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À la Une: le dernier coup de poker de Pedro Sanchez

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« Une dernière pirouette pour survivre », titre El Mundo, à propos de la décision du Premier ministre espagnol de convoquer un scrutin anticipé. « L'échec des deux décrets sur le logement au Congrès vendredi dernier, a conduit Pedro Sánchez à précipiter lundi la fin de la législature », précise El Pais.« Que les urnes parlent ! », s'exclame même le quotidien espagnol, pour qui « il arrive, dans la vie des démocraties, que le Parlement, en raison de ses divisions et de son immobilisme, se révèle incapable de répondre aux besoins urgents du pays, et c'est alors qu'il est temps de donner la parole aux citoyens. L'Espagne traverse actuellement une telle situation. » « Le Parti socialiste ouvrier espagnol et la gauche ont terminé la législature avec des sondages défavorables, mais les manifestations sur les places publiques suite à l'expulsion de Maricarmen Abascal leur ont permis de mobiliser leur électorat », poursuit El Pais. « Après des mois dominés par les procédures judiciaires, ils peuvent recentrer le débat sur les politiques sociales : celles qui visent à répondre aux besoins quotidiens des citoyens, comme le logement, l'éducation et la santé – des domaines dans lesquels les socialistes ont impulsé des changements décisifs durant des décennies de démocratie », estime le quotidien espagnol, avant de conclure qu'« il est temps que les urnes tranchent. » Un constat d'échec de Pedro Sanchez ? Il est temps que les urnes tranchent oui, mais pas pour les mêmes raisons, en tout cas si l'on en croit le journal conservateur La Razon, qui parle de la politique de Pedro Sanchez comme d'un fiasco, « une propagande populiste déconnectée de la réalité, dont l'efficacité devra être testée dans les urnes, maintenant que le peuple espagnol est en mesure de recouvrer sa souveraineté (...) , mais aussi un aveu flagrant qu'au cours de ces trois dernières années – celles d'une majorité monstrueuse – il n'a jamais disposé des outils nécessaires pour gouverner. » C'est aussi l'avis d'El Mundo, pour qui « Pedro Sanchez lutte contre son avenir : le logement n'était pas l'élément déclencheur, mais la bouée de sauvetage, son avant-dernier stratagème. » Et le journal ne mâche pas ses mots vis-à-vis du Premier ministre : « Sánchez ne dissout pas le Parlement pour "lutter contre les élites", comme il a pu l'exprimer dans son allocution, mais pour dissimuler son avenir. Depuis hier, nous savons qu'il est conscient que son avenir est pire que sa situation actuelle. » « Son discours n'a pas trouvé d'écho auprès des citoyens accablés par l'inflation, inquiets face à une immigration incontrôlée, accablés d'impôts(...), tacle de son côté La Razon, ces mêmes Espagnols, enfin, font de nouveau entendre leur voix. » En France, les lycéens poursuivent leur mobilisation « À l’aube de l’acte 3, ce mardi, note Libération, la crainte que la violence monte d’un cran gagne du terrain. » Alors, raconte le quotidien français, « des groupes de parents d’élèves se structurent pour investir les parvis des lycées et faire tampon entre les adolescents et les forces de l’ordre. » Le mouvement est suivi par le journal allemand, Frankfurter Allgemeine Zeitung. « Au pays de la Révolution, écrit le journal, les manifestations dérapent plus vite que de notre côté du Rhin. Cela fait partie de l’ADN politique de la France. Mais les violences qui ont éclaté devant les lycées constituent une montée en puissance inédite des tensions. Un débat fait rage en France, accusant La France insoumise de jeter de l’huile sur le feu. Cependant, conteste le quotidien conservateur, il faut bien admettre que même les plus grands démagogues de la gauche radicale (...) n’auraient pu plonger les écoles françaises dans un tel chaos si la situation n’avait pas été aussi accablante. Et cette situation-là, c’est à l’État qu’on la doit », dénonce le journal allemand. « On sait depuis des années que les élèves de banlieue partent avec un handicap, et que le système scolaire en général est dans un état lamentable. Mais aucun gouvernement n’a jamais réussi à y remédier durablement jusqu’à présent. Et ce n’est pas l’appel adressé aux parents par le ministre de l’Éducation nationale, pour leur demander d’empêcher leurs enfants de participer aux blocus, qui réglera le problème. »
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