illico sur le titre « Break on Through (To the Other Side) », tiré de leur premier album sorti en 1967 ou il démarre par la bossa-nova et ça finit dans les spasmes du rock'n'roll.

    Tout commence par une rencontre entre les deux hommes au Record Store Day, événement sur la musique indépendante américaine. Puis, Chuck D, lui écrit ce mail : « Tu as les beats, j'ai les rimes. Faisons doPE » – do comme Doors, PE comme Public Enemy. Le groupe est né, No Country for Old Man voit le jour.

    À Santa Monica, près de Los Angeles, John Densmore raconte leur collaboration inédite : « J'ai été très inspiré par les textes de rap de Chuck D. Ils m'ont frappé par leur rythme et leur profondeur. Nous faisons de la musique différemment, mais nous partageons la même vision du monde. Ces douze chansons parlent du danger nucléaire et de la vitesse à laquelle notre société avance. Les gens n'ont plus le temps de s'arrêter. Il faut retrouver ce temps, méditer, écouter de la musique, sortir de cette course folle, de cette obsession pour les médicaments et de toutes ces fausses solutions miracle. Chuck D et moi, sommes âgés. Mais l'âge nous donne du recul. Alors il a trouvé le nom, No Country for Old Men. C'est génial, parce qu'il résume un peu qui nous sommes. Et j'espère qu'il existe quelque part un pays pour des vieux sages comme nous, qui avons encore une conscience. »

    Le titre éponyme No Country for Old Men est un manifeste, où le batteur octogénaire s'aventure même au micro, façon Bob Dylan, entre chant et parole.

    L'héritage de Jim Morrison

    Catastrophes, peurs, conflits... John Densmore joue avec notre goût très contemporain pour la fin du monde. Mais sa vraie boussole reste Jim Morrison, le chanteur des Doors, disparu à l’âge de 27 ans. « J'ai toujours une immense admiration pour les chansons de Jim Morrison. Elles sont intelligentes et, plus de cinquante ans plus tard, toujours d'actualité. Il avait compris que ce monde manquait cruellement d'humanité. »

    Et le même constat vaut pour l'Amérique d'aujourd'hui : « L'Amérique doit retrouver un chemin plus positif, s'ouvrir aux autres. Nous sommes venus ici d'Europe et nous ne respectons pas encore suffisamment les peuples autochtones chez nous. Nous devons débarrasser les États-Unis du racisme. Dans les années 1960, nous avons planté les graines des droits civiques, de la paix et du féminisme. Elles n'ont pas échoué : elles ont simplement besoin d'eau. Parfois, il faut du temps pour qu'elles portent leurs fruits. Alors, sortez vos tuyaux d'arrosage. N'abandonnez pas. »

    À 66 et 81 ans, Chuck D et John Densmore, ont un peu changé de registre musical, mais pas de combat.

    doPE – Chuck D et John Densmore No Country for Old Man (Org Music) 2026

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    7 分
  • Les frères guitaristes Hermanos Gutiérrez célèbrent les Andes dans l'album «Los Ojos del Condor»
    2026/09/30

    Après les déserts américains, puis les paysages cosmiques de leur précédent album Sonido Cósmico, les frères Hermanos Gutiérrez reviennent à leurs racines dans les Andes. Avec Los Ojos del Condor, leur huitième album, ce duo de guitaristes enrichi son univers instrumental de nouvelles sonorités sud-américaines, sans renoncer à cette musique contemplative et cinématographique qui a séduit des millions d'auditeurs à travers le monde.

    Les Hermanos Gutiérrez font une musique sans paroles, mais où les images abondent. D'un album à l'autre, le duo construit une œuvre instrumentale qui évoque les grands espaces américains, en écho aux bandes originales de westerns signées Ennio Morricone.

    Les frères, Alejandro et Estevan Gutiérrez nous entraînent avec ce nouvel album, Los Ojos del Condor, vers les sommets de la cordillère des Andes, où plane le condor, cet oiseau majestueux considéré dans plusieurs traditions autochtones d'Amérique du Sud comme un messager entre le monde terrestre et le monde céleste.

    Deux frères, deux guitares, un dialogue

    Nés d'une mère équatorienne et d'un père suisse, les deux musiciens ont développé un langage musical singulier fondé sur le dialogue inextricable de leurs guitares. L’aîné – avec son tatouage de cheval au galop sur la main droite – est reconnu pour son jeu de picking (le pincé de corde), tandis que le cadet moustachu, Estevan privilégie les effets de glissement au bottleneck et la guitare-percussion.

    La nouveauté de Los Ojos del Condor réside dans l'apparition de nouvelles couleurs musicales. Teinté de cumbia bolivienne ou de milonga argentine, l'album s'enrichit de sonorités andines grâce à l'introduction d'instruments traditionnels comme le charango, l'accordéon ou la flûte de Pan.

    Le succès inattendu d'une musique sans paroles

    Comment expliquer qu'un duo de guitares instrumentales, à la musique souvent mélancolique et contemplative, remplisse aujourd'hui les salles du monde entier et cumule des dizaines de millions d'écoutes sur les plateformes de streaming ?

    Sans doute parce que cette musique cinématographique laisse à chacun la liberté d'y projeter ses émotions sans aucune barrière linguistique, mais aussi parce que le marché des musiques instrumentales s’est considérablement développé avec le streaming ces dernières années.

    Les deux frères eux-mêmes parlent du tournant dans leur carrière qu’a été l’année 2020, pendant la pandémie de Covid-19. Plusieurs de leurs morceaux connaissent alors un extraordinaire succès en ligne, notamment Cerca de Ti ainsi que leur dernier album autoproduit Hijos del Sol.

    La rencontre décisive avec Dan Auerbach

    C'est dans ce contexte que Dan Auerbach, chanteur et guitariste du célèbre groupe de blues-rock américain The Black Keys, découvre presque par hasard les Hermanos Gutiérrez. Séduit par leur univers, il les invite à Nashville où ils enregistrent El Bueno y El Malo sur son label Easy Eye Sound,un album nominé aux Grammy Awards en 2023. De quoi leur ouvrir le marché américain et les grands festivals internationaux.

    En une décennie, ces deux frères qui avaient commencé par jouer dans des restaurants suisses comme musique d'ambiance ont réussi, sans dire un mot, à se forger une signature immédiatement reconnaissable.

    Los Ojos del Condor est disponible à la vente et sur les plateformes. Les Hermanos Gutiérrez seront notamment en concert au Zénith de Paris le 29 novembre prochain.

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