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Invité Afrique

Invité Afrique

著者: RFI
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Du lundi au vendredi, Christophe Boisbouvier reçoit un acteur de l'actualité africaine, chef d'Etat ou rebelle, footballeur ou avocate... L'invité Afrique, c'est parfois polémique, mais ce n'est jamais langue de bois.

France Médias Monde
政治・政府 日次
エピソード
  • «La SADC est devenue quasi impuissante», selon Al Kitenge, expert en stratégie économique et en innovation
    2026/08/17
    La SADC peut-elle encore peser sur les crises qui secouent l'Afrique australe ? Cette organisation régionale, qui réunit seize pays du sud du continent, tient son sommet des chefs d'État ce lundi 17 août à Durban, en Afrique du Sud. Alors que le conflit dans l'est de la République démocratique du Congo a profondément mis à l'épreuve sa capacité à agir militairement et diplomatiquement, quel rôle peut-elle encore jouer face aux crises de la région ? Al Kitenge, expert en stratégie économique et en innovation, répond aux questions de Clothilde Hazard. RFI : Ce lundi se réunissent les chefs d'État de la SADC, l'Organisation régionale d'Afrique australe. Ces dernières années, la région a été secouée par de nombreuses crises importantes. La plus importante dans l'est de la RDC. Mais la SADC semble peiner à apporter des réponses efficaces à ces crises. Est-ce qu'elle est devenue impuissante ? Al Kitenge : Effectivement, la SADC est devenue quasi impuissante parce qu'elle n'a pas été en mesure de régler le problème géopolitique. Et cela a un impact complet sur tout le reste. Et les questions économiques et les questions de politique générale. Pour ce qui est de la crise à l'est de la RDC, comment vous expliquez l'échec de la SADC ? L'échec de la SADC est de n'avoir pas été en mesure de régler de manière frontale les questions qui opposaient ses propres membres. Donc, il est inacceptable que des questions d'instabilité se soient fait remarquer dans la région et que la SADC n'ait pas été en mesure de prendre des dispositions correctes. L’Angola a essayé, mais c'était des échecs successifs. Et le cas de la RDC est un cas non isolé. Quels sont les autres cas ? Le cas du Burundi avec le Rwanda, les grandes difficultés que l'on a aujourd'hui en Afrique du Sud avec les questions d'immigration. Comment vous expliquez que la SADC, justement sur le plan géopolitique, n'arrive pas à trouver des solutions ? La SADC n'est pas organisée pour régler ces situations. À la première épreuve, on s'est rendu compte qu’elle est extrêmement faible. Et ça, on le remarque également quand vous regardez les échanges commerciaux. Il n'y a aucune préférence d'échanges commerciaux entre les pays de la SADC et aujourd'hui, c'est la plus grosse faiblesse. On a les faiblesses géopolitiques, on a des faiblesses économiques. Ces pays n'ont pas les mêmes intérêts financiers. Lorsque vous regardez les pays anglophones, ils sont tournés vers le Royaume-Uni et les pays francophones sont tournés vers la France et la Belgique. Et cette dissension, justement, fait que dans les échanges commerciaux, les intérêts ne sont pas les mêmes. Regardez la question énergétique qui aurait pu être une question qui pouvait être réglée de manière claire. La SADC n'a pas de politique intégrée qui puisse être en mesure de résoudre les choses. Comment faire pour que les intérêts soient convergents justement ? Faire un petit peu ce qu’a échoué l'Union africaine, s'assurer que, du point de vue de l'intégration économique, les pays soient plus proches. En ayant une intégration économique, on peut avoir l'intégration politique et géopolitique. Il faudrait avoir une mutualisation d'un certain nombre d'éléments, en l'occurrence les infrastructures, les transports et l'énergie. Mais il y a quelque chose de très simple qu'il faudrait être en mesure de regarder. Aujourd'hui, nous avons le grand choc lié au détroit d'Ormuz. Et on se rend bien compte que, comme des gens sans intelligence collective, nous avons tous perdu. Et ce qu'il faut regarder aujourd'hui, c'est que, nous devrions avoir la possibilité de développer des solutions locales - quand je dis locales, ça veut dire régionales. Et cette question de Covid qui nous a pratiquement bousculé, la guerre entre l'Ukraine et la Russie, même chose, mais nous sommes en troisième choc frontal exogène qui aurait bien pu nous questionner. Mais si les gens ne se questionnent pas, ce sera très difficile qu'ils aient des résultats conjoints. Concrètement, est-ce qu'on parle de corridors ? Est-ce qu'on parle de politiques communes ? Quelles sont les marges de manœuvre de la SADC ? Les seules marges de manœuvre sont financières et économiques. Je donne un exemple très simple : l'Union africaine a échoué, en tout cas dans les dix dernières années, à mettre en place le centre d'échange financier. Rien qu'à cause de ça, nous sommes toujours sur le swift, qui est un élément qui ne permet pas des échanges locaux. C'est ce genre de choses qui auraient pu être des soudures entre les pays. Et tant que nous n'en sommes pas encore là, tant que nous n'avons pas les mêmes intérêts économiques et financiers, il est très difficile que le déséquilibre politique ou géopolitique d'un pays intéresse les autres. Est-ce que vous pensez que la SADC aujourd'hui s'attelle justement à régler ce ...
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  • Angélique Kidjo: «Mon étoile sur le Walk of Fame est pour l'Afrique, le Bénin, mais aussi la France»
    2026/08/19
    C’est une consécration historique pour Angélique Kidjo. La chanteuse béninoise vient de dévoiler son étoile sur le célèbre « Walk of Fame », à Hollywood. Elle est la première artiste africaine à recevoir cette distinction. Quelques minutes après la cérémonie, encore dans l'émotion, elle a répondu à RFI au micro de Clothilde Hazard. RFI : Vous sortez de la cérémonie sur le « Walk of Fame de Hollywood », vous venez d'inaugurer votre étoile. Qu'est-ce que vous avez ressenti quand vous l'avez découverte ? Angélique Kidjo : Beaucoup d'émotion, beaucoup d'émotion et d'incrédulité. Parce que si on m'avait dit un jour que je serais sur le « Hollywood Walk of Fame », je ne l’aurais jamais cru. C'est le pouvoir aussi de la musique. La musique vous fait voyager dans des endroits incertains, fait que les choses se passent. Je ne sais pas trop quoi dire, je suis encore dans l'émotion du moment. C'est aussi un moment historique puisque vous êtes la première chanteuse africaine à avoir une étoile sur l’avenue des célébrités. Qu'est-ce que cela représente pour vous ? Ça représente pour moi une porte qui s'ouvre, en fait. Au vu du timing, je n'aurais jamais pensé qu'un jour je serais ici. Jamais. Dans ce moment de chaos que l’on vit, il y a des moments comme ça qui me donnent de l'espoir, pour dire que, quand on travaille ensemble et qu'on laisse les rhétoriques de haine et de division, on crée de la beauté partout. Le monde a besoin de beauté. Il y a de la beauté dans le monde, il y a de la bonté dans le monde, il y a de la dignité, de la fierté, et du respect dans le monde. Vous avez 40 ans de carrière, une vingtaine d'albums et de nombreuses récompenses, dont cinq Grammy Awards. Quelle étape cette étoile sur l'avenue des célébrités marque-t-elle dans votre carrière ? Je ne sais pas, je ne sais pas. Je suis encore en train d'absorber ce qui vient de se passer. Et peut-être que dans le futur, je pourrai en parler. Mais pour l'instant, je n'ai pas de mots qui vous disent ce que ça représente pour moi. À cette occasion, est-ce que vous avez un message que vous avez envie de faire passer aux chanteuses, aux musiciennes du continent africain qui ont envie de se faire connaître comme vous à l'international ? Ma musique a influencé et inspiré beaucoup de jeunes artistes aujourd'hui. Aujourd'hui, eux, ils m'inspirent en retour. C'est un cercle vertueux. Il faut continuer ce travail qu'on fait. Il faut que la musique du continent africain soit partout et qu'on puisse la célébrer partout. Et aussi sur mon parcours, la France a joué un rôle incroyable puisque j'ai recommencé ma carrière en France quand je suis arrivée en 1983. Cette étoile n'est pas seulement pour l'Afrique et mon pays, mais c'est aussi pour la France, parce que j'ai passé beaucoup de temps en France, j'ai épousé un Français. La culture française a aussi fait partie de mes inspirations de différentes façons, avec les paroliers, les gens comme [Claude] Nougaro, comme [Charles] Aznavour… Il y a beaucoup d'artistes que j'écoutais quand j'étais petite, qui m'ont accompagnée aussi dans le travail que je fais. Donc, cette étoile est pour tout le monde, en fait. Est-ce que vous pensez que la nouvelle génération d'artistes du continent africain a encore besoin de se battre comme vous l'avez fait ou est-ce que ce rapport de force justement a changé ? Le rapport de force a changé depuis longtemps parce qu’avec Internet, aujourd'hui, les enfants, les jeunes d'aujourd'hui, ils ont du succès instantanément. Et c'est ça qui est bien parce qu’ils peuvent être qui ils ont envie d'être, et ne pas dépendre du poids que moi j’ai eu, et qui était quand même aussi important. Ce qui m'a permis de créer et d'avoir une carrière. Aujourd'hui, l'afrobeats est mondial. La pop africaine connaît un vrai essor avec des artistes comme Burna Boy, Ayra Starr, Wizkid, avec qui vous avez fait des duos. Vous avez le sentiment d'avoir contribué à ce changement de perception ? Probablement, par ce que j'ai fait avant, et parce qu'ils ont écouté ma musique quand ils grandissaient. Ça leur a donné aussi une éthique de travail, je crois. À lire aussiAngélique Kidjo: «Sans espoir, il n'y a pas d'amour, il n'y a pas de société»
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  • Tchad: «La question du partage du pouvoir ou d'union nationale n'est pas du tout à l'ordre du jour»
    2026/08/18
    Au Tchad, le pouvoir veut tourner la page des tensions politiques. Succès Masra, l’ancien Premier ministre et principal opposant au président Mahamat Idriss Déby, vient d’être gracié après plusieurs mois de prison. À peine libéré, il propose un gouvernement d’union nationale, mais cette proposition « n’est pas du tout à l’ordre du jour » pour les autorités, répond le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Gassim Cherif Mahamat. RFI : Il y a quelques jours encore, Succès Masra, ex-Premier ministre et chef du principal parti d'opposition, a été gracié avec huit autres opposants. Il a proposé sur France 24 ce week-end la mise en place d'un gouvernement d'union nationale. Vous vous êtes dit ouvert. Qu'est-ce que cela signifie ? Est-ce que vous êtes prêt à recevoir succès Masra pour en discuter ? Gassim Cherif Mahamat : Tout d'abord, nous nous réjouissons de la nouvelle de la grâce de Succès Masra et d'autres leaders du GCAP. C'est un regroupement d'acteurs politiques qui ont tous été graciés par le chef de l'État lors de la fête de l'indépendance. Donc, ce geste entre en résonance avec sa volonté de décrisper la situation politique dans notre pays, d'ouvrir la géopolitique et de donner la chance à la réconciliation et à la paix dans notre pays. À lire aussiTchad: l'ex-Premier ministre et opposant Succès Masra gracié par le président Déby et libéré Maintenant, en ce qui concerne Succès Masra, le chef de l'État a fait un message dimanche 16 août en disant qu’il renouvelle sa confiance au gouvernement actuel et au Premier ministre, l'ambassadeur Allamaye Halina. Donc, la question du partage du pouvoir ou du gouvernement d'union nationale n'est pas du tout à l'ordre du jour. Succès Masra est un citoyen tchadien, il peut jouir de ses droits comme tout le monde. Mais pour le moment, dans l'agenda du président de la République, il n'est pas question d'un gouvernement d'union nationale ou d'un partage du pouvoir, parce qu'il a été élu par le peuple tchadien sur la base d'un programme. Et on doit conduire ce programme sur les cinq années à venir. Cela veut-il dire que le gouvernement, aujourd'hui, ne considère pas Succès Masra comme un interlocuteur politique ? Il le considère comme un interlocuteur politique, comme tout autre. Mais ce n'est pas à Succès Masra d'imposer son agenda, d'imposer le tempo, et je ne vois pas en quoi, ni au nom de quelle exigence ou légitimité politique il peut imposer un gouvernement d'union nationale. Je pense que c'est quelque chose qui n'est pas réaliste dans les faits parce que parfois on peut dire des choses mais qui ne répondent pas aux faits. Et dans les faits, Succès Masra n'est pas le chef de file de l'opposition, il n'est pas opposant. Je suis désolé de vous corriger, il a été le dernier Premier ministre avant d'aller en prison. Maintenant, il y a un chef de file de l'opposition qui est l'ex-Premier ministre, Pahimi Padacké Albert, qui se retrouve dans ce qu'on appelle le cadre de dialogue politique et dans lequel vous avez des partis de l'opposition et des partis de la majorité. Donc, je ne sais pas sur quelle base il prétend être opposant, en quoi il a le monopole de l'opposition, puisque l'opposition est représentée à l'Assemblée nationale et au Sénat à travers des députés et des sénateurs. Il y a aussi des conseillers provinciaux et des conseillers municipaux. Donc, je ne vois pas en quoi Succès Masra aurait la légitimité et puis le monopole de l'opposition. La grâce a été présentée, effectivement, vous l'avez dit, comme un geste de réconciliation nationale. Est-ce que cette réconciliation doit maintenant se traduire par d'autres gestes politiques ? Quelle va être la prochaine étape politique de cette réconciliation après ces grâces ? Écoutez, il y a quelques voix qui s'élèvent pour demander une amnistie, parce que la grâce n'absout pas tout et n'efface pas la condamnation. C'est ça la différence avec l'amnistie. Donc, il y a quelques opposants qui demandent l'amnistie. Et ça, c'est le chef de l'État qui va examiner cette situation. Il prendra la décision en temps voulu. Qu'est-ce que vous attendez finalement de ces opposants que vous avez graciés ? Est-ce que vous attendez d'eux qu’ils participent justement à cette réconciliation nationale ? Bien sûr, je veux qu'ils y participent, qu'ils exercent leur travail. En tout cas, qu'ils prennent leur place d'opposants. Nous sommes un régime, un gouvernement ouvert à la critique, à l'opposition. Tant que c'est une opposition constructive avec des idées qui peuvent nous aider à avancer. Mais, souvent on se jette dans les invectives, dans les discours un peu radicaux, avec des accents un peu régionalistes, un peu confessionnels, etc. Je pense que cette posture doit changer. Nous sommes une jeune démocratie qui se consolide et on doit faire attention à certains ...
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