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Alter ego

Alter ego

著者: RFI
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Alter ego, c’est le podcast RFI qui donne la parole à celles et ceux que l’on croise au détour d’une rue, quelque part dans le monde, sans en deviner ni l’histoire ni le parcours. Alter ego, c’est eux, c’est vous... ou plutôt nous, puisque chaque récit est raconté à la première personne, par les protagonistes eux-mêmes. Parce qu’écouter les autres, c’est se donner la chance de mieux les comprendre, Alter ego est une invitation à écouter les récits intimes de ceux qui nous entourent. Entre espoir, résilience et humanité, découvrez ces trajectoires individuelles que la grande histoire a bien souvent bousculées.

France Médias Monde
社会科学
エピソード
  • 4/4 Quitter l'Église – J’y crois plus
    2026/06/03

    En quittant l'Église, Barthélémy rompt avec une institution dont il juge les efforts de transparence insuffisants. Désormais installé dans les Landes, l’ancien serviteur du Vatican découvre à nouveau la vie civile : chercher un emploi, choisir un domicile, reconstruire des liens et retrouver sa liberté de conscience. Le tout, après quinze ans d’engagement religieux et de strict célibat.

    Après avoir quitté l'Église, Barthélémy entame une nouvelle vie. Un retour aux sources salvateur, qui marque le début de sa reconstruction personnelle.

    Le retour aux sources : reconstruire sa vie dans les Landes

    C’est dans la campagne landaise qu’il choisit de bâtir sa nouvelle vie, au sens propre comme au figuré, en construisant de ses mains une maison pensée comme un refuge. Entouré de sa famille, il réapprend à vivre au rythme de la nature et à retrouver un équilibre loin de l'institution religieuse.

    « La possibilité de construire cette maison, c'était l'idée que je ne me retrouverai plus jamais au dépourvu ou dans la dépendance. » – Barthélémy

    Petit à petit, et avec beaucoup d’interrogations, l’ancien prêtre revient à la vie civile. Il se sépare de ses objets et habits liturgiques, et ne conserve qu'un seul symbole de son parcours religieux : son calice d'ordination.

    Le deuil de l'institution

    Pour de nombreux prêtres et religieuses, quitter les ordres signifie tout perdre : amis, repères, et parfois même le soutien de leurs proches. Barthélémy évoque la complexité de s'extirper de ce que l'Église présente comme une deuxième famille. Aujourd'hui, franchir le seuil d'une église lui est devenu impossible.

    « Je suis peut-être capable de porter ce discours et de m'en aller, parce que je n'y ai pas passé trop de temps, parce que je n'ai pas construit toute ma vie là-dessus (...) Et quand je quitte l'Église et que quelque part je la trahis, j'ai encore dans mon entourage beaucoup de personnes qui ne vont pas se sentir trahis. » – Barthélémy

    Face à la persistance des dérives qu'il a identifiées, de l'emprise spirituelle aux violences, de plus en plus de religieux choisissent de rompre leurs vœux. Des collectifs se forment pour exiger une justice civile transparente et de vraies réparations pour les victimes. Le témoignage de Barthélémy résonne comme un avertissement sur les défis auxquels fait face l'Église catholique.

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    11 分
  • 3/4 La rupture silencieuse – J’y crois plus
    2026/06/03

    Ordonné prêtre, Barthélémy part comme missionnaire au Japon. La distance, loin de la France et de ses repères, agit alors comme un catalyseur : il s’intéresse aux scandales de l’Église relayés par la presse. Le rapport Sauvé et la lecture du livre Sodoma, de Frédéric Martel, l’amènent à mettre des mots sur certaines dérives dont il est témoin depuis son entrée au séminaire. En pleine crise de sens, face au déni de ses supérieurs qu’il prie d’agir, il envisage son divorce avec l’institution.

    Envoyé au Japon comme prêtre missionnaire, Barthélémy pense s’éloigner des turbulences de l'Église catholique en Europe. Mais cette expérience à l'étranger va accélérer sa prise de conscience.

    Du déni à la prise de conscience

    Isolé à Kobe, Barthélémy prend le temps de réfléchir à la situation de l’Église. Il visionne le film Spotlight, consacré aux scandales d'abus sexuels dans l'Église catholique et lit Sodoma, l'enquête retentissante du journaliste français Frédéric Martel sur les secrets du Vatican.

    « Je lis le bouquin en une semaine, c'est un pavé énorme. Dans ma tête, tous les tiroirs s'ouvrent. Je me dis : plus jamais je ne me laisse aveugler par ce qui se passe réellement dans l'Église. » – Barthélémy

    En replongeant dans ses souvenirs de séminariste, il réalise qu'il a croisé la route d'un prêtre condamné pour abus sexuels. Prenant conscience de sa part de « silence complice », il prend une décision : écrire directement aux évêques français pour dénoncer la culture du secret et le mécanisme de dissimulation au sein de l'Église.

    Le retour à la vie civile : de la soutane à l'hôtellerie

    En parallèle de ces révélations, le quotidien de Barthélémy au Japon se détériore. Confronté à un profond sentiment d'isolement, il lutte contre un ennui profond, et sombre dans la dépression. Pour survivre, il choisit la rupture : quitter le sacerdoce et renoncer à la vie de prêtre.

    « J'avais simplement informé ma congrégation que je déménageais à Paris. Mais en fait, c'était un acte très fort et ils le savaient parce que je ne leur demandais pas l'autorisation. Je les ai informés que je faisais un choix de vie pour moi et ils n'ont pas beaucoup réagi » – Barthélémy

    De retour dans la capitale, Barthélémy retrouve l’anonymat. En devenant bagagiste et concierge dans un petit hôtel parisien, il redécouvre des relations humaines simples et s'épanouit en prenant soin des autres, loin des normes de l’Église.

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    16 分
  • 2/4 Obéir ou partir – J’y crois plus
    2026/06/02

    À Rome, la formation de Barthélémy prend une tournure glaciale. Dans ce séminaire conservateur, il découvre une culture de la culpabilisation et de la soumission. Alors que certaines dérives et abus sexuels qui touchent ses camarades sont passés sous silence, il comprend qu’évoluer dans l'institution implique de se taire.

    Au sein du très conservateur séminaire français de Rome, les futurs prêtres sont confrontés à une réalité intime: le renoncement définitif à vie à toute activité sexuelle et l'engagement au célibat sacerdotal.

    Entre culture du secret et conflit intérieur

    Durant son parcours de séminariste, Barthélémy se heurte aux tabous de l'Église catholique et à la façon dont le recrutement au sein de l'institution peut parfois masquer ou exploiter des souffrances liées à l'orientation sexuelle.

    « Il y a beaucoup de personnes qui aujourd'hui rentrent en formation pour devenir prêtre, parce que ça leur permet de vivre avec une sexualité qu'ils n'assument pas. » – Barthélémy

    Barthélémy évoque les dérives de figures influentes de l'époque, à l'image du prêtre psychanalyste Tony Anatrella, accusé d’abus sexuels et de pressions psychologiques engendrées par son opposition à l’homosexualité. Face au déni systémique de l’Église, une question s'impose à lui : faut-il courber l'échine ou partir ?

    L’arrivée du pape François : le virage de l’Église

    C’est un événement historique et totalement inattendu qui va bousculer le destin du jeune séminariste : la démission de Benoît XVI et l'élection du pape François en 2013. Ce nouveau pontificat apporte un vent de souplesse inédit qui légitime enfin le doute au sein de la formation religieuse.

    « Il ne parle pas de personnes en particulier. Il dit qu'il ne va pas juger les personnes homosexuelles. (...) Et par cette petite formule hyper habile, François arrive à ne rien changer, et à tout changer. » – Barthélémy

    Barthélémy décide de poursuivre son engagement, rassuré par cette nouvelle approche. En 2014, à 28 ans, il prononce ses vœux de célibat et d’obéissance lors de son ordination sacerdotale. L'aboutissement de sa vocation religieuse marquant son engagement au sein de l'Église catholique.

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    16 分
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