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L’odyssée photographique d’Alain Keler, quand l’histoire du monde rencontre la mémoire familiale

L’odyssée photographique d’Alain Keler, quand l’histoire du monde rencontre la mémoire familiale

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Honoré par une rétrospective aux Rencontres de la photographie d’Arles 2026, Alain Keler a su documenter les grands conflits du XXè siècle en créant des images d’actualité à hauteur d’hommes, de femmes et d’enfants. À l’heure du bilan en noir et blanc, son œuvre photographique révèle combien son histoire personnelle est connectée à l’histoire du monde. Un reportage de Maxime Grember. Le goût du voyage et les débuts d’un photoreporter Depuis plus de cinquante ans, Alain Keler regarde le monde à travers son objectif. Un monde qu’il a d’abord parcouru en photoreporter, au rythme de l’actualité et de ses bouleversements, avant de prendre le temps de s’arrêter, de revenir sur ses pas et, peu à peu, de tourner son regard vers sa propre histoire. Après ses années de lycée à Honfleur, en Normandie, Alain Keler apprend la technique photographique et travaille dans un laboratoire à la fin des années 1960. Avec ses premières économies, il achète deux appareils photo et un billet de train pour Istanbul. Ce premier départ marque le début d’une vie de voyages. Quelques années plus tard viennent New York, puis l’Amérique latine, où il est rémunéré pour la première fois comme photographe en 1974. De retour à Paris, Alain Keler entre en 1975 à l’agence de presse Sygma. Commence alors une quinzaine d’années de photojournalisme au cœur des grands bouleversements de son époque : la révolution iranienne en 1979, les grèves des chantiers navals de Gdansk en Pologne en 1980, la guerre du Liban en 1982, la famine en Éthiopie en 1985 ou encore les manifestations de la place Tiananmen à Pékin en 1989. Ses photographies font le tour du monde et sont publiées dans les grands magazines internationaux. Après la chute du Mur, prendre le temps de regarder À force de courir d’une actualité à l’autre, Alain Keler ressent une frustration grandissante : celle de devoir repartir trop vite, sans pouvoir rester suffisamment longtemps auprès de ceux qu’il photographie. La chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, marque un tournant. Derrière le rideau de fer, tout un monde vacille. Keler décide alors de prendre le temps. À partir des années 1990, il parcourt les pays de l’ancien bloc communiste à la rencontre des minorités ethniques et religieuses. De ce travail au long cours naît Vents d’Est, récompensé par le prix W. Eugene Smith, l’une des distinctions majeures de la photographie documentaire. Entre 2004 et 2005, une bourse de la fondation 3P, créée par Yann Arthus-Bertrand, lui permet de se rendre à plusieurs reprises en Israël et dans les Territoires Palestiniens. En photographiant ce territoire et ceux qui l’habitent, Alain Keler se rapproche, presque malgré lui, de sa propre histoire. Quand l’Histoire rencontre la mémoire familiale Du fracas de l’Histoire à la mémoire familiale, son regard change de distance. Après avoir photographié les guerres, les révolutions et les peuples menacés, Keler se tourne vers ses parents, ses origines et les traces laissées par l’histoire du XXè siècle dans sa propre famille. Membre de l’agence MYOP depuis 2008, il poursuit cette exploration de l’intime, notamment à travers la photographie et le documentaire. Une quête de mémoire qui devient aussi une histoire de transmission avec son fils Léo Keler, lui-même photographe. En 2024, père et fils reprennent ensemble la route en Allemagne, sur les traces du grand-père d’Alain, déporté à Buchenwald, et de l’itinéraire qu’il a parcouru lors des marches de la mort d’avril 1945. Transmettre, raconter ce que l’image ne dit pas Cette transmission passe aussi par les archives. Aujourd’hui encore, Alain Keler retourne à ses planches-contacts, exhume des photographies parfois oubliées et en raconte l'hors-champ : une rencontre, un voyage, les circonstances d’un déclenchement, tout ce que l’image, seule, ne dit pas. Un travail au long cours qu’il poursuit notamment sur son blog Journal d’un photographe et qui trouve en 2026 un nouvel écho à travers deux monographies et plusieurs expositions. L’odyssée photographique d’Alain Keler, quand l’histoire du monde rencontre la mémoire familiale, c’est un nouvel épisode documentaire de La marche du monde, signé Maxime Grember, produit par Valérie Nivelon et mis en ondes par Aurèle Charlieux. Remerciements : Alain Keler, Léo Keler, Thierry Grillet, Olivier Monge, Antoine Kimmerlin, le Planches Contact Festival de Deauville, l’Abbaye du Château de Vincennes, le laboratoire Dupont à Paris et les Rencontres de la photographie d’Arles. Photos : Portrait d'Alain Keler © Olivier Monge/MYOP Des Éthiopiens quittent le camp de Gondo à Korem, Éthiopie, 1985 © Alain Keler/MYOP Un pays entouré de murs, 2004 © Alain Keler/MYOP Israël, 2004 © Alain Keler/MYOP...
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