Tout va bien (Episode 6) - L'Agent secret & Top 2026
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このコンテンツについて
Pour ce sixième épisode, premier rendez-vous de l’année, la parole reprend comme on rouvre une correspondance interrompue : avec une légère gêne, un plaisir intact, et la certitude que le désaccord, ici, est une forme de fidélité.
Au centre de la discussion, L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho, film ample, traversé par le passé sans jamais s’y installer, où la fiction infiltre l’Histoire comme un courant souterrain. Le film devient alors moins un objet à juger qu’un terrain d’expérience : comment une époque laisse des traces, comment une autre tente de les lire, comment le cinéma se tient exactement à cet endroit instable où l’archive remplace l’événement, où la mémoire n’existe qu’à condition d’être travaillée. La conversation avance à tâtons, attentive aux détails matériels — une cabine téléphonique, une cassette, une photographie — autant qu’aux gestes de mise en scène, aux ellipses, aux refus spectaculaires, à cette façon singulière de raconter une mort sans jamais la montrer.
Mais Tout va bien n’est jamais une émission monothématique. Le sérieux s’y fissure régulièrement : par une plaisanterie conjugale, une querelle feinte, une digression musicale ou un souvenir d’enfance mal rangé. Le dialogue se pense aussi comme un lien, presque domestique, où l’on négocie des fidélités, des jalousies, des trahisons minuscules — jusqu’à ce moment attendu où chacun livre son Top 5 des films de l’année. Non pas comme un palmarès définitif, mais comme un aveu provisoire, une cartographie intime, exposée à la discussion et au doute.
Ce sixième épisode se tient ainsi dans un équilibre fragile : entre analyse et errance, entre la gravité politique d’un film hanté par la dictature et la légèreté d’une parole qui refuse la pose professorale. Un espace où penser le cinéma revient moins à conclure qu’à prolonger, moins à transmettre qu’à risquer quelque chose de soi — dans la durée d’une conversation qui, précisément, ne cherche pas à se refermer