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Jean-Noël Barrot: «Ce qui se passe en Cisjordanie est scandaleux et indigne»

Jean-Noël Barrot: «Ce qui se passe en Cisjordanie est scandaleux et indigne»

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À l’occasion de la Fabrique de la diplomatie, événement annuel organisé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères consacré aux relations internationales et aux coulisses de la diplomatie, Jean-Noël Barrot a accordé un entretien à RFI. Dans cette interview, le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères est interrogé sur les grands sujets de l'actualité internationale. Il dénonce notamment « l’explosion de violence inédite » en Cisjordanie occupée, de la part de colons israéliens. Le ministre revient aussi sur la tension croissante avec la Russie et déclare à RFI qu'à chaque fois que « Vladimir Poutine a testé les limites des Européens, il a rencontré la fermeté et l'unité » de ces derniers. Il répond aux questions de Clotilde Dumay. RFI : Nous enregistrons cet entretien dans le cadre de la Fabrique de la diplomatie, un événement qui dure jusqu'à ce samedi 5 septembre à Paris, qui est ouvert au public, qui réunit des chercheurs, tous ceux qui travaillent dans le milieu de la diplomatie, pour essayer de faire un peu mieux découvrir ce monde. Pourquoi est-ce important, peut-être plus d'ailleurs en période de campagne électorale en France ? Jean-Noël Barrot : C'est important parce que la diplomatie, c'est l'affaire de tous, des Françaises et des Français, des jeunes, des étudiants. C'est pourquoi, l'année dernière, on a voulu organiser la première édition de cette fabrique qui réunit plusieurs centaines d'intervenants, qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de participants l'année dernière. On attend une affluence similaire cette année, avec une deuxième édition placée sous le thème de la Fabrique de la paix, considérant qu'en 2025, on a atteint le record de conflictualité dans le monde du nombre de conflits armés auxquels participe un État depuis 1946 et qu'il est impératif de retrouver une manière de fabriquer la paix. Vous avez aussi annoncé vendredi 5 septembre que la France allait abandonner la projection cartographique dite « de Mercator ». Cela va permettre d'apporter une meilleure représentation de certains pays du Sud, notamment de l'Afrique. Pourquoi faire cette annonce et ce choix ? Parce que la fabrique de la paix commence dans les esprits. C'est une question de récit et de perception du monde. Le problème, c'est qu'effectivement, on a utilisé des cartographies par habitude, pendant des siècles, qui avaient tendance à déformer les proportions des continents les uns par rapport aux autres. C'est le cas de cette cartographie dite « de Mercator », qui initialement a été conçue pour la navigation, dont le grand avantage est de permettre la navigation à cap constant. Mais elle a le gros inconvénient de faire apparaître les États-Unis, la Russie et la Chine comme beaucoup plus gros qu'ils ne le sont, relativement à l'Asie du Sud-Est, à l'Afrique ou à l'Amérique du Sud. Nous avons besoin de regarder le monde en vérité, et c'est pourquoi le ministère des Affaires étrangères – qui a vocation à diffuser les récits ou les récits pour opposer à ceux qui voudraient nous assigner, nous enfermer dans des logiques de blocs, des récits alternatifs – va faire évoluer l'usage de ces cartographies pour ne plus utiliser la représentation dite « de Mercator » par défaut, mais pour utiliser, selon les usages, les cartographies qui seront les plus adaptées, telles que les scientifiques et les cartographes nous les auront indiquées. J'ajoute que c'était l'une des annonces de cette Fabrique. La deuxième, c'est cet appel à une nouvelle culture de la paix qui a été lancé par 145 jeunes venus du monde entier qui, pour la première fois à l'Unesco hier, ont exprimé leurs revendications pour que le 21e siècle ne soit pas larvé par la guerre, mais qu'ils puissent ouvrir les nouveaux chemins vers la paix qui commence dans les esprits. On parle beaucoup des tensions croissantes entre la Russie et l'Allemagne. La Russie a décidé de fermer des centres culturels allemands, l'Allemagne va fermer le dernier consulat russe sur son territoire à Bonn. Pour la première fois cette semaine, l'Allemagne a officiellement attribué à la Russie la responsabilité d'une attaque hybride sur son sol. Cela concerne les deux drones explosifs retrouvés à l'aéroport de Leipzig. Vous avez convoqué le chargé d'affaires russe, le bras droit de l'ambassadeur russe, pour exprimer « votre protestation la plus vive », selon vos termes. Est-ce à la hauteur de ce que l'Allemagne qualifie clairement de guerre hybride ? Ne faut-il pas aller plus loin désormais ? C'est-à-dire ? De nouvelles sanctions pourraient-elles être prises ? Ne tombons pas dans le piège de Vladimir Poutine et ne donnons pas raison à ses mensonges. Un cap a été franchi cette semaine ? Et la réponse a été immédiate, très ferme de la part de l'Allemagne et très unie de la part de tous les Européens. ...
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