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À la Une : la jeunesse française en plein désarroi

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10月19日まで。※適用条件あり
« Estève, 15 ans, porte un pansement sur la pommette gauche, relate La Croix, stigmate d’une course-poursuite à pied avec des représentants des forces de l’ordre. “Je me suis fait attraper et on m’a plaqué contre un mur“, raconte ce lycéen de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de l’Hexagone. Lucrèce, elle, a 17 ans, n’a pas de bleu sur son visage radieux. Elle est en première au lycée Alain du Vésinet, dans les Yvelines, une des communes les riches du pays. “C’est un milieu privilégié, mais on ne peut pas ne pas se sentir solidaire de ceux qui ne sont pas privilégiés“, dit-elle d’emblée. Ces deux adolescents vivent dans deux banlieues d’Île-de-France que tout oppose, relève La Croix, distantes l’une de l’autre de cinquante minutes de métro et de RER. Ils ne se croiseront probablement jamais. Sauf peut-être dans une manifestation à Paris… Tous deux sont engagés dans la mobilisation lycéenne qui va connaître un acte V ce mardi 13 octobre, alors que des établissements scolaires ont été à nouveau bloqués hier. » Déficit et dette… Un cinquième appel à manifester donc… « Une journée décisive et en même temps hautement symbolique », pointe Libération. Symbolique parce que ce nouvel acte de protestation coïncide « avec l’arrivée à l’Assemblée nationale du budget 2027, avec deux mots-clés pour résumer le contexte dans lequel cet examen démarre : déficit et dette. Qu’il faut impérativement réduire pour ne pas sacrifier… l’avenir des jeunes, s’exclame Libération. Cet avenir que les doléances des lycéens veulent précisément préserver, mais maintenant, pas celui de leurs petits-enfants, plus tard. Dans la rue comme dans l’hémicycle, il sera en réalité question de la même chose. Bien sûr de l’impact de choix budgétaires sur la marche du pays, en l’occurrence du système éducatif. Mais peut-être aussi d’une forme d’impuissance de la politique qui plus que jamais mine le pays. » L’autorité perdue ? « Lycées, violences, le tableau noir d’un pays qui ne sait plus où il va », soupire pour sa part Le Figaro. « Cette semaine encore et jusqu’aux vacances de la Toussaint, les élèves et les étudiants vont vivre au rythme des blocus, des manifs, des incendies volontaires, d’une rage stérile. Cela fait longtemps que l’école n’est plus un sanctuaire, mais le réceptacle des pulsions les plus dangereuses. » Le Figaro, nostalgique d’une certaine époque : « ce qui nous manque, affirme le journal, c’est cette chose antique que le “peuple adolescent“ a rangée au musée : l’autorité. Et, avec elle, l’admiration qui permet au plus humble de se hisser au-dessus de lui-même. Il n’y a qu’à relire ce qu’écrit (Marcel) Pagnol sur son père, (instituteur) quand il était au tableau pour mesurer à quel point nous avons détruit, par légèreté et par arrogance, l’irremplaçable alchimie du maître qui enseigne et de l’élève qui apprend. » Que le système fonctionne ! Autre point de vue pour Le Monde : « pour parler concrètement, les lycéens refusent de griller dans des salles de classe surchauffées lorsque la canicule s’installe ; ils ne veulent pas subir l’absence de professeurs non remplacés dès que l’heure de la rentrée a sonné ; ils refusent d’avoir la boule au ventre lorsqu’ils préparent le marathon de Parcoursup et ils ne veulent pas se voir claquer la porte au nez lorsque, à la fin du master 1, on leur annonce que leur niveau est trop faible pour intégrer l’année cruciale, celle qui leur permettra d’obtenir le diplôme qui les rendra réellement attractifs sur le marché du travail. Bref, s’exclame Le Monde, ils souhaitent que le système fonctionne, mais cette revendication est devenue quasiment révolutionnaire tant elle a du mal à être exaucée. » Que faire ? Les politiques n’avancent aucune recette miracle, de même que les différents candidats à la présidentielle… « Leur chance, pointe Le Monde, est que le nombre d’élèves va drastiquement baisser – de 1 million – au cours des prochaines années en raison du reflux démographique, ce qui offrira l’occasion d’engager une révolution éducative à bas bruit. Encore faut-il que tous soient parfaitement clairs dans l’énoncé de leurs objectifs et insistent sur ce qui apparaît comme le maillon faible du système : l’articulation entre la fin du secondaire et le début des études supérieures. »
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