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8. Dessiner la ville à Montréal

8. Dessiner la ville à Montréal

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Pour cette huitième étape, Jack poursuit son périple à Montréal pour une plongée au cœur de son design urbain. Il découvre ainsi l'âme de la ville à travers ses formes audacieuses, ses détails insolites et ses usages innovants. Et comme d'habitude, de nombreuses rencontres jonchent son parcours : de Michel Dallaire, qui a imaginé le cadre en boomerang des vélos BIXI, à l'un des plus fins connaisseurs du patrimoine urbain de la ville, Dinu Bumbaru, qui lui ouvre les portes de ruelles, friches et jardins secrets. Mais alors que que Jack arpente l'île, le mystérieux organisateur de ce périple trouve le moyen de lui remettre une enveloppe supplémentaire... À peine arrivé, Jack croise Nicolas. Un Montréalais allongé sur un drôle d'engin à deux roues fabriqué à Seattle, qui lui permet d'aller 15 % plus vite qu'un vélo traditionnel. Jack songe à ce qui pourrait être une première leçon montréalaise : ici, même la façon de traverser la rue est une affaire de design. Michel Dallaire, le père des BIXI : « S'il n'y a pas de surprise, il n'y a pas de séduction » Poursuivant son chemin, Jack rencontre l'immense designer québécois, Michel Dallaire, qui a donné aux vélos partagés de Montréal leur cadre en forme de boomerang. Il faut dire que la symbolique est forte. Le boomerang est parfait pour un vélo en libre-service, puisqu'il a vocation à systématiquement revenir à son point de départ. La « patte » de Michel Dallaire est forcément originale. Inutile de faire comme les autres. Il travaille alors son propre propos esthétique. Et les contraintes imposées par ses bailleurs, ou la fonction du produit qu'il conçoit, font naître chez lui une créativité débordante. Il y ajoute une couche d'esthétisme, en recherchant le « beau » qui rassemble le collectif, passant ainsi entre les mailles du filet de la subjectivité individuelle. Un jour on m'a demandé de dessiner une bouteille d'eau de javel. Il fallait être motivé car personne n'a le désir d'en acheter une, c'est un besoin. Alors je m'y suis mis, pour qu'elle soit la plus désirable des bouteilles d'eau de javel du marché. J'ai proposé une bouteille avec plusieurs possibilités de prises en main. Pour toutes les mains, pour tous les âges. J'ai essayé de convaincre les usagers qu'en prenant cette bouteille, ils obtiendraient un plaisir tactile. – Michel Dallaire, designer. Jack poursuit sa route. Et celle-ci, le mène jusqu'à ce quartier, où se sont installées différentes diasporas d'Afrique de l'Ouest, dans la plus grande ville du Québec. Après un échange quasi philosophique, empreint de positivisme, Jack reçoit un nouveau message de son ami Gaël. Ce dernier l'accompagne dans sa recherche de l'occulte pourvoyeur de ces lettres anonymes. Mais entre radio secrète et émetteur mystérieux, Gaël sème le trouble dans une quête dont Jack pensait enfin détenir le secret... Ruelles, moufettes et friches aménagées : une ode à la promenade selon Dinu Bumbaru Jack poursuit sa découverte de Montréal, en se rapprochant de l'un de ses plus grands ambassadeurs : Dinu Bumbaru, architecte, auteur de Carnet d'un promeneur dans Montréal, et engagé au sein de l'association Héritage Montréal. Il entraîne Jack dans les ruelles du XIXe siècle (créées pour freiner la propagation des incendies) jusqu'au Champ des Possibles, une friche ferroviaire devenue jardin citoyen. Jack est embarqué dans une promenade urbaine aux côtés de l'un de ses pratiquants réguliers, qui a d'ailleurs inventé un mot qui exprime le droit de flâner. Un terme validé par Dany Laferrière en personne, écrivain haïtien et canadien, élu à l'Académie française en 2013. Il s'agit du mot « promenabilité », son inventeur précise : On parle beaucoup des villes marchables. Le bétail marche, mais les citoyens doivent avoir le droit de se promener, d'avoir des bancs pour s'asseoir, de l'ombre, des fontaines pour boire de l'eau... La promenabilité exige de penser la ville autrement que par ses fonctions. – Dinu Bumbaru, architecte et auteur de Carnet d'un promeneur dans Montréal. C'est après une étape dans une « auberge de silence », un havre d'apaisement en pleine ville, que Jack et Dinu Bumbaru se dirigent vers une grande friche au milieu de la ville, au risque d'y rencontrer des moufettes et autres formes de diversité biologique. L'architecte en profite pour partager sa vision engagée du design urbain. Il serait intéressant de valoriser le design d'adaptation. Le défi du XXIe siècle n'est pas de créer le plus bel objet neuf. Mais comment on requalifie un quartier avec talent et inventivité. En design, on devrait imaginer l'excellence sous l'angle de l'adaptation de milieux existants. - Dinu Bumbaru, architecte. Du circuit d'autobus 80 à la bibliothèque Maisonneuve : les monuments vivants de Montréal Pour Bumbaru, le vrai monument montréalais n'est pas toujours en pierre...
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