Israël: à l'approche des élections, le refus du service militaire des ultra-orthodoxes divise profondément la société
カートのアイテムが多すぎます
カートに追加できませんでした。
ウィッシュリストに追加できませんでした。
ほしい物リストの削除に失敗しました。
ポッドキャストのフォローに失敗しました
ポッドキャストのフォロー解除に失敗しました
-
ナレーター:
-
著者:
Des élections législatives sont prévues en Israël à la fin du mois d’octobre. Le pays est en campagne électorale et il est beaucoup question du service militaire. Traditionnellement en Israël, les ultra-orthodoxes en étaient exemptés. Depuis 2023, ce n’est plus le cas. Le monde orthodoxe en majorité refuse cette nouvelle réalité et tente d’obtenir une nouvelle loi d’exemption. Mais dans un pays qui est en guerre sur plusieurs fronts depuis trois ans, beaucoup d'Israéliens trouvent cette situation injuste. Les ultra-orthodoxes, eux, ne veulent rien entendre.
De notre envoyée spéciale à Bnei Brak,
Un nouveau quartier se construit à Bnei Brak. Cette ville voisine de Tel-Aviv a deux caractéristiques, explique le maire adjoint Shlomi Elharar : les habitants sont très jeunes et très religieux. En hébreu, on les appelle les haredim, les "craignant Dieu" : « Il y a 240 000 habitants dans la ville de Bnei Brak, 110 000 ont moins de 18 ans. Bnei Brak est une ville haredi à 99 %. »
Pour cette population, seules comptent les règles de la Torah. L’étude des textes religieux est au-dessus de tout, notamment des obligations de service militaire. Dans un pays en guerre permanente depuis trois ans, le sujet est très clivant. Beaucoup de jeunes refusent de répondre aux ordres d’enrôlement. L’armée estime qu’il lui manque 12 000 combattants, Bnei Brak compte environ 15 000 déserteurs, estime le maire adjoint qui les soutient. David vient de recevoir sa convocation, il a 17 ans : « Je leur réponds que je ne veux pas aller dans l’armée parce que je pense que ce n’est pas pour moi. C’est tout. Ce n’est pas pour moi, il faudrait vraiment s’adapter et j’ai grandi dans une famille ultra-religieuse. »
Servir autrementConsidéré comme déserteur, David ne peut pas sortir d’Israël, il est menacé de sanctions financières et risque d’être arrêté par la police. Mais les religieux disent qu’ils préfèrent la prison à l’armée. Pour Léa Levy, médecin généraliste à Bnei Brak, les ultra-orthodoxes veulent bien servir le pays, mais en faisant du bénévolat plutôt qu’en allant au combat : « On n’a pas besoin de servir le pays de manière uniforme et tous derrière un uniforme. Ces gens-là qui n’ont pas de smartphones, qui n’ont pas étudié dans des écoles classiques, ils ne sont pas forcément adaptés pour servir dans l’armée. Et je pense que les orthodoxes qui peuvent servir dans l’armée, c’est ceux qui appartiennent à la tranche la plus moderne du monde orthodoxe où, par exemple, les femmes accèdent à des métiers, mais pas les tranches qui ont gardé le plus de tradition. »
À 24 ans, Benjamin est étudiant en théologie, son parcours est une exception : « J'étais dans une unité d'élite à l'armée pendant à peu près deux ans. Moi, dans mon unité, personnellement, il y avait des filles. Cette proximité, en fait, avec les filles n'était pas bonne. Et mis à part ça, les gens qui étaient autour de moi là-bas, ce n'étaient pas les bonnes personnes. J'avais besoin d'être avec des gens qui font shabbat, qui aiment Dieu, qui comprennent l'importance d'être religieux. » Benjamin a demandé à intégrer une unité ultra-orthodoxe. Déçu, il a repris ses études en religion : « Même en allant dans une unité religieuse, ça manquait de Torah comme je l'attendais. »
Les ultra-orthodoxes représentent 15 % de la population en Israël. La coalition gouvernementale actuellement au pouvoir est tributaire du soutien des partis qui les représentent.
À lire aussiIsraël: nette hausse du recrutement des ultra-orthodoxes dans l'armée