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Éducation: l’avenir de la jeunesse, à quel prix?

Éducation: l’avenir de la jeunesse, à quel prix?

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Comment financer une école de qualité sans creuser les inégalités ? Alors que lycéens et étudiants français dénoncent bruyamment le manque de moyens, alors que les systèmes éducatifs sont à la peine dans de nombreux pays, nous explorons les choix budgétaires, les modèles existants et les solutions envisagées pour mieux former les jeunes. Formations, insertion dans l’emploi et partage gratuit des connaissances : investir dans l’éducation, est-ce une dépense ou un moteur de croissance ? NOS INVITÉS Élise Huillery : professeure d’économie à l’université Paris-Dauphine et à l’École normale supérieure, spécialiste de l’éducation, des inégalités et de la pauvreté en Europe et en Afrique. Elle est co-autrice d’une étude sur le financement de l’éducation en France et dans le monde avec Romane Paris, économiste au Public Finance Lab. Simon Kaldjob : président du Collectif des organisations des consommateurs du Cameroun Dylan Ayissi : fondateur et délégué général de l’association Une voie pour tous Perrine de Coëtlogon : présidente d’Open Education Global Francophone, organisation internationale à but non lucratif qui soutient les ressources éducatives libres Karim Zéribi : dirigeant d’entreprises, ancien député européen. Découvrez l'entretien complet en vidéo ici Lycéens et étudiants en colère : le système éducatif français manque-t-il de moyens ? Des lycéens et des étudiants manifestent depuis deux semaines pour dénoncer des établissements délabrés, des professeurs absents non remplacés et un avenir incertain. Pour Élise Huillery, les données confirment un sous-financement ancien : pénuries d’enseignants liées au manque d’attractivité des salaires, classes plus chargées que dans les quinze pays européens les plus riches, et baisse de 20 % de l’investissement par étudiant en dix ans. Elle l’explique par la conjonction d’un petit baby-boom dans les années 2000 et de budgets qui n’ont pas suivi la hausse du nombre d’élèves. « C’est quelque chose de chronique depuis au moins 20 ans » – Élise Huillery La baisse des naissances : une opportunité à condition de maintenir les postes La démographie recule, mais l’économiste met en garde : sans investissement supplémentaire, la seule marge de progrès est la réduction de la taille des classes, et seulement si les postes d’enseignants sont maintenus au lieu d’être supprimés au même rythme que la baisse des effectifs. Même ainsi, il faudrait dix à quinze ans pour rattraper le niveau européen. Elle plaide aussi pour des salaires plus attractifs, davantage de formation continue, du tutorat et un meilleur accompagnement des élèves handicapés. Bourses, logement et étudiants étrangers : le modèle d’enseignement supérieur est-il tenable ? Les bourses (environ 250 euros par mois sur dix mois, 400 euros avec les APL) ne suppriment pas la barrière financière pour les étudiants éloignés de leur famille. L’économiste défend un complément logement pouvant porter la bourse à 900 euros dans une grande ville universitaire comme Paris. Sur les frais d’inscription des étudiants étrangers, elle distingue la logique économique (le service public est financé par l’impôt) et l’attachement à l’accueil et à l’ouverture. « Il faut aller jusqu’à 900 ​​​​​​​€ pour que véritablement la barrière financière soit aplanie » – Élise Huillery Finlande, Canada, Irlande, Portugal, Royaume-Uni : ce qui fonctionne ailleurs Ces cinq pays obtiennent de bons résultats aux tests PISA tout en limitant l’influence de l’origine sociale sur les apprentissages. Ils combinent un investissement important par élève, de bons salaires et une formation des enseignants centrée sur la pédagogie et la psychologie, pour éviter le découragement des élèves en difficulté. Hors Royaume-Uni, leurs systèmes sont essentiellement publics, ce qui montre que le privé n’est pas une condition de réussite. Pour comparer les systèmes, la dépense par élève est un meilleur indicateur que la part du PIB, qui masque les différences démographiques. « Ces pays payent bien leurs enseignants » – Élise Huillery Japon : l’enseignement supérieur à la charge des familles, mais une insertion record Depuis avril 2025, l’école primaire et secondaire publique est gratuite au Japon, même si les familles supportent encore les uniformes, les fournitures et les transports. Dans le supérieur, les deux tiers des étudiants sont dans des universités privées entièrement payantes, et la dépense publique par étudiant est moitié moindre que la moyenne de l’OCDE. Le pays affiche pourtant l’un des meilleurs taux d’emploi des jeunes diplômés, avec 92 % de contrats déjà signés à la remise des diplômes. Élise Huillery en tire une idée pour la France : afficher dans Parcoursup les taux d’...
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