Syrie: les touristes de retour pour visiter le site archéologique de Palmyre
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En Syrie, le pays tente de renouer avec une forme de normalité, près d'un an et demi après la chute du clan Assad. Parmi les signes de cette reprise timide : le retour progressif des touristes sur certains sites emblématiques. À Palmyre, joyau archéologique classé au patrimoine mondial de l’Unesco, quelques visiteurs viennent de nouveau admirer les vestiges de l’antique cité de la reine Zénobie. Mais aussi les destructions laissées par l’organisation État islamique.
De notre envoyée spéciale à Palmyre,
C'est à moto qu'on entre sur le site antique de Palmyre et c’est par ce moyen de transport qu’une partie des touristes visitent aujourd’hui la cité.
Khaldoum, guide touristique, est né et a grandi à Palmyre. Il fait la visite et explique : « On est dans le théâtre. Le théâtre romain. Toutes les destructions que vous voyez, c’est l’État islamique qui en est responsable. Je me rappelle comme c’était beau avant. Daech a détruit toute la beauté de ce site. J’espère qu’un jour, il sera rénové et qu’il sera plus beau encore. Il y a eu ici de longues années de guerre. Les gens sont curieux de voir ce qu'elle a fait. Avant, ils venaient visiter les antiquités de la reine Zénobie. Maintenant, ils viennent voir les traces laissées par les combats et par l’État islamique ».
Ce jour là, quelques touristes sont présents, notament une Italienne subjuguée par ce qu'elle voit - « C’est un site archéologique romain exceptionnel ! » - et un Australien pour qui les événements contemporains ont un intérêt particulier : « Il y a aussi toute l’histoire récente, on voit ce qui a été détruit ou non. C’est ce qui rend cet endroit si particulier, n’est-ce pas ? Et vous voyez aussi au sol les restes de bombes, les balles ». « Vous remarquez tout de suite que quelque chose d’important s’est passé ici », renchérit la touriste italienne.
La vie est plus facile aujourd'huiDurant la visite, nous rencontrons un marchand qui vend des colliers, des souvenirs de Palmyre. « On les fabrique avec ma famille depuis longtemps. On a commencé avant 2008 », explique-t-il. Mais celui-ci a dû arrêter sa production pendant 15 ans. « J’ai dû fuir dans le désert à cause de la guerre. C’était une vie difficile. Ce n’était pas facile de ramener de la nourriture à ma famille. Maintenant, la vie est plus facile. Je suis content de faire à nouveau ce travail », raconte-t-il.
Le petit hôtel de Khaldoum est en pleine reconstruction, on y entend le bruit des travaux. Celui-ci explique comment l'idée de revenir travailler à Palmyre a germé en lui : « Au début, quand les touristes sont revenus, il n’y avait aucun service ici. Pas d’aire de repos, pas de toilettes, même pas d’eau fraîche à boire. Tout était détruit, tout était rasé. Peu après la chute du régime, des visiteurs ont commencé à arriver de Damas, de Homs, d’Alep. Ils venaient par groupes, nombreux. Parfois, nous avons accueilli entre 500 et 700 visiteurs par semaine. Alors des gens comme moi ont commencé à investir. On a ouvert des hôtels et des restaurants ».
Malgré le retour timide des visiteurs, Palmyre reste suspendue aux soubresauts de la région. Depuis le mois de mars, la guerre entre l’Iran et les États-Unis a déjà fait reculer la fréquentation touristique. Après la guerre, après les occupations et les chantiers de reconstruction, Palmyre se relève lentement. Petit à petit, vers un retour à la vie.