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Hongrie: face à la lenteur des enquêtes anti-corruption, les citoyens s'impatientent

Hongrie: face à la lenteur des enquêtes anti-corruption, les citoyens s'impatientent

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La Hongrie est, avec la Bulgarie, le pays le plus mal classé de l'Union européenne par l'ONG Transparency International. Après 16 ans de gouvernement de Viktor Orban, le pays est passé de la 50e à la 84e place. Il faut dire que la famille et les hommes d'affaires proches de Viktor Orban ont accumulé une immense fortune, grâce à d'importants contrats publics. Le nouveau Premier ministre Peter Magyar a lancé une opération anti-corruption baptisée le « feu purificateur ». Une nouvelle agence anti-corruption vient de voir le jour. Elle est chargée de recouvrer les biens publics spoliés. La corruption aurait coûté aux Hongrois entre 8% et 10% du produit intérieur brut ces dernières années. Mais traduire les responsables devant la justice prendra du temps.

De notre correspondante à Budapest,

C'était une promesse de Peter Magyar avant les élections : récupérer l'argent public « volé » et traduire en justice les politiciens corrompus. Depuis que le vainqueur d'Orban est chef du gouvernement, ses ministres épluchent les comptes : ils découvrent des contrats surfacturés, des emplois fictifs et les dépenses exorbitantes du gouvernement de Viktor Orban. L'ancien ministre des Affaires étrangères voyageait systématiquement en jet privé – même pour aller à Vienne, à 2h30 de route.

Quant à l'Office de protection de la souveraineté, créé par Viktor Orban pour harceler ses opposants, en deux ans, il a dépensé plus de 10 millions d'euros en contrats fictifs. À ce jour, il y a plus d'une trentaine de plaintes. Mais la justice est lente et Julianna, comptable à la retraite, s'impatiente : « C'est lent, tout ça ; qu'est-ce qu'on attend pour juger les responsables ? Il faut qu'ils répondent de leurs actes. Bien sûr, dans le respect de la démocratie. »

L'affaire la plus spectaculaire, c'est celle de la Banque nationale hongroise. L'ancien gouverneur, un fidèle d'Orban, a détourné une partie des réserves de la Banque : au moins deux milliards d'euros ont disparu dans des paradis fiscaux. Or, l'enquête ouverte il y a deux ans n'avance pas, même depuis le changement de gouvernement, constate Adrienn Laczo, Cette ancienne juge est aujourd'hui avocate spécialisée dans la criminalité en col blanc. « Tout le monde s'attendait à des arrestations… Mais rien ne se passe ! Retrouver l'argent volé, c'est très difficile. Mais il y a suffisamment de documents et de preuves pour que les responsables soient jugés », déclare-t-elle.

Selon cette avocate, si le bureau du procureur avance au pas de l'escargot, c'est parce qu'il est encore truffé de fidèles de Viktor Orban. En attendant de le renouveler, le gouvernement a créé une nouvelle agence anti-corruption, qui aura autant de pouvoir que le procureur. Pour Ferenc, un ingénieur à la retraite croisé à la sortie du marché, la Hongrie va dans la bonne direction : « Ah, le peuple veut toujours remplir les prisons (rires) ! Les gens aimeraient que tout l'ancien gouvernement soit derrière les barreaux. Mais la démocratie, ça prend du temps. »

Elemer, 36 ans, est serveur dans un restaurant. Il a confiance en le gouvernement. « À mon avis, il y aura bientôt des arrestations. Il y a beaucoup d'infos là-dessus sur TikTok, Facebook… C'est tout ce qu'ils méritent, ils ont volé l'argent des contribuables », estime-t-il. Pour l'instant, Viktor Orban n'est pas mis en cause. Mais la majorité des Hongrois souhaiterait le voir comparaître devant la justice.

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