Pendant longtemps, Nelson Goerner est resté caché, bien malgré lui, derrière un autre pianiste portant le même prénom. Ah, le grand pianiste sud-américain qui se prénomme Nelson ? Et qui joue souvent avec Martha Argerich ? Et tout le monde pensait au légendaire Nelson Freire. Or, hormis une très approximative proximité géographique, l’amitié entretenue avec Martha Argerich et bien sûr un respect mutuel qu’ils avaient l’un pour l’autre, les deux Nelson n’ont rien à voir. Le regretté Nelson Freire, était brésilien. Nelson Goerner, de 25 ans son cadet, est quant à lui en pleine forme, et argentin. Il est né le 9 mai 1969 à San Pedro, une petite ville de province, de parents qui n’étaient pas musiciens, et il a fallu son immense talent et l’opiniâtreté de ses professeurs successifs pour qu’il perce au niveau national d’abord, et international ensuite. Vainqueur d’un éphémère concours Franz Liszt à Buenos Aires en 1986, ce qui lui a valu de recevoir une bourse de Martha Argerich elle-même, Goerner a ensuite remporté le Premier prix du très respecté Concours de Genève en 1980. Comme d’autres musiciens argentins arrivés en Europe, c’est d’ailleurs à Genève qu’il vit aujourd’hui, se produisant aux quatre coins du monde classique, surtout en récital et parfois avec orchestre, avec une nette prédilection pour la musique du XIXe et du début du XXe siècle. Il fait aussi parfois de la musique de chambre, mais pas beaucoup. Non qu’il n’aime pas cela – tout au contraire – mais parce qu’il pratique un compagnonnage d’affinités électives : Martha Argerich elle-même, qui après avoir été son mentor est devenue une complice, mais aussi le violoniste Tedi Papavrami ou encore le violoncelliste Edgar Moreau et le violoniste Ning Feng pour un trio qu’ils viennent de former. Nelson Goerner enregistre pour Alpha Classics. Son dernier disque, paru juste avant l’été, rassemble des œuvres de Haendel, Schumann et Johann Strauss.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.