C’est assurément un des contre-ténors les plus connus de la scène internationale aujourd’hui, et aussi un de ceux dont la carrière est la plus longue et la plus constante. Mais il serait injuste de réduire Philippe Jaroussky à cette seule tessiture, tant il a toujours œuvré pour la faire sortir du petit cercle baroque dans laquelle on l’a maintenue : à 48 ans, Jaroussky, qui chante aussi des mélodies de Franz Schubert ou de Reynaldo Hahn ainsi que des oeuvres contemporaines est, tout simplement, un chanteur, omniprésent au disque et à l’opéra depuis plus d’un quart de siècle. Chanteur de musique classique, bien sûr, mais pas seulement : lui qui admire Ella Fitzgerald et Freddie Mercury autant que Kaija Saariaho et Cecilia Bartoli, a chanté avec Mathieu Chédid ou Nicolas Sirkis – jusqu’à se produire sur la scène du Stade de France avec Indochine. On l’entendra même, dans cet Autoportrait, chanter la chanson avec laquelle il a gagné son premier concours de chant : Les démons de minuit, un tube de 1986. Philippe Jaroussky, chanteur tout court ? Là encore, la dénomination peut sembler restrictive, car il dirige également de plus en plus son orchestre Artaserse, ou d’autres ensembles. Préparant, avec lucidité, l’étape de sa vie où il cessera peu à peu de chanter mais où il continuera à faire de la musique. Philippe Jaroussky, musicien tout court. On découvrira ici non seulement un grand artiste, mais aussi une belle personne, d’une grande honnêteté et d’une modestie sincère. Qui sait reconnaître ses erreurs, et qui sait se souvenir de son passé et de ses origines. Sans en faire la publicité sur tous les toits mais avec constance, Jaroussky a créé et développé sa propre académie qui est à la fois un projet musical et un projet social. Avec quelques-uns de ses collègues, il y enseigne à des jeunes issus de ces banlieues dont il est lui-même originaire, issus de ces « milieux éloignés de la culture » comme il dit pudiquement, en leur donnant l’occasion de découvrir la musique classique. Et en parallèle, son académie comprend également un programme pour des jeunes artistes en début de carrière, pour les aider à sauter et à voler hors du nid. Philippe Jaroussky n’a pas de projets de concerts en Belgique dans les mois à venir mais on peut le retrouver sur Gelosia, son dernier disque paru chez Erato, consacré à des cantates italiennes sur le thème de la jalousie.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.