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«Nuit blanche» d’Alain Denizet, la traversée de Paris d’un jeune clandestin burkinabè

«Nuit blanche» d’Alain Denizet, la traversée de Paris d’un jeune clandestin burkinabè

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Un premier roman qui traite avec humanité et originalité de la question des migrants.

« Il ira loin. » Trois mots écrits sur son bulletin de 3ᵉ qui ont tant impressionné sa mère, et qui résonnent encore en lui : la reconnaissance de ses bons résultats scolaires, mais aussi une porte ouverte sur l’avenir. Un avenir que le jeune garçon de Koudougou (Burkina Faso) a souhaité construire loin de chez lui, à Paris, dans les traces de son cousin Alphonse, qu’il doit retrouver chez lui dans son appartement de Pantin (Seine-Saint-Denis). Alphonse, c’est celui qui a réussi : surnommé « Le Parisien », il a quitté Koudougou depuis 20 ans, et lorsqu’il retourne au pays, il arrive les bras chargés de cadeaux.

Survivant plein d’espoir

Lorsque débute le roman d’Alain Denizet, Désiré est déjà allé loin : il est parvenu à franchir le Sahara, la Méditerranée, l’Italie et la moitié de la France. Il en a payé le prix, au sens propre comme au sens figuré. C’est un survivant, mais il est plein d’espoir lorsqu’il aborde la dernière étape de son voyage : la traversée de Paris. À pied, car prendre le métro serait trop dangereux pour ce sans-papiers qui n’est pas parvenu à obtenir de visa : il doit se méfier des uniformes.

Alors, Désiré marche. Pendant 10 kilomètres, le jeune garçon de 22 ans s’étonne des Parisiens trop pressés, s’émerveille des monuments, des illuminations de Noël et des boutiques de luxe aux prix exorbitants. En ce 18 décembre, il neige : encore une découverte que le jeune Burkinabè goûte avec délectation, du moins avant qu’elle ne se transforme en verglas.

Flashes de souvenirs

En marchant, Désiré fera quelques belles rencontres, téléphonera à sa mère au village et à Abdou, son frère de traversée resté à Vintimille (Italie). Par association d’idées, il se rappellera aussi les épisodes douloureux de son odyssée. L’auteur a choisi de les raconter non pas de façon linéaire, mais à travers des flashes de souvenirs qui viennent enrichir le roman qui se déroule en à peine 24 heures.

Lien fort avec l’Afrique

Alain Denizet n’en est pas à son premier livre, mais Nuit blanche est le premier roman de cet agrégé d’histoire qui a noué un lien fort avec l’Afrique : il a enseigné huit ans au Niger et au Burkina Faso. Son récit est en partie inspiré par le témoignage direct d’un migrant, nourri par des articles de presse, et épicé d’expressions et de proverbes africains ainsi que de quelques mots de mooré.

Nuit blanche, Alain Denizet (Ella Éditions).

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