Vietnam: les défis du tourisme sur l'archipel de Cát Bà
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Joyau naturel du nord du Vietnam, l’archipel de Cát Bà attire chaque année davantage de visiteurs. Situé au large de la baie de Ha Long, il séduit par ses paysages karstiques et ses forêts luxuriantes. Fort de ce succès, plusieurs grands groupes immobiliers y ont développé des résidences de luxe et des complexes hôteliers. Des projets qui refaçonnent désormais une partie de l’île.
De notre correspondant à Hanoï,
Depuis son embarcation, Đạt navigue entre les villages de pêcheurs aux toitures bleues et rouges et les îlots rocheux recouverts de forêts luxuriantes. Originaire de l’île et issu d’une famille de pêcheurs, il explique : « Je suis originaire de Cát Bà. Je travaille dans le tourisme depuis déjà quatre ans. L’île s’est développée rapidement au cours de ces deux dernières années. Elle est toujours aussi belle. Les infrastructures et les bateaux se sont grandement modernisés. »
Routes élargies, réseau électrique renforcé, gestion des déchets plus performante : Cát Bà s’est modernisée pour accueillir plus de quatre millions de touristes l’année dernière. Lancé en août 2024, un projet de réaménagement urbain de près de 50 hectares est présenté comme les « petites Maldives de l’Asie du Sud-Est ». Son promoteur le décrit comme un projet vert et à faible empreinte carbone. Le propriétaire d’une petite agence de tourisme constate néanmoins les conséquences du chantier sur son quotidien : « Le chantier provoque beaucoup de bruit et de poussière. Avant, il y avait la mer juste devant nous. Aujourd’hui, il n’y a plus que des bâtiments en béton armé. Bien sûr, cela va créer beaucoup d’emplois pour les habitants locaux, mais cela détruit aussi une grande partie du paysage. »
Les infrastructures occupent un vaste remblai aménagé sur une partie de l’ancienne baie centrale. Évalué à plus de 500 millions de dollars, le complexe accueille déjà des résidences touristiques, des commerces et des établissements haut de gamme. Une plage artificielle de sable blanc s’étend sur près d’un kilomètre : « Ce que l’on peut considérer comme les plus beaux espaces naturels est également en partie affecté. Heureusement, ce complexe et cette zone ne représentent pas une part trop importante de l’ensemble de l’île, puisque 80 % de Cát Bà restent constitués de forêts, de montagnes et d’espaces naturels. »
Vers un tourisme plus durableL’homme développe lui aussi un établissement touristique en périphérie du centre de l’île. Des bungalows en bois équipés de panneaux solaires voient progressivement le jour face aux mangroves : « L’objectif est de construire quelque chose davantage tourné vers la nature. Nous voulons développer l’île dans une direction plus écologique, plus verte, plus propre, plus belle et plus durable pour l’avenir. »
L’année dernière, le Comité du patrimoine mondial avait exprimé sa « très vive inquiétude » face à la poursuite des projets touristiques et d’infrastructures sur l’île de Cát Bà et le long du littoral de la baie d’Ha Long. Le Vietnam a depuis transmis un rapport actualisé sur l’état de conservation du site. Celui-ci doit être examiné par le Comité du patrimoine mondial en juillet prochain.
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