À Berlin, le Bode-Museum expose le portrait d’Angela Merkel et fait le plein
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Le Bode-Museum, un musée normalement plutôt confidentiel, spécialisé dans les arts religieux et byzantins, fait un carton depuis qu’Angela Merkel lui a proposé d’abriter temporairement son portrait officiel, l’œuvre de Jérémie Queyras, un jeune peintre franco-allemand de 28 ans, jusqu’alors inconnu et qu’elle a finalement préféré aux célébrités en course.
De notre correspondante à Berlin,
En quelques semaines, le Bode-Museum en Allemagne est passé de 500 à 900 visiteurs par jour. Presque tous sont venus pour un tête-à-tête avec l’ancienne chancelière. Et pas de doute possible, c’est bien elle. Au deuxième étage du Bode-Museum, au cœur de Berlin, blazer bleu flamboyant, regard pâle et concentré, une Merkel sobre et réaliste, avec toutes ses rides, observe les visiteurs.
Le peintre Jérémie Queyras se souvient de ce jour où il a envisagé de peindre la chancelière qui a accompagné toute son enfance. « En 2022, je lui ai écrit une lettre à la main. C’est surtout une collectionneuse d’art qui m’avait encouragé à lui écrire en me disant : "Mme Merkel va avoir besoin d’un portrait, il faut que vous essayiez", se rappelle le vingtenaire. Pendant trois ans et demi-quatre ans, je n’ai pas eu de retour. Et en 2025, j’ai reçu un mail dans lequel on me disait : "Mme Merkel aimerait bien vous rencontrer en personne." »
S’ensuit une année de travail, une vingtaine de séances de pose et une double vie pour le jeune peintre, obligé de garder le plus strict secret sur son travail même vis-à-vis de ses colocataires berlinois. « Ça a été un peu un défi de concilier l’image de la femme politique et la personne privée que j’ai pu rencontrer », confie Jérémie Queyras.
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Le culte MerkelDans le public, face au tableau, de nombreux retraités, comme Barbara, une Allemande de l’Est, venue exprès pour voir Angela Merkel. « On retrouve bien ses vestes, son collier, son regard… Elle a l’air en paix avec elle-même », analyse-t-elle.
Tous ne sont pas des fans de toujours. Comme ce couple de retraités originaire des bords de la mer Baltique, des électeurs du SPD. Ils n’ont jamais voté pour elle, et pourtant, ils la regrettent. « À ses débuts, elle a été beaucoup ridiculisée, pointe le retraité. Mais elle a consolidé la République fédérale et l’a rendue plus transparente. »
Le politologue Gero Neugebauer est très surpris du tournant pris par le culte Merkel, un culte que l'on peut retrouver jusque sur les réseaux sociaux. « Elle représente le bon vieux temps, analyse-t-il, une époque où on pouvait avoir l’impression qu’il n’y avait pas de conflits dans la société. Et elle a l’image d’une femme proche du peuple, n’est-ce pas... »
Une fois l'exposition terminée, le tableau rejoindra la galerie des portraits de la Chancellerie, aux côtés de Konrad Adenauer, Helmut Kohl ou Gerhard Schröder.
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