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En Tanzanie, Okota recycle des déchets sur la route des safaris

En Tanzanie, Okota recycle des déchets sur la route des safaris

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C’est une route iconique en Tanzanie, l’autoroute du Ngorongoro mène aux parcs nationaux les plus beaux et peuplés de vie sauvage. Un axe incontournable pour les amoureux de safari avec un bémol tout de même : ses alentours jonchés de déchets en tout genre. Un problème que la société de recyclage Okota, en partenariat avec des professionnels du tourisme, ont décidé de combattre sur les trois prochaines années, notamment grâce à l’aide des communautés locales.

À Muriet, dans le sud d’Arusha, la gigantesque décharge à ciel ouvert est visible de loin, mais certains camions poubelles empruntent un autre chemin : celui de l’usine de recyclage Okota. « Le camion arrive ici, ensuite les déchets doivent être pesés, et ensuite le camion est vidé et les déchets vont sur les tapis roulants », précise Béatrice Ngunjiri, responsable des opérations dans la société. Le but : donner une seconde vie aux produits jetés. « Je dirais qu’on arrive à recycler 70 à 90 % des déchets que nous récoltons. Mais la quantité de déchets ne cesse d’augmenter. Nous traitons six fois plus de déchets qu’au début », affirme-t-elle.

Chaque année, la Tanzanie produit plus de 14 millions de tonnes de déchets et le nombre augmente au fur et à mesure que la population croit. Des détritus qui se retrouvent jusque dans les moindres recoins du pays, y compris autour de la route qui mène aux parcs du Ngorongoro et du Serengeti, célèbres pour leurs safaris.

Un objectif à long terme : responsabiliser la population

Ce jour-là, Andrew Wallace, fondateur et directeur d’Okota, va à la rencontre de celles et ceux qui vont l’aider à nettoyer la route de 150 km, une fois le projet lancé au cours du mois de septembre. « L’objectif sur le long terme, c’est que les gens se débarrassent de leurs déchets de façon responsable. C'est peut-être bête de commencer juste en ramassant les ordures au bord de la route pendant trois ans, mais il faut bien commencer quelque part », explique-t-il.

Okota a découpé cet axe en 13 tronçons avec un point de dépôt dans chacun d’entre eux. Parmi les participants, l’école secondaire Tumaini qui recevra un budget mensuel d’environ 300€ pour embaucher et gérer trois personnes pour le ramassage des ordures. Un projet qui enthousiasme Selina Leyan, professeur dans l’établissement : « En tant que professeur, je veux que mes étudiants apprennent que quand on jette les déchets par terre, on n’impacte pas seulement l’environnement, mais mère Nature n’est pas contente. Sur le long terme ça provoquera des dérèglements qui vont tous nous affecter ».

Les élèves seront sensibilisés à ces problématiques et l’école, qui doit aujourd’hui brûler ses déchets faute de collecte, pourra les donner à Okota lors du ramassage hebdomadaire. Le projet est financé principalement par des professionnels du tourisme dans la région ; le gouvernement n’ayant pas voulu s’impliquer pour l’instant. En reprenant la route du Ngorongoro, une file de voitures de safari s’arrête soudainement sur le côté. Un éléphant mâle majestueux pause le trafic pour traverser la route. Un rappel que la pollution de cet axe impacte bien plus que les êtres humains qui le traversent.

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