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À la Une: un écrivain dans la tourmente

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L'écrivain québécois d'origine haïtienne Théliyon Orélien, dont le livre C'était ça ou mourir serait rédigé presque intégralement par une intelligence artificielle. La polémique s'est enflammée. Au cœur de cette polémique, il y a un outil baptisé Pangram. Le Monde, en France, lui consacre un long article très didactique. Comment fonctionne-t-il ? À quel point est-il fiable ? Ce sont les questions que pose le quotidien français. Le journal raconte comment Pangram, qui est lui-même une intelligence artificielle, est nourri, éduqué, entraîné. « On lui fournit des milliers d'exemples de textes étiquetés "générés par IA" ou "généré par un humain", puis il apprend à les différencier seul », explique Le Monde, précisant que « comme beaucoup de machines à classer, sa façon d'y parvenir est opaque ». Car l'article soulève un certain nombre de limites dans le fonctionnement de Pangram. Je relève celle-ci : « On dénombre au bas mot des centaines d'IA différentes, écrit le journal. Or chacune a une “manière d'écrire” un peu particulière, et Pangram ne s'est exercé que sur une trentaine d'entre elles. De quoi gonfler son taux d'erreur. » À lire aussiAccusé d'avoir utilisé l'IA pour «C’était ça ou mourir», l'écrivain haïtien Thélyson Orélien s'en défend Mais, sur le sujet, El País, en Espagne, pose une question. Comment Pangram peut-il affirmer catégoriquement que le roman d'Orélien a été généré par une IA sans que personne ne s'en soit aperçu ? Et la réponse est cinglante. El País cite un chercheur américain en informatique spécialisé dans les textes générés par IA. Pour lui, si le monde littéraire n'a rien vu, c'est « parce qu'il n'utilise pas l'IA et ignore son fonctionnement ». « Les critiques détestent l'IA. Ils n'ont jamais lu de prose générée par une IA. Comment pourraient-ils la reconnaître ? » Le chercheur américain en est presque à souhaiter que les spécialistes de l'IA rejoignent les jurys littéraires. Le livre de Thélyson Orélien a pourtant reçu un accueil dithyrambique, mais Libération jette un pavé dans la mare en ressortant un vieux dossier concernant l'écrivain. Une affaire de plagiat cette fois : un texte signé Thélyson Orélien, soumis à Radio-Canada en 2012 dans le cadre d'un concours d'écriture, texte qui lui a alors valu le Prix du public et un début de notoriété. Mais le texte primé, explique Libé, « est une repompe grossière de la préface d'un ouvrage célèbre, Le matin des magiciens, de l'écrivain et journaliste Louis Pauwels », texte qui date de 1960. Et Libé compare des extraits. On est plus, en effet, dans le copier-coller que dans le clin d'œil ou l'hommage littéraire. L'intelligence artificielle en débat à l'ONU Les grands patrons du secteur s'exprimaient devant les Nations unies. La progression actuelle de l'IA « nécessite une attention extrême », ce sont les mots du patron d'OpenAI, Sam Altman. Un développement que le Wall Street Journal analyse sous l'angle économique. Il s'agit du plus grand pari économique de l'histoire des États-Unis, estime le journal, qui explique que les dépenses liées aux centres de données sont supérieures à celles consacrées aux canaux, aux chemins de fer et au réseau électrique réunis. Les investissements totaux dans les centres de données et les infrastructures associées devraient atteindre 10 300 milliards de dollars entre 2025 et 2032, mais le journal pointe aussi un risque d'inflation générée par ce boom gigantesque de l'IA. L'absence de Meloni à New York Controverse à lire dans La Repubblica. Alors que les dirigeants du monde entier étaient à l'Assemblée générale de l'ONU, la présidente du Conseil italien, elle, est restée à Rome et, surtout, écrit le journal : « Vêtue d'un smoking austère, Giorgia Meloni s'est rendue au dîner de gala de la Fashion Week de Milan ! » « Quelle honte pour l'Italie ! », s'est écrié Matteo Renzi, le sénateur de centre gauche, qui n'est pas le seul à émettre des critiques. « Je n'en ferais pas toute une histoire… », a juste commenté Giorgia Meloni, rapporte La Repubblica.
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