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À la Une: Friedrich Merz sur un siège éjectable

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Encore une défaite électorale pour le chancelier allemand. Après la Saxe-Anhalt au début du mois, son parti, la CDU, a été laminé hier par l’extrême-droite dans le land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et par l’extrême-gauche à Berlin. « Merz a qualifié les résultats de "désastre", pointe Die Welt à Berlin. Néanmoins, il entend rester au pouvoir. Et pour l’instant, il le restera. Mais pour combien de temps encore ? Et comment compte-t-il conserver son poste ? », s’interroge le quotidien allemand. (…) Merz est resté plutôt évasif : il n’a présenté aucune proposition de réforme concrète. Au lieu de cela, il a évoqué de manière abstraite la capacité du pays à se renouveler et la nécessité de remettre l’Allemagne sur les rails. Il est resté muet sur les mesures qu’il comptait prendre en ce sens et sur la manière dont il envisageait de rallier à sa cause son partenaire de coalition, le SPD. Même au sein de son propre parti, les avis divergent quant à la voie à suivre ». « La CDU a-t-elle encore assez de patience envers Friedrich Merz ? », s’interroge le Süddeutsche Zeitung. « La CDU s’est effondrée en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et a été défaite face au parti Die Linke à Berlin. Pourtant, Friedrich Merz reste fidèle à ses convictions : chancelier et chef du parti. La question est : combien de temps cela peut-il durer ? » Ambiance tendue à la CDU… « Un lendemain matin amer », soupire le magazine Bild. « Au lendemain de cette déroute, l’atmosphère est tendue au siège de la CDU. Le comité exécutif du parti se réunit ce matin. Un seul sujet est à l’ordre du jour : comment le parti peut-il surmonter la crise après le double fiasco de Berlin et du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale ? Et surtout : est-ce encore possible avec ce président et chancelier ? » Seule solution, estime Bild : « l’alliance CDU/CSU doit démontrer d’ici l’hiver qu’elle est capable de mettre en œuvre les réformes engagées avec le SPD, en surmontant tous les obstacles. (…) L’espoir est que cette dynamique, conjuguée à une poursuite de la reprise économique, puisse donner l’impulsion nécessaire aux élections à venir dans le Schleswig-Holstein (le 18 avril) et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (le 25 avril). » Le même sort que Keir Starmer ? En attendant, « Friedrich Merz est sur un siège éjectable », constate Le Temps à Genève. « Va-t-il subir le même destin que Keir Starmer ? À l’image du Premier ministre britannique qui est tombé à la suite des résultats désastreux du Parti travailliste lors d’élections locales, Friedrich Merz pourrait ne pas résister à la pression de l’électorat et de son propre parti. Il a beau appeler à la "résilience" et à la "patience" pour remettre le pays sur les bons rails, il n’est pas sûr qu’il parvienne à convaincre - avec une popularité de 14% à l’échelle fédérale et de 7% dans la partie orientale - qu’il demeure le commandant de bord dont la première économie européenne a besoin pour naviguer dans les eaux agitées qui secouent le "paquebot" Allemagne ». « L’AfD pousse encore, Merz chancelle », renchérit Libération à Paris. « La présence renforcée de l’extrême droite dans les parlements régionaux et au Bundestag va rendre de plus en plus difficile la formation de gouvernements stables, constate le journal. La sacro-sainte règle du "cordon sanitaire" des partis démocratiques, qui interdit toute alliance avec l’AfD, pourrait rapidement être remise en cause. Si la "digue" venait à céder, cela conduirait à une scission chez les conservateurs et devrait déclencher une période d’instabilité politique en Allemagne ». Jusqu’où ira la vague ? Et même au-delà de ses frontières, s’inquiète Le Monde. « "La digue a lâché en Allemagne. Jusqu’où ira la vague ?", s’interroge en privé l’un des dirigeants de la Commission européenne, cité par le journal, inquiet avant la série d’élections qui se profilent en Italie, en Espagne, en Pologne ou en France. (…) "Aujourd’hui, non seulement l’Allemagne est affaiblie politiquement, mais la France aussi, qui est totalement fauchée et incapable de porter ses ambitions", ajoute, inquiet, un autre diplomate. Or, prévient Le Monde, l’Europe a devant elle une négociation majeure, que les responsables politiques européens aimeraient conclure avant la fin de l’année : le budget de l’Union pour les années 2028-2034, dont les moyens et les contours dessineront la place de la construction européenne dans les années à venir ».
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