『Giorgia Meloni, un record de longévité qui donne des idées à l'extrême droite』のカバーアート

Giorgia Meloni, un record de longévité qui donne des idées à l'extrême droite

Giorgia Meloni, un record de longévité qui donne des idées à l'extrême droite

無料で聴く

ポッドキャストの詳細を見る
C'est un jour spécial aujourd'hui en Italie. Le gouvernement de Giorgia Meloni devient celui qui a duré le plus longtemps depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Et c'est assez étonnant. C'est étonnant parce que justement l'Italie est depuis des décennies synonyme d'instabilité gouvernementale avec près de 70 gouvernements en 80 ans. C'est étonnant parce qu'il faut noter que dans ce pays dirigé de toute éternité par des hommes, c'est la première femme cheffe du gouvernement qui parvient à battre ce record avec désormais 1 413 jours d'affilée au pouvoir. Ce record appartenait auparavant à Silvio Berlusconi, et il a d'ailleurs fait plus long au total, mais en quatre mandats. C'est étonnant, enfin, parce que Giorgia Meloni est à la tête de Fratelli d'Italia, un parti d'extrême droite, allié à la ligue du très vocal Matteo Salvini, lui aussi d'extrême droite, et au parti conservateur Forza Italia. Et ce n'est pas forcément l'alliance que l'on s'attendait à voir durer. À lire aussiLégislatives en Italie: la coalition de droite en tête, Meloni revendique la direction du gouvernement Sens politique Elle y parvient d'abord en obtenant des résultats économiques. En stabilisant les finances publiques et notamment le déficit, même si la dette publique reste très importante à plus de 135% du PIB, c'est encore plus que la dette française déjà très élevée. Le chômage est descendu à 6% de la population active, mais les salaires réels continuent à stagner. Malgré l'échec du référendum sur la justice, elle fait preuve d'un sens politique indéniable. En évitant les réformes trop clivantes. Elle a donc mis de l'eau dans son vin, pour le dire prosaïquement. À lire aussiItalie: le «non» au référendum sur la réforme de la justice l'emporte de peu Bonne entente Et elle l'a fait aussi au niveau européen et international. Sous Giorgia Meloni, l'Italie pèse à Bruxelles, bien plus qu'avant. Elle est écoutée et fait parfois basculer des majorités. C'est arrivé au moment où il a fallu conclure l'accord commercial avec les pays du Mercosur. Contrairement à ce que laissaient entendre ses discours, elle collabore en bonne intelligence avec la commission. Elle a pesé lourd pour le durcissement de la politique migratoire européenne. Et elle a aussi mis en avant sa bonne entente avec le chancelier allemand Friedrich Merz et même avec la première ministre sociale-démocrate danoise Mette Frederiksen sur les questions d'immigration. Il y a une autre raison à ce recentrage. C'est que ses alliés politiques se font rares. Viktor Orban a été chassé du pouvoir en Hongrie et le rôle de pont de Giorgia Meloni avec les autres pays européens a disparu. Même chose avec le président américain Donald Trump depuis qu'ils se sont fâchés cet été et depuis que son soutien n'est plus payant politiquement. À lire aussiAprès le report de la signature de l'accord UE-Mercosur, le Brésil cherche le compromis directement avec l'Italie Un argument pour d'autres en Europe Et tout ça peut donner des idées, parce que Giorgia Meloni, c'est une forme de normalisation de l'extrême droite. Depuis qu'elle est au pouvoir, l'Italie est toujours là. Elle n'a pas sombré dans le chaos. C'est un argument pour d'autres leaders du même bord ailleurs en Europe. On pense évidemment à Marine Le Pen en France, en tête des sondages à sept mois de l'élection présidentielle. Le positionnement n'est pas exactement identique, notamment sur les questions européennes ou d'immigration où la candidate du Rassemblement national est plus virulente. C'est un discours de campagne et la grande question est de savoir s'il va être appliqué intégralement en cas de victoire en mai prochain. C'est un équilibre à trouver entre la mobilisation de la base électorale et son élargissement. Et cela concerne d'ailleurs également Giorgia Meloni, qui elle aussi retournera devant les électeurs en 2027. À lire aussiGiorgia Meloni, exemple à suivre pour l'extrême droite européenne?
adbl_web_anon_alc_button_suppression_t1
まだレビューはありません