Kokou Ferdinand Makouvia, l'âme de la matière à la Biennale de Lyon
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À Lyon, Kokou Ferdinand Makouvia met la matière en mouvement au musée des Tissus. Remarqué à la Foire internationale d'art contemporain (Fiac) en 2021, l'artiste togolais investit la 18e Biennale d'art contemporain avec Tectonique des ombres, une installation monumentale dont les formes semblent chercher leur équilibre dans l'espace temps .
Pour Kokou Ferdinand Makouvia, la matière n'a rien de neutre. Bois, caoutchouc, papier, cuivre, il les assemble, jusqu'à les métamorphoser, et chacun garde ses cicatrices, ses souvenirs, parfois une puissance mystique qu'on peine à nommer. Son enfance togolaise et la culture mina nourrissent sa démarche, sans que l'artiste fige cette mémoire en image folklorique.
C'est précisément là que l'œuvre gagne en acuité. Elle parle d'héritage autant que de déplacement dans un monde qui ne cesse de bouger. A la fois tendu et poétique, son assemblage alterne objets détournés, sculptures polymorphes et vestiges des jours révolus. Le visiteur n'est pas laissé sur le seuil non plus. car il y circule, pouvant changer d'angle et découvrir ses œuvres sous des éclairages toujours renouvelés. Et surtout, l'artiste développe un processus de création collaboratif pour impliquer le public.
Son choix artistique multi-supports, trouve un écho dans l'intitulé de la Biennale de Lyon, « Passer d'un rêve à l'autre », consacrée aux circulations, aux échanges et à l'économie au sens large. Avec Kokou Ferdinand Makouvia, le passage s'opère d'abord dans la matière, entre ce qui subsiste et ce qui se transforme. C'est sans nul doute, le plus frappant dans Tectonique des ombres. Le Togolais ne raconte pas uniquement la mémoire, il lui donne chair. Et même une âme.
La Biennale d’art contemporain de Lyon se tient jusqu’au 13 décembre 2026.
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