エピソード

  • «Abdallah Superstar» d'Iman Ahmed: «Mon père est au cœur de ce moment de création complètement dingue»
    2026/10/03

    « Abdallah Superstar », c’est le titre du premier livre de l’autrice Iman Ahmed. Un ouvrage qui vous plonge dans la ville de Djibouti dans les années 90 et qui raconte une ville musicale, nocturne, car le père d’Iman Ahmed, ingénieur du son, a participé à la naissance d’un courant musical, a collaboré avec des groupes, notamment Dinkara dans lequel chantait Abdallah Lee, le fameux « Abdallah superstar ». Iman Ahmed est notre grande invitée Afrique ce samedi, elle répond à Guillaume Thibault.

    ►L’un des titres du groupe de Djibouti Dinkara, groupe que l’on découvre ou redécouvre dans l’ouvrage d’Iman Ahmed « Abdallah Superstar ».

    ► « Abdallah superstar »

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  • Guerre au Tigré: «Rien ne prouve que le TPLF trouvera l'appui populaire nécessaire à toute guérilla»
    2026/10/06
    En Éthiopie, c'est un Premier ministre chef de guerre qui a été reconduit à son poste, lundi, par le Parlement d'Addis-Abeba. En effet, depuis deux semaines, Abiy Ahmed affronte une alliance de sept groupes armés rebelles, qui compte dans ses rangs le redoutable Front de libération du peuple du Tigré, le TPLF. Et pour ne rien arranger, le Premier ministre éthiopien est à présent en conflit ouvert également avec son voisin du Nord, l'Érythrée. Abiy Ahmed a-t-il quand même des cartes en main ? René Lefort est chercheur indépendant et spécialiste de la Corne de l'Afrique. Il répond à Christophe Boisbouvier. RFI : est-ce que les sept groupes armés qui se sont alliés contre le pouvoir central vous paraissent en mesure de renverser le régime du Premier ministre Abiy Ahmed ? René Lefort : écoutez ces sept groupes armés, on ne sait pas exactement quel est le degré et l'avancement de leur alliance. Les trois principaux étant évidemment les rebelles du Tigré, les rebelles de la région Amhara, les Fano, et les rebelles de la région Oromo, l'Armée de Libération Oromia. Alors ce qui est très important, c'est que le grand mouvement d'opposition oromo, le Front de libération Oromo, a désavoué cette alliance. Ce qui fait donc que pour l'Armée de Libération Oromia, la position de la population va être un facteur important. En tous les cas, ce qu'on a constaté et qui, je crois quand même a pas mal surpris, c'est que depuis le début de la guerre, seuls les Tigréens sont intervenus de façon significative. Alors, de 2020 à 2022, il y a déjà eu un conflit meurtrier entre les rebelles tigréens du Front de libération du peuple du Tigré, le TPLF, et le pouvoir central, on estime que la totalité des massacres ont causé la mort de 600 mille personnes, à l'époque, c'est le pouvoir central qui a gagné avec l'aide de son voisin érythréen. Mais cette fois ci, l'Érythrée a changé de camp. Elle soutient les rebelles tigréens. Est-ce que cela ne peut pas changer la donne ? D'abord, en 2022, quand l'accord a été conclu, l'accord de Pretoria, on ne peut pas dire que c'était une victoire de l’armée confédérale. C'était un match nul parce que d'un côté, le confédéral qui voulait éliminer le Front populaire de libération du Tigré n'a pas réussi à l'éliminer. Il a conclu l'accord avec lui. Et de l'autre côté, le Front populaire de libération du Tigré, qui voulait avoir la peau d’Addis Abeba, ne l'a pas eue. Donc en fait, on a arrêté les combats. Mais dans les accords de Pretoria, l'Érythrée n'était pas convoquée. Elle a été furieuse parce qu'elle a estimé que le travail n'était pas fini, qu'il aurait fallu aller plus loin et éliminer le Front populaire de libération du Tigré. Et de fil en aiguille, ils ont complètement renversé l'alliance. Est-ce que ça va changer la donne ? Jusqu'à maintenant en tous les cas, les Érythréens ont certainement fourni au FPLT de l'aide militaire. Est ce qu’ils ont aussi directement participé au combat, ça se dit mais ça n'est pas prouvé. D'après les informations que j'ai eues hier matin, qui viennent de certaines personnes du terrain, donc ça n'a absolument pas valeur de preuve, les troupes érythréennes seraient entrées dans le nord du Tigré, dans la région de Adigrat, la grande ville du Nord, avec des divisions mécanisées. Pourquoi est-ce qu’aujourd'hui, l'Érythrée est rentrée ou serait-elle rentrée au Tigré ? L'avenir le dira. Oui parce que vous constatez que, pour l'instant, avec la prise de Mekele, c'est le pouvoir central d'Addis-Abeba qui a le dessus ? Alors il y a deux points très importants. D'abord, le pouvoir central a écrasé littéralement la rébellion tigréenne dans une guerre conventionnelle. Là-dessus, les Tigréens disent : Oui mais vous savez, nous, défendre Mekele qui risque d'être bombardé, ce n’est pas possible, on s'en va et on va se lancer dans ce qu'on appelle une guerre mobile, c'est-à-dire monter une guérilla au Tigré. Seulement, le grand problème, c'est que pour monter une guérilla, il faut avoir un soutien populaire. Or, la population, elle, est totalement épuisée parce qu'elle a souffert incroyablement du blocus imposé par Addis-Abeba. Pas d'essence, pas de transfert bancaire, pas de paiement des salaires, pas de médicaments. Enfin vraiment une situation dramatique. Il y a aujourd'hui 3,9 millions de Tigréens qui sont dans un besoin d'une aide d'urgence alimentaire. C'est le premier point. Le deuxième point, c'est que le Front populaire de libération du Tigré est complètement discrédité. Il est miné par des conflits internes. Rien ne prouve que le TPLF trouvera l'appui, la mobilisation populaire sans laquelle aucune guérilla ne peut exister. Alors, ce 4 octobre, à El-Alamein, en Égypte, se sont rencontrés les chefs d'État de l'Égypte, du Soudan, de l'Érythrée, de la Somalie. Est ce qu'on peut parler d'une nouvelle ...
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  • Mali: à Kidal, «l'armée a récupéré un territoire, elle n'a pas battu son adversaire»
    2026/10/07
    Au Mali, la junte du général Goïta a réussi hier mardi à reprendre la ville de Kidal, qu'elle avait perdue il y a six mois au bénéfice des rebelles touaregs du FLA, le Front de libération de l'Azawad. Les Forces armées maliennes et leurs alliés russes sont entrés sans combat, hier midi, dans la grande ville de l'extrême-nord du pays. Est-ce pour autant la fin de la guerre ? Bakary Sambe est le directeur du Timbuktu Institute. Il est aussi enseignant chercheur à l'Université Gaston Berger de Saint Louis du Sénégal. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Bakary Sambe, est-ce que vous êtes surpris par la reprise de Kidal par les Forces armées maliennes et leurs alliés russes ? Bakary Sambe : Oui, l'annonce d'un convoi de l'armée malienne parti d'Anéfis qui entre à Kidal, sans un coup de feu. Et en face, on nous présente les FLA qui tenaient la ville depuis fin avril avec les djihadistes du JNIM et qui ont plié bagages, en parlant de repli stratégique, cela a été une surprise, notamment si l'on sait, ces derniers temps, les revers qu'avait subis l'armée malienne, notamment la terrible attaque de Dioura. Donc c'est une reprise sans combats, ni populations, d'après les informations que nous avons, mais une reprise qui signale un rapport de forces aérien favorable à l'armée plus qu'une défaite militaire du FLA pour le moment. Voulez-vous dire que c'est la supériorité aérienne des Forces armées maliennes et de leurs alliés russes qui a joué le plus ? Absolument. Oui, on peut se dire que c'est une victoire de l'armée malienne, en tout cas annoncée. Mais attention à ne pas confondre reprendre une ville et gagner une guerre. L’armée a récupéré un territoire, elle n'a pas battu son adversaire. Le FLA s'est retiré avant le choc en affirmant avoir gardé ses hommes et son matériel. C'est la vieille règle des insurrections, il ne faut pas l'oublier. Face aux drones et aux avions, on ne reste pas pour se faire écraser. On se fond dans le désert et on revient plus tard. Ce sont d'ailleurs des frappes aériennes qui ont rendu la ville intenable. Et puis il y a le grand absent du communiqué du FLA, le Jnim. Or, c'est celui-ci aujourd'hui qui est la menace numéro un. Et Dioura l'a rappelé de façon très brutale il y a quelques semaines. Donc le contrôle territorial est rétabli d'après le communiqué, mais l'adversaire semble rester intact. L'équilibre militaire n'est pas fondamentalement modifié. D'après les informations dont nous disposons actuellement. À lire aussiAu Mali, la reprise de Kidal «consolide» la Transition Il y a six mois, quand les rebelles Touaregs du FLA se sont emparés de Kidal, l'Algérie était brouillée avec le pouvoir central de Bamako. Mais depuis quelques semaines, Alger s'est rapprochée de la junte malienne. Est-ce que cela a pu compter dans le succès rencontré hier par les Forces armées maliennes et leurs alliés russes ? Si on prend en compte le contexte, c'est que la brouille entre Bamako et Alger remontait à avril 2025, quand l'Algérie avait abattu un drone militaires malien près de la frontière. Et la dégradation avait commencé dès 2024 avec le retrait du Mali de l'accord de paix de 2015. Puis il y a eu l'événement du 10 juillet 2026, où le Mali avait annoncé le retour de son ambassadeur à Alger et la réouverture de son espace aérien aux vols liés à l'Algérie, avec des mesures réciproques côté algérien. Maintenant, quel rapport avec cette reprise annoncée de Kidal ? Aucune source ne prouve un lien direct à l'instant. Mais la géographie parle d'elle-même. Kidal est collée à la frontière algérienne et l'Algérie a longtemps été un espace de repli, de contact et de médiation pour les mouvements de l'Azawad. D'ailleurs, dès juillet, certains observateurs estimaient que les rebelles de l'Azawad pourraient perdre du terrain avec cet alignement. Donc moins d'arrières cours pour ces forces-là, moins de marge de manœuvre. Et Alger qui redoute l'instabilité à sa porte pourrait bel et bien revenir dans le jeu comme médiateur. Ce qui veut dire que la normalisation avec Alger réduit potentiellement la profondeur stratégique des rebelles et fait de l'Algérie un acteur clé de toute sortie de crise aujourd'hui au Mali. Et est-ce qu'on peut dire clairement que les Algériens ont aidé les rebelles à prendre Kidal il y a six mois et qu'ils ont changé de camp cette semaine, au vu du rapprochement entre les présidents Abdelmadjid Tebboune et Assimi Goïta ? Sans pouvoir le dire ainsi, la réconciliation, en tout cas, le retour à la normalité dans les relations entre Alger et Bamako, ce retour-là a fait que les rebelles du FLA, mais aussi les groupes extrémistes tels que Jnim, ont pu perdre en profondeur stratégique. Et aujourd'hui, cela se voit dans ce qui est annoncé, comme une reprise de la ville stratégique de Kidal. Sur le plan politique, Bakary Sambe, ...
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  • RDC: «Le pic de l'épidémie Ebola est derrière nous», selon le ministre congolais de la Santé
    2026/10/15
    « Oui, le virus Ebola se déplace vers la province du Nord-Kivu, mais le pic de l'épidémie est derrière nous et nous espérons le lancement d'un vaccin d'ici deux mois », déclare ce jeudi 15 octobre sur RFI le ministre congolais de la Santé publique, de l'Hygiène et de la Prévoyance sociale. En ligne de Kinshasa, le ministre Samuel Roger Kamba, qui est aussi médecin pédiatre, répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : À ce jour, combien de cas Ebola et combien de décès dus à Ebola sont enregistrés dans votre pays ? Samuel Roger Kamba : Nous sommes au-delà de 9 000 cas et au-delà de 4 300 décès. On est autour d'une mortalité de 48,2 %. C'est-à-dire que, malheureusement, près d’un patient sur deux décède ? À peu près oui. Est-ce à dire, Monsieur le ministre, que le pic de l'épidémie n'est toujours pas atteint ? Non, cela n'a rien à voir. Le pic, c'est le nombre de nouveaux cas par jour, le plus élevé que nous avons, et le nombre de décès par jour, le plus élevé. Alors, au plus haut de l'épidémie, nous avons atteint à peu près 120 nouveaux cas par jour et nous avons atteint à peu près 50 décès par jour. Et donc, actuellement, nous sommes autour de 50 à 70 cas nouveaux par jour. C'est pour cela que nous disons que le pic est dépassé parce que ce sont des données qui sont consolidées sur plusieurs semaines, ce ne sont pas des données journalières. Donc, quand nous disons que le pic est passé, cela ne veut pas dire que l'épidémie est passée. Cela veut dire que le nombre de nouveaux cas a baissé et le nombre de décès par jour a baissé et est en train de baisser. C'est pour ça que nous disons que le pic est passé. Alors, plusieurs ONG, dont Médecins sans Frontières, affirment qu'après la province de l'Ituri, il y a maintenant une flambée de l'épidémie dans la province du Nord-Kivu. Est-ce que vous le confirmez ? Je le confirme. Vous savez, la particularité de cette épidémie, c'est la mobilité. On voit que cette épidémie a commencé malheureusement dans une zone minière, qui est la zone de Mongbwalu, en Ituri. Et cette zone minière a bien entendu, comme toutes les mines, beaucoup de personnes qui viennent y travailler sans nécessairement résider de manière permanente dans la zone. Mais la conséquence est que, dès qu'elles tombent malades, qu'est-ce qu'elles font ? Elles essaient de rentrer chez elles. Et c'est ça qui a fait que l'épidémie s'est répandue très, très vite dès le départ. Parce que dans la zone de Mongbwalu, on trouve beaucoup d'habitants du Nord-Kivu qui viennent travailler, bien sûr comme commerçants ou comme mineurs. Dès qu'elles tombent malades, ces personnes rentrent chez elles et c’est donc difficile à suivre. La deuxième chose, c'est que cette épidémie est arrivée en Ituri, qui est un carrefour commercial très important, et donc les foyers qui sont très actifs sont à la frontière entre le Nord-Kivu et l'Ituri. Et effectivement, on a plus de nouveaux cas maintenant au Nord-Kivu qu’en Ituri. C'est pour ça que ces ONG disent - elles ont raison - que l'épidémie, en termes d'épicentre, s'est déplacée vers le Nord-Kivu. Maintenant, quand je dis, moi, que le pic est dépassé, c'est que je compte le nombre total de nouveaux cas par jour, que ce soit dans le Nord-Kivu et dans l'Ituri. Et quand on compare au taux que je vous ai dit tout à l'heure, on était autour de 120 nouveaux cas par jour, aujourd'hui, on est entre 50 et 70 nouveaux cas par jour. C'est variable. Il y a des jours où on a beaucoup plus et des jours où on a beaucoup moins, mais lissé sur trois semaines, on est entre 50 et 70 nouveaux cas par jour. Et c'est pour ça que nous disons que le pic est derrière nous. Mais c'est aussi pour cela que nous disons que le Nord-Kivu est l'endroit que nous regardons avec plus de vigilance maintenant, notamment trois endroits à Beni, à Butembo et Katwa. Ce sont des endroits que nous regardons avec beaucoup, beaucoup de vigilance maintenant. D'ailleurs, notre incident manager, le professeur Ahuka, est sur place à Beni parce que nous voulons absolument stopper cette épidémie là-bas. Prenons le cas, justement, de ces deux grandes villes du Nord-Kivu que sont Beni et Butembo, et qui sont sous le contrôle gouvernemental. Est-ce que vous y avez à présent suffisamment de personnel congolais et international, et suffisamment de matériel et de centres de soins ? Absolument. Et sur place, à Beni, nous avons mis le laboratoire pour pouvoir diagnostiquer le plus rapidement possible. Nous avons mis les équipes de traitement. Parce que vous savez que maintenant nous utilisons un protocole qu'on appelle protocole Meuri, qui nous permet effectivement d'utiliser des médicaments déjà connus comme le Remdésivir. Ce médicament montre des résultats très positifs quand on le donne aux malades rapidement, sans qu'il soit déjà trop tard, et quand on le donne aux ...
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  • Rupture entre Sonko et Diomaye Faye au Sénégal: «Le pouvoir présidentiel ne se partage pas»
    2026/10/09
    Au Sénégal, un bras de fer oppose toujours le président Bassirou Diomaye Faye et l'ex-Premier ministre Ousmane Sonko. Arrivés au pouvoir ensemble en avril 2024, ils ont rompu le 22 mai dernier. Est-ce seulement le choc des ambitions ou y aura-t-il un gagnant à la fin ? Maurice Soudieck Dione, professeur de science politique à l’université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal, répond aux questions de RFI. RFI : Au mois de mai dernier, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko se sont accusés mutuellement d'être responsables de la rupture. Quel est le plus responsable des deux aux yeux de l'opinion sénégalaise ? Maurice Soudieck Dione : Je crois que les avis peuvent être partagés. Pour certains, c'est Ousmane Sonko qui est victime de trahison parce qu’il a participé à l'élection du président Bassirou Diomaye Faye. Il a soutenu sa candidature et appelé à voter pour lui. Alors que pour d'autres, le pouvoir présidentiel ne se partage pas, ce n'est pas un canapé, c'est un fauteuil, et que notre charte fondamentale donne l'essentiel des pouvoirs au président de la République. Donc celui-là ne peut pas avoir de chef. Autre chose également, c'est que face à la réalité de la crise économique et face à la réalité politique de l'impossible bicéphalisme, le président a été obligé de prendre cette décision, c'est-à-dire acter la rupture. Alors au début de cette année, les deux hommes s'opposaient notamment sur la façon de résorber la dette colossale du Sénégal. Car Ousmane Sonko ne voulait pas entendre parler d'un accord de financement avec le FMI. Maintenant que Bassirou Diomaye Faye a signé un tel accord, est-ce que les Sénégalais ne vont pas subir un gel des dépenses sociales, ce qui va coûter des voix au président ? C'est vrai que cela pourrait profiter à Ousmane Sonko, dans la mesure où certains estiment que, lorsqu'il était aux affaires, le coût des denrées avait été maîtrisé et le coût du carburant et de l'électricité également. Mais cela ne résiste pas à une analyse plus profonde, parce qu'en réalité, c'est la dégradation de la situation économique qui exige que l'on puisse aboutir à ces mesures-là. Depuis quelques semaines, les coupures d'électricité se multiplient à Dakar. Alors à qui les Sénégalais vont-ils reprocher la mauvaise gestion de la société Senelec ? Plutôt à Bassirou Diomaye Faye ou plutôt à Ousmane Sonko ? Je pense que c'est une situation qui résulte de responsabilités partagées, parce que le Premier ministre Ousmane Sonko a eu à gérer la Primature pendant deux ans. Donc il ne peut pas être totalement absous par rapport au bilan pendant de ces deux ans là. Et on est dans la continuité un peu de ce qui a été fait jusque-là. Alors, depuis la rupture entre les deux hommes, les partisans de Bassirou Diomaye Faye ont créé un nouveau parti, Kiiraay. Mais le Pastef d’Ousmane Sonko s'efforce de garder intacte sa force militante. De quel côté est la plus forte dynamique à l'heure actuelle ? Il est difficile d'apporter une réponse précise parce qu'en réalité, les partisans d'Ousmane Sonko sont en train de se remobiliser à travers la vente des cartes du Pastef, mais également le président Bassirou Diomaye Faye, à travers Kiiraay, est en train de ratisser large pour capter beaucoup de forces politiques et sociales, et son parti semble de plus en plus attractif. Mais quoi qu'il en soit, ce sont les élections qui vont permettre de saisir ce que pèse chacun d'entre eux. Et est-ce que le nouveau parti Kiiraay arrive à débaucher des militants au sein du Pastef ou pas ? Kiiraay a eu à prendre beaucoup de responsables et de militants du Pastef. Mais il reste aussi que Pastef a beaucoup résisté face à cette vague de départs. Mais surtout, le Kiiraay est en train de s'ouvrir à d'autres forces politiques, notamment les maires et les présidents de conseil départemental, qui jusque-là étaient de la coalition de l’ancien président Macky Sall, c'est-à-dire la coalition Benno Bokk Yakaar. Et bien sûr, tout le monde pense déjà à la présidentielle de 2029. Le 19 septembre dernier, lors de la pose d'une première pierre en Casamance, Ousmane Sonko s'est retrouvé aux côtés de la star Sadio Mané et lui a lancé, sur le ton de l'humour « Le football, c'est toi, mais la politique, c'est moi ». Est-ce à dire que Ousmane Sonko annonce déjà sa candidature pour 2029 ? Oui, c'est très clair. D'ailleurs, ses partisans estiment qu'il est déjà candidat. Il est positionné pour cette échéance électorale. Et cela montre aussi que ses divergences avec le président de la République sont basées sur cette contradiction de leurs ambitions politiques. Car Bassirou Diomaye Faye, d'après l'opinion sénégalaise, sera aussi candidat en 2029 ? Tout porte à le croire, parce que ses partisans estiment que ce qu'il a entamé avec le premier mandat, il doit le poursuivre avec...
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  • Agnès Callamard: avec Navi Pillay, «le comité Nobel n'aurait pas pu choisir quelqu'un de plus important»
    2026/10/10

    Le prix Nobel de la paix a été attribué hier, vendredi 9 octobre, à la Sud-Africaine Navanethem « Navi » Pillay, juge passée par les plus grandes institutions internationales, dont le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Dans un contexte de fortes tensions autour de la justice internationale qui est de plus en plus contestée, que vient récompenser ce Nobel et quel signal envoie-t-il ? Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, était avec Navi Pillay à Nuremberg, en Allemagne, au moment de l’annonce. Elle répond aux questions de Clothilde Hazard.

    À lire aussiLe prix Nobel de la paix 2026 décerné à la Sud-Africaine Navanethem «Navi» Pillay

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  • Madagascar: «On ne voit pas actuellement comment il pourrait y avoir des élections à la fin 2027»
    2026/10/12
    À Madagascar, voilà un an que les militaires ont pris le pouvoir à la suite d'une vague de manifestations du mouvement Gen Z. Où en est aujourd'hui la transition politique ? Est-ce que les élections générales auront vraiment lieu d'ici un an, comme promis ? Et jusqu'où le nouveau régime s'est rapproché de la Russie de Vladimir Poutine ? Thierry Vircoulon, chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (Ifri), répond aux questions de RFI. RFI : Où en est la transition politique, un an après l'arrivée au pouvoir des militaires ? Thierry Vircoulon : La transition politique à Madagascar s'est assez largement enlisée puisque le calendrier qui avait été émis par les autorités de transition prévoyait une transition en trois étapes. Une concertation nationale, première étape, un référendum constitutionnel, deuxième étape, et puis les élections générales à la fin. Et on voit qu'en fait, le calendrier a glissé puisque normalement la concertation nationale aurait déjà dû être terminée. Or, elle semble à peine commencée depuis la fin du mois de septembre, et encore, on n'en est pas très sûr, et on voit que le colonel Michael Randrianirina a promis des élections à la fin de 2027 et que, évidemment, ces élections sont conditionnées par l'accomplissement de la concertation nationale et d'un référendum constitutionnel. Et donc on ne voit pas actuellement comment il pourrait y avoir des élections à la fin 2027 vu le retard considérable qui a été pris dans ce calendrier. L'un des changements les plus visibles depuis un an, c'est le rapprochement de Madagascar avec la Russie. Est-ce à dire que la Grande île est tombée dans l'orbite de Moscou ? Non, ce serait excessif de dire ça. Mais ce qu'on peut dire, c'est que Moscou déploie tout son écosystème d'influence à Madagascar dans la mesure où, depuis le mois de décembre 2025, la Russie a envoyé des instructeurs militaires, elle a déployé du monde dans le secteur sécuritaire, dans le secteur aussi économique et puis dans les secteurs culturels, avec la création d'une maison russe à Antananarivo, avec le développement des partenariats entre des médias russes et des médias malgaches, et puis même l'autorisation de l'implantation de l'Église orthodoxe à Madagascar. Donc, on voit l'écosystème d'influence habituelle de Moscou se mettre en place dans la Grande île. Est-ce que le principal avantage offert par Moscou, ce n'est pas tout simplement le fait que le colonel Michael Randrianirina bénéficie à présent d'une escorte de paramilitaires russes d'Africa Corps, qui assure sa sécurité personnelle ? Ça a été en effet le point d'entrée de la Russie, c'est-à-dire la sécurisation du régime. Et on sait que c'est le point d'entrée de la Russie dans la plupart des régimes africains. Ils proposent un partenariat sur la sécurité. Donc le colonel, en effet, est en partie sécurisé par des éléments russes. Mais au-delà, on voit que Moscou ne se contente pas du secteur de la sécurité et que la Russie essaie de se développer aussi dans le champ économique, avec beaucoup de Russes qui prospectent divers secteurs économiques dans la Grande île. Et la France, quels sont les atouts qui lui restent dans la Grande Ile ? La France essaie de maintenir ses positions depuis que la Russie s'est rapprochée du régime. Elle essaye d'intensifier sa coopération aussi dans le secteur sécuritaire, avec en effet des formations et puis des exercices militaires conjoints entre forces françaises et forces malgaches. Et dans le domaine économique aussi, où un certain nombre de projets prioritaires ont été identifiés. Il y a notamment des échanges entre le secteur privé français et le secteur privé malgache pour soutenir ses positions. À la suite d'une visite éclair de la ministre française de la Défense à Antananarivo il y a quelques jours, la France s'engage à livrer plusieurs dizaines de drones de surveillance pour lutter contre la pêche illégale. Est-ce une façon de rester présent sur le terrain sécuritaire ? Oui, les drones étant devenus le gadget le plus à la mode de tout arsenal militaire, il y a l'idée de les employer pour la pêche illégale. Ça peut être aussi employé pour surveiller les problèmes de vol de bétail dans le sud du pays. Enfin, il y a plusieurs problèmes de sécurité qui peuvent nécessiter des drones. Le drone, c'est surtout un produit d'appel et ce n'est pas la solution des problèmes sécuritaires. Alors, dans un an, officiellement, les élections doivent clôturer la transition. Or, en avril dernier, lors d'une rencontre à Moscou, la présidente de la Commission électorale de la Russie a offert ses services au président de la Commission électorale de Madagascar. Que faut-il en penser ? Le problème pour le moment, c'est, je le disais tout à l'heure, le caractère irréaliste du calendrier. Entre toutes les ...
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  • La visite de Felipe VI à Ceuta «permet de réaffirmer l'unité territoriale au-delà des clivages politiques»
    2026/10/13
    Le Roi d'Espagne Felipe VI débute ce mardi une visite de deux jours dans les enclaves de Ceuta et Melilla, située au Nord du Maroc, un peu plus de deux mois après la crise migratoire où des dizaines de milliers de personnes ont franchi la frontière. Quels sont les enjeux de cette visite historique, la première depuis 2007 ? Qu'en est-il des relations diplomatiques entre Rabat et Madrid ? Sara Benjelloun, docteure en sciences politiques et expertes des questions migratoires, répond aux questions de Sophiane Amazian. RFI : Sarah Benjelloun, le roi d'Espagne Felipe VI entame ce 13 octobre 2026 une visite de deux jours dans les enclaves de Ceuta et Melilla. Deux mois après la crise migratoire qui a vu près de 70 000 personnes, pour la plupart marocaines, franchir la frontière, pourquoi le roi d'Espagne décide de se déplacer maintenant ? Sarah Benjelloun : Nous sommes face à une visite qui a été initialement conçue comme un déplacement institutionnel, mais à laquelle la crise migratoire, le différend autour de la souveraineté sur les territoires de Ceuta et Melilla avec le Maroc et le contexte électoral espagnol, confèrent aujourd'hui une signification beaucoup plus politique. Elle permet de réaffirmer une forme de continuité institutionnelle et d'unité nationale sur la question territoriale, au-delà des clivages politiques. Depuis la crise migratoire de fin juillet dernier, le débat sur la souveraineté de Ceuta et Melilla semble s'être réouvert. Est-ce que cette visite royale doit être vue comme une réponse claire ? La crise migratoire de juillet a contribué à remettre cette question au premier plan du débat politique. En août, le ministre marocain de la Justice a réaffirmé les droits historiques et géographiques revendiqués par le Maroc sur les deux villes. À ce moment-là, la réaction espagnole a été particulièrement ferme. Dans ce contexte, la visite du couple royal permet à Madrid de répondre à la réaffirmation des revendications marocaines, non pas nécessairement par une nouvelle déclaration automatique, mais par un acte institutionnel particulièrement fort et symbolique : la présence du chef de l'État espagnol dans les deux villes. Est-ce que cette revendication de la souveraineté est une priorité dans les relations entre le Maroc et l’Espagne ? Il s'agit d'une priorité, effectivement, mais je pense que la réponse du côté du Maroc, comme la réponse espagnole, sera plus mesurée pour préserver l'état des relations bilatérales. Il y a de bonnes relations, vous le disiez, aussi depuis quelques années, et la reconnaissance du plan d'autonomie marocain pour le Sahara occidental ? Il y a eu un précédent. Le précédent, c'était en mai 2021. C'était une crise migratoire qui avait vu l'arrivée massive de migrants à Ceuta, qui s'était produite dans un contexte de crise diplomatique qui avait été déclenchée par l'accueil en Espagne du chef du Front Polisario pour des raisons médicales. Cette crise avait précédé le rapprochement de 2022 qui s'est construit autour d'un compromis stratégique : le soutien espagnol au plan marocain d'autonomie pour le Sahara occidental, en contrepartie d'une relance de la coopération marocaine notamment et principalement dans le domaine migratoire. À lire aussi«C’est de la provocation»: à Casablanca, des Marocains fustigent la venue du roi d’Espagne à Ceuta et Melilla Dans son discours au Parlement, le roi Mohammed VI a évoqué la question migratoire et a pointé les limites du modèle actuel de coopération. Est-ce une manière de mettre la pression sur Madrid, avant cette visite ? On peut voir dans ce discours un message diplomatique adressé à Madrid. Le roi Mohammed VI reconnaît que la coopération entre les deux pays a enregistré des avancées importantes, notamment dans la lutte contre l'immigration irrégulière. Il considère néanmoins que le modèle actuel a atteint ses limites, comme le démontre, selon lui, les récentes crises migratoires. Le roi a surtout rappelé que la coopération avec Madrid constitue un choix souverain et volontaire du Maroc, qui ne peut être soumis à des pressions, à des menaces ou à un quelconque chantage. Et que souhaite concrètement Rabat ? Deux mois après les événements de Ceuta, on imagine, vous le disiez, plus de considération. S'agit-il de revoir la coopération au niveau migratoire, avec plus de moyens de l'Espagne et de l'Union européenne, par exemple ? Dans son discours, le souverain, notamment, pointait les difficultés liées à certaines dispositions juridiques et décisions judiciaires espagnoles, qu'il considère comme déconnectées des réalités du terrain et qui compliquerait le rapatriement des migrants, particulièrement celui des personnes mineures. Mohammed VI reconnaît que la coopération entre les deux pays rencontre des limites et qu'il faudrait la repenser, probablement avec plus de moyens financiers et...
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