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David Clarinval : «La Belgique n’acceptera pas un budget de l’UE de 2 000 milliards d’euros»

David Clarinval : «La Belgique n’acceptera pas un budget de l’UE de 2 000 milliards d’euros»

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概要
Cette semaine, nous recevons David Clarinval, vice-Premier ministre et ministre belge de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture. Il commente la position de son pays en termes de concurrence commerciale ou de participation au prochain budget de l’UE. Face à la concurrence commerciale accrue de la Chine et des États-Unis, « l'Europe est à la croisée des chemins et vit une période assez difficile », selon David Clarinval, ministre belge de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture et membre du Mouvement Réformateur, le parti libéral de centre droit. « Nous avons des Chinois qui effectuent un dumping majeur en soutenant entre trois et huit fois plus leurs entreprises et leur industrie par rapport aux pays de l'OCDE. Cela met en compétition nos entreprises de manière un peu déloyale », précise-t-il. « D'autre part, les États-Unis utilisent la clause de la nation la plus favorisée avec des tarifs douaniers. Ce sont des politiques assez agressives à l'égard de l'Europe. » « Un herbivore dans un monde carnivore » Reprenant une expression utilisée par Emmanuel Macron en 2024, David Clarinval estime que l’Union européenne (UE) est « un herbivore dans un monde carnivore » en termes d’économie : « Les industries en Europe sont passées de 20% de valeur ajoutée en l'an 2000, à à peine 13% aujourd'hui. Nous voyons nos industries quitter l'Europe ou même faire faillite. Si nous voulons inverser cette tendance, nous devons prendre les choses en main et avoir une politique assez ambitieuse, un peu plus agressive, tout en restant évidemment ouvert sur le commerce. » En ce sens, l’UE tente de convaincre Pékin de réduire volontairement ses exportations de véhicules hybrides et de donner aux Vingt-Sept un accès aux terres rares. Dans le même temps, les États membres discutent la possibilité de renforcer leur bazooka commercial, l'instrument anti-coercition qui permettrait de surtaxer de manière ciblée et rapide des pays accusés de pratiques de dumping déloyales. « Nous sommes favorables à cette politique », indique le vice-Premier ministre du gouvernement De Wever. « Le fait d'avoir été parfois beaucoup trop naïfs pendant tant d'années fait que nous avons perdu des parts de marché. Nous devons prendre toute une série de mesures. Nous devons être plus durs. » David Clarinval explique que la Belgique est favorable au « Made with Europe », c’est-à-dire la possibilité d’ouvrir les marchés publics aux entreprises de pays liés à l'UE par un accord de libre-échange ou une union douanière : « Nous ne sommes pas pour un protectionnisme qui ferme les barrières autour de l'Europe et qui empêche le commerce international. Nous devons être ouverts avec des partenaires qui respectent les règles [...] Nous devons donc être plus rapides dans la prise de décisions et avoir des outils qui nous permettent d'être plus réactifs au niveau de la Commission. Cette ligne est en train de trouver sa place. C'est une ligne un peu pragmatique entre un protectionnisme fermé et un libéralisme trop naïf. » « Un éparpillement des moyens du plan de relance » Le plan de relance post-Covid de l’UE, un programme pour lequel la Commission va décaisser de 634 milliards d’euros d'ici la fin de l'année 2026, touche à sa fin. Selon le ministre belge de l'Emploi, de l'Économie et de l'Agriculture, cet emprunt en commun a permis de « donner un peu d'oxygène à l'économie pour retrouver du dynamisme ». « D'une manière globale, j'en ai une analyse assez positive. Cela nous a permis de mobiliser des moyens pour faire toute une série de projets intéressants. » Il note tout de même quelques bémols dans l’utilisation de ces fonds : « D'une part, ce plan de relance coûte cher aux États puisque nous avons des taux et montants importants à rembourser. De plus, le processus est administrativement assez lourd, donc nous espérons que si d'autres projets de ce type se présentent dans le futur, il y aura un assouplissement des règles. Enfin, en Belgique, nous avons vu un éparpillement des moyens sur plein de petits projets plutôt que de les avoir focalisés sur des gros projets porteurs de plus de relance. [...] La Belgique est un État complexe, avec plusieurs niveaux administratifs qui se chevauchent et donc avec un plan de croissance qui est lui-même morcelé entre les différents niveaux de pouvoir. » « Financer principalement la compétitivité des entreprises, la sécurité et la défense » Un plan de relance qui devait servir de modèle pour le futur budget de l'UE, en particulier avec des financements par objectifs. La Commission européenne vise une enveloppe totale de 2 000 milliards d'euros pour le budget 2028-2034, soit une hausse de 60% du budget actuel. Cela représente moins de 2% du PIB de l'Union. David Clarinval indique que la Belgique n’est pas contre une augmentation du budget « mais certainement pas jusqu'à 2 000 ...
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