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À la Une: la progression de l’extrême droite en Europe

À la Une: la progression de l’extrême droite en Europe

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« Trente-sept ans après la chute du premier mur, un autre s’est effondré en Allemagne », constate le Times à Londres, avec « la victoire écrasante » du parti d’extrême droite AfD avant-hier en Saxe-Anhalt. « Le centre politique, tant au niveau local que fédéral, est désormais devenu un terrain mouvant, relève le quotidien britannique. Et pas seulement en Allemagne. En Italie, la coalition nationaliste de Giorgia Meloni, au pouvoir depuis près de quatre ans, se considère comme une pionnière en Europe. En France, le Rassemblement national de Marine Le Pen, parti populiste, se voit favori pour remporter l’élection présidentielle de l’année prochaine. Dans ces deux pays, la droite populiste est encouragée par le succès de l’AfD. » Et il n’y a pas que la France, l’Allemagne et l’Italie… Le Guardian, toujours à Londres, pointe les manifestations anti-immigration qui ont eu lieu ce week-end dans le sud de l’Angleterre. Manifestations à l’initiative du mouvement d’extrême droite Patriota Platform, « qui prétend “stopper les bateaux“ si les autorités ne le font pas. (…) Partout en Europe, l’extrême droite ne cesse de gagner du terrain, constate également le quotidien britannique. (…) De Douvres à la Saxe-Anhalt, les extrémistes prospèrent lorsque les électeurs estiment que les partis traditionnels ne sont plus en mesure de garantir sécurité, prospérité et changement. » Les partis traditionnels en échec… En effet, constate Le Figaro à Paris, « comme ailleurs en Europe, le national-populisme fait désormais figure, outre-Rhin, d’alternative aux partis traditionnels et à leurs échecs : immigration, déclassement, crise économique. Contrairement au RN en France, l’AfD ne peut toutefois prétendre demain gouverner l’Allemagne. Le parti est encore loin de la majorité absolue au niveau fédéral. Et ses sympathies néonazies lui ferment les portes du jeu des coalitions, qui gouvernent le pays depuis l’après-guerre. Mais après-demain », s’interroge Le Figaro. « Le séisme de Saxe-Anhalt est d’autant plus préoccupant, poursuit le journal, que l’AfD y a fait le pari inverse de la “dédiabolisation“. Elle propose de supprimer le droit fondamental à l’asile, de réécrire les manuels d’histoire pour en finir avec le “ masochisme national“… Plus le parti se radicalise, plus il engrange électoralement. Comme si les Allemands voulaient s’affranchir de façon spectaculaire de décennies de culpabilité. » Le Monde renchérit : « Quand un parti de cette nature recueille près de la moitié des voix en défendant un programme aussi radical, xénophobe et nationaliste, tandis que le principal parti de gouvernement s’effondre, ce n’est pas un accident local : c’est un modèle politique, celui de l’Allemagne d’après-guerre, fondé sur le rejet des extrêmes et le primat du consensus, qui vacille. Et donc l’Europe tout entière qui doit s’inquiéter. » Une Europe trop divisée… D’autant, analyse le Wall Street Journal, que « les tendances électorales en Allemagne et en France interviennent au moment où les menaces qui pèsent sur la prospérité et la sécurité de l’Europe s’intensifient. Or, au lieu de s’unir pour lutter contre ces problèmes, constate le quotidien américain, les pays européens semblent se diviser. La solidarité européenne s’affaiblit alors même que l’Europe subit des pressions plus fortes et plus diverses qu'elle n'en a connu depuis des décennies. » Et le Wall Street Journal de prendre notamment l’exemple de l’immigration : « la politique migratoire en Europe reste un véritable chaos. L’Espagne régularise les sans-papiers ; l’Italie souhaiterait les expulser. Et la France et le Royaume-Uni consacrent au moins autant de temps à se quereller sur la responsabilité des traversées illégales et massives de la Manche qu’à prendre des mesures concrètes pour y remédier. » Enfin, « que se passe-t-il quand on laisse grandir la bête ? », s’interroge El Pais à Madrid. « Il existe des situations, et pas seulement en Europe, qui rappellent ce qui s’est passé dans les années 30, pointe le quotidien espagnol : la stigmatisation des peuples et des religions, la violence déchaînée contre des civils sans défense en toute impunité, les discours de haine et la déshumanisation d’autrui, la manipulation du passé. Le racisme et le suprémacisme ne devraient tolérer aucun compromis. L’histoire, conclut El Pais, nous enseigne clairement que lorsque le mal n’est pas maîtrisé, il finit par tout détruire. » À lire aussiPourquoi le Rassemblement national en France a rompu ses liens avec l'AfD allemand
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