Le Rassemblement national 2027 est-il devenu pro-Ukraine?
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Certains y voient un nouveau revirement de ligne, d'autres pas du tout. Le RN, accusé d’être pro-russe par ses adversaires depuis longtemps, s’est distingué ces derniers jours en publiant un communiqué d’une inhabituelle fermeté à l’égard de Moscou.
Il est signé de Marine Le Pen et Jordan Bardella. C'est un communiqué publié samedi 19 septembre, au lendemain d’une réunion à l’Élysée où les chefs de partis avaient été conviés par Emmanuel Macron pour évoquer, entre autres, la menace hybride russe. Les deux têtes du Rassemblement national ne mâchent pas leurs mots : « Nous ne tolérerons jamais que la Russie espère dicter la politique de notre pays par l’intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique. »
Une rupture affichée avec le passéCette prise de distance sonne comme une rupture pour un parti ayant emprunté à une banque russe dans un passé pas si lointain, et dont la candidate avait été reçue il y a dix ans par Vladimir Poutine. Cette réputation fâcheuse doit être effacée à l’heure où les portes de l’Élysée s’ouvrent en grand pour l’extrême droite française. « Au seuil d’une présidentielle, il faut être ferme », assume un très proche de Marine Le Pen, se félicitant des effets du communiqué. Notamment une réaction négative venue de Dmitri Medvedev, ancien président russe. Dans un tweet, celui-ci qualifie le parti de Le Pen de « parti européen ordinaire », l’accusant de « russophobie et de soutien aux nazis ukrainiens ». « C’est pas trop tôt », en vient même à se dire un membre du parti à la flamme. « Ça nous rend évidemment service », ajoute un autre.
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Ambiguïtés, critiques et doutesToutefois, cela ne convainc pas vraiment les opposants au RN. Beaucoup, surtout chez les macronistes, dénoncent un double langage et une ambiguïté. Ils s’appuient notamment sur le point presse de Jordan Bardella et Éric Ciotti à la sortie de la réunion à l’Élysée, au cours duquel ils ont très peu évoqué la menace russe, voire dénoncé une dramatisation de la part d’Emmanuel Macron. Les adversaires du RN pointent aussi un faux soutien à l’Ukraine, notamment parce que Marine Le Pen dit ne plus vouloir soutenir financièrement Kiev, tout en proposant de l’aide matérielle et en plaidant pour une grande conférence pour la paix. Une formulation, il est vrai, pas franchement claire. En interne aussi, le parti s’interroge sur cette stratégie. Un élu assure ne pas « comprendre la manœuvre incompréhensible », qui ferait selon lui du RN un parti « mainstream ». Interrogation à froid également à l’extérieur du parti. Un ancien ministre, dubitatif, résume : « À la fois les pro-ukrainiens ne les croiront pas, et les pro-russes vous qualifieront de traîtres. » Mais ce positionnement flou ne serait-il au final pas le but recherché ? Une sorte de clair-obscur… comme un refuge.
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