『Arnaques en ligne: faut-il croire le Cambodge?』のカバーアート

Arnaques en ligne: faut-il croire le Cambodge?

Arnaques en ligne: faut-il croire le Cambodge?

無料で聴く

ポッドキャストの詳細を見る

Les centres d'arnaque en ligne, c'est le fléau dont le Cambodge n'arrive pas à se débarrasser. Pour faire bonne figure, le gouvernement cambodgien a organisé le 24 septembre à Phnom Penh une Conférence internationale sur la lutte contre les escroqueries en ligne, avec toute une série de déclarations et de grandes promesses.

Des promesses, encore des promesses ? Cette semaine, elle sont venues de la bouche du ministre cambodgien en charge de la lutte contre les escroqueries, Chhay Sinarith. Et il s'est montré offensif comme jamais. Le Cambodge, a-t-il déclaré, rassemble des preuves contre les « cerveaux » d'opération de cyberfraude massive. Des poursuites judiciaires visent non seulement, « les cerveaux, mais aussi leurs complices, les propriétaires des centres d'escroqueries, les facilitateurs et leur protecteurs ». Attention, a-t-il reconnu, cela demande du temps.

Le ministre Chhay s'exprimait à la tribune de cette Conférence internationale qui a réuni à Phnom Penh des représentants de plus d'une douzaine de pays, dont les États-Unis et la Chine, avec aussi un envoyé d'Interpol. Une vaste opération du gouvernement cambodgien pour rétablir la réputation du pays et de son économie, dont l'image a été nettement ternie par ces centres d'arnaque en ligne généralisés.

Trafic d'êtres humains

Rappelons que le Cambodge est devenu ces dernières années l'une des plaques tournantes de l'arnaque en ligne. Au sortir de la pandémie de Covid, le pays, comme d'autres nations d'Asie du Sud-Est, Birmanie et Laos en tête, a vu se multiplier ces centres d'escroquerie industrialisée. Des dizaines de milliers de travailleurs-arnaqueurs victimes de trafic d'êtres humains. Ils viennent souvent d'autres pays asiatiques mais ces derniers temps, de plus en plus sont recrutés de façon mensongère en provenance des pays d'Afrique francophone, du Maroc, de Madagascar ou du Cameroun.

Retenus dans des conditions sordides, ils sont contraints d'escroquer des inconnus en ligne. Selon les États-Unis, cela représente 10 milliards de dollars soutirés aux seuls citoyens américains.

Réseaux toujours actifs

Faut-il croire le gouvernement cambodgien dans cette lutte contre la cyberfraude ? Beaucoup d'observateurs restent sceptiques. Le ministre Chhay a beau avoir rappelé la vaste opération de démantèlement de ces centres d'escroqueries en 2025 et il a beau avoir promis de cibler les casinos qui servent de couverture à cette criminalité... Il a même mentionné pour la première fois une enquête ouverte contre deux sénateurs cambodgiens Ly Yong Phat et Kok An, dont tout le monde sait qu'ils protègent et bénéficient de cette cybercriminalité.

Ces promesses laissent les experts sur leur faim. Car ils sont nombreux à constater que beaucoup de ces vastes complexes d'arnaques restent actifs, alors même que d'autres opérateurs quittent les lieux pour se disperser sur des sites plus petits et décentralisés. La technologie, les infrastructures de paiement, les réseaux de blanchiment d'argent et les facilitateurs des arnaques en ligne continuent également de fonctionner à grande échelle.

Ce qui signifie que la cybercriminalité, faute d'être vraiment éradiquée, reste un fondement du régime politique dirigé par l'ancien Premier ministre Hun Sen et son fils Hun Manet qui lui a succédé.

adbl_web_anon_alc_button_suppression_t1
まだレビューはありません