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La Chine et l'Inde face à la guerre économique américaine contre l'Iran

La Chine et l'Inde face à la guerre économique américaine contre l'Iran

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L'Asie face aux menaces américaines de guerre économique contre les pays qui continuent à faire des affaires avec l'Iran. En particulier la Chine et l'Inde, tout deux récemment sanctionnés par Washington. Qui arrivera à tirer son épingle du jeu ? Pékin ne ne veut pas coopérer avec Washington contre Téhéran. Le président chinois Xi Jinping l'a fait savoir ce mercredi 25 août, par la voix de son ministère des Affaires étrangères et de son porte-parole Lin Jian. « La Chine, a déclaré Lin, s'oppose toujours fermement aux sanctions unilatérales illégales, sans fondement en droit international et pas autorisées par le Conseil de sécurité de l'ONU. La guerre économique et la pression maximale ne contribuent pas à résoudre les problèmes. » Une réaction quelques heures après les sanctions américaines contre des dizaines d'entreprises chinoises et les menaces de viser une « grande institution financière » de Pékin, en raison de ses relations avec Téhéran. La Chine prend donc très au sérieux l'opération nommée « Paria économique » lancée ce lundi 24 août par l'administration Trump. Il s'agit de déclencher un « D-Day », un Jour-J économique mondial, l'équivalent du débarquement du 6 juin 1944 en Normandie, selon les mots du secrétaire américain au Trésor Scott Bessent. Objectif : asphyxier l'Iran économiquement. Or, sans la coopération de Pékin, Washington n'y arrivera pas. Car la Chine est la bouée de sauvetage de l'Iran : elle lui achète 80% de son pétrole exporté par voie maritime, principalement par les « flottes de l'ombre », ces navires qui contournent les sanctions américaines en désactivant leurs systèmes de localisation et en naviguant sous de faux pavillon. Dilemme chinois La Chine se trouve face à un dilemme dans ce conflit qui oppose les États-Unis à l'Iran depuis six mois. D'un côté, Pékin souhaite que les hostilités continuent pour une raison simple : elles épuisent les ressources militaires américaines. Ces dernières semaines, les États-Unis ont redéployé vers le Moyen-Orient leur unique porte-avions basé en Asie. Donald Trump a réduit les exercices annuelles avec la Corée du Sud à cause des pénuries de stocks d'armement surutilisés contre l'Iran. Ce qui pourrait donner plus de latitude à Pékin pour affirmer ses ambitions en mer de Chine du Sud et autour de Taïwan, bien sûr. Mais d'un autre côté, Xi Jinping redoute que son pays ne devienne la cible de la nouvelle guerre économique américaine contre l'Iran. Parce que si l'administration Trump renforce encore les sanctions, la hausse des coûts de l'énergie touchera les bénéfices des entreprises chinoises puis le pouvoir d'achat des ménages, à mesure que ces effets se répercuteront sur le transport maritime, les coûts des matières premières et les prix à la consommation. Mauvais calcul de l'Inde L'autre puissance asiatique qui va subir l'opération américaine contre Téhéran, c'est l'Inde. New Dehli est aussi l'un des principaux partenaires commerciaux de Téhéran. L'Inde exporte en Iran du riz basmati, des fruits, des légumes et des produits pharmaceutiques. Elle importe des fruits secs, des produits pétrochimiques et des minéraux iraniens. La grande différence avec Pékin, c'est que New Delhi a cessé d'importer du pétrole iranien en 2019, après les premières sanctions américaines sur l'or noir de l'Iran. Et l'opération "Paria économique" lancée par Washington pourrait voir l'Inde réduire encore ses échanges commerciaux avec Téhéran. Dans le cadre leur opération, les États-Unis ont sanctionné 4 entreprises basées en Inde ce mardi 25 août et trois ressortissants indiens, en raison de leur implication présumée dans le commerce iranien de pétrole et de produits pétrochimiques. Face au conflit entre l' Iran et les États-Unis, l'Inde pourrait perdre beaucoup d'influence, alors que c'est le seul pays asiatique qui entretient de bonne relation à la fois avec l'Iran, l'Arabie saoudite, Israël et les États-Unis. Cette guerre, c'était pour l'Inde l'occasion d'être au centre du jeu. Au final, ce n'est pas le cas. New Delhi a parié sur la défaite de Téhéran, or, le régime iranien a survécu et le Pakistan, ennemi juré de l'Inde, est devenu le principal médiateur. Pire encore : les intérêts indiens dans le port iranien de Chabahar, les corridors de connectivité traversant l'Iran et les accords énergétiques préférentiels pourraient être renégociés par un régime iranien qui a des partenaires alternatifs : le Pakistan, mais surtout la Chine.
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