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États-Unis: l’intelligence artificielle s’invite dans la campagne des midterms

États-Unis: l’intelligence artificielle s’invite dans la campagne des midterms

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Aux États-Unis, Donald Trump va-t-il perdre le soutien de la Chambre des représentants et du Sénat ? À l’approche des élections de mi-mandat, les démocrates sont en position favorable selon les derniers sondages. Les midterms doivent permettre de renouveler les élus de la chambre basse, un tiers des sénateurs et 36 gouverneurs. Cette campagne, où tous les coups semblent permis, est marquée par un recours massif et décomplexé à l’intelligence artificielle.

Spots de publicité électorale, affiches, hypertrucages sonores : les contenus générés par intelligence artificielle (IA) sont omniprésents durant cette campagne des midterms aux États-Unis. C’est le cas de ce clip musical mettant en scène l’actuelle gouverneure démocrate de l'État de New York, Kathy Hochul, et le maire de la ville, Zohran Mamdani.

Cette reprise du tube Oops ! I Did It Again de Britney Spears présente la démocrate comme la candidate des taxes et de la vie chère. Cette vidéo a été diffusée par son adversaire républicain, Bruce Blakeman. Son camp est également à l’origine d’une vidéo synthétique ultraréaliste montrant Kathy Hochul et Zohran Mamdani marchant dans un parc. Les commentaires indiquent que certains internautes pensent, à tort, regarder une scène authentique.

Le « slopaganda »

Cette vidéo artificielle n’est pas un cas isolé. On a pu voir le candidat démocrate au Sénat, Abdul El-Sayed, jouant à un jeu de société avec une carte « Mort à l'Amérique », ou encore la sénatrice républicaine du Wyoming, Cynthia Lummis, en reine déchue de la cryptomonnaie. « Dans un contexte où les gens ont une faible littératie médiatique et ne savent pas forcément bien discriminer les sources, le potentiel de désinformation de ces contenus synthétiques devient non négligeable », analyse Antoine Marie, chercheur en psychologie politique au Centre de recherches politiques de Sciences Po.

Au total, plus de 220 publicités électorales en partie générées par IA ont été repérées par les analystes du Wesleyan Media Project. Cet organisme américain ajoute que 81 % de ces spots synthétiques ont été financés par des organisations ou des candidats pro-républicains.

En opposition à ce phénomène, des candidats ont fait de leur non-utilisation de l’IA un argument électoral. C’est notamment le cas de James Talarico, candidat démocrate dans le Texas.

Un bouleversement de la communication politique ?

Au-delà du contexte étasunien, l’intelligence artificielle est-elle en train de bouleverser les codes de la communication politique ? Pour Antoine Marie, « ce qui change, c’est d’abord la capacité à produire facilement du texte, de l'image, de l'affiche de campagne, du podcast ou des clips promotionnels pour un candidat. L'incitation à produire ce genre de contenu est gigantesque car le coût de production est extrêmement faible. Tout parti qui ne se saisit pas de cette opportunité va payer un coût en termes d'avantages compétitifs. Il y a donc une sorte de course à l'armement avec les effets potentiels de désinformation que cela peut engendrer ».

Se pose également la question de l’impact de ces contenus synthétiques sur le vote des électeurs. « Les recherches suggèrent que la communication politique de masse dans laquelle le message est le même pour tout le monde, le même texte, une même publication sur les réseaux sociaux, un même clip radio ou télé, reste globalement peu persuasive car on n’a pas la possibilité de s’adapter aux objections de chacun, aux idiosyncrasies, aux contre-arguments, etc. Elle peut renforcer les gens dans leurs convictions préexistantes mais elle ne va pas les faire bouger énormément. Et l'IA, de ce point de vue-là, ne change pas grand-chose. »

Cette désinformation renforce aussi l’agressivité des campagnes électorales avec des contenus synthétiques toujours plus diffamatoires et violents. Une évolution déjà largement visible lors de ces élections de mi-mandat aux États-Unis.

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