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Sénégal: la disparition de l'arbre «Faidherbia albida», un risque pour les cultures

Sénégal: la disparition de l'arbre «Faidherbia albida», un risque pour les cultures

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À Diohine et dans ses environs, les agriculteurs connaissent bien le Faidherbia albida. Cet arbre joue un rôle important dans les cultures. Ses feuilles et ses résidus contribuent à enrichir le sol en matière organique, tandis que son système racinaire participe au maintien de sa fertilité. Mais alors que le parc arboré de la zone se dégrade progressivement, cet arbre emblématique du bassin arachidier se fait de plus en plus rare. Toutefois, sa disparition pourrait fragiliser davantage les terres agricoles. Un reportage de Habib Diao.

De notre envoyé spécial à Diohine,

Avec sa hauteur pouvant atteindre 15 à 25 mètres et son écorce gris jaunâtre, le Faidherbia albida, communément appelé Kad en wolof, est facilement reconnaissable au milieu des champs du bassin arachidier sénégalais.

Sa présence n’est pas seulement une question de paysage. Pour Paul Ndiaye, agriculteur à Diohine, le kad est un véritable allié des cultures : « Le kad est l'arbre le plus important dans nos champs, car malgré l'infertilité du sol, si tu as au moins cinq arbres dans ton champ, tu auras une bonne récolte, car tout ce que tu cultives au-dessous de l'arbre sera fertile. Mais l'arbre commence vraiment à se faire rare dans la zone. »

Les experts de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) ont implanté au milieu des champs un site d’étude pour analyser les interactions entre cet arbre et les cultures. Cathy Clermont, ingénieure agronome à l’IRD, s’intéresse particulièrement aux effets du Faidherbia albida sur les sols et les cultures : « On est là sur un site qui s'appelle Faidherbia-Flux, et notre objectif, c'est justement de voir les relations de cet arbre qui est emblématique du Sénégal avec son environnement. Et beaucoup d'agriculteurs nous disent que cet arbre a des effets bénéfiques sur les cultures annuelles qui poussent à proximité. Nous avons quand même déjà des résultats qui permettent de dire : "Attention, planter du Faidherbia albida, c'est très intéressant. L'effet de l'arbre va jusqu'à une distance de 17 mètres autour du tronc." Et donc cette connaissance peut être utilisée pour mieux gérer les apports de fumier dans un contexte où il n'y en a pas beaucoup. »

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Conscientes des bienfaits de cet arbre pour les cultures, les populations font le maximum pour les préserver. Pour Aissatou Faye, représentante d’un mouvement féminin de Diohine, l’élagage des vieux Faidherbia pourrait contribuer à mieux préserver ces arbres. Toutefois, elle dénonce les difficultés rencontrées par les populations, notamment en raison des restrictions imposées par les agents des Eaux et Forêts :

« Les vieux kad qui ne sont pas élagués lèvent les terrasses. Le kad peut vivre des centaines d'années, mais s'il n'est pas élagué, il devient très lourd. À mon avis, ce que les agents des Eaux et Forêts devaient faire, c'est d'élaguer tous les Faidherbia qui sont trop lourds à partir du mois de mai. Si la pluie tombe, ça repousse. Mais ils ont fait en sorte que personne ne touche aux arbres. Donc tout ça, c'est le problème des Eaux et Forêts. »

Dans le bassin arachidier, la disparition progressive de cet arbre rappelle une nécessité : protéger le kad, c’est aussi protéger la terre et l'activité des agriculteurs qui en dépendent.

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